Langue française

  • Les cinq essais réunis dans ce volume représentent la quasi-totalité des travaux que panofsky a publiés en allemand, avant 1932.
    La volonté de fonder une science rigoureuse de l'oeuvre d'art qui s'exprime dans les recherches épistémologiques des débuts, et en particulier dans la critique de wölflin et de la notion de kunstwollen, s'affirme en acte dans ce chef-d'oeuvre de la science sociale qu'est la perspective comme forme symbolique. refusant de réduire la perspective à un simple problème technique ou mathématique, panofsky entend établir, à travers l'analyse de l'usage de la perspective angulaire dans l'antiquité, de l'ignorance quasi systématique de la perspective au moyen-age et de " l'invention " de la perspective plane par la renaissance, que le recours à la perspective s'appuie sur une philosophie de l'espace qui est elle-même solidaire d'une philosophie de la relation entre le sujet et le monde.
    C'est ainsi que la philosophie idéaliste des " formes symboliques " se dépasse vers une histoire sociale des catégories de perception et de pensée.

  • Indices, détours, sources cachées, ramifications imprévues, résurgences, singularités - l'enquête iconologique est comme une science du ricochet : d'un point à un autre, par rebonds successifs, par petites touches, une oeuvre est traversée. Ici, à propos du Titien, et en six études aux sujets circonscrits, la méthode de Panofsky s'illustre une nouvelle fois, avec une maîtrise consommée. Mais dans ce qui se voulait aussi hommage rendu à un artiste admiré entre tous vient s'inscrire une autre dimension. Si ce sont toujours des énigmes de la représentation figurée que le livre cherche à dévoiler, de fil en aiguille et chemin faisant, ce qui apparaît, c'est une étude qui dégage le sens de l'oeuvre dans son ensemble. Le discours, s'il reste bien entendu rigoureux, s'il en passe par ces prodiges d'érudition familiers aux lecteur de Panofsky, s'étonne ici d'une autre manière. Devant le caractère inépuisable d'une oeuvre dans laquelle il se sent littéralement immergé, Panofsky ne cherche pas à maîtriser les flux de signification en les orientant dans un sens biographique ou stylistique. Chacun des postes d'observation que constituent les thèmes des six études ici réunies fonctionne comme une sorte de tremplin à partir duquel il se jette dans l'océan de l'oeuvre en entraînant le lecteur avec lui. De telle sorte, qu'en partant à chaque fois d'un problème (par exemple : le Titien et Ovide), l'enquête en vient à révéler lumineusement mais surtout naturellement la problématique de l'oeuvre du Titien tout entière et à en dégager la singularité au sein de son époque. Un tel équilibre, fruit d'un contact amoureux permanent avec la peinture du maître vénitien, prend les allures d'un accomplissement : il s'agit en effet du dernier livre conçu et corrigé par le grand historien, qui donne ici à la fois un chef-d'oeuvre d'érudition poétique et une ultime méditation sur le sens des oeuvres. Mots clés : iconologie, Ovide, Charles Quint, Gonzague, Bassano, L'Arétin, Pesaro, Venise, Giorgione, Rubens, Raphaël, Campagnola.

  • La Camera di San Paolo est l'un de ces lieux un peu secrets qui, en marge des cycles célèbres et des chefs-d'oeuvre reconnus, constituent pour l'histoire de l'art des rendez-vous obligés. La singularité du propos, immédiatement visible, son caractère d'énigme ou de rébus font des peintures ornant cette " chambre " une véritable nasse symbolique où le visiteur fasciné se sent quelque peu perdu. Pourquoi et pour qui le Corrège a-t-il peint cet étrange cortège ? D'où viennent et que disent les figures ? À ces questions, l'étude de Panofsky répond, non de façon dogmatique, mais en suivant point par point le véritable réseau d'indices dissimulé dans les grisailles et le treillis de feuillage qui forme ce plafond unique en son genre. Devant un ensemble aussi complexe et aussi piégé, dont la cohérence saute aux yeux, Panofsky ne pouvait que relever le défi. Ce rébus mythologique, né dans le climat de l'Italie renaissante et selon les accents savants que lui imprimaient les cercles lettrés du Nord de la péninsule, fonctionne comme un véritable paradis exégétique : de telle sorte qu'avec cette étude Panofsky livre un modèle du genre, un modèle d'iconologie appliquée. Certes, ce n'est que la lettre de la peinture qui est ainsi approchée et il va de soi que l'indentification des figures ne dévoile pas tout de leur secret. Mais, chemin faisant, le voyage proposé à travers le temps, de l'origine de la mythologie à son réemploi renaissant, se mue en une série d'incursions dans la mémoire de l'Occident où, entre voilement et dévoilement, énigme et apparence, c'est la forme même d'apparition du sens qui est interrogée. Le cycle de peintures de la Camera di San Paolo à Parme, outre son raffinement exceptionnel, constitue un rebus mythologique né dans le climat de l'Italie renaissante et selon ses accents savants que lui imprimaient les cercles lettrés du Nord de la péninsule. Ce décor réalisé par Corrège fonctionne comme un véritable paradis exégétique à partir duquel Panofsky nous livre un modèle d'iconologie appliquée, à la manière d'un voyage à travers le temps, de l'origine de la mythologie à son réemploi renaissant.

  • Avec un texte de William S. Heckscher

  • Rassemble huit études de l'historien d'art consacrées à la peinture flamande, publiées entre 1935 et 1956 dans des revues. Panofsky est le maître incontesté des études iconographiques qui précisent le signification intentionnelle ou involontaire des oeuvres d'art.

  • Publié en 1940, un an après le recueil capital des Essais d'iconologie et la même année que «L'Histoire de l'art comme discipline humaniste», Le Codex Huygens et la théorie de l'art de Léonard de Vinci demeure, plus d'un demi-siècle après sa parution, un texte fondamental.
    Reconstituant minutieusement l'état originel d'un manuscrit négligé depuis sa redécouverte en 1915, Erwin Panofsky démontre son exceptionnelle valeur documentaire. Le Codex Huygens date de la fin des années 1560. Ses nombreuses illustrations, de même que les textes qui les accompagnent, reprennent pour la plupart des originaux de Léonard dont un certain nombre a disparu.
    Présenté par Panofsky - chaque folio est décrit et commenté -, le Codex Huygens est accompagné d'un long essai, mise au point sur les trois thèmes principaux du Codex : la théorie des proportions, l'étude des mouvements du corps humain, la conception de la perspective. Ce livre court et clair, illustré de la plupart des dessins du codex original - certains directements calqués de ceux de Léonard - constitue ainsi une synthèse savante mais brillante des travaux effectués séparément par Panofsky sur ces différents thèmes.
    Identifié avec certitude en 1981 seulement, l'auteur du Codex Huygens, le peintre Carlo Urbino, célèbre à l'époque pour sa science en perspective, prolonge fidèlement la pensée de Léonard. Mais le caractère rétrospectif et inachevé de son entreprise marque aussi la fin d'une tradition : l'alliance de l'art et de la science, une des grandes ambitions de la Renaissance, est battue en brèche à Milan où Charles Borromée met en place la Contre-Réforme.

  • Comprend deux études publiées en 1929 par l'Institut Warburg de Hambourg : Signum triciput et Hercules prodicius, inédits en français jusqu'à ce jour.

  • « Pandore est la première femme, le beau mal ; elle ouvre une boîte défendue ; en sortent tous les maux dont héritera l'humanité ; seule demeure l'espérance. » D'Hésiode à Paul Klee, soit sur la totalité de l'arche de temps de l'art occidental, le mythe de Pandore accomplit son chemin. C'est ce parcours, avec ses longs silences, ses reprises, ses transformations, que le livre de Dora et Erwin Panofsky retrace. De la Délie de Maurice Scève (« Et de moy seul fatale Pandora ») aux dessins et aux peintures du néo-classicisme, de l'inquiétante et très belle Eva Prima Pandora de Jean Cousin à la femme fatale peinte par Dante Gabriel Rossetti, à travers livres d'emblèmes, textes savants, poèmes, compilations et grande peinture, ce sont non seulement les transformations d'un mythe, mais aussi la façon dont les époques qui le reprennent se projettent en lui, qui deviennent explicites. S'il sert bien tout d'abord à coudre très finement ensemble les pièces détachées dont se compose l'histoire de l'art, le fil conducteur des avatars du mythe de la boîte de Pandore, dégagé de l'ensemble du tissage culturel par une érudition à la fois extraordinaire et délicate, et comme tendu invisiblement par une sûreté théorique tout aussi déconcertante, vient ici fonctionner comme une sorte de révélateur. Le long de cette enquête si riche en pièces à conviction, le lecteur se retrouve, pour sa joie la plus grande, dans la posture de celui qui avance au sein d'une fiction : ce qui s'échappe de la boîte de Pandore ouverte par Erwin et Dora Panofsky, c'est la matière fictionnelle même, dans une pureté quasi originelle. Un nouvel essai du grand historien de l'art Erwin Panofsky, qui s'ajoute aux trois succès dans la collection Bibliothèque Hazan : Dürer, Titien et Les primitifs flamands.

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