• Considérés comme problématiques, mal dessinés, mal définis, parce qu'en passe de l'être, ou bien ne répondant pas aux critères qui ont été élaborés bien plus tard, les genres littéraires au Moyen Age posent question.
    Les analyses fondatrices de Hans Robert Jauss, qui définissent ou décrivent les genres par rapport à un horizon d'attente historique, ont remplacé l'approche générique, qui était jusque-là purement classificatoire ou taxinomique, par une approche phénoménologique. S'intéresser aux genres littéraires dans les textes médiévaux permet d'en dessiner certes les contours, mais revient aussi, sans doute, à les remettre en question, à cause de leur extraordinaire souplesse, de leur essence hybride, foisonnante ou exubérante, de leur facile propension à s'échapper des carcans normatifs étriqués dans lesquels la modernité tend parfois hâtivement à les enfermer.
    Les nécessaires taxinomies, comme celles qui tendent à organiser les genres, doivent sans doute être constamment remises en perspective, repensées, sinon dépassées. Ce livre voudrait en porter témoignage.

  • S'adressant à tous les candidats aux concours, en particulier Agrégation et Capes, Clefs concours offre une synthèse par sujet. Conçu comme un repère par rapport aux monographies et aux cours et comme un outil de révision, chaque ouvrage est articulé autour de fiches thématiques permettant de faire le point sur les acquis de la recherche.

    Synthèse des travaux les plus récents, Clefs concours permet de s'orienter dans la bibliographie et de mettre en perspective l'évolution des savoirs.

    Clefs concours - Lettres Tous les titres sont organisés autour d'une structure commune :

    . des repères : un rappel du contexte historique et littéraire.
    . les grandes "problématiques", indispensables à la compréhension des enjeux de l'oeuvre.
    . le "travail du texte" consacré aux questions de langue, de stylistique et de grammaire.
    . des outils méthodologiques, notamment bibliographiques.
    . un système de circulation entre les fiches et les références bibliographiques.

  • Fruit d'une tradition collective et d'un génie individuel, tel est le style de celui que l'on considère traditionnellement comme l'un des premiers grands écrivains de langue française et l'inventeur du roman. L'écriture des seuils (prologue et épilogue), les structures de la fiction, le choix d'une représentation multiple et parfois mystérieuse de la réalité, appuyée par l'élargissement lexical, l'épanouissement de la phrase et la plus grande souplesse du vers octosyllabique, l'hétérogénéité des points de vue et les procédés de dialogisme, la nécessité enfin d'une composition d'autant plus solide et rigoureuse que l'oeuvre est fondée sur la disparate et " faite de morceaux " caractérisent notamment l'originalité du nouveau roman. Chrétien de Troyes élabore progressivement celui-ci en profitant des courants rhétoriques dominants et en collectant ce qui n'était que sporadique ou timide jusque-là. Il fait entrer en résonance les données reçues en héritage et poursuit progressivement, au fil de son oeuvre, le travail de transformation initialisé : c'est un synthétiseur de génie et un créateur original. Il permet ainsi à l'oeuvre de prendre, d'un tenant, de la hauteur, tout en s'embellissant de multiples ornements et en faisant jouer la lumière du sens : sous sa plume, le roman s'édifie à l'instar des cathédrales gothiques qui voient le jour à son époque.

  • Fruit d'une tradition collective et d'un génie individuel, tel est le style de celui que l'on considère traditionnellement comme l'un des premiers grands écrivains de langue française et l'inventeur du roman. Dans une perspective de stylistique historique, ce qui pouvait constituer le socle rhétorique de l'écriture de Chrétien de Troyes est minutieusement examiné selon une méthode comparative appuyée sur les arts poétiques de la fin du XIIe siècle et du début du XIIIe siècle. L'écriture des seuils, qui initient une réflexion spéculaire sur l'écriture, les structures de la fiction, qui cherchent à installer l'effet de réel en privilégiant ce qui donne de la profondeur et traduit la complexité, le choix d'une représentation multiple et parfois mystérieuse de la réalité, soutenue par l'hétérogénéité des points de vue et les procédés du dialogisme, la nécessité enfin d'une composition d'autant plus solide et rigoureuse que l'oeuvre est fondée sur la disparate et « faite de morceaux » caractérisent notamment l'originalité du nouveau roman. En dépit d'une stéréotypie contrecarrant le désir d'analyse, l'impression reçue est celle d'une grande modernité ; elle vient sans doute de ce que nous avons tendance aujourd'hui à apprécier le genre romanesque selon une perspective essentiellement narratologique, qui néglige l'aspect esthétique : au Moyen Âge, sous la plume de Chrétien de Troyes, le roman était aussi poème... Le maître champenois l'élabore en collectant ce qui n'était que sporadique ou timide jusque-là, en faisant entrer en résonance des données qui viennent des chansons de geste, des chroniques et surtout de la triade des protoromans antiques. Il poursuit progressivement, au fil de son oeuvre, le travail de transformation initié : c'est un synthétiseur de génie et un créateur original. Il permet ainsi à l'oeuvre de prendre, d'un tenant, de la hauteur, tout en s'embellissant de multiples ornements et en faisant jouer la lumière du sens : sous sa plume, le roman s'édifie à l'instar des cathédrales gothiques qui voient le jour à son époque.

    Réimpression de l'édition reliée de 2007.

  • Enfermer, protéger, conserver est une nécessité, un devoir pour toute civilisation.
    Le Moyen Âge n'échappe pas à la règle. Les réceptacles du sacré - Graal, ciboires, châsses ou reliquaires - sont nombreux et d'une importance considérable. Ne s'agit-il pas d'enclore ce qu'il y a de plus précieux ? Les parfums, les produits de la pharmacopée ou le souvenir dune vie. Plus que tout autre témoignage, le corps humain est mémoire, porteur de l'espoir de la résurrection. enclore, c'est continuer à faire vivre dans l'attente du renouvellement.
    Le Moyen Âge ne connaît pas la boîte mais l'écrin, le manuscrit serré entre ses impressionnants plats de reliure... voici donc que prend vie une extraordinaire diversité d'objets, fruits de l'ingéniosité, du savoir technique, de la création artistique. les contenants suffisent à évoquer un mode de vie - pensons à la place qu'occupaient le potier ou le tonnelier dans la société médiévale. Ils ont leur propre histoire, celle de leur production, celle de leur usage, celle de leurs circuits commerciaux et, - ce n'est pas le moins important - de leur réutilisation.
    L'écrit, le livre, c'est le dépôt, le contenant de tout le savoir de l'humanité, toujours dans l'attente du lecteur qui sait redonner vie au passé...

  • Une étude culturelle des concepts et des modes de représentation du monstrueux ne saurait faire abstraction des rapports étroits que celui-ci, en tant qu'altérité, entretien avec ce qui fonde l'identité : l'humain. L'interdépendance et la complémentarité de ces deux notions (aussi bien, des idées et des images qu'elles engendrent) ouvrent une perspective sur plusieurs domaines culturels : celui de l'épistèmé et des ordres discursifs, celui de la différence, mais aussi de l'analogie de phénomènes, en apparence, incompatibles, et celui, enfin, de la fascination esthétique que suscite le monstrueux au moment de son imagination et de sa manifestation, notamment dans la littérature et les arts, de l'Antiquité à l'extrême contemporain. Loin d'petre de simples images de l'autre, les représentations du monstrueux nous parlent de l'humain : elles éclairent les zones d'ombre qui se cachent en nous ou dans les zones d'ombre qui se cachent en nous ou dans la société et démasquent les discours humanistes bon marché. L'art et la littérature nous tendent le monstrueux comme un miroir déformant : c'est, non pas en fuuyant, mais en soutenant le regard de Méduse que nous apprenons, dans la fascination et dans l'épouvante, à mieux nous connaître.

  • Les textes médiévaux parlent-ils de la montagne ? C'est à cette question que veut répondre cet ouvrage, né du séminaire dirigé par Claude Thomasset à l'Université de Paris-Sorbonne. Moyen d'approcher la divinité, lieu magique, la montagne permet aussi de construire une géographie qui définit le Centre de la terre comme les confins du monde. Historiens des sciences, des mythes et des religions, spécialistes de la littérature participent à cette enquête et confrontent leurs points de vue. De Roland à Alexandre, de Dante à Pétrarque, l'expérience - vraie ou fausse - des ascensions trouve une forme rhétorique spécifique au puissant pouvoir évocateur. Les cimes proches comme les montagnes des confins du monde sont l'occasion d'enrichir les connaissances et de rencontrer l'aventure. Accident du relief, lieu d'élection des légendes, mémoires des hommes, la montagne est toujours présente dans l'imaginaire médiéval. Elle fascine l'homme par sa beauté, elle le plonge dans l'effroi par les merveilles de ses sommets, par les mystères qu'elle enferme en ses flancs. La montagne a vu tant d'événements qu'il ne faut pas manquer de l'interroger.

  • De l'autre côté du miroir : dans l'eau, sous l'eau ! Pendant longtemps, l'univers aquatique a été source de mystères, de fascination et d'épouvante. L'eau comme élément, sous des formes et dans des usages multiples, est certes une donnée essentielle de la vie et du quotidien de l'homme à travers les âges : mais c'est surtout considérée en tant que volume, profondeur, qu'elle acquiert sa spécificité de milieu de vie, matriciel et nourricier, recelant richesses merveilleuses et monstrueuses étrangetés, véritable envers du monde terrestre. Pour l'homme médiéval plus encore que pour l'homme moderne, elle a été l'objet de spécilations scientifiques et d'inventions fantasmatiques, dont la littérature religieuse, scientifique, didactique ou plaisante porte la trace, comme le montrent à leur façon toutes les contributions à ce volume. Cet ouvrage, dans la diversité des études proposées, permet de saisir l'homme médiéval partagé entre l'exigence du savoir et la nécessité de penser un monde dans lequel la liberté des formes de la vie est encore illimité.

  • L'ouvrage, en hommage au Professeur Claude Thomasset, par et étudiants, regroupe de la part de ses amis, collègues une soixantaine de contributions qui reflètent les trois domaines dans lesquels Claude Thomasset s'est illustré, avec prédilection mais sans exclusive, comme chercheur et comme enseignant, tout au long de sa carrière de médiéviste à l'Université de Paris-Sorbonne -Paris IV : la langue, la littérature et l'histoire des sciences. Derrière le témoignage honorifique, c'est une illustration des recherches actuelles sur le monde médiéval, ses mentalités, ses conceptions et ses productions, dans sa richesse et sa diversité, qui est offerte : à la fois un état des lieux et une ouverture.

  • La pierre et le bois sont les matières qui composent le paysage de la ville médiévale. Le savoir sur la pierre consiste à s'interroger sur les rudiments d'une science qu'il faut bien appeler la géologie, aussi bien que sur des structures politiques ou religieuses qui ont su inscrire leur réussite dans des réalisations architecturales ou artistiques, dont la pierre locale a fourni la matière.

    La pierre est toujours mémoire, comme support de l'écriture qui accompagne le défunt. Elle l'est aussi dans des rituels qui accompagnent le voyage, la procession. Il semble que toutes les grandes religions chargent de sens la pierre.

    Mémoire de la pensée religieuse, mémoire d'une civilisation antérieure, mémoire d'une légende, le long de toutes les routes, à tous les carrefours, la découverte de la civilisation médiévale et de son passé passe par une réflexion sur la pierre.

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