Arts et spectacles

  • Baudelaire critique d'art ne cesse jamais d'être poète : « Il m'arrivera souvent, écrit-il, d'apprécier un tableau uniquement par la somme d'idées ou de rêveries qu'il apportera dans mon esprit. » Autrement dit, il décrit comme il flâne, avec une acuité de perception que seule rend possible une disponibilité parfaite à l'oeuvre contemplée. C'est à ce titre qu'il encense Delacroix, « peintre essentiellement littéraire », et qu'il raille la ligne dure du dessin d'Ingres. Cette connivence entre peinture et poésie revêt des formes multiples : de la relation classique d'une exposition à la définition de « l'art philosophique », en passant par un éloge en règle du dandysme ou du maquillage, ses écrits sur l'art témoignent d'une pensée toujours mobile, insoucieuse des genres et des hiérarchies, fécondée par les correspondances qu'elle décèle.

  • « Le romantisme, déclare Baudelaire, est une grâce, céleste ou infernale, à qui nous devons des stigmates éternels. » Ces stigmates sont manifestes dans l'oeuvre de beaucoup des écrivains étudiés par Baudelaire tout au long de ses vingt années de critique militante. Critique militante, en effet, et la part de polémique y est grande. Critique d'actualité aussi, car c'est à propos de ses contemporains que se manifeste surtout le coup d'oeil lucide et prophétique du poète. Son analyse, toujours pénétrante et pleine de verve, parvient à saisir l'importance durable des oeuvres de Wagner, de Flaubert, de Hugo et de Gautier, entre autres artistes.
    Si la valeur d'un critique repose sur son flair, sur son discernement, pour tout dire, sur son jugement, alors Baudelaire critique n'a pas d'égal au XIXe siècle.

  • Dix ans après les débuts de "La Petite Collection" des Éditions Diane de Selliers, redécouvrez Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire illustrées par la peinture symboliste et décadente, augmentées à la fin de l'ouvrage d'un carnet de dédicaces des personnes ayant contribué à la réédition de cet ouvrage.

    Le livre présente l'intégralité du recueil des Fleurs du Mal (édition de 1861) augmenté des Épaves (1866) et de l'édition posthume (1868), soit un ensemble de 164 poèmes. Ces derniers sont accompagnés de 185 reproductions pleine page de peintures, lithographies et aquarelles de plus de 80 artistes essentiellement issus de la seconde moitié du XIXe siècle, parmi lesquels Félicien Rops, Léon Spilliaert, James Ensor, Jean Delville, Alfred Kubin, Edvard Munch, Odilon Redon et Gustave Moreau, Carlos Schwabe, Max Klinger, etc. Cette confrontation du poétique et du pictural souligne les correspondances entre deux univers, et restitue à l'oeuvre de Baudelaire sa grandeur prophétique et fondatrice pour toute une nouvelle génération de poètes et de peintres.

    Héritage du second romantisme et première manifestation du symbolisme, la décadence est une esthétique où l'étrange et l'artificiel s'unissent afin de créer un langage pictural nouveau, en réaction aux préoccupations industrielles d'une bourgeoisie optimiste et dirigiste.
    De la décadence naîtra le symbolisme, un art de la suggestion, de l'analogie et de la métaphore, au sein duquel poètes et artistes expriment leurs obsessions les plus profondes : la solitude, la mélancolie, le mysticisme, la sensualité, le rêve, l'étrange, le morbide.

    Cette édition préfacée par Jean-David Jumeau-Lafond propose une biographie des 86 artistes présents dans l'ouvrage ainsi qu'une chronologie précisant notamment les liens de Charles Baudelaire avec les artistes et les hommes de lettres de son époque.

  • Les enjeux du goût sont toujours furieusement politiques et métaphysiques.
    Charles Baudelaire (1821-1867), l'amateur et critique d'art qui arpente les Salons, en a une conscience extrême. Contre l'académisme pompier, il lance son mort d'ordre : retour au présent, mais un présent revêtu de la Beauté éternelle. Dans son essai publié en feuilleton en 1863 qui passe pour l'acte de naissance de la modernité, il fait l'éloge de l'artifice, du maquillage et des parures, de la femme élégante, de la ville, du frivole et de l'horreur.
    Il développe une théorie du dandy. " La modernité, c'est le transitoire, le contingent, la moitié de l'art, dont l'autre moitié est l'éternel et l'immuable ".

  • L'art romantique

    Charles Baudelaire

    «Les chroniques artistiques de Baudelaire. On ne les lit pas. Effets inattendus avec les mots les plus simples, les plus galvaudés parfois. Cela donne une impression de grand raffinement».
    Julien Green

  • Richard Wagner et Tannhauser à Paris / par Charles Baudelaire Ce livre est la reproduction fidèle d'une oeuvre publiée avant 1920 et fait partie d'un projet proposé par la Bibliothèque nationale de France (BnF), offrant l'opportunité pour les lecteurs, enseignants ou chercheurs d'accéder à des ouvrages anciens et souvent rares issus de ses fonds patrimoniaux.
    Les oeuvres de cette collection appartiennent au « domaine public ». Elles ont été numérisées par la BnF et sont présentes sur Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF.
    En entreprenant de redonner vie à ces oeuvres au travers d'une collection de livres réimprimés à la demande, nous offrons la possibilité à ces oeuvres de rencontrer un public élargi et participons à la transmission de connaissances et de savoirs difficilement accessibles par ailleurs.
    Sur un plan technique, nous avons cherché à concilier la reproduction fidèle d'un livre ancien à partir de sa version numérisée avec le souci d'un confort de lecture optimal. Nous espérons que les ouvrages de cette nouvelle collection vous apporteront entière satisfaction.
    Http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6221355j

  • Paris, 13 mars 1861. En présence du couple impérial et du tout-Paris, Richard Wagner (1813-1883) assiste à la création française de son opéra Tannhäuser. Mais au lieu du succès escompté, la soirée est un naufrage : les chanteurs et l'orchestre sont hués, Wagner, pris à parti, est insulté. Le lendemain, la presse musicale s'acharne de plus belle sur le compositeur. Mais quelques jours plus tard, le poète Charles Baudelaire (1821-1867) fait paraître Richard Wagner et Tannhäuser à Paris, une défense brillante et passionnée du génial compositeur. Est-ce sa « méconnaissance » technique de la musique qui, par une sorte de malentendu, la lui aurait rendue intelligible ? Ou simplement est-ce que chacun aime spontanément ce qui lui ressemble ? La « correspondance » esthétique qu'il voit entre lui et le peintre musical de la modernité est l'occasion de l'exploration la plus éloquente de lui-même ...

  • Extraire la beauté du mal, transfigurer par le travail poétique l'expérience douloureuse de l'âme humaine en proie aux malheurs de l'existence. Oeuvre d'un poète partagé entre ses propres contradictions, s'inspirant autant de la réalité que d'un idéal abstrait, Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire furent l'objet lors de leur publication d'un procès pour délit d'outrage à la morale publique. En 1944, Henri Matisse illustre cette oeuvre de 34 dessins de visages.

  • C'est dans son atelier de Vence que Michel Joyard, artiste peintre et graveur, a réalisé les cinquante et une illustrations des petits poèmes en prose de Charles Baudelaire. La technique utilisée est celle du "monotype" qui ne produit qu'un unique tirage de l'estampe.

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