Parole Et Silence

  • La Pâque de la culture. Une lecture du De Civitate Dei de saint Augustin ».
    " Le De civitate Dei - une oeuvre imposante et décisive pour le développement de la pensée politique occidentale et pour la théologie chrétienne de l'histoire - fut écrite entre 413 et 426 en vingt-deux livres. Elle a été écrite à l'occasion du sac de Rome perpétré par les Goths en 410. De nombreux païens encore vivants, mais même beaucoup de chrétiens avaient dit : Rome est tombée, maintenant le Dieu chrétien et les apôtres ne peuvent pas protéger la ville. Pendant la présence de la divinité païenne, Rome était caput mundi, la grande capitale, et personne ne pouvait penser qu'elle serait tombée entre les mains des ennemis. Maintenant, avec le Dieu chrétien, cette grande ville n'apparaissait plus sûre. Donc le Dieu des chrétiens ne protégeait pas, ne pouvait pas être le Dieu auquel se fier. À cette objection, qui touchait profondément aussi le coeur des chrétiens, répond Saint Augustin par cette oeuvre grandiose, le De civitate Dei, en expliquant ce que nous devons attendre de Dieu et ce que nous ne pouvons pas, quelle est la relation entre le domaine politique et le domaine de la foi, de l'Église. Même aujourd'hui, ce livre est une source pour bien définir la véritable laïcité et la compétence de l'Église, la grande espérance véritable que nous donne la foi."

  • La conversion pastorale que le pape François nous demande de mettre en place dans nos paroisses n'est pas une tentative désespérée face à l'évolution du contexte sociétal et à l'inexorable diminution du nombre des pratiquants et des vocations sacerdotales. Elle est en réalité l'ultime conséquence d'une réflexion théologique et dogmatique née lors du Concile Vatican II et poursuivie par quatre pontifes durant six décennies. Le pape François nous exhorte simplement à réaliser que le temps est maintenant venu de récolter le fruit de cette réflexion et de le mettre en oeuvre. Nous pouvons le faire paisiblement et avec plein d'espérance pour construire les paroisses du xxie siècle. Cet ouvrage retrace d'une part les différentes étapes de cette réflexion théologique et dogmatique d'une manière accessible et présente d'autre part des principes clairs pour son application pratique dans nos paroisses, en les illustrant par des expériences concrètes vécues principalement dans l'Église de France.

  • L'École Cathédrale au Collège des Bernardins a demandé à ses meilleurs enseignants, théologiens et philosophes, de traiter une question en trente minutes, exercice difficile, mais fructueux !

    Plus que jamais dans nos vies agitées et bruyantes, où chacun est confronté aux maux de notre société, le recul est nécessaire pour avoir des échanges et des relations pacifiés dans nos différents lieux et communautés de vie.

    Créatures raisonnables, nous avons besoin de repères et de points d'appui pour être et vivre en citoyens actifs et responsables d'où une réponse à la question : « Pourquoi voter ? » et des réflexions sur notre devise nationale : Liberté, Égalité, Fraternité. À la suite de l'exhortation Amoris Laetitia du pape François, plusieurs conférences ont axé leur réflexion sur la vie familiale, la valeur du mariage, l'éducation des enfants... Ce livre, dans la ligne du projet du Collège des Bernardins, voulu par le cardinal Lustiger, et face aux divers actes antisémites récents, éclairera, dans une troisième partie, nos relations avec nos frères du judaïsme.

    Intervenants, sous la direction de Monseigneur Jérôme Beau :
    Thierry Avalle, Jérôme Beau, Anne Duthilleul, Sylvaine Lacout, Jacques de Longeaux, Éric Morin, Christiane Pellistrandi, Laurent Stalla-Bourdillon, Matthieu Villemot.

  • Dans un contexte qui se revendique volontiers aujourd'hui de la « post-vérité », il semble qu'une relecture des grandes synthèses théologiques consacrées à la question de la vérité soit devenue inactuelle. Pourtant, l'occasion nous est fournie de vérifier ainsi la force de leurs hypothèses et la valeur de leurs arguments. Il en va ainsi de l'intelligence de la foi en général, qui révèle sa solidité en s'affrontant aux questionnements et dubitations qui agitent le coeur de l'homme, même chrétien, engagé dans son temps.

    La réflexion menée dans ce livre se nourrit de cette prise de conscience et souhaite apporter sa contribution à l'interrogation croyante (catholique) sur la Vérité. Pour ce faire, elle considère que l'une des oeuvres théologiques les plus impressionnantes du xxe siècle, la « Doctrine de la Réconciliation », quatrième partie de la Dogmatique ecclésiale de Karl Barth, peut justement se lire comme un gigantesque de Veritate dont le centre serait l'existentia Christi : une réalité singulière capable de se manifester elle-même et de susciter (malgré le péché) une multitude d'éclats dans l'histoire et le monde : une réalité qui est donc à part égale et un être et un acte. Le travail fondamental sur une Vérité ainsi comprise implique alors une réflexion approfondie sur la façon dont se réalise, chez Barth lui-même, la conjonction de ces deux catégories au service d'un concept unitaire de Vérité capable d'échapper aux réductions rationalistes et aux déchirures gnostiques. C'est en effet à l'aune de ce critère qu'il sera possible de mesurer la possibilité d'une reprise catholique de la théologie barthienne de la vérité, et même, d'en estimer la fécondité philosophique.

  • L'islam n'est plus un monde lointain : des mosquées et des lieux de prière ont surgi, on mange hala] dans de nombreuses écoles, des femmes en burqa arpentent les rues.
    Partout en Europe, des centres culturels islamiques se sont implantés, les mariages mixtes sont devenus courants. Qu'est-ce donc qu'un musulman "européen" ? Comment vit-il ses convictions essentielles ? Celles-ci sont-elles compatibles avec le monde occidental laïcisé ? A quelles obligations religieuses ce croyant est-il soumis ? L'auteur, spécialiste de la religion et de la culture musulmanes, nous offre enfin une lecture simple et pédagogique de ce que constitue l'islam aussi bien du point de vue théologique que pratique.
    Puisse ce livre, en fournissant des clés de compréhension de l'islam, aider à entrer en dialogue avec ces croyants qui nous interrogent.

  • Des analyses et des réflexions autour de l'évolution de l'islam, des changements sociaux et politiques et de la modernisation culturelle des sociétés arabes, mis en lumière par les révolutions récentes. Elles sont issues du séminaire Dialogue méditerranéen sur la pensée religieuse et la sécularisation des sociétés, ainsi que du colloque Les printemps arabes et le religieux.

  • Cet ouvrage présente les apports décisifs de Benoît XVI dans le dialogue interreligieux à travers quatre axes : religion et culture ; foi et raison ; le rôle d'Israël et du christianisme dans le concert des religions et le respect de la liberté religieuse. Joseph Ratzinger, devenu le pape Benoît XVI, a apporté une profondeur théologique inestimable au dialogue de l'Eglise catholique avec les autres religions.
    Deux malentendus manifestent paradoxalement sa détermination : le premier survint lorsqu'il voulut que le président du Conseil pontifical pour la culture dirige le Conseil pour le dialogue interreligieux. Certains observateurs ont alors cru percevoir dans cette décision une prise de distance du nouveau pape par rapport au dialogue avec les religions. Bien au contraire, Benoît XVI mettait en évidence le lien Intime entre la question religieuse et le problème des cultures.
    Le second fut plus retentissant puisqu'il concerne le discours prononcé à Ratisbonne le 12 septembre 2006. La polémique fut vive avec nombre de musulmans tandis que l'intention du pape était seulement de condamner l'usage de la violence au nom de la religion et d'affirmer le lien positif qui existe entre la religion et la raison. Jean-Paul II avait marqué les consciences par son initiative de la rencontre d'Assise du 27 octobre 1986 et sa considération de l'action de l'Esprit Saint chez les croyants des traditions religieuses non chrétiennes.
    Benoît XVI a clairement voulu contribuer à un dialogue rationnel et pragmatique entre les religions plutôt que de chercher une convergence mystique qui nivelle les différences historiques et religieuses et peut conduire à une forme de relativisme. Pour lui, le dialogue interreligieux est d'abord et avant tout une écoute du Logos. Benoît XVI est conscient de la mission de l'Eglise catholique, de l'unité de la destinée humaine et de l'importance du dialogue interreligieux.

  • Tertullien a suscité dès son temps les réactions les plus contrastées, de l'admiration enthousiaste à la suspicion et au rejet.
    On l'a dit hérétique, or sa fidélité à la tradition apostolique est entière et son orthodoxie totale. On le voit comme un moraliste excessivement rigoriste, or il ne cesse de défendre la grandeur de la chair, du mariage, de la création. Il est de fait l'un des Pères de l'Église les plus originaux et l'un des plus marquants. Auteur d'une quarantaine de traités dont trente ont été conservés, il mène son activité d'apologète, de défenseur de la foi contre les hérésies et d'exhortation des croyants au tournant des IIe et IIIe siècles, à Carthage.
    Son oeuvre frappe d'emblée par sa force argumentative, par son style brillant, et par la fermeté de sa théologie. Mais parce qu'il s'est séparé de l'Église à la fin de sa vie, sur des questions touchant la discipline chrétienne, Tertullien a été peu compris et peu influent. À notre époque encore, quoique largement réhabilité et cité par le concile Vatican II ou le Catéchisme de l'Église catholique, il demeure peu travaillé au plan théologique.
    Ce livre soutient une nouvelle fois l'importance de reconnaître Tertullien comme théologien de premier ordre. Le premier théologien du monde latin par l'ancienneté s'avère aujourd'hui encore l'un des plus stimulants.

  • Parmi les innovations biotechnologiques, le clonage est l'une de celles qui a soulevé le plus d'émotion et suscité le plus grand nombre de commentaires. Depuis la brebis Dolly, conçue de façon asexuée par transfert de noyau, un vaste débat éthique a été engagé sur la légitimité de produire des embryons humains et de faire naître des enfants par ce moyen.
    Sans doute la technique n'est-elle pas encore maîtrisée sur l'homme, mais elle le sera un jour.
    Nos sociétés seront alors affrontées à des choix cruciaux. Les barrières juridiques actuelles seront certainement contestées. Il est nécessaire de mener une réflexion éthique en amont, qui examine les valeurs proprement humaines qui sont engagées.
    Nous proposons ici une contribution à ce travail commun. L'approche philosophique et théologique met en évidence que le clonage, quelle que soit sa finalité, atteint gravement la personne humaine dans sa condition et sa dignité filiale.

  • Le pluralisme éthique lié à la diversité des cultures et des traditions est souvent présenté comme un obstacle irrémédiable à une éthique universelle.
    Pourtant. c'est la constatation de ce pluralisme qui a été l'aiguillon de la recherche de références communes dans une quête de vérité. Parce que l'homme se déploie dans une histoire. la commission théologique internationale (CTI) a récemment proposé un " nouveau regard " sur la loi naturelle, notion universaliste aussi ancienne que controversée. Quel lien entre loi naturelle et christologie ? Quel impact sur les choix de société ? Une telle théorie est-elle encore recevable ? Deux théologiens, Mgr Lillo Melina.
    De l'Institut pontifical Jean-Paul Il, Geneviève Médevielle, de l'Institut Catholique de Paris, et un philosophe, Emmanuel Hirsch, engagés dans les débats éthiques d'aujourd'hui accompagnent le document de la CTI de leurs " regards pluriels " sur la loi naturelle.

  • De Michelet à Michel de Certeau, il semble qu'on ait à peu près tout dit du rapport des historiens à la mort et aux morts. Mais peut-être n'a-t-on pas assez souligné à quel point la découverte, au détour d'un dossier d'archives, d'un manuscrit exceptionnel comme Philosophie de la mort de frédéric Ozanam, fait partie des bonheurs de la recherche. Tout à coup, sans crier gare, dans ce monde souvent caduc où l'historien de la culture et de la religion promène son regard distancié d'ethnologue du passé.
    Une voix se fait entendre : insolite, émouvante, irréductible. On a trouvé un " texte " parmi les " sources ". Mieux : un vivant parmi les morts. Pas n'importe quel vivant en l'occurrence, puisqu'Ozanam est une figure majeure de l'histoire religieuse, intellectuelle et politique du XIXe siècle qui est abordée dans cet ouvrage à travers le prisme de sa vie spirituelle et de son rapport à la mort. Questions cruciale s'il en est pour ce chrétien soucieux de " ne pas sortir inutile de ce monde ", mort à tout juste quarante ans, au beau milieu d'une existence pleine de dons et de promesses, des suites d'une longue maladie qui lui a laissé le temps de se confronter douloureusement au problème.

  • La beauté du monde, mais aussi le scandale du mal qui semble parfois le ronger, interpellent toute conscience humaine. La réflexion élaborée par Louis Bouyer (1913-2004) dans Cosmos. Le monde et la gloire de Dieu est riche d'enseignements et résonne comme une invitation à reconnaître dans la réalité matérielle une présence spirituelle porteuse de sens. Le texte, publié en 1982, est loin d'être obsolète et cette étude voudrait le rendre accessible pour aujourd'hui.
    Il ne s'agit pas, pour Louis Bouyer, de proposer d'emblée une «cosmologie chrétienne» à accepter ou à rejeter comme telle, mais de rejoindre les questions de chacun. Toute «cosmologie» se fonde dans une expérience personnelle et toute «vision du monde» déploie sa cohérence rationnelle au sein d'un langage relevant d'une commune humanité en quête de transcendance. Louis Bouyer a exploré comment cette expérience s'est exprimée dans la variété des cultures et est entrée dans l'histoire en dialogue avec la révélation judéo-chrétienne.
    Il a recherché les apports et les écueils des différentes représentations du cosmos jusqu'aux atouts et aux limites de notre culture scientifique et technique, qu'il tente d'interpréter en conciliant croire et savoir.

  • L'évangile nous demande de servir mais aussi de contempler le pauvre pour y trouver le Christ. Fort de ses expériences pastorales, l'auteur cherche les leçons anthropologiques délivrées par la personne très âgée, le grand malade, le SDF, le sans-papiers, le prostitué. Le livre qui manquait sur ces grandes pauvretés.

  • Le Pape François partage avec Jean-Paul II une sorte de connivence immédiate, chaleureuse et exigeante à la fois, avec l'enfance et la jeunesse. Il est profondément conscient qu'une éducation à la lumière de l'Évangile «est un des défis les plus importants de l'Église, aujourd'hui engagée dans la nouvelle évangélisation dans un contexte historique et culturel en constante transformation», comme il l'écrit lui-même. La question de l'éducation n'est pas seulement présente au chapitre 7 d'Amoris laetitia qui lui est explicitement consacré, elle sous-tend la totalité de l'exhortation et en propose une clé de lecture pertinente, même si ce n'est pas celle que les médias ont privilégiée.

    Mon propos se développera en trois temps : je situerai d'abord les textes d'Amoris laetitia consacrés à l'éducation dans la pensée du Pape François, puis j'analyserai les liens essentiels entre mission éducative et famille, avant de m'attacher aux options éducatives majeures qui se dégagent de ces textes.

  • Dans le sillage du second volume de Jésus de Nazareth de Benoît XVI, pour le n°98 des Cahiers des Bernardins, nous est proposé ce recueil de cinq articles d'exégètes et de théologiens. Travaillant sous la direction du père Frédéric Louzeau, ils réagissent au nouveau livre du pape dont l'objectif est de confronter le questionnement de la foi et le Jésus de l'histoire.
    Participent à ce livre :
    Marc RASTOIN, jésuite, professeur d'exégèse biblique aux facultés jésuites de Paris.
    Jean RADERMAKERS, licencié en philologie classique, en théologie, en sciences bibliques (Rome) et professeur d'exégèse et de théologie biblique à la Faculté de la Compagnie de Jésus à Bruxelles (I.E.T.).
    Mgr Eric de MOULINS-BEAUFORT, évêque auxiliaire de Paris Père Rafic NAHRA, prêtre du diocèse de Paris et enseignant à la Faculté Notre-Dame Père Olivier ARTHUS, prêtre du diocèse de Sens-Auxerre, professeur d'Écriture sainte et directeur de l'École des langues et civilisations de l'Orient ancien (ELCOA) à la faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Institut catholique de Paris.

  • Contributions publiées à l'occasion du colloque qui s'est tenu au Collège des Bernardins en avril 2013 sur le thème des valeurs de la démocratie, présentée comme une valeur politique, éthique et spirituelle. Les auteurs proposent une réflexion sur la théologie chrétienne de la démocratie ainsi qu'une enquête sur la démocratie et les valeurs spirituelles dans le monde.

  • Le martyre. une notion dépassée ? Une réalité morbide qui fait peur ? Ou la beauté même de la foi ? Souvent présenté comme réservé à une minorité de saints héroïques, le martyre occupe une place centrale dans la vie chrétienne. Il intéresse chacun, ici et maintenant. Le martyre des chrétiens ne se limite pas aux premiers siècles. Bien plutôt. le temps où la persécution aura été la plus forte est le nôtre. Jean-Paul II, témoin des totalitarismes du XXe siècle. l'affirme avec gravité. Le récent film sur l'assassinat des moines de Tibhirine en Algérie rappelle combien ce fait de barbarie, toujours inspiré par la jalousie, est tragiquement actuel. Ce livre d'un spécialiste de Tertullien, auteur en son temps de plusieurs écrits sur le martyre, aborde le sujet sous un double aspect, historique et théologique. Après avoir redonné le sens du martyre à partir de la vie du Christ et de son enseignement, resitués dans l'univers d'Israël, il étudie divers exemples et documents des temps anciens et de la période contemporaine. Au final, il montre de manière neuve la raison de l'importance du martyre dans la pensée et dans la vie chrétiennes.

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