Jean-paul Rocher

  • " C'est donc au nom de ces valeurs Que j'accuse avec insistance Ces brasseries de beaux parleurs (Cul et chemise à la Finance) Et ces fast-foods-cambrioleurs (Aux mains d'un gibier de potence, Un tiers clown, deux tiers racoleurs Et grand trafiquant d'appétence).
    Là se goinfrent des avaleurs Adhérents de cette pitance Qui, en retour, adhère à leurs Intestins plombés d'impotence, Chers clients mais pauvres payeurs Qui, pour prix de leur pénitence, Sentiront plus tard les douleurs De l'obésité pour sentence. " Avec " Les Mots de la faim " s'achève le cycle commencé par " Mets & Mots ", prolongé par " l'Opéra-Bouffe " puis par " Le Verbe & la Chère ", aussi vrai qu'il y a quatre points cardinaux, quatre saisons, quatre éléments...
    Et quatre saveurs ! D'octosyllabes en alexandrins les textes s'égrènent et exhibent leurs fruits pleins de joie, teintés d'absurdités et de non-sens... et la langue résonne et déraisonne, s'adressant tout autant à l'esprit qu'à l'oreille interne, source de bien des vertiges - mais sans doute sont-ce, pour qui sait lire, les charmes de l'entendement...

  • Ce qu'il y a de délicieux en Touraine, c'est que la vigne est partout, sans pour cela recouvrir tout.
    Quand je passe dans le Bordelais, je trouve qu'il y en a trop comme trop de pins dans les Landes! Je n'aime pas l'excès. J'avais une nature pour vivre en Touraine, où la vigne côtoie le champ de blé, grimpe le coteau entre le seigle et l'avoine, descend jusqu'à la Loire en bordure d'une prairie. Le vigneron en Touraine prépare son vin, tandis que sa femme veille aux fromages et à la crème. Voilà le bon sens ; il est dans la variété.
    Au coeur d'une province où il n'y a que des vignes, comment remarquer une vigne? Mais comment ne pas la saluer en Touraine entre un champ et un potager? Elle a sa place, sa forme, son rôle. Il y a des vignes que je connais et que j'aime comme des personnes.

  • " Jeux de mains, jeux de vilains "...jeux de cochons ? Cet ouvrage, écrit à 4 mains, est un abécédaire à la gloire du bienfaiteur de notre table, au fil du temps : le cochon.
    Textes amusés et recettes s'imbriquent en un hymne d'humeur et d'appétit où le coup de " fourchette " succède à la déclaration d'amour, selon une jubilatoire philosophie du plaisir.

  • Le 23 septembre 2009, la jungle de Calais a été rayée de la carte par les CRS d'Eric Besson. Ce qui a été présenté par le gouvernement comme une opération d'intimidation contre les mafias de passeurs n'a conduit qu'à mortifier davantage des centaines de réfugiés qui fuient les guerres et la menace d'intégration forcée dans les rangs des extrémistes religieux, que nombre d'armées européennes combattent par ailleurs en Afghanistan. Ce " coup de Kärcher " traduit tragiquement le repli sécuritaire d'un continent qui se perçoit comme une forteresse assiégée. Et qui choisit aujourd'hui d'externaliser la lutte contre l'immigration clandestine, en confiant notamment à la Libye du colonel Kadhafi le soin d'interner dans ses camps, pour une durée illimitée, les candidats au départ, hors de tout contrôle du HCR. Si l'Union européenne ne respecte pas les conventions internationales qu'elle a ratifiées, si elle ne négocie pas des accords d'entraide avec les pays du Sud, si elle n'adopte pas des positions unifiées et pérennes sur les flux migratoires, elle se sera définitivement parjuré. Elle aura renié une partie des valeurs sur lesquelles elle prétend se construire. Désolidarisons-nous de ce déshonneur européen.

  • Plus de 1000 vignerons de tous les terroirs du monde qui s'accordent avec leur environnement à travers une approche plus sensible de a viticulture.
    Des centaines de bars à vins et restaurants qui transmettent leur message de Troyes à Hong-Kong, d'Oslo à Gaillac, Londres, Rennes, Bruxelles, etc. Plus de frontières, un seul visa : le vin !

  • Barbacot : néologisme ? retour aux sources plutôt, car " barbacot " est le mot français des boucaniers de l'île de la tortue d hispaniola (aujourd'hui: haiti et saint-domingue) pour définir la grillade et fumaison des viandes sur claie.
    Il est authentique. en tous les cas, il est plus phonétique que " barbecue " (prononcer " quiou "). il sonne clair et fort. raymond buren nous livre aujourd'hui, son regard sur l'usage du feu, des origines à nos jours, et singulièrement son interprétation des différents modes de cuisson par le feu. observateur curieux, il nous conte l'histoire des braises, mêlant à la fois références bibliques, mythologiques, historiques, géographiques et culinaires.
    De l'ethiopie aux steppes de l'asie centrale, du texas aux iles sous le vent, du beaujolais aux ardennes, il entretient un feu nourri de recettes inattendues et nous décrit des mises à feu truculentes. tout est cuit (ours, agneau, perche, saumon, boeuf, banane, etc. ), braisé à point, et narré sous toutes les latitudes avec toujours cette pointe d'humour qui lui permet toutes les audaces (sur le gril).
    Le tableau est saisissant et la braise prend mille itinéraires. toujours de bonne humeur, secret d'une certaine longévité, ce globe-trotter de la gastronomie à la joie de vivre communicative nous rappelle non sans gravité cependant, que "nous sommes des invités sur terre " (georges steiner) " affirmation qui proscrit chicanes, barrières, xénophobies et replis emmurés ". ce livre est une forme de témoignage, profession de foi d'un humaniste qui aime et goûte le monde dans toutes ses diversités et qui nous invite à en partager le sel.
    Et le feu. avec gourmandise.

  • Voici plus de vingt ans que Michel Bouvier s'est investi dans l'histoire de la vigne et du vin. En s'appuyant sur une réelle formation scientifique, il a transformé ce qui était au départ un passe-temps au soleil de Provence (les cuves à vin rupestres du Luberon), en une véritable passion, puis en une réelle spécialité; il est devenu archéologue de la vigne et du vin. Auteur de livres fort bien documentés (Le lièvre dans l'Antiquité, L'homme et l'histoire du vin, Les vins de l'Antiquité, la biodynamie dans la viticulture), il n'oublie pas de faire partager sa passion et ses connaissances au plus large public par des conférences, des dégustations et ses ouvrages de vulgarisation. Mais du vin au fromage, il n'y a qu'un pas. Le cep de vigne donne du raisin dont le vigneron transforme le jus pour faire son vin. La vache donne du lait que le fromager transforme pour faire son fromage. Quelques citations d'auteurs antiques l'ont mis sur la voie d'une nouvelle recherche. La mise en évidence de la production fromagère sur trois stèles trouvées à Grand dans les Vosges rajoute encore un intérêt pour cette production antique encore mal connue, qui devait cependant être de première importance depuis toujours pour l'alimentation des hommes. Ce nouvel ouvrage présente cette recherche sur le fromage dans l'Antiquité et dresse un tableau rapide de l'état actuel de la production fromagère en France et en Europe, qui reste encore en quelques endroits artisanale, c'est-à-dire fermière, malgré toutes les contraintes imposées par toutes les couches administratives qui nous envahissent.

  • En Chine, un proverbe dit que le peuple considère la nourriture comme le Ciel.
    Dans cette riche famille Jia où les besoins primaires étaient plus que satisfaits, où le Ciel s'était banalisé, tous les membres avaient développé une philosophie du boire et du manger sous l'angle du divertissement. Cette recherche du plaisir se décline aussi bien dans les repas du quotidien que dans les repas de fêtes. En vous invitant à la table de cette famille aristocratique d'origine mandchoue sous le règne de l'empereur Qianlong, contemporain de Louis XIV, vous découvrirez la gastronomie chinoise du XVIIIe siècle à travers les mets et boissons évoqués par Cao Xueqin dans son roman " Le rêve dans le Pavillon Rouge ".
    Vous serez séduits par les saveurs exquises des mets, par la découverte d'ingrédients nouveaux, par la délicatesse des thés et des alcools servis, par les méthodes de prévention de santé par la nourriture, par la complexité des rituels de table liée au statut des mangeurs. En outre pour les mets seulement évoqués dans le roman, les recettes interprétées par les plus grands chefs chinois vous sont proposées.
    Pour les cuisiniers, les amoureux de l'histoire de la cuisine, c'est une véritable encyclopédie des pratiques de cette époque. Aucun autre roman chinois n'a donné de détails aussi précis dans l'approche de la diétothérapie, dans l'organisation des menus quotidiens, des nourritures de saison, des banquets de fêtes. La nourriture, en tant que rituel social, symbolique, de saison ou expression d'une affectivité est largement développée tout au long de ce livre à travers les péripéties du roman.

  • "La mer est la limite de ma rizière " (ny ranomasina no valamparihiko) aurait dit le grand roi Andrianampoinimerina qui lança l'unification de l'île à la fin du XVIIIe siècle.
    La cuisine malgache d'origine, avec le zébu, le riz et les brèdes, s'est enrichie pendant son histoire de plusieurs traditions culinaires telles : la chinoise, l'indienne, et la française. Dans ce nouvel ouvrage, William Chan Tat Chuen nous offre un itinéraire gourmand à travers les saveurs d'une île, qui lui rappellent à la fois son enfance, et des traditions culinaires qui marquent une identité malgache plurielle et ancestrale.
    A la fois parcours anthropologique et gourmand son récit nous expose toute la richesse d'une île dont les spécialités ne manquent pas de piquant ! Des recettes de zébu, aux différentes variantes de rougails et d'achards, c'est toute une géographie gustative qui nous est dévoilée ici. Mais aussi la cuisine malgache au-delà de la nécessité de répondre et de satisfaire la population est une cuisine qui accompagne les rituels de la vie ; les croyances, les interdits (les fadys), et nous laisse entrevoir une culture complexe et très influencée par les superstitions.
    Avec de nombreuses recettes, l'auteur nous révèle les moeurs et l'histoire d'un pays aux multiples facettes, où l'on n'est pas étonné de déguster du foie gras, des nymphes frites, de nombreux poissons et où l'on trouve aussi du vin, une très bonne bière et où l'on a renoncé à manger de la tortue de mer puisqu'elle est devenue une espèce protégée.

  • Le marché, la cuisine, la table : scènes gourmandes, non au sens théâtral, mais comme lieux d'éveil de notre quête alimentaire, comme moments de vie qui s'organisent autour de notre alimentation.
    Scènes colorées, scènes contrastées, ouvertes à l'appétit du consommateur et l'imaginaire du mangeur. Tantôt le banal et l'ordinaire, pris dans le quotidien des choses, tantôt la liberté et la création, l'improvisation ou l'art le plus maîtrisé pour sublimer la matière, changer notre manière de voir les aliments et, au-delà, tout l'univers gourmand, gourmet. Un monde d'interdits et d'audaces, de bonnes manières et d'extravagances, au fil du temps, au plus profond des cultures et des traditions.
    Un monde livré aussi au hasard des situations, aux fantaisies du moment. Le marché d'abord, haut en couleur, riche en sons et en saveurs, en parfums et en odeurs. Théâtre marchand depuis toujours, où la nourriture s'étale, se brade, se commente, dans le commerce des aliments et des relations sociales les plus directes et naturelles. Toute la différence avec les hypermarchés qui cassent les prix mais ne connaissent pas cette surenchère du verbe, si nécessaire à la chaleur de la relation.
    Pourtant il nous faut bien compter avec ces temples de la consommation moderne, à côté de nos marchés traditionnels. Parler cuisine aussi, nous renvoie sans cesse à deux modalités, entre la corvée ménagère, à simplifier, à expédier, et l'envie de s'en laisser conter par les livres, les guides, les émissions, l'envie de se laisser guider par l'imaginaire et la créativité. Cuisine élevée au plus haut rang par les chefs, cuisine des profondeurs, du terroir, et cuisines du monde.
    Cuisine de piano, de fourneaux, de labo, où tout se joue en coulisses ; à l'inverse, cuisine déco et pro, ouverte sur l'intérieur de la maison, comme spectacle vivant pour les convives. A table ! Là encore, il faudra faire la part entre les scènes de table vécues comme épreuves, voire comme calvaires, et les moments d'extase que nous devons à des plats, des vins, à tous ceux qui partagent notre table et nos émotions, des choses les plus simples au luxe de nos cérémonies sociales.
    Lieu romantique et propitiatoire du " je t'aime " ou, ou contraire, lieu tragique de l'anathème, quand la table est l'occasion non plus de communiquer mais d'excommunier. Table réinventée d'une époque à l'autre, d'une culture à l'autre. Le marché, la cuisine, la table : des tableaux vivants que nous gardons en mémoire et que nous cultivons au quotidien, dans l'imaginaire sans fin de nos relations. Pour alimenter le débat et les réflexions, chercheurs, professionnels et journalistes se sont mis à table pendant la Biennale Internationale des Arts Culinaires (Dijon, novembre 2005).
    Le menu de ces Rencontres vous est livré dans ces pages.

  • l'ambition de ce livre est d'éclairer l'amateur de cuisine qui s'intéresse aux techniques et à la culture issue des découvertes des premiers agriculteurs contemporains d'adam & ève.
    en ces temps-là ils ont cultivé l'orge, puis après des expériences ils ont réussi à le transformer en bouillie, en pain, en bière et en whisky. ils ne se sont pas arrêtés en chemin, ils ont transformé d'autres plantes amylacées, ils les ont saccharifiées... et la suite est dans le texte. pour brasser les idées, les cultures, les recettes, les auteurs ont embrassé le métier d'écrivain gastronomique, l'un brassait des encyclopédies, les fiches cuisines et les caractères pendant que l'autre brassait les torchons ou le malt et les plantes ;,amylacées.
    jacqueline a beaucoup brassé la toile, sur le net, à la recherche des informations multiculturelles et a vérifié les affirmations instinctives de son complice jean-paul, autodidacte, cuisinier, auteur, spécialiste du brassage et des reconstitutions archéologiques en cuisine (on lui doit, avec a flouest, la cuisine gauloise continue, édition bibracte et bleu autour 2006 et la cuisine néolithique, édition jean-paul rocher 2007).
    les sujets sont traités par ordre alphabétique. il faut commencer par le début, adam & eve, le brassage, les histoires, les nouvelles.., tout est brassé dans l'ordre, à chacun d'y puiser avec une chope sa ration de recettes, de trucs et de culture

  • Le vin nu

    Alice Feiring

    Le vin nu, c'est le vin sans falbalas, tel qu'en soi-même il doit être : franc, surprenant, provocant, vivant, charnel, inaltéré.
    Le vin nu, le vin naturel, se tient aux antipodes de ce qui se produit aujourd'hui si massivement dans le monde et qu'Alice Feiring qualifie de "surfait, sur-boisé, hors de prix et bien trop trafiqué", tout en attestant qu'il est parfaitement possible de faire du bon (voire de l'excellent) vin - à condition que les vinificateurs veuillent bien prêter l'oreille moins aux sirènes du marché et davantage à la nature, en cessant de recourir aux adjuvants et aux produits chimiques.
    Mais peut-être n'est-il pas si simple qu'il y paraît de laisser le vin se faire... Trois ans auparavant, Alice Feiring a relevé le défi qu'on lui proposait : s'essayer à la vinification naturelle. Dans Le Vin nu, elle rend compte de cette aventure - tour à tour paisible et endiablée, mais toujours révélatrice - en même temps qu'elle explore par le menu les fascinantes coulisses du monde du vin naturel et les rencontres qu'elle y a faites avec ses figures emblématiques : Jacques Néauport, Marcel Lapierre, Pierre Overnoy, et quelques autres.

  • «Déguster c'est comparer, c'est donc, à la base connaître.
    Pour connaître il faut multiplier ses investigations en observant, en notant ses impressions.
    Mais il faut savoir aussi que nos sens sont imparfaits, et que pour les rendre fi dèles, la volonté, l'attention sont indispensables.
    Le temps aidant, car l'expérience est fort longue, la dégustation réfléchie procure au dégustateur, s'il porte en lui l'amour du Beau, du Vrai et du Vin, la joie profonde de pénétrer dans ce domaine où la nature se plaît à concentrer son génie.» Jules Chauvet

  • La biodynamie considère la Terre comme un tout, un être vivant poursuivant sa propre évolution, lié à son environnement cosmique qui lui imprime ses rythmes, journaliers avec le Soleil, mensuels avec la Lune, ou annuels et fort divers avec les planètes. L'objectif de la biodynamie est avant tout de revivifier la terre, redonner un équilibre à la plante et au sol et de les harmoniser avec les forces de l'univers en utilisant les énergies cosmiques. En effet, on constate que les influences cosmiques ont une incidence sur la croissance de la plante suivant les rythmes liés aux positions de la Lune et du soleil, par rapport aux constellations zodiacales (et non pas aux signes du zodiaque). La pratique de la biodynamie se concrétise avant tout par un retour à la terre, c'est-à-dire : remplacement des désherbants chimiques par le travail du sol qui permet l'enfoncement des racines dans la roche mère, enherbement qui catalyse les éléments minéraux qu'il végétalise afin qu'ils soient directement assimilables par la vigne, suppression des intrants chimiques (engrais, insecticides, pesticides, désinfectants, etc.).

    Dans la viticulture la biodynamie a simplement pour but de produire de beaux raisins, cueillis avec soin à maturité, qui ne poseront aucun problème pour réaliser du vin d'excellente qualité sans aucun additif.

    En résumé, l'agriculture biodynamique assure la santé du sol et des plantes pour procurer une alimentation saine aux animaux et aux hommes. Elle se base sur une profonde compréhension des lois du vivant acquise par une vision qualitative globale de la nature et de l'univers.

    Spécialiste de l'histoire de la vigne et du vin (voir Les vins de l'Antiquité, Paris 2007), Michel Bouvier nous propose aujourd'hui dans ce volume une approche pédagogique de la biodynomie, claire et accessible; et pour illustrer son propos, il a réuni 237 adresses de vignerons biodynamiques, dont 151 ont répondu à un questionnaire, afin de renseigner les amateurs de vins sur leurs pratiques.

    Extrait du livre :
    Extrait de l'introduction :

    «Seule, dans le règne végétal, la vigne nous rend intelligible ce qu'est la vraie saveur de la terre.
    Elle ressent, exprime par la grappe les secrets du sol.» Colette Vous dînez un soir chez ses amis, et vous partez avec un violent mal de tête, accompagné la nuit de lancinantes brûlures d'estomac.
    Ne cherchez pas, vous avez bu un vin chaptalisé à l'excès et un autre ou le même, dans lequel les sulfites ont été largement utilisés, provoquant ce mal de tête.
    Ce sont là des maux apparents. Mais il y a plus grave.
    Les méthodes de culture, évoluent depuis les années 50 de façon particulièrement dramatique pour les sols, les nappes phréatiques, la qualité des vins et la santé des consommateurs, par un usage immodéré des produits chimiques de synthèse sous forme de pesticides, engrais, désherbants de toutes sortes.
    Il est urgent que le consommateur prenne conscience de cet assassinat programmé et qu'il amorce un recul par des choix plus judicieux de ce qu'il consomme.
    Il faut se poser des questions :
    ° Comment expliquer qu'aujourd'hui en 2007 certains vignerons du Beaujolais n'aient plus rien à vendre tellement leurs vins sont recherchés, alors qu'il suffit de se promener dans ce même Beaujolais pour rencontrer un peu partout des vignes abandonnées ou arrachées ?
    Ceci ne s'applique du reste pas qu'au Beaujolais, mais à presque tous les vignobles français, à un degré moindre, il est vrai. En son temps déjà, Virgile ne disait-il pas en parlant des vignerons : Ils seraient trop heureux s'ils connaissaient tous leurs moyens de prospérité.
    ° Comment expliquer que beaucoup de levures dites sèches, vendues aux vignerons qui ont désherbé et traité leurs vignes, pour palier l'absence de levures indigènes, proviennent d'Afrique du Sud où elles sont extraites d'un cépage interdit en France, le noah ?
    ° Comment expliquer qu'autant de fonctionnaires et d'intermédiaires soient là pour perturber le travail des 100 000 vignerons français ? Des réglementations sont toujours ajoutées aux précédentes, sans révisions ni retraits ?

  • Plusieurs chercheurs ont émis l'idée de faire rédiger, du vivant de Pierre Galet, le récit de la vie passionnante et riche en découvertes de cet ampélographe d'exception et dont les écrits constituent une véritable mine de ressources pour tous les acteurs mondiaux de la vigne et du vin.
    Michel Bouvier a réalisé ce travail. Pour cela, il a reconstitué cette longue existence pleine d'aventures et de découvertes et a fait l'inventaire de ses nombreuses publications avec leurs sommaires et leurs présentations. Pierre Galet, une vie au service de la vigne relate dans une première partie le personnage, sa vie professionnelle et ses diverses aventures au cours des innombrables voyages qu'il a accomplis à la recherche des vignes disséminées aux quatre coins du monde.
    Une deuxième partie reprend l'un après l'autre les différents ouvrages, près de quarante-cinq, qu'il a pu écrire tout au long de son existence, depuis son premier livre en 1945 " Les porte-greffes, ampélographie pratique ", jusqu'au dernier publié en 2006 " Grands cépages ", à moins qu'il ne nous réserve encore des surprises. L'analyse de chaque ouvrage comporte au minimum sa préface ou son introduction et son sommaire, ce qui permettra au lecteur de cibler immédiatement l'ouvrage qui l'intéresse en fonction de ses besoins, soit de se le procurer (la majorité des titres est encore disponible) ou soit de le consulter dans une bibliothèque.
    Enfin ont été réunis un certain nombre de témoignages des acteurs du monde de la vigne et du vin, (Alain Carbonneau, Robert Plageoles, Henri-Laurent Arnould, etc.) qui ont pu le rencontrer et l'apprécier, et exprimer ainsi l'estime qu'ils peuvent avoir pour lui.

  • Le néolithique, anciennement nommé l'âge de la pierre polie, est mal connu et sa cuisine ignorée.
    C'était en 5000 avant notre ère, les femmes et les hommes ont commencé à vivre de leurs productions : agriculture et élevage. en même temps, coïncidence ou nécessité, ils ont. construit des habitations et mis au point les ustensiles de cuisson sous forme de céramiques permettant le mijotage, les braisés, les ragoûts, les pot-au-feu et toutes sortes de cuissons pour accompagner agréablement la préparation des viandes, des céréales et des légumineuses (bien plus digestes cuites que crues ! ce livre est une démonstration, oh ! combien pertinente, des facilités de l'homme (et des femmes en particulier, ce sont elles qui cuisinent) à s'adapter et à maîtriser son environnement.
    Les auteurs prétendent que c'est à cette époque que seraient nés l'hédonisme et la gastronomie ; ils en apportent la preuve, avec plus de deux cents recettes originales, vérifiées et réalisables de nos jours. l'ouvrage rafraîchit la mémoire du lecteur peu familier des âges préhistoriques avec les repères indispensables, c'est un véritable résumé de la culture néolithique. pour compléter la démonstration, les comptes rendus inédits de fouilles d'une grotte néolithique (la molle-pierre à côté de beaune) apportent des preuves concrètes et scientifiques, elles servent de base à de nouvelles recettes.
    Le livre est illustré, dessins, planches d'archéologie et gravures qui auraient pu être réalisées sur du cuir avec des silex !.

  • " Alors, Alice, as-tu réussi à sauver le monde ? " Cette question, suivie d'un léger ricanement, revient souvent ces derniers temps.
    J'avais pour habitude de répondre que le titre du livre est ironique et je n'ai jamais cru que, simple écrivain, je pouvais réellement changer grand-chose à quoi que ce soit. Mais aujourd'hui ma réponse est différente : " Eh bien, je n'ai peut-être pas sauvé le monde mais j'ai à tout le moins le mérite d'avoir ouvert le dialogue ". Alors que la popularité de Parker a inauguré le règne des vins trop fruités et patauds, et des techniques qui peuvent donner ce genre de vins, de nouvelles menaces se font jour, comme la réforme de l'Union européenne concernant la production de vin.
    Les nouvelles lois sur les AOC, qui n'offriront toujours pas de parangon de la qualité, ne vont pas améliorer la situation non plus. Je ne comprends pas ce triomphe de l'ersatz sur l'authentique. Je ne comprends pas pourquoi on s'inspire des pratiques australiennes. Au lieu de cela, pourquoi ne pas analyser ce qui se passe dans le Beaujolais ? La troupe de vignerons qui travaillent de manière naturelle et produisent des vins somptueux n'a absolument aucun problème à rencontrer l'approbation des amateurs, qu'ils soient français ou d'ailleurs.
    En fait, il n'y a pas assez de vins produits de cette façon-là pour contenter tous les buveurs, et ils sont de plus en plus nombreux chaque jour à découvrir les vins naturels. D'un côté se trouvent les partisans de la pureté des vins, de l'autre, ceux auxquels elle fait peur. Entre les deux, il y a la possibilité d'une révolution dans le monde du vin. Cette dernière a besoin de littérature. Et c'est ainsi que j'ai mené bataille pour la mienne ".
    Alice Feiring, New York, le 28 décembre 2009.

  • Le vin c'est toute une histoire raconte ce que furent la vigne et le vin depuis les origines jusqu'à nos jours, comment les peuples du Caucase ont domestiqué la vigne, accompagnés par Noé, comment les Phéniciens puis les Egyptiens, les Grecs, les Romains, les Étrusques et enfin les Gaulois ont cultivé la vigne et dans quel but ? Quelles sortes de boissons en ont-ils tirés et comment consommaient-ils le vin? Le commerce, le transport, les rites et comment ces pratiques anciennes ont-elles évoluées au fil des siècles, façonnant peu à peu nos pratiques du XXIe siècle.
    L'histoire du vin, c'est aussi celle du vigneron avec ses outils pour travailler la vigne, le sol, pour récolter et presser le raisin. C'est aussi l'évolution des instruments pour élever, conserver, transporter et consommer le vin, de la cuve à l'amphore, du tonneau au verre. Michel Bouvier nous offre ici un ouvrage de référence richement illustré qui permettra à tous de suivre et de mieux comprendre cette histoire du vin, intimement liée à l'histoire des pays méditerranéens et de la notre en particulier.

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