Zoe

  • Quand Starlight ne s'occupe pas de la ferme avec son meilleur ami Eugene, il part photographier la vie sauvage au coeur des forêts canadiennes. Mais son existence rude et solitaire change lorsqu'il recueille sous son toit Emmy et sa fillette Winnie, prêtes à tout pour rompre avec une vie sinistrée. Pour redonner confiance aux deux fugitives, Starlight les emmène dans la nature, leur apprend à s'en faire une amie. Au fil de cette initiation, les plaies vont se refermer, la douleur va laisser place à l'apaisement, et à l'amour. Mais c'est sans compter Cadotte, l'ex brutal et alcoolique d'Emmy, qui sillonne l'Ouest canadien en quête de vengeance.
    Roman laissé inachevé à la mort de son auteur, Starlight déploie la poésie lumineuse et l'exceptionnel don de conteur de Richard Wagamese.

  • Lorsque Franklin Starlight, âgé de seize ans, est appelé au chevet de son père Eldon, il découvre un homme détruit par des années d'alcoolisme. Eldon sent sa fin proche et demande à son fils de l'accompagner jusqu'à la montagne pour y être enterré comme un guerrier. S'ensuit un rude voyage à travers l'arrière-pays magnifique et sauvage de la Colombie britannique, mais aussi un saisissant périple à la rencontre du passé et des origines indiennes des deux hommes. Eldon raconte à Frank les moments sombres de sa vie aussi bien que les périodes de joie et d'espoir, et lui parle des sacrifices qu'il a concédés au nom de l'amour. Il fait ainsi découvrir à son fils un monde que le garçon n'avait jamais vu, une histoire qu'il n'avait jamais entendue.

  • Jeu blanc

    Richard Wagamese

    Voici l'histoire de Saul Indian Horse, un jeune Ojibwé qui a grandi en symbiose avec la nature, au coeur du Canada. Lorsqu'à huit ans il se retrouve séparé de sa famille, le garçon est placé dans un internat par des Blancs. Dans cet enfer voué à arracher aux enfants toute leur indianité, Saul trouve son salut dans le hockey sur glace. Joueur surdoué, il entame une carrière parmi les meilleurs du pays. Mais c'est sans compter le racisme qui règne dans le Canada des 70's, jusque sur la patinoire.

    On retrouve dans "Jeu blanc toute la force de Richard Wagamese : puisant dans le "nature writing et sublimant le sport national canadien, il raconte l'identité indienne dans toute sa complexité, riche de légendes, mais profondément meurtrie.

  • Vimbai est la meilleure coiffeuse du Zimbabwe. Fille-mère au caractère bien trempé, c'est la reine du salon de Madame Khumala. Jusqu'à l'arrivée de Dumi, personne n'a jamais vu un jeune homme qui coiffe les femmes. Mais Dumi est surdoué pour la coiffure, beau, généreux, attentionné, il se fait accepter, et très vite détrône Vimbai. Dumi devient le colocataire de Vimbai, qui tombe peu à peu amoureuse de lui ; elle est introduite dans la très riche et puissante famille de Dumi. Mais Dumi a un secret bien caché, dont Vimbai la première sera dupe. Lorsqu'elle comprend le secret de Dumi, son homosexualité, elle fait un chemin exemplaire que le pouvoir au Zimbabwe est loin de suivre. L'histoire est racontée par Vimbai sur un ton est enlevé, joyeux.

  • Soucougnant. Le mot est doux, coloré. Mais dans les croyances de Trinidad, le Soucougnant est un esprit maléfique qu'il vaut mieux ne pas regarder en face.
    Le narrateur de ce roman autobiographique est le témoin du quotidien de sa mère malade, elle souffre de démence précoce. Celle-ci pourrait être due à l'invraisemblable solitude dans laquelle l'a plongée son arrivée au Canada dans les années soixante. Comme si le déracinement et l'ostracisme subi par les noirs l'avaient rendue folle. Cette femme s'agrippe à ses cauchemars d'enfant, seuls capables de la ramener mentalement au pays.
    Le fils décrit cette folie avec une lucidité et une tendresse extrêmes. Il recolle les bouts, l'enfance dans les Caraïbes pendant la Première Guerre mondiale, son arrivée en Amérique du Nord, sa rencontre avec un mari qui l'a aimée passionnément, les scènes d'aujourd'hui parfois cruelles parfois très tendres. L'écriture est intense et précise, sobre et bouleversante.

  • Tout commence lorsque David Chariandy est victime, dans un restaurant éthique de Vancouver, d'un acte de racisme ordinaire en présence de sa fille de trois ans. Dix ans plus tard, l'élection de Donald Trump lui donne l'occasion d'adresser à sa fille désormais adolescente une lettre pour évoquer les questions universelles de l'identité et de la race. Chariandy puise dans son propre passé, dans celui de ses ancêtres afro-asiatiques et dans des épisodes concrets vécus en famille une réflexion sur l'héritage de l'esclavage, le statut de " minorité visible " et d'immigré de deuxième génération : que ressent-on lorsqu'on est considéré comme un étranger alors que l'on est né au Canada ? Lorsqu'on nous demande, inlassablement, " non, mais d'où viens-tu vraiment ? "

  • Porter en soi une amnésie comme une petite bombe meurtrière, avoir cinq frères dont un disparu, vivre chez une tante folle de romans : telle est la situation de Gloria, jeune photographe, quand elle tombe amoureuse d'Arthur, peintre hyperréaliste, et d'un Museum d'histoire naturelle abandonné. Dans une course contre le temps, Gloria et Arthur cherchent alors, chacun au moyen de son art, à capter ce qui peut l'être encore de ce monument avant sa démolition. Un défi à l'oubli, que partagent des personnages lumineux, tel le vieux taxidermiste qui confond les cheveux de Gloria et les queues de ses petits singes. Avec le sens du merveilleux et le vertige du premier amour, Gloria traverse comme en marchant sur l'eau cet été particulier.

    Rose-Marie Pagnard jongle avec une profonde intelligence entre tragique et drôlerie pour nous parler de notre besoin d'amour.

  • Distance

    Ivan Vladislavic

    Branko sait comment on embrasse les filles, rêve de gagner le Tour de France et aime fouiller dans les affaires de son petit frère Joe. Qui joue aux billes, invente des langages farfelus et collectionne les coupures de presse sur son idole Mohamed Ali. Même si dans cette famille sud-africaine blanche des années 70, leur père refuse d'appeler le mythique boxeur autrement que Cassius Clay.
    Quarante ans plus tard, Joe décide de s'inspirer de ses collections de coupures pour son nouveau roman. À l'aide de Branko, il va se rappeler leur passé commun tel qu'il était vraiment.
    Aux extraits de presse, qui donnent à lire le langage flamboyant des reporters sportifs, répond alors la narration, tour à tour assumée par Joe et Branko, regorgeant des sensations de l'enfance et de l'esprit des seventies.

  • La voisine

    Omotoso Yewande

    Octogénaires au caractère bien trempé, Hortensia et Marion passent leurs vieux jours dans une banlieue chic du Cap. Marion a su gérer de front brillante carrière d'architecte et famille nombreuse, et Hortensia, seule propriétaire noire du quartier, est devenue une légende du design vénérée jusqu'au Danemark. Voisines sur Katterijn Avenue, elles se vouent une haine si farouche qu'elle en devient comique. Mais lorsque les dettes, les frasques d'un défunt mari ou les problèmes de santé les rattrapent, les deux ennemies doivent remonter à l'origine de leur rivalité pour faire face.

    Roman vif et drôle, La Voisine est aussi un manifeste politique et social subtil sur cette Afrique du Sud contemporaine où la plupart des habitants portent en eux, encore ouverte, la question de l'Apartheid.

  • L'une a caressé le rêve américain durant ses études et sait que, si sa famille enrichie par le pétrole règne sur la capitale, ses privilèges s'évaporeraient aux États-Unis à cause de sa couleur de peau. Une autre est obsédée par la peur des enlèvements, et malgré les bouledogues dans le jardin de son père, celui-ci a disparu. Une mère anéantie traverse la ville - vitres closes pour maintenir la misère à distance - direction l'aéroport, d'où sa fillette chérie doit partir rejoindre son père à Miami. En onze nouvelles et autant de voix principalement féminines, jeunes ou adultes, dévouées à leurs enfants, contraintes de composer avec un mari violent, un parent décédé ou absent, Elizabeth Walcott- Hackshaw nous donne à lire le portrait de Trinidad, république cosmopolite des Caraïbes.

  • 33 tours

    David Chariandy

    À Scarborough, on boit des bières au bord de la Rouge, on rêve d'Aisha, la fille la plus intelligente du lycée, on se bat avec les gangs rivaux. Ou alors, on se retrouve chez Desirea's, qui tient autant du salon de coiffure que du night club. Michael et Francis, deux frères adolescents, mènent dans cette banlieue de Toronto une existence rythmée par les descentes de flics et le racisme ambiant. Ils n'ont jamais connu leur père et leur mère, Ruth, travaille nuit et jour pour leur donner une chance. Mais les espoirs de ces trois-là volent en morceaux lorsqu'une fusillade éclate, un jour d'été 1991.

    33 tours est une histoire à haute tension, un hommage à l'art métissé du hip hop et un hymne à l'amour fraternel.

  • Graveur solitaire et doux rêveur, March avait quelque chose du professeur Tournesol et de Dustin Hoffmann dans Rain Man. Avait, car il est mort soudainement après des années en reclus dans sa maison de Johannesburg. Thea, son amie d'enfance et grand amour inavoué, hérite de ses milliers de gravures et appelle à l'aide Helena. Cette galeriste désabusée est progressivement happée par le génie du défunt et décide de retrouver Stephen, le mystérieux destinataire d'un colis découvert chez le graveur.
    Dans ce roman choral courant sur quarante ans, chacun raconte sa propre histoire, tissant en filigrane la destinée de March et cette Afrique du Sud où « il faut savoir dans quel ordre faire les choses, qui passe en premier et parle d'abord, ce qu'on dévoile et ce qu'on garde pour soi ».

  • Dans Madame la Présidente, Helene Cooper raconte la vie d'Ellen Johnson Sirleaf, la première présidente d'Afrique. Cette femme battue devenue une leader mondiale iconique, militante pour le droit des femmes, est nommée en 2005 à la tête d'un Libéria ravagé par des années de guerre civile. Figure d'exception, Nobel de la paix en 2011, elle parvient à renouer des liens entre son pays et le reste du monde, négocie avec les Américains pour obtenir leur soutien financier, gère l'épidémie d'Ebola... Cooper rend avec vigueur les événements marquants qui ont ponctué la trajectoire d'Ellen Johnson et infuse dans ces pages toute la tendresse qu'elle éprouve pour le Libéria, non sans jeter un regard critique, toujours honnête, sur ses travers.

    Ajouter au panier
    En stock
  • Le 12 avril 1980, le ciel est encore bleu au Liberia pour Helene Cooper, 13 ans. Elle se prépare pour son cours de ballet du matin, et devra être demoiselle d'honneur pour le mariage d'un cousin l'après-midi.
    La narratrice est une « congo ». Une congo ? Une jeune fille qui « a tiré le gros lot », dit-elle d'elle-même : fille, petite-fille et arrière-petite-fille des fondateurs du pays, eux-mêmes ex-esclaves noirs d'Afrique aux États-Unis, ensuite affranchis, et venus « coloniser » leur ancienne terre d'Afrique. Ni pauvre, ni victime du racisme, l'enfance d'Helene est dorée. Elle le sait. Mais cela ne va pas durer. Ce texte autobiographique fait se surexposer l'histoire tragique du Liberia contemporain à une enfance dorée et à un avenir personnel désormais à conquérir.

  • Vous êtes jeune et vos études commencent à vous peser. Vous voulez enfin connaître la vraie vie, mais le moment est mal choisi : nous sommes en Afrique du Sud, au temps de l'apartheid, les tensions raciales sont à leur comble. Alors que faire ? Neville, le héros à la première personne de ce roman, commence par tergiverser, par rechercher de petits boulots en marge. Puis il se décide : ce sera l'exil en Angleterre. Avant ce saut dans l'inconnu, Neville vivra toutefois une journée capitale, une journée passée en compagnie d'un photographe prestigieux, auprès duquel il va apprendre à ouvrir les yeux. Vladislavic va utiliser la métaphore de la photographie pour parler de son propre devenir-écrivain.

  • Comment une grand-mère, aussi rude soit-elle, reçoit son petit-fils dont la tête a été mise à prix pour crime ? Et comment ce grand chanbin bon à rien d'Ascot arrive-t-il à emberlificoter la plupart de son entourage, narratrice comprise ? Dans une langue puissante et réaliste, Olive Senior donne la parole aux naïfs et aux faibles, le plus souvent les femmes et les ti filles, confrontées à l'ambition, à la jalousie, au qu'en dira-t-on. Ainsi la logorrhéique Lenora, la narratrice de Ballade, qui peine à reprendre son souffle tant ce qu'elle raconte, la mort de Miss Rilla, est urgent et important.
    Le lecteur n'a qu'à se laisser porter par ce toboggan musical de paroles qui nous décrivent sans fard, mais avec tant de charme, le meilleur et le pire chez chacun.

  • Dans ces dix nouvelles, Chinelo Okparanta nous fait goûter de l'intérieur à l'univers de ses personnages. Des amitiés, des solitudes, des faux pas au Nigéria, la vie mal protégée des immigrés, habités par leurs souvenirs, souvent victimes de leurs proches, eux-mêmes victimes. Elle les décrit d'une voix très simple, presque détachée et pourtant bouleversante. La violence domestique, que tous cherchent à dissimuler, la superstition, si forte qu'elle peut amener à tuer, à concurrencer l'amour de ses proches, la religion, et surtout l'immigration, faite de mille choses, les vêtements, les légumes, la température de l'air, les rêves qu'on trimbale avec soi. C'est un monde sensible, sensuel, qui vous déchire par sa frêle subtilité.

  • Au Cap, un drame a séparé Mark et Stan. Mais ils se retrouvent réunis quelques années plus tard, lorsque Mark est blessé par un des lions dont il avait la charge au zoo. Le fauve est tué et la lionne a besoin d'un gardien. C'est Stan qui le deviendra, sans savoir qu'une secte est prête à tout pour rendre sa liberté à l'animal. Il devra affronter ses souvenirs pour retrouver l'équilibre.

  • Désordres amoureux dévoile les conflits entre des femmes qui travaillent et des hommes dont les préjugés culturels ne changent pas. Mariée et mère d'une fille, Esi choisit le divorce et donne priorité à son travail. Quand elle tombe amoureuse d'un homme marié prêt à arranger un mariage polygame, la femme moderne rencontre des problèmes inattendus. Plein d'esprit, Désordres amoureux n'est jamais loin de la satire sociale.

  • Harare Nord

    Brian Chikwava

    Quand il atterrit à Londres, le narrateur a 4 £ dans la poche et une valise pleine d'odeurs du Zimbabwe. Après quelques semaines chez un cousin peu accueillant, son ami d'enfance lui propose de vivre dans un squat habité par quatre Zimbabwéens, tous en quête d'une vie à peu près décente. La plus jeune des quatre loue par exemple son bébé aux femmes qui cherchent un appartement auprès des services sociaux.
    Le narrateur attend que sa demande d'asile soit approuvée par l'immigration britannique. Sans permis de travail, il doit pourtant survivre, et même commencer à mettre de côté les 5000 dollars pour lesquels il est venu jusqu'à Londres. L'une de ses caractéristiques est d'être comme une éponge, il absorbe les langues, les gens, les idées, le monde et réussit à faire de son cynisme glaçant quelque chose d'incroyablement attachant. C'est drôle, c'est captivant, c'est fulgurant, cela devient obsédant, puis terrifiant.

    " Je veux la prendre dans mes bras et la consoler mais tu veux pas que quelqu'un fonde dans tes bras comme du porridge coulant parce qu'ensuite tu sais pas quoi faire avec ça. "

  • Shadia est une jeune étudiante soudanaise qui espère obtenir sa licence à Edinbourgh. Elle fait partie d'un petit groupe d'étudiants africains repliés sur eux-mêmes dans cette Ecosse froide et inhospitalière. Shadia passe de longs moments de solitude interrompus par les appels téléphoniques de son fiancé, riche homme d'affaires à Khartoum. N'ayant pas d'affinité avec lui, coupée du milieu qu'il représente, elle est agacée par ces appels, d'autant plus qu'elle a timidement approché Bryan, le meilleur étudiant du cours de statistique. Sympathie partagée, amitié naissante, et pourtant un gouffre les sépare, ce dont Shadia se rend compte lors de leur visite commune au Musée de l'Afrique. Le Musée a reçu le Booker africain, le Caine Prize for African Writing.

  • L'écriture d'Olive Senior est chantante, rythmée, cadencée, avec des harmoniques et du swing, elle semble venir sans transition du coeur. Ses personnages sont complexes, ont souvent de fortes personnalités, mais leur allure a beau être magnifique, ils n'en souffrent pas moins à l'intérieur d'eux-mêmes. Dans ces neuf nouvelles qui se passent toutes en Jamaïque, rurale ou urbaine, l'univers est rude, mais chatoyant. Les familles qui se saignent pour que l'un des enfants parte étudier à l'étranger, le regard des autres, la modernisation, les enfants blancs qui jouent ou non avec les enfants noirs, le rôle souvent central des domestiques, la fierté, l'importance majeure des croyances, tout cela est abordé chez Olive Senior avec une finesse et une profondeur merveilleuses.

  • Katya la narratrice a une profession tout à fait singulière : déplacer toutes les petites bêtes de type vermine d'un environnement urbain et domestique vers la nature « sauvage ». Elle est l'amie des rats, oiseaux, araignées, serpents, babouins même, qui s'introduisent dans le quotidien des hommes. La nature dans ce roman n'est pas seulement belle et puissante, elle est bien souvent révélatrice des démons intérieurs des personnages, de Katia en particulier : les hommes se mêlent aux bêtes et révèlent une animalité tragique.

empty