Vrin

  • Le paysage s'entend en deux sens : en un sens réaliste, le paysage réel, portion d'espace physique que nous parcourons avec nos yeux mais aussi avec notre corps mobile et que nous expérimentons, éventuellement, avec d'autres sens que la vue; en un sens iconiste, le paysage représenté dans des images de tout type. Ces deux paysages induisent des types d'expérience esthétique distincts : d'un côté l'expérience contemplative de la perception d'un espace séparé du nôtre par un écart ontologique infranchissable, de l'autre l'expérience immersive ou intégrative de la perception d'un espace en continuité avec le nôtre, dans lequel nous nous situons, aussi bien physiquement et esthétiquement que politiquement.

  • Qu'est-ce qu'une pensée singulière? Nouv.

    Le patriotisme a désigné des choses très variées selon les lieux, les auteurs et les époques, à tel point qu'il est parfois délicat de comprendre ce que peut vouloir dire celui qui dit simplement « aimer sa patrie ». Car qu'est-ce qu'une « patrie » à proprement parler? Est-ce un territoire particulier? Est-ce une histoire? Un peuple? Est-ce un projet politique? Et d'où tire-t-elle sa valeur pour celui qui dit y être attaché? Comment se fait-il en effet que certains puissent être prêts à des sacrifices par amour pour elle, quand d'autres sont hermétiques à un tel attachement?
    Cet ouvrage propose une analyse de la notion de patriotisme qui part non seulement de son histoire ou de ses différents usages possibles, mais aussi des principaux enjeux qu'elle soulève et des critiques fondamentales qu'elle suscite. De fait, le patriotisme n'est pas n'importe quelle forme d'attachement politique (il se distingue du chauvinisme, du nationalisme, de l'esprit de clocher, etc.) et il pose à ce titre des questions spécifiques sur le plan politique comme sur le plan moral, auxquelles l'ouvrage entend se confronter.
    La partie « commentaire » du volume (qui propose une lecture analytique d'un passage de Platon et d'un extrait du philosophe contemporain David Miller) permet d'approfondir certaines pistes fondamentales et de mieux saisir la manière dont de nombreux concepts clés de la philosophie politique se trouvent mobilisés dès qu'il s'agit de mener une réflexion sur le sens et la valeur du patriotisme.

  • L'humour provoque-t-il toujours le rire ? La philosophie est-elle incompatible avec l'humour ? Si l'humour est une caractéristique personnelle, un trait de caractère ou une disposition de la personne, les philosophes n'en sont pas nécessairement dépourvus non plus. On trouve ainsi bien des passages amusants dans les oeuvres philosophiques, mais surtout une réflexion sur l'humour qui plonge ses racines dans la théorie des humeurs de l'Antiquité grecque. Les réponses données à la question « Qu'est-ce que l'humour ? » se partagent alors entre trois thèses principales, présentées en détail dans le présent ouvrage : la thèse de la supériorité (l'humour comme mépris), la thèse du soulagement (l'humour comme fuite) et la thèse de l'incongruité (l'humour comme surprise et étonnement).

  • Peut-on encore s'intéresser à la métaphysique ? Souvent assimilée à la pure spéculation, la métaphysique n'a en effet pas très bonne presse aujourd'hui. Si le terme désigne ce qui est « au-delà de la nature », l'auteur soutient pourtant que la source de la métaphysique sont nos interrogations existentielles et quotidiennes. Loin de se limiter à une théologie, ou plus généralement à la recherche d'un fondement ultime de la réalité, la métaphysique entre en jeu dès qu'on dépasse ce qui est actuellement donné. Le réel est toujours creusé par un champ de possibles qui imprime sa marque d'indétermination aux choses. La métaphysique n'est alors rien d'autre que l'étude de ces « caractères les plus généraux de la réalité » (Peirce). L'auteur souligne ainsi la dimension pragmatique de la métaphysique dans la mesure où elle nous ouvre aux potentialités de notre monde.

  • La philosophie contemporaine du temps voit s'affronter deux conceptions du temps : celle du devenir qui identifie la réalité naturelle à un présent en constant renouvellement et celle de l'univers-bloc qui assimile la réalité naturelle à un espace-temps étendu dans quatre dimensions. Cette dernière approche implique notamment que les événements qui nous semblent passés et futurs sont tout aussi réels que les événements présents et que les êtres humains, bien que mortels, sont des êtres éternels. L'auteur défend cette théorie de l'univers-bloc en montrant que le raisonnement philosophique et les avancées les plus récentes de la physique contemporaine s'accordent à montrer que ce monde quadri-dimensionnel est bel et bien le nôtre.

  • La collection Chemins Philosophiques a pour objet de favoriser la compréhension
    de notions et d'étayer la réflexion philosophique. Chaque ouvrage offre un
    traitement cohérent et complet de la problématique par le biais de deux
    approches complémentaires de la notion concernée : un exposé de l'enjeu
    philosophique et des principales articulations théoriques de la notion, suivi
    d'une présentation de textes accompagnés d'un commentaire. Ces deux parties
    permettent ainsi au lecteur de saisir la complémentarité de la réflexion
    philosophique contemporaine et de la tradition philosophique.

  • Dieu est-il l'être premier, ou même au-delà de l'être ? Est-il simple, ou plutôt un complexe de perfections ?
    Est-il dans le temps, ou hors de tout temps ? Avant de pouvoir discuter de l'existence éventuelle de(s) Dieu(x), ou encore des raisons de croire, ou non, en une telle existence, il faut en effet pouvoir définir l'objet. Or, toute recherche d'un concept de Dieu se voit confrontée à deux risques majeurs : celui de l'anthropomorphisme qui conçoit Dieu sur le mode d'un être humain, et non pas comme un être divin, et celui du silence qui n'en dit plus rien. L'auteur interroge alors dans un premier temps les théories sur la genèse de ce concept dans l'esprit humain, avant de passer à l'analyse des différentes positions (historiques) au sujet de la connaissance et de la conception de(s) Dieu(x), en confrontant notamment le Dieu des croyants au Dieu des philosophes.
    Avec des commentaires de textes de Leibniz et de Feuerbach.

  • Comment le totalitarisme se distingue-t-il d'autres régimes marqués par la violence politique, tels les régimes despotiques, tyranniques ou autoritaires ? Existe-t-il une logique propre, ou des fondements propres, au totalitarisme ? Le totalitarisme est un événement inscrit dans l'histoire, par conséquent, son analyse relève le plus souvent d'études historiques ou politologiques, négligeant toutefois les principes qui l'animent. Tel n'est pas le cas de Florent Bussy qui propose - au moyen de la philosophie politique - une définition rigoureuse du phénomène totalitaire, permettant de montrer à la fois sa spécificité et son ancrage dans la modernité. Plus encore, si le totalitarisme est une pathologie de la démocratie, comme le conclut l'auteur, son analyse est aussi une interrogation à rebours sur les principes démocratiques.
    Avec des textes de Hannah Arendt et de George Orwell.

  • Le but de cet ouvrage est de tenter, par-delà les usages communs et souvent maladroits du vocabulaire du problème, une définition rigoureuse de la notion de « problématisation » qui en dévoile les enjeux philosophiques. À quoi reconnaît-on que l'on a affaire à une problématisation véritable ? Nous proposerons quatre critères. Problématiser c'est :
    - a) l'examen d'une question ;
    - b) par une pensée articulant données et conditions du problème, dans un cadre déterminé ;
    - c) par une pensée qui se surveille elle-même ;
    - d) dans une perspective heuristique.

    L'étude du Mènon de Platon, contre-exemple instructif, et celle de la Logique. Théorique de l'enquête de John Dewey permettent de préciser les caractéristiques de la démarche de problématisation, ainsi que son intérêt.

  • Loin du mythe et des promesses divines, l'utopie répond au désir de changement à travers la construction littéraire d'une société idéale. Dans l'utopie, aucune sorte de compétition n'existe entre les citoyens ;
    De Platon à Saint-Simon, de More à Fourier, l'utopie a été la traduction de volontés réformatrices qui y ont trouvé la vision rassurante d'un avenir fondée sur un rêve, une fiction humaine, un ailleurs imaginé.
    Et si la ville a toujours été au coeur de l'imaginaire utopique, il s'avère qu'au regard des défis actuels, politiques, écologiques et économiques, elle continue et continuera à être le support d'utopies dont l'enjeu n'est plus seulement de relativiser l'ordre social existant mais de redéfinir la place de l'homme et de la nature dans un environnement de plus en plus artefactuel.

    Avec des commentaires de textes de Charles Fourier : Traité de l'association domestique et agricole et Jean-Jacques Wunenburger, L'utopie ou la crise de l'imaginaire.

  • La question de savoir ce qu'est la conscience fascine depuis toujours les philosophes. La complexité de la question - multitude de sens, problème de circularité, ineffabilité du flux de conscience, etc. - rend pourtant difficile son étude. Le présent ouvrage propose des approches possibles « de ce phénomène à la fois si familier et si mystérieux », sans prétendre à une quelconque exhaustivité qui serait d'emblée vouée à l'échec. Il donne une définition (minimale) de la conscience, en analyse les traits caractéristiques comme les différentes formes et interroge la place de la conscience dans la nature, notamment son support matériel : le cerveau. Ainsi se dessine un tableau avec les principaux points autour desquels se concentrent les débats contemporains.
    Avec des extraits de textes de Joseph Levine et Jean-Paul Sartre.

  • Qu'est-ce que le questionnement philosophique ? Si philosopher, c'est questionner, comme le soutient l'auteur dans le présent ouvrage, tout questionnement n'est pas pour autant philosophique. Mais seul le questionnement radical « où on ne peut présupposer aucune réponse préalable ». Le questionnement devient ainsi le point de départ de toute philosophie ; questionnement qui n'a pourtant jamais été questionné lui-même dans l'histoire de la philosophie. Il ne s'agit alors pas seulement de s'interroger sur ce refoulement, mais aussi sur le couple « question-réponse » comme problème philosophique par excellence, autrement dit, de repenser en profondeur la tâche propre à la philosophie, et donc la philosophie elle-même.
    Avec des extraits de textes d'Aristote et Hans-Georg Gadamer.

  • -De la bombe nucléaire au péril écologique: le temps des catastrophes? -Quelles responsabilités les effets imprévisibles de nos interventions dans la nature engendrent-ils? - Notre société est-elle devenue une société du risque? -La crise écologique est-elle une crise des systèmes de moralité? -Comment guider la décision en matière de politique environnementale?

  • La collection Chemins Philosophiques a pour objet de favoriser la compréhension
    de notions et d'étayer la réflexion philosophique. Chaque ouvrage offre un
    traitement cohérent et complet de la problématique par le biais de deux
    approches complémentaires de la notion concernée : un exposé de l'enjeu
    philosophique et des principales articulations théoriques de la notion, suivi
    d'une présentation de textes accompagnés d'un commentaire. Ces deux parties
    permettent ainsi au lecteur de saisir la complémentarité de la réflexion
    philosophique contemporaine et de la tradition philosophique.

  • La recherche de la sagesse, loin d'être le seul fait des Anciens et à leur suite des Modernes, ne cesse d'interpeller aussi aujourd'hui. D'où vient cet attrait de l'idée de sagesse, ou de l'idéal du Sage, à une époque pour qui toute référence à une quelconque transcendance constitue pourtant une menace de l'homme et de sa puissance propre ? A partir de l'histoire de ces notions, dont la figure emblématique est certes Socrate, mais également le stoïcien Caton, ou encore Jésus, l'auteur propose alors non seulement une typologie de leurs traits, types et portraits, mais aussi une interrogation sur la distinction entre sagesse pratique et sagesse théorique et sur les différents genres de vie qu'elle induit, restant en fin de compte aussi ceux de nos sociétés contemporaines.
    Avec des commentaires de textes d'Épictète et de Pierre Hadot.

  • Le raisonnement désigne l'objet de la logique aussi bien qu'une manière de réfléchir. Par-delà les classifications des formes syllogistiques, ce livre approche l'acte de raisonner et ses conditions logiques en les distinguant de l'association d'idées, de l'inférence et de l'application d'une règle. Après avoir examiné les manières déductive, inductive et abductive de raisonner, il définit le raisonnement comme une méthode de fixation des croyances fondée sur l'autocorrection.
    Deux extraits complètent cette étude. L'analyse du raisonnement en termes de diagrammes par Charles Peirce vient préciser la nature de la déduction. Enfin, un texte de John Broome est consacré au raisonnement pratique.

  • Qu'est-ce qu'une expression vague ? Si beaucoup de termes que nous utilisons quotidiennement sont en effet vagues, comment parvenons-nous à communiquer les uns avec les autres ? Le présent ouvrage ne donne pas seulement une description des manifestations et variétés du vague, mais il remonte également aux sources du phénomène : l'indétermination de nos catégories sémantiques et l'imperfection de nos facultés de discrimination. Plutôt que d'un défaut de frontière nette des expressions vagues, il convient alors de parler d'une multiplicité de frontières.
    Les extraits de textes de Émile Borel et Timothy Williamson illustrent respectivement la théorie sémantique et la théorie épistémique du vague, en même temps qu'ils permettent de poser la question de la résolution des paradoxes sorites.

  • Le pragmatisme semble être devenu la chose du monde la mieux partagée. A la fois révolution philosophique et réhabilitation du sens commun, il est en tout cas difficile aujourd'hui de se déclarer anti-pragmatiste sans apparaître vouloir défendre une forme dépassée de ratiocination scolastique. Cet état de fait nécessite qu'une réponse claire soit apportée à la question « Qu'est-ce que le pragmatisme? ».
    La thèse qui se trouve défendue dans cet ouvrage est que le coeur, à la fois historique et conceptuel, du pragmatisme consiste dans une théorie de la rationalité épistémique dont suit une théorie de la vérité et, plus particulièrement, de son rôle dans la croyance et l'enquête. Le commentaire du texte de Peirce permet d'aborder la question de la nature du faillibilisme et de la manière dont l'enquête scientifique doit être régulée.

  • Qu'est-ce que le bien ? Peut-on faire l'économie d'une conception du bien ? Existe-t-il une réalité qui serait Le bien, ou seulement des réalités jugées bonnes ? Le bien est-il une norme objective ou le résultat d'une décision ? Le bien a-t-il une valeur d'obligation ?

  • Qu'est-ce qu'une oeuvre architecturale ? - que peut-on dire d'une oeuvre architecturale ? - quel est le fonctionnement symbolique des documents d'architecture ? - quelles relations entretiennent plans et fiction architecturale ? - quelle est la différence entre comprendre une oeuvre et évaluer une oeuvre ?.

  • Le théâtre est, avec l'épopée, la plus ancienne forme de littérature en Occident. Son but est de créer de la distance avec des situations problématiques, liées au pouvoir, au divin, aux dilemmes moraux, afin de permettre au spectateur de faire le bon jugement sans se sentir directement impliqué. Michel Meyer envisage toutes les théories du théâtre, à commencer par celle d'Aristote, qui se sont succédé jusqu'à aujourd'hui et les confronte à l'histoire même du théâtre. Eschyle, Sophocle, Euripide, Aristophane, Marlowe, Machiavel, Shakespeare, Racine et le théâtre classique français, le théâtre baroque espagnol, le romantisme, le réalisme, d'Ibsen à Tchekhov et à Pirandello, comme le théâtre de l'absurde, avec Ionesco, Beckett ou Sartre, tout est étudié, articulé, et remis en perspective. La rationalité dans l'histoire du théâtre est clairement mise en évidence, sans jamais négliger ce que le théâtre doit ou apporte aux autres arts les plus proches, comme l'opéra.
    Avec des textes d'Aristote et de Hans-Thies Lehmann.

  • La pensée est-elle un phénomène essentiellement intérieur, et donc subjective ? Ou, au contraire, est-elle un fait entièrement objectivable ? L'auteur s'oppose tant à une approche « introspective » qu'à une approche « matérialiste » de la pensée. Il n'interroge pas seulement les différents sens donnés au terme de « pensée » (comme un événement, un état, une activité, ou encore un attribut), mais aussi le medium de la pensée, de même que ses conditions de possession, ou les rapports entre pensée, concept et langage. Les deux extraits de textes commentés lui permettent d'appuyer l'hypothèse selon laquelle la « pensée » n'est pas un acte purement mental, mais qu'elle a trait aux manières de se comporter et qu'elle ne peut alors être détachée de toute circonstance.

  • Le concept d'émergence est récemment réapparu avec force sur le devant de la scène philosophique. La notion est séduisante, notamment en cela qu'elle permettrait de promouvoir une vision « non réductionniste » du monde naturel. À cet égard, elle se retrouve souvent mobilisée à tort et à travers à tous les niveaux du discours scientifique, de la physique aux sciences cognitives, en passant par la biologie. Mais qu'est-ce que l'émergence exactement ? Est-ce seulement un concept cohérent ? N'y gagnerait-on pas à identifier, derrière l'idée traditionnelle du « tout est plus que la somme des parties », une pluralité de lectures possibles, chacune associée à des limites et des enjeux différents ?
    Avec des extraits de textes commentés de John Stuart Mill et Conwy Lloyd Morgan.

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