Sciences humaines & sociales

  • Manuel du parfait dictateur : Jules César et les hommes Nouv.

    Comment parvenir, au sein d'institutions républicaines, à manipuler les foules en instrumentalisant les frustrations, les désirs et les haines ? Comment opposer le peuple à l'élite pour maintenir son pouvoir politique ? Et comment, en bout de course, faire accepter son pouvoir absolu, au mépris des limitations constitutionnelles ?
    Véritable maître en la matière, Jules César, bien avant Trump, Xi Jinping, Poutine ou Bolsonaro, a su jouer sur tous ces registres pour faire basculer la République romaine vers un régime autoritaire dans lequel il régnait en maître.
    En démontant, en dix leçons, les rouages de la prise de pouvoir par César, Christian-Georges Schwentzel tire de la Rome antique une leçon politique qui éclaire les bouleversements du temps présent avec une surprenante précision.

  • Qui est donc Guillaume de Beaujeu, lorsque, en 1273, âgé d'une quarantaine d'années, il est élevé à la dignité de grand-maître de l'ordre du Temple, ce qui l'amènera à rejoindre Acre en Terre sainte ? Apparenté à tout ce que l'Europe comptait de souverains, élevé dans l'esprit de croisade, c'est d'abord un guerrier, un homme d'action ; mais aussi un homme de réseaux : il entretiendra d'excellentes relations avec le pape, des échanges avisés avec les cités italiennes, et surtout une étonnante proximité avec le sultan mamelûk et les émirs de son entourage, où il compta un grand nombre d'amis fidèles, et autant d'espions. Vingt ans plus tard, cependant, un ultime assaut allait avoir raison de la forteresse d'Acre, dernière capitale du royaume latin. Beaujeu participa activement aux combats de défense, menant des sorties de jour et de nuit, avant de trouver la mort sur les remparts. La ville tomba le jour même où il fut tué : l'annonce de sa fin avait jeté l'épouvante et le découragement dans la population et jusque dans les rangs de l'armée. Éclipsé depuis par le sort tragique de son successeur Jacques de Molay, qui mourut sur le bûcher par ordre de Philippe le Bel, il mérite pleinement qu'une biographie lui soit aujourd'hui consacrée, son destin étant intimement mêlé aux grands bouleversements géopolitiques de la fin du XIIIe siècle.

  • Louis XI aurait-il provoqué la mort de son père, Charles VII, et cherché à se débarrasser de son fils, le futur Charles VIII ? Quelles relations entretenait-il avec sa femme, avec ses filles, avec ses maîtresses ? Ses incartades, ses fantaisies vestimentaires étaient-elles compatibles avec la dignité que l'on attend d'un souverain ?
    Adepte d'un humour brutal, voire cynique, faisant ostensiblement fi des honneurs, manifestant son impatience lors des cérémonies, cruel avec ses adversaires comme avec ses anciens favoris, préférant payer ses ennemis plutôt que les affronter, Louis XI a dès le XVe siècle suscité une légende noire qui fit de lui l'exact inverse du roi chevalier des temps anciens.
    Point par point, retour sur ces rumeurs et ces faits vrais qui ont nourri tous les fantasmes.

  • La photographie dite de la « Tondue de Chartres », prise par Robert Capa le 16 août 1944, est sans doute le document le plus représentatif du phénomène de l'épuration sauvage qui a entaché la Libération de la France. Victime sacrificielle, ou coupable avérée ?
    Au fil d'un long travail de recherche, il a enfin été possible de reconstituer l'itinéraire familial et politique de cette femme. C'est une société provinciale en proie aux déchirements idéologiques, mais aussi aux querelles de voisinage, aux rancoeurs de tous ordres, qui resurgit devant nous. Poursuivant leurs recherches, les deux auteurs apportent dans cette nouvelle édition de nombreuses informations sur les personnages clé de cette histoire, le fiancé allemand de la jeune femme ou son amie, membre de la Gestapo.

  • E maquillage du Joker a envahi les manifestations de lutte sociale, la cornette des « servantes écarlates » celles de défense des droits des femmes. Une déclaration de J.K. Rowling sur les femmes transgenres a déclenché le courroux des fans de Harry Potter. Quant à Game of Thrones, nombreux sont ceux qui y lisent l'invasion de marcheurs blancs comme une allégorie de la catastrophe climatique à venir.
    Indubitablement, les littératures de l'imaginaire, longtemps perçues comme de simples moyens d'évasion, sont devenues un creuset de mobilisation civique, des arènes où se jouent de féroces affrontements militants.
    On peut y voir l'affirmation exaltante d'une capacité des fictions grand public : celle de parler de notre époque, pour changer les mentalités ou rêver le futur. Mais ce mouvement va de pair avec une profonde transformation du statut des lecteurs et des spectateurs. Qui vont désormais jusqu'à contester l'autorité de l'auteur sur sa propre création...
    Anne Besson, grande spécialiste des mondes alternatifs, décrypte les ressorts et les enjeux de ce rôle politique, à présent déterminant, que jouent la fantasy et la science-fiction dans nos sociétés.

  • Il existe une légende noire des parachutistes envoyés en Algérie. Ces unités, marquées par la défaite de Diên Biên Phu et décidées à mobiliser tous les moyens pour ne pas subir un nouveau revers, auraient théorisé des doctrines anti-subversives impliquant l'usage de la torture, avant de participer au renversement de la IVe République puis au putsch d'avril 1961. Ce canevas schématique est très loin de rendre compte de la réalité de l'engagement de tous les « paras » : une étude historique rigoureuse s'impose, au plus près des sources et des témoignages, qui restitue les parcours et l'évolution de ces unités réservées aux interventions. Des premières opérations en hélicoptère dans les djebels, réalisées dans l'improvisation et l'urgence, à la bataille des frontières, en passant par le parachutage sur Suez, la bataille pour Alger et les poursuites dans le désert, Marie-Danielle Demélas revient sur la façon dont ces combattants se sont adaptés à un conflit d'un nouveau genre. Une somme d'histoire militaire sur des troupes d'élite prises dans une guerre qui fit vaciller la république française.

  • Que filles et garçons se côtoient sur les bancs des écoles, de la maternelle à l'université, nous semble naturel. L'éducation s'est pourtant longtemps fondée sur la séparation des sexe, les filles n'ayant droit qu'à une instruction de seconde zone : il faut attendre la fin du XIXe siècle pour que l'État leur ouvre collèges et lycées, visant d'abord à en faire de bonnes mères de famille, et les années 1930 pour que ceux-ci les préparent au baccalauréat.
    Aussi les Françaises désireuses d'accéder aux études supérieures ont-elles, dès la veille de la Grande Guerre, forcé la porte des établissements de garçons - bien avant la loi de 1975, qui instaurera la mixité à tous les échelons scolaires...
    L'histoire d'une révolution silencieuse qui éclaire les débats actuels sur les inégalités de genre.

  • Biographie de ce maquisard qui libéra Limoges sans effusion de sang et en deviendra le maire de 1945 à 1947. Mais ce militant communiste gênait les dirigeants du PCF qui l'exclurent du parti en 1952. Georges Guingouin fut emprisonné sous la IVe République avant d'être réhabilité en 1998.

  • "Make America Great Again" : en 2016, Donald Trump se présente comme un sauveur, seul capable de rendre aux Etats-Unis leur gloire passée, mise à mal selon lui par plusieurs mandats démocrates et un Parti républicain affaibli. Un pari réussi qui le conduit à la Maison Blanche. "L'American Dream", promesse d'ascension sociale et de prospérité économique, mythe fondateur au coeur de sa campagne et de son programme présidentiel, est la grille de lecture qui permet à une équipe de spécialistes d'englober tous les aspects de la présidence Trump, de l'économie à l'environnement sans oublier les politiques sociales et les relations internationales, en analysant le rôle du président dans son interaction avec les autres pouvoirs législatif et judiciaire, mais aussi en mettant en lumière le rôle souvent décisif des autorités locales, fédéralisme oblige.
    Il en ressort un bilan plus complexe et nuancé qu'on n'aurait pu l'imaginer. De son projet de mur à la frontière avec le Mexique au retrait de l'Accord de Paris sur le climat en passant par la guerre commerciale contre la Chine, les scandales liés aux opioïdes, ou l'émergence de mouvements sociaux comme Black Lives Matter, après quatre ans au pouvoir, et prise dans la tempête mondiale d'une pandémie qu'elle n'a pas su plus que d'autres prévoir ou juguler, l'Amérique fait-elle toujours rêver ?

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  • Epidémies, mouvements de foule, frénésie de la valse, possessions démoniaques, modes vestimentaires... De la diffusion du Covid-19 sur l'ensemble de la planète à la pollution généralisée des espaces naturels, du mouvement MeToo aux rumeurs qui se propagent comme un feu de poudre sur les réseaux sociaux, des attaques de hackers aux bâillements qui se transmettent irrépressiblement d'un individu à un autre, la contagion, loin d'être uniquement un concept médical, est un processus omniprésent dans le monde d'aujourd'hui, aussi bien à l'échelle des nations qu'à celle des événements les plus infimes de notre vie quotidienne.
    Dépassant l'actualité à partir de cas précis allant de l'Antiquité à l'époque contemporaine (lutte contre la variole au XVIIIe siècle, assimilation de l'antisémitisme à une maladie contagieuse, propagation des innovations chez les enlumineurs et sculpteurs du Moyen Age ou inquiétante contamination de la planète par la diffusion de particules radioactives...), des chercheurs venus de tous les horizons tracent les contours de ce phénomène multiforme - clé de compréhension des temps à venir.

  • Issu à la fois de l'aristocratie prussienne la plus traditionnelle et de la bourgeoisie juive, Vollrath von Maltzan est catégorisé « Mischling » ou « demi-juif », dès la fin des années 1930, par le régime nazi. Plus tard, plusieurs membres de sa famille seront déportés. Il parviendra pour sa part à échapper aux persécutions et après la guerre occupera de prestigieuses fonctions diplomatiques, jusqu'à devenir ambassadeur de la RFA à Paris.
    Du château d'Odratzheim aux demeures cossues de l'avenue Foch en passant par les bureaux de la Wilhemstrasse à Berlin, le ghetto de Lodz et le camp d'extermination d'Auschwitz, c'est à une minutieuse enquête, auprès des survivants et des témoins, que se livre ici Jean-Marc Dreyfus pour tenter de retracer cette trajectoire hors du commun.

  • Merlin est-il le fils d'un démon et d'une pucelle ? Perceval a-t-il lu la Poétique d'Aristote ? Le Saint-Graal serait-il en réalité un bocal à anchois ? Kaamelott, série écrite et réalisée par Alexandre Astier, a marqué son public par son humour et ses répliques-cultes.
    Mais faut-il prendre au sérieux la façon dont elle réécrit l'histoire, celle de la légende arthurienne, mais aussi celle de ce moment crucial qu'est le Ve siècle de notre ère, entre Antiquité tardive et Moyen Âge ?
    C'est le pari qu'a fait une équipe de jeunes chercheurs : montrer que, par-delà les anachronismes, Kaamelott produit sur la période en question un discours riche d'enseignement. Tant il est vrai que chaque génération réactualise ses mythes, les parodiant ou les réinventant pour mieux se les approprier.

  • Rien n'est à personne : la formule pourrait résumer la doctrine communiste, fondamentalement hostile à la propriété privée, au nom d'une égalité radicale. S'agit-il d'une invention utopiste du XIXe siècle, en réaction au sentiment de dépossession des classes ouvrières ? Ou d'une forme d'organisation naturelle des sociétés, avant qu'elles ne soient perverties par l'individualisme et l'appât du gain ? La question est d'importance, car après la chute du bloc soviétique, qui a paru sonner le glas de cette idéologie, on en voit réapparaître le noyau dur au sein de la notion de « commun », ferment de toute une série de luttes écologistes ou anticapitalistes contemporaines.
    De Marx aux zadistes, une synthèse sur le passé, le présent et l'avenir d'une vision du monde et du partage de ses richesses

  • Les maquisards

    Fabrice Grenard

    Des maquis, on connaît le mythe. Celui des hommes qui, à partir de 1942, choisissent la clandestinité, dans les zones rurales les plus reculées, pour combattre l'occupant. Celui des grands récits des batailles des Glières ou du Vercors. Celui des résistants qui libérèrent des villes entières, avant même l'arrivée des armées alliées.
    Hors de ces images d'Épinal, pourtant, les maquisards restent des inconnus. Qui étaient ces jeunes gens qui abandonnaient tout pour une dangereuse aventure ?
    Comment ont-ils vécu ensemble dans des conditions matérielles souvent très précaires ? De quelle manière ont-ils cohabité avec les populations alentours ?
    Pour la première fois, un des plus grands spécialistes du sujet retrace la vie de ces combattants, à travers une histoire globale des maquis français.

  • Surnommé « le bagne d'où l'on ne revient pas », le pénitencier de l'île de Poulo Condore, dans la mer de Chine, ouvrit ses portes en 1861 pour ne les fermer qu'en 1993... soit près de 40 ans après la fin de la guerre d'Indochine. Durant plus d'un siècle, 40 000 prisonniers y furent relégués, dans des conditions atroces ; la moitié y trouvèrent la mort. Officiellement réservé aux pirates, membres de sociétés secrètes ou trafiquants d'opium, il fut en réalité un outil de répression politique, destiné à faire disparaître les opposants à l'ordre colonial, qui représentaient plus des deux tiers des détenus. Méconnu des Français de métropole, contrairement à ceux de Guyane ou de Nouvelle- Calédonie, il occupe une place fondamentale dans la mémoire collective vietnamienne d'aujourd'hui.

  • Comment écrire aujourd'hui l'histoire de la guerre d'Algérie ? La neutralité et l'objectivité sont-elles possibles dans un domaine si sensible, si chargé de répercussions actuelles, et alors que, depuis plus d'un demi-siècle, les mémoires militantes, les mémoires sélectives, la volonté de faire silence autour de certains événements ont empêché, ou voilé, le développement serein des travaux autour de ce moment majeur et controversé de la décolonisation ?
    Spécialiste reconnu de la question, Guy Pervillé fait la synthèse des lectures contradictoires et des polémiques qui ont jalonné l'élaboration de cette historiographie, et durent encore. C'est pour lui l'occasion de définir le rôle de l'historien dans la construction d'une mémoire collective et apaisée.

  • Sans-culottes assoiffés de sang, jacobins sans foi ni loi, scènes de violences paroxystiques : dès 1789, en Grande-Bretagne, les événements révolutionnaires fascinent. Cet attrait, qui se transforme pour la plupart des Anglais en une répulsion déterminée, va se traduire par des débats aussi bien politiques que philosophiques autour des idéaux révolutionnaires. Mais, l'influence de la Révolution française outre-manche ne s'est pas arrêtée à ces controverses idéologiques. 1789 a véritablement transcendé l'ensemble de la société britannique, l'obligeant à se positionner, de manière radicale et identitaire, vis-à-vis d'un concurrent et puissant voisin qu'elle avait appris, depuis un siècle, à admirer autant qu'à détester.

  • Licornes ; celles qui existent et celles qui n'existent pas Nouv.

    Personnage de jeu vidéo, motif de pyjama, créature de Harry Potter ou support de « tutos beauté » : la licorne, icône de la pop culture, est aujourd'hui partout. Mais si on l'associe volontiers au Moyen Âge tardif, et en particulier à la spectaculaire autant qu'énigmatique tenture La Dame à la licorne du musée de Cluny, sait-on que cet animal mythique trouve ses origines dans l'Antiquité grecque et l'Ancien Testament ? Qu'elle a oscillé dans la littérature médiévale entre les genres mâle et femelle, devenant tour à tour bête féroce capable d'éventrer l'éléphant et symbole de pureté virginale ? Et qu'en tant qu'exemple canonique d'objet dont il faut déterminer ou non s'il existe - ou s'il est possible qu'il existe et ce que cela signifie -, elle a passionné les philosophes, de Duns Scot à Bertrand Russell en passant par Kant et Leibniz ? Saisissant cette figure sans cesse réinventée dans toutes ses dimensions, un collectif de philosophes et de spécialistes d'histoire de l'art et de littérature lève le voile sur les mystères de cet animal-totem devenu l'incarnation de la nostalgie de l'innocence et de l'insatiable besoin de réenchantement de notre monde contemporain

  • Ambitions personnelles, manoeuvres électorales, règlements de comptes internes aux partis, suspicion portée sur toute une classe politique du fait des malversations avérées de certains de ses membres, mondanités parisiennes, fascination pour l'homme fort ou providentiel, pour la vie privée des dirigeants aussi, rébellions contre l'arrogance de la caste au pouvoir, contre les taxes, contre la censure, exigence de plus de démocratie, insurrections embrasant la rue, irrépressible voix des foules... Assurément, nous n'avons rien inventé : ce panorama de nos moeurs politiques est trait pour trait celui qu'ont dessiné les écrivains du XIXe siècle, qui dans ce paysage neuf d'une république naissante ont tout décrit de ce qui fait notre actualité.
    On se souvient de Lucien Leuwen et d'Eugène de Rastignac, d'Eugène Rougon et de Bel-Ami, mais au-delà de ces figures emblématiques c'est toute la société de leur temps, et tous les rouages de la démocratie représentative que Stendhal, Balzac, Zola ou Maupassant, ces pionniers du roman politique, ont impitoyablement analysés.
    Pour qui veut comprendre les mouvements sociaux d'aujourd'hui, le discrédit de la parole publique, les mensonges des uns, la révolte des autres, il n'est que de lire L'Argent ou Le Député d'Arcis...

  • Printemps 1954. Dans la haute vallée de Dien Bien Phu, le Corps expéditionnaire français affronte les unités d'élite de l'Armée populaire du Vietnam, commandées par le général Giap. Féroce et inégal corps à corps, siège long et éprouvant, cette décisive bataille fut suivie par une implacable mais héroïque défaite, et une terrible captivité pour les vaincus. Événement majeur du XXe siècle, elle mena à un accord diplomatique entérinant la fin de l'Indochine française, qui annonçait la fin de l'ère coloniale.
    Dans un essai incarné par de nombreux témoignages des deux camps, Pierre Journoud replace pour la première fois l'événement dans un cadre géographique et temporel considérablement élargi et nous fait revivre la bataille à travers les yeux des soldats qui l'ont faite.

  • 50 à 100 millions de morts sur l'ensemble de la planète en à peine plus d'un an, dont 250 000 en France. Cette hécatombe foudroyante, dont les victimes sont au moins deux fois plus nombreuses que celles tombées au feu des tranchées de la Grande Guerre, n'est pas due au canon des fusils ni au fer des baïonnettes.
    L'épidémie connue sous le nom de grippe espagnole frappe durant les derniers mois du conflit, d'avril 1918 à juin 1919. Épisode majeur et destructeur, elle est aujourd'hui refoulée de la mémoire collective. À l'heure où les épidémies mondiales constituent une terrible menace pour l'humanité, quelles leçons retenir de cet événement qui reste encore aujourd'hui la référence en matière de pandémie grippale ?
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  • De 1492 à la fin du XVIIe siècle, près d'un demi-million d'Espagnols traversent l'Atlantique pour partir à la découverte du Nouveau Monde, au péril de leur vie. Fait de jeunes hommes en quête d'or et de gloire, qui brûlaient de propager le christianisme ou espéraient tout simplement une vie meilleure, cet exode est d'une telle ampleur que la couronne espagnole tente à tout prix de limiter les départs, pour empêcher une pénurie de main-d'oeuvre, mais aussi le scandale de familles, femmes et enfants abandonnés.
    À travers l'étude des archives et des émouvantes correspondances de ceux qui sont partis, le récit de ce que fut la première vague massive d'émigration de l'histoire de l'humanité, qui façonna la société d'arrivée tout autant qu'elle bouleversa la société de départ.

  • Les Anglais auraient voulu faire de l'Amérique du Nord une seigneurie féodale et transformer profondément la civilisation des Indes ; les Français étaient persuadés de pouvoir implanter une colonie de peuplement agricole en Algérie ; tous pensaient exploiter sans difficultés les ressources de l'Afrique et y contrôler les systèmes de production... Or, quelle qu'ait été la puissance de ces empires, ils ont dû faire le deuil de leurs ambitions face à l'écart béant entre ce qu'ils avaient imaginé et la réalité des terres qu'ils entendaient dominer.
    Comment se brisent les rêves des colonisateurs ? Comment, à leur corps défendant, doivent-ils modifier leurs plans d'aménagement des territoires, d'encadrement des populations, et revoir à la baisse leurs prétentions - jusqu'à la déroute et l'effondrement de tout ce qui avait été bâti ?
    En un essai dense et documenté, nourri d'analyses approfondies des débats politiques et intellectuels du temps, Bouda Etemad en arrive à une conclusion radicale : les empires coloniaux sont illusoires, et cela tient à l'ignorance et à l'esprit de coercition dont font preuve leurs bâtisseurs, lorsqu'ils prétendent transformer des milieux et des sociétés dont la complexité les dépasse de très loin.

  • Lucrèce, dénonçant son viol par le tyran Tarquin, anticipe-t-elle le mouvement #Metoo ? Shakespeare, dans Titus Andronicus, est-il plus « trash » que la sanglante série Spartacus ? Rome a-t-elle inventée la sexualité libérée ? Ou la pornographie ? Le scandaleux Antinoüs est-il avant l'heure une icône de la culture gay ? Et l'empereur Héliogabale un représentant du mouvement transgenre ? Que nous dit l'assassinat de César sur notre rapport à la violence politique ?
    En onze cas d'études iconoclastes et érudits prenant comme point de départ des oeuvres d'art, Jean-Noël Castorio questionne notre rapport à la Rome antique. Et démontre comment, en particulier lorsqu'elle est fantasmée par Titien, Fellini, Alma-Tadema ou Flaubert, l'Antiquité n'en finit pas d'être actuelle.

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