Littérature générale

  • Olympe

    Liesel Schiffer

    Trop souvent confondue avec son homonyme révolutionnaire Olympe de Gouges ou tout simplement oubliée, Olympe Audouard est pourtant une figure de proue du féminisme sous Napoléon III, qui n'a cessé de transgresser les normes en vigueur en franchissant la frontière de la sphère privée, seul espace autorisé aux femmes.
    Au coeur de la vie intellectuelle du Second Empire, elle a fondé pas moins de trois quotidiens, écrit une trentaine de livres et ferraillé avec la plupart des intellectuels et hommes de pouvoir contemporains, de Barbey d'Aurevilly à Zola en passant par le préfet Haussmann, incarnations de la phallocratie triomphante du XIXe siècle. Maîtresse d'Alexandre Dumas et de Victor Hugo, protégée de Théophile Gautier, ses combats contre « le sexe barbu », notamment pour le droit au divorce, résonnent encore aujourd'hui.
    Celle que l'on surnomme la « Papillonne », du nom de son premier journal, est également une aventurière chevronnée : juchée sur les premiers chemins de fer, elle a observé de près la conquête de l'Ouest américain, les mouvements nihilistes russes, failli périr noyée dans un naufrage entre Alger et Marseille, affronté une tempête dans le désert avec Abd el-Kader...
    Un destin hors du commun, une figure qui a marqué son époque et que la nôtre gagnera à redécouvrir.

  • Le visiteur de marbre et autres oeuvres théâtrales Nouv.

    Des intrigues politiques de Boris Godounov à la rivalité de Mozart et Salieri, en passant par la tragédie du visiteur de marbre : l'oeuvre théâtrale de Pouchkine est d'une richesse sans équivalent. Si l'on connaît bien en France la prose de l'auteur d'Eugène Onéguine et de La Fille du capitaine, la traduction de ses vers est un exercice de taille auquel peu se sont confrontés.
    Andreï Vieru, auteur, traducteur et musicien reconnu, s'attelle à la tâche. Dans cette nouvelle traduction, une attention particulière est portée à l'usage d'une langue française d'époque, celle dans laquelle Pouchkine, qui avait failli devenir un écrivain français, rédigeait luimême ses lettres.

  • Le Prince Genji est le fils illégitime de l'Empereur du Japon. En plein Moyen Âge, dans un univers splendide et ritualisé où s'échangent serments et malédictions, où l'on porte autant d'attention à la couleur de ses vêtements qu'à la qualité de sa calligraphie, au souffle du vent dans les arbres ou aux reflets de la lune sur la neige, il multiplie intrigues, aventures et tentations, délaissant sa magnifique épouse qui n'a que le tort d'exiger sa loyauté.
    Ce monde d'illusions et de faux-semblants, où l'on s'écrit autant que l'on s'aime, où l'on meurt de chagrin, où les esprits comme les sens sont possédés par des fantômes qui, eux aussi, ont beaucoup souffert, c'est la toile de fond du plus grand classique de la littérature japonaise, écrit il y a mille ans par une jeune femme dont on ne sait rien, sinon qu'elle vivait à la cour et qu'elle en connaissait tous les secrets.
    Les neuf premiers chapitres de ce texte-fleuve furent traduits au XXe siècle par Kikou Yamata, romancière franco-japonaise qui rend ainsi hommage, dans son style limpide, à la poésie et à la sophistication de ce chef-d'oeuvre. Grâce à elle, le Resplendissant, exerçant sur tous ceux qui l'approchent, pour leur plus grand malheur, sa sombre séduction, nous semble étrangement contemporain.

  • « Tel est le concept de race qui a dominé ma vie, et dont j'ai tenté, en traçant son histoire, de faire le thème majeur du présent livre. » Ainsi le grand écrivain William E.B. Du Bois, premier Noir à obtenir un doctorat à l'université de Harvard et figure incontournable de la lutte pour les droits civiques des Noirs américains au XXe siècle, analyse-t-il son projet d'autobiographie. Dans cette oeuvre fondamentale, écrite en 1940 à l'âge de 72 ans, il prend son parcours comme objet d'étude pour mettre à nu les dynamiques raciales aux États-Unis. De son enfance à l'apogée de sa carrière politique, la relecture et l'analyse de son passé deviennent sous sa plume le terreau d'une réflexion sur la résistance à une oppression dont les conséquences sont encore sensibles aujourd'hui.

  • Une jeune comédienne récemment installée à Rome, où elle voudrait commencer une nouvelle vie loin de sa Hollande natale, se trouve aux prises avec trois relations qu'elle veut croire consolantes et dans lesquelles elle se retrouve, de diverses manières, piégée, maltraitée, trompée. Ces hommes auxquels elle se heurte et cède incarnent, sous des formes diverses, une figure paternelle idéalisée à laquelle elle se raccroche comme à une épave.
    Un récit aux accents autobiographiques assumés, d'une sincérité totale, dur et dérangeant, qui traite de la vulnérabilité, de l'emprise, et de la difficulté de renoncer aux mythes de l'enfance, dans une société où toutes les fonctions de pouvoir, sous couvert de libéralisation des moeurs et de respect des énergies créatrices, se déclinent au masculin.

  • Pourquoi l'homme a-t-il été chassé du jardin d'Eden, quelle vie doit-il mener sur cette terre, quelle existence peut-il espérer dans l'au-delà ? Comment expliquer les victoires du diable, de quelle manière les bons seront-ils récompensés, et les méchants punis ?
    Durant les mille années qu'a duré le Moyen Âge, les inquiétudes, les joies, les idées et l'imaginaire mêmes des hommes ont été façonnées par la religion chrétienne, omniprésente, qui a fondé un type de société, de pratique politique et de créativité artistique singulier, et sans précédent. Oleg Voskoboynikov nous invite à un vertigineux voyage dans le temps et l'espace, à la découverte de ces croyances et de ces sensibilités qui sont à l'origine de la culture européenne et nous paraissent pourtant si lointaines.

  • Qui a assassiné Jack et Ann Drummond, et leur fille Elizabeth, 10 ans, dans la nuit du 5 août 1952, près de Lurs, dans les Alpes de Haute-Provence ? Très vite, l'enquête s'oriente vers les Dominici, une famille de paysans habitant tout près des lieux du crime.
    Mais très vite aussi elle s'enlise : si Gustave et Clovis dénoncent leur père Gaston, celui-ci nie farouchement, formule des aveux invraisemblables et accuse à son tour ses fils. Le patriarche sera toutefois condamné à mort en 1954 puis gracié. Aujourd'hui encore, le mystère demeure.
    Il semble que tout ait été dit sur l'affaire Dominici, jusqu'aux hypothèses les plus farfelues.
    Jean-Louis Vincent, commissaire en retraite, rouvre ce dossier complexe. Point ici de vision romanesque : sa lecture laisse entrevoir une bien sombre vérité.

  • L'espion

    James Fenimore Cooper

    Vers la fi n de l'année 1780, dans le comté de Westchester, aux environs de New York, la famille Wharton est tiraillée entre les deux camps qui s'a rontent dans la guerre d'indépendance :
    Le fi ls aîné est capitaine dans l'armée britannique et la cadette fi ancée à un o cier aux ordres de Georges Washington. Un soir d'automne, deux mystérieux voyageurs viennent successivement demander l'hospitalité ; ces visites sont l'élément déclencheur qui va soudain plonger cette famille américaine dans un tourbillon d'intrigues, au coeur du confl it destiné à trancher le sort du pays.

  • « - Aujourd'hui, j'ai reçu l'ordre de faire partir les légions. - Mais, Excellence, si les légions partent tout de suite, nous aurons les sauvages d'Écosse à York, et les Norvégiens sur la Tamise avant un mois ! - Vous agirez à votre guise. Moi et mes hommes, nous partons pour l'Italie. Il en fut comme il l'avait dit : avant que le printemps se fût épanoui en été, les troupes romaines descendaient la via Aurelia vers les cols de Ligurie.
    Mais avant la fin de l'été suivant, Celticus fut tué, écorché vif par les pirates qui clouèrent sa peau sur la porte d'une église près de Caistor. » Comment meurent les empires ? La fin du XIXe siècle, obsédée par la notion de « décadence », en chercha des prémices dans l'effondrement romain. Le départ des légions de la Bretagne et l'abandon d'une terre conquise un demi-millénaire auparavant excitent alors les imaginations britanniques, notamment celle d'Arthur Conan Doyle, le père de Sherlock Holmes.
    Quittant bientôt le périmètre du royaume pour nous emmener à Carthage, en Grèce ou à Rome, ces contes antiques nous parlent de ces moments de l'histoire où tout va basculer, où le chaos ouvre la voie à une forme de modernité.

  • Le cambriolage le plus extravagant du XXe siècle. Le 21 août 1911, les gardiens du Louvre constatent l'incroyable disparition de la Joconde . Malgré l'aide de Bertillon, la police piétine. On accuse les Allemands ; des escrocs proposent de restituer le tableau contre rançon ; on arrête Guillaume Apollinaire soupçonné d'être le commanditaire, Picasso serait complice. Finalement, c'est presque par hasard que l'on retrouve le voleur à Florence. Il s'agit d'un ouvrier italien qui aurait voulu rendre à son pays l'un de ces chefs-d'oeuvre. Dans un style vivant, s'appuyant sur les archives de la police, Jean-Yves Le Naour nous fait revivre cette histoire qui, par son retentissement, fi t de la Joconde le tableau le plus célèbre du monde.

  • Restez ici comme otage ! Si vous dites tout, vous n'avez rien à craindre ! Tels sont quelques unes des phrases extraites de ce guide de conversation distribué aux soldats allemands, durant la Première Guerre mondiale, pour entrer en contact avec la population des zones occupées du nord de la France et de la Belgique. Censé traduire en phonétique et en français tous les mots et expressions usuels dont les Allemands pouvaient avoir besoin, ce guide est un étonnant témoignage de la violence dont ils firent preuve à l'égard des civils durant les débuts de la guerre. Ce texte est préfacé et analysé par John Horne, spécialiste des atrocités allemandes durant la Grande Guerre.

  • Okoalu Nouv.

  • Le 31 janvier 1944, sur le quai de la gare de Compiègne, un millier de femmes attendent.
    Membres d'organisations secrètes comme Geneviève Anthonioz-de Gaulle, simples proches de résistants, passantes rafl ées dans la rue, prostituées soupçonnées d'avoir voulu contaminer l'armée allemande, elles forment un convoi à destination du camp de Ravensbrück. Dès lors, leur identité se résumera à un simple matricule. Pour les plus déterminées, les travaux forcés seront l'occasion d'actions de sabotage. Les plus faibles seront, devant l'avance des armées alliées, exterminées dans des chambres à gaz. Pour la première fois, une étude reconstitue le destin individuel de chacune des détenues. Leurs parcours croisés apportent un précieux éclairage sur le fonctionnement de la machine de destruction nazie.

  • Voyage à Naples Nouv.

    « C'était Naples, la belle esclave grecque, qui devait m'offrir ce second visage, voilé pour nos grands maîtres, sous la lave d'Herculanum et la cendre de Pompéi. » Le tumultueux périple italien d'Alexandre Dumas le mène, du 2 au 23 août 1835, à Naples où il séjourne clandestinement, bien décidé à explorer les multiples facettes de cette ville bouillonnante. Dans un texte resté inédit depuis 2006, le grand écrivain populaire fait voyager son lecteur entre Chiaia, le quartier des étrangers et de l'aristocratie, Toledo, celui des flâneurs et des boutiques, Forcella, celui des avocats et des plaideurs, tous théâtres d'intrigues amoureuses et politiques.

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