Vendemiaire

  • La photographie dite de la « Tondue de Chartres », prise par Robert Capa le 16 août 1944, est sans doute le document le plus représentatif du phénomène de l'épuration sauvage qui a entaché la Libération de la France. Victime sacrificielle, ou coupable avérée ?
    Au fil d'un long travail de recherche, il a enfin été possible de reconstituer l'itinéraire familial et politique de cette femme. C'est une société provinciale en proie aux déchirements idéologiques, mais aussi aux querelles de voisinage, aux rancoeurs de tous ordres, qui resurgit devant nous. Poursuivant leurs recherches, les deux auteurs apportent dans cette nouvelle édition de nombreuses informations sur les personnages clé de cette histoire, le fiancé allemand de la jeune femme ou son amie, membre de la Gestapo.

  • La photographie dite de la « T ondue de Chartres », prise par Robert Capa le 16 août 1944, est sans doute le document le plus représentatif du phénomène de l'épuration sauvage qui a entaché la libération de la France. Victime sacrificielle, ou coupable avérée ?
    Au fil d'un long travail de recherche, il a enfin été possible de reconstituer l'itinéraire familial et politique de cette femme. C'est une société provinciale en proie aux déchirements idéologiques, mais aussi aux querelles de voisinage, aux rancoeurs de tous ordres, qui resurgit devant nous.

  • Conflit le plus meurtrier qu'ait jamais connu l'Europe, la Seconde Guerre mondiale s'invite dans tous les domaines de la société, jusqu'aux plus hautes instances politiques : elle est l'inévitable référent des débats et des commémorations actuelles, à l'échelle du continent. Or elle n'a, évidemment, pas été vécue de la même manière par les agresseurs et les populations réfugiées ou déportées, et la mémoire s'en est constituée différemment selon que les États concernés se trouvaient, par la suite, d'un côté ou de l'autre du rideau de fer. Et aujourd'hui, la difficulté que rencontrent certains à reconnaître l'extermination des Tsiganes, les réticences face à la révélation des crimes de la Wehrmacht, l'embarras face à l'ampleur des bombardements alliés, de Dresde à Hiroshima, prouvent que l'histoire est d'abord nationale, et qu'elle s'élabore à travers des représentations soigneusement codifiées.
    Le vecteur privilégié de ces vérités officielles, ce sont les manuels scolaires, voués à inscrire dans les esprits une version immuable - qui pourtant change au fil des avancées de l'historiographie et de la demande des sociétés civiles. À travers l'étude de plus de 300 d'entre eux, nous plongeons ici au coeur de ces mémoires antagonistes. L'histoire européenne du continent reste à écrire...

  • C'est un mouvement très récent, apparu en 2009, qui obscurcit le paysage politique américain: il pèsera de façon déterminante dans le choix du candidat républicain, lors des primaires qui vont se tenir de février à juin 2012.

  • La persécution dont ils furent victimes pendant la Seconde Guerre mondiale amena de nombreux Juifs à se poser la question de leur identité religieuse que beaucoup, dans les milieux assimilés français, ne connaissaient plus. Plusieurs initiatives éducatives se lancèrent à la redécouverte du judaïsme, entreprirent de l'enseigner et de le diº user. Ainsi les Éclaireurs israélites, le cercle « Étude et Action », né en 1940, qui jeta les bases de l'Organisation juive de combat (OJC) ou bien encore le Petit séminaire israélite de Limoges (PSIL), école préparatoire à la formation rabbinique qui ouvrit en 1942. Johanna Lehr retrace ici cette Résistance « biblique » qui conduisit de jeunes Juifs à rejoindre les maquis, et donna naissance, à la Libération, à un nouveau judaïsme religieux.

  • En août 1914, les troupes allemandes pénétraient en Belgique, provoquant un exode massif de la population vers les pays voisins. 350 000 Belges se réfugièrent en France pendant plus de quatre ans. Qui étaient ces réfugiés que l'administration française débordée s'employa à répartir dans tous les départements ? Des ouvriers wallons mais aussi nombre de paysans fl amands, confrontés à la barrière de la langue. Cet ouvrage retrace leur vie quotidienne, l'accueil qui leur fut fait, la création d'une enclave belge autour du Havre où trouva refuge le roi, ainsi que leur retour en Belgique et la confrontation avec ceux « du dedans » restés sous l'occupation allemande. Un pan de l'histoire de la Première Guerre mondiale oublié mais qui pesa d'un grand poids dans l'histoire des deux pays.

  • Membres d'organisations secrètes, simples proches de résistants, comtesses et prostituées ont toutes un point commun en ce 31 janvier 1944 : elles forment un convoi partant pour le camp de concentration de Ravensbrück, au nord de Berlin.
    Dès lors, leur identité se résumera à un simple matricule. Le 31 janvier 1944, sur le quai de la gare de Compiègne, un millier de femmes attendent. C'est de leur arrachement à la vie civile qu'il est question dans ce livre. Internées dans les « quartiers allemands » du fort de Romainville ou du camp de Royallieu, où la solidarité seule était gage de survie, où « parler en silence » et chanter la Marseillaise participait d'une forme ténue de résistance collective, elles pénètrent ensemble dans l'enfer de Ravensbrück.
    Pour les plus déterminées, les travaux forcés peuvent être l'occasion d'actions de sabotage infimes qui permettent, à leur échelle, d'enrayer la machine de guerre nazie. Les plus faibles disparaissent dans ces mouroirs à ciel ouvert. Celles qui en reviendront seront à jamais marquées par cet autre monde. À la longue route du retour s'ajoute celle de la réintégration, et d'une impossible communication avec l'univers des vivants.

  • Durant vingt ou trente années, au milieu du 19e siècle, c'est le Texas qu'ont choisi les émigrants européens pour y vivre et si possible y prospérer.
    Qu'est-ce qui animait ces paysans venus du bassin rhénan ou de Pologne, ou ces idéalistes désireux de fonder une véritable égalité des droits et des devoirs ? Comment ont-ils survécu, fait fortune, ou fait faillite ? Comment sont-ils devenus Américains ? Qu'ont-ils perdu, et gagné, dans cette métamorphose ? En somme, qu'est-ce qui fait une immigration réussie ? Dans les années 1850, le Texas, terre encore vierge de l'ouest américain, vit s'implanter sur son sol, outre les aventuriers en tout genre, maraudeurs ou chercheurs d'or, des colonies de type et d'origines diverses.
    Ces différents groupes avaient en commun le souhait de s'implanter durablement, en cultivant le sol, et en refusant le modèle esclavagiste. D'où venaient ces nouveaux arrivants ? Essentiellement de l'Europe du centre et de l'est : Alsace, Allemagne, Pologne ; de France également, mais alors non plus pour des raisons sociales, mais politiques : aux émigrations de pauvreté de paysans démunis emmenés outre Atlantique par des prédicateurs inspirés ou des escrocs s'ajoutent en effet les émigrations revendicatives des laissés-pour-compte de la monarchie censitaire, qui suivent Cabet ou Considérant pour fonder avec eux, dans le désert, des cités utopiques.
    Le projet de l'ouvrage est de suivre dans le détail, avec un respect scrupuleux des archives (récits, correspondances, notes commerciales et administratives) ce que furent ces différentes expériences d'acculturation, et d'analyser, jusqu'au bout, c'est-à- dire jusqu'à aujourd'hui, les raisons de leur épanouissement ou de leur déclin. D'où il ressort que pour réussir en terre étrangère il vaut mieux être un agriculteur avisé qu'un républicain pétri de bonnes intentions et de foi dans l'humanité...

  • Une enquête au plus près des archives, un livre qui va à l'encontre des représentations officielles et rouvre sans parti pris un dossier jusqu'à présent réservé à des publications partisanes.
    Au moment du débarquement et depuis déjà plus de deux ans, de très vastes portions du territoire, de l'est au Morbihan, échappent au contrôle de la police de Vichy comme à celui de l'occupant. Et les maquisards authentiques ne sont pas les seuls à vivre et combattre en marge de la France officielle. À côté de figures incontestables, comme celles de Guingouin ou de Romans-Petit, des individus charismatiques au passé trouble, " Soleil ", Lecoz, " Mickey " ou " Bayard ", rançonnent l'habitant, font régner leurs propres lois sur les populations et une justice souvent expéditive au sein de leurs propres troupes. Escrocs, truands, déserteurs, ces profiteurs de la guerre ont pu enrôler des combattants de bonne foi. C'est pourquoi il a pu paraître si difficile de distinguer vrais et faux maquis, dans un contexte où les règlements de comptes entre gaullistes et communistes étaient de règle. À travers une passionnante plongée dans les archives (rapports de gendarmerie et de police, procès de la Libération), Fabrice Grenard nous aide à mieux cerner les contours de cette zone grise, entre résistance déclarée et banditisme, qui s'est étendue à tout le territoire, pour le plus grand profit de la propagande de Vichy.
    Fabrice Grenard, agrégé et docteur en histoire, chargé de conférences à l'IEP de Paris.
    Dernier ouvrage paru : La France du marché noir, Payot 2008.

  • Sur un sujet méconnu de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, un travail de recherche, au plus près des sources.
    Un million : c'est le nombre de soldats allemands retenus prisonniers en France après la défaite de leur pays, à partir de juin 1944, et jusqu'en décembre 1948. A travers les registres des camps, les archives départementales et celles de la gendarmerie, les carnets et les correspondances privées, c'est cet étonnant itinéraire collectif que retrace ici Valentin Schneider. Un parcours qui, des commandos de déminage aux travaux des champs, en passant par la difficile cohabitation avec la population, a constitué une aventure humaine complexe, où la faim, les privations, les mauvais traitements et la mort ont trouvé leur place, mais aussi une étonnante expérience de vie commune, dans un pays confronté aux défis de la reconstruction. En 1948, 20 % de ceux qui restaient employés sur le territoire ont choisi de demeurer en France. Leur histoire, comme celle de tous leurs compatriotes retenus pendant quatre années dans des camps de travail, n'avait pas encore été écrite.
    Valentin Schneider est doctorant au centre de recherches d'histoire quantitative de l'université de Caen.

  • Paul Reynaud, Léon Blum, anciens présidents du Conseil, les généraux Gamelin ou Weygand, mais aussi le champion de tennis Jean Borotra, éphémère ministre de la Jeunesse et des sports de Vichy, Léon Jouhaux, patron de la CGT, Michel Clemenceau, parce qu'il était le fils de Georges, Pierre de Gaulle, parce qu'il était le frère de Charles... Et, par dizaines, des officiers, des maires, des préfets, détenteurs, chacun, d'une forme de légitimité locale et institutionnelle, dans tous les secteurs de la France de Vichy. Certains avaient fait preuve de bien peu de zèle dans l'application des directives allemandes ; d'autres étaient même soupçonnés d'aider la Résistance. Mais ils étaient surtout choisis en fonction de leur représentativité, de leur influence sur la population, de leur crédit auprès des autorités françaises. Ils ont été arrêtés, détenus dans des lieux de transit, enfermés dans des camps ou des forteresses d'Allemagne ou de Tchécoslovaquie, enfin libérés sans bruit par l'avancée des armées russe et américaine. On a oublié, depuis, ces marginaux de la répression nazie. Il est vrai que ces détenus très spéciaux n'hésitaient pas à écrire au Führer parce que leur paillasse n'était pas assez épaisse... Et le combat qu'ils ont mené dès la Libération, à travers associations et pétitions, pour obtenir réparation et reconnaissance a pu paraître dérisoire, sinon choquant, au regard des épreuves traversées par d'autres. C'est la première fois que leur itinéraire individuel, et leurs véritables conditions de détention, sont scrupuleusement retracés.
    Benoît Luc est historien, spécialiste de l'histoire des déportations. Il est notamment l'auteur des Déportés d'Aurigny, Eurocibles, 2010, et est également correspondant de presse pour Ouest- France à Caen.

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