Vendemiaire

  • Des intrigues politiques de Boris Godounov à la rivalité de Mozart et Salieri, en passant par la tragédie du visiteur de marbre : l'oeuvre théâtrale de Pouchkine est d'une richesse sans équivalent. Si l'on connaît bien en France la prose de l'auteur d'Eugène Onéguine et de La Fille du capitaine, la traduction de ses vers est un exercice de taille auquel peu se sont confrontés.
    Andreï Vieru, auteur, traducteur et musicien reconnu, s'attelle à la tâche. Dans cette nouvelle traduction, une attention particulière est portée à l'usage d'une langue française d'époque, celle dans laquelle Pouchkine, qui avait failli devenir un écrivain français, rédigeait luimême ses lettres.

  • Le Prince Genji est le fils illégitime de l'Empereur du Japon. En plein Moyen Âge, dans un univers splendide et ritualisé où s'échangent serments et malédictions, où l'on porte autant d'attention à la couleur de ses vêtements qu'à la qualité de sa calligraphie, au souffle du vent dans les arbres ou aux reflets de la lune sur la neige, il multiplie intrigues, aventures et tentations, délaissant sa magnifique épouse qui n'a que le tort d'exiger sa loyauté.
    Ce monde d'illusions et de faux-semblants, où l'on s'écrit autant que l'on s'aime, où l'on meurt de chagrin, où les esprits comme les sens sont possédés par des fantômes qui, eux aussi, ont beaucoup souffert, c'est la toile de fond du plus grand classique de la littérature japonaise, écrit il y a mille ans par une jeune femme dont on ne sait rien, sinon qu'elle vivait à la cour et qu'elle en connaissait tous les secrets.
    Les neuf premiers chapitres de ce texte-fleuve furent traduits au XXe siècle par Kikou Yamata, romancière franco-japonaise qui rend ainsi hommage, dans son style limpide, à la poésie et à la sophistication de ce chef-d'oeuvre. Grâce à elle, le Resplendissant, exerçant sur tous ceux qui l'approchent, pour leur plus grand malheur, sa sombre séduction, nous semble étrangement contemporain.

  • « Tel est le concept de race qui a dominé ma vie, et dont j'ai tenté, en traçant son histoire, de faire le thème majeur du présent livre. » Ainsi le grand écrivain William E.B. Du Bois, premier Noir à obtenir un doctorat à l'université de Harvard et figure incontournable de la lutte pour les droits civiques des Noirs américains au XXe siècle, analyse-t-il son projet d'autobiographie. Dans cette oeuvre fondamentale, écrite en 1940 à l'âge de 72 ans, il prend son parcours comme objet d'étude pour mettre à nu les dynamiques raciales aux États-Unis. De son enfance à l'apogée de sa carrière politique, la relecture et l'analyse de son passé deviennent sous sa plume le terreau d'une réflexion sur la résistance à une oppression dont les conséquences sont encore sensibles aujourd'hui.

  • Une jeune comédienne récemment installée à Rome, où elle voudrait commencer une nouvelle vie loin de sa Hollande natale, se trouve aux prises avec trois relations qu'elle veut croire consolantes et dans lesquelles elle se retrouve, de diverses manières, piégée, maltraitée, trompée. Ces hommes auxquels elle se heurte et cède incarnent, sous des formes diverses, une figure paternelle idéalisée à laquelle elle se raccroche comme à une épave.
    Un récit aux accents autobiographiques assumés, d'une sincérité totale, dur et dérangeant, qui traite de la vulnérabilité, de l'emprise, et de la difficulté de renoncer aux mythes de l'enfance, dans une société où toutes les fonctions de pouvoir, sous couvert de libéralisation des moeurs et de respect des énergies créatrices, se déclinent au masculin.

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