Seuil

  • Ce volume contient l'intégralité du texte des Mythologies et environ 120 illustrations.
    Parues en 1957, les Mythologies de Roland Barthes constituent un cas à part dans l'édition : depuis plus de cinquante ans, elles ont eu des centaines de milliers de lecteurs ; attachées à saisir une époque, elles n'ont pourtant pas pris une ride. Bref, les Mythologies sont désormais inscrites dans notre patrimoine littéraire.
    Pourquoi illustrer les Mythologies ? Avant tout parce que leur objet est très souvent visuel. On sait l'intérêt que Barthes portait à la photographie. Son regard sur la presse (Paris-Match, Elle), la publicité, etc. est tout aussi omniprésent dans le livre. Ce volume entend donc donner à voir l'univers visuel de Barthes, le texte caché en quelque sorte.
    Le résultat est fort, surprenant, parfois drôle.

  • Vivre sans pourquoi est le fruit de cette expérience. C'est le carnet de vie d'un philosophe en Corée, fait de récits quotidiens et de réflexions spirituelles, sous l'auspice de grands penseurs tels que Maître Eckhart.
    Au fil de ce récit, on savoure les anecdotes, on partage les rencontres comme les moments de doute, on est éclairé par cette magnifique invitation à mieux vivre, que chemin faisant, l'on acquiert pour soi. Vivre sans pourquoi est un livre de sagesse, unique et singulier, bien ancré dans notre modernité, un tournant dans l'oeuvre d'Alexandre Jollien.

  • Ce second volume du cours de « sociologie générale », selon l'intitulé que Pierre Bourdieu avait donné au premier cycle de son enseignement au Collège de France, complète la présentation systématique de son appareil conceptuel et de sa démarche méthodologique.
    Après avoir insisté, au cours des deux années précédentes, sur les notions d'habitus et de champ, Bourdieu consacre une large part des trois suivantes à celle de capital et à l'articulation de ses trois concepts fondamentaux. Attentif aux difficultés de la transmission des savoirs, le sociologue réorganise par ailleurs son cours en le divisant en deux parties. La première, appelée « leçon », poursuit la présentation formelle de sa théorie. La deuxième, baptisée « séminaire », est quant à elle consacrée à des recherches en cours. Sont ainsi successivement abordés, notamment, un sondage réalisé en vue d'établir un classement des intellectuels influents, la révolution symbolique opérée par Manet et des lectures sociologiques d'oeuvres littéraires, parmi lesquelles Le Procès de Kafka et La Promenade au phare de Virginia Woolf.
    Cet exercice de synthèse, jamais vraiment renouvelé par Bourdieu, offre ainsi un exposé particulièrement accessible et vivant de l'une des entreprises théoriques les plus exigeantes en sciences sociales.

  • Comment envisager le monde nouveau qui nous emporte ? sur quels concepts essentiels devons-nous fonder notre compréhension du futur ? sur quelles bases théoriques pouvons-nous nous appuyer pour considérer et surmonter les immenses ruptures qui s'accroissent ? a la demande - et avec l'aide - de l'unesco, edgar morin propose ici le viatique minimal pour nous aider à regarder l'avenir en face.
    Ce petit texte lumineux, synthèse de toute une oeuvre et de toute une vie, a d'ores et déjà été diffusé dans plusieurs pays du monde. il a aidé d'innombrables hommes et femmes à mieux affronter leur destin et à mieux comprendre notre planète.

  • Lorsque l'insulteur a été grossier, il faut être encore plus grossier.
    Si les invectives ne font plus d'effet, il faut y aller à bras raccourcis, mais là aussi il y a une gradation pour sauver l'honneur: les gifles se soignent par des coups de bâton, ceux-ci par des coups de cravache. contre ces derniers mêmes, certains recommandent les crachats, pour voir. c'est seulement lorsque ces moyens arrivent trop tard qu'il faut recourir sans hésiter à des opérations sanglantes.
    " " qualifier de beau ce sexe de petite taille, aux épaules étroites, aux hanches larges et aux jambes courtes, ne peut être que le fait d'un intellect masculin troublé par l'instinct sexuel. " " les autres continents ont des singes; l'europe a des français. ceci compense cela ". " le plus grand bienfait des chemins de fer est qu'ils ont épargné à des millions de chevaux de trait leur lamentable existence.
    " ainsi va schopenhauer, qui n'épargnait personne, même sa mère. ne lui écrivait-elle pas, à la veille de leur brouille définitive : " ton comportement dédaigneux à mon égard, ton mépris pour mon sexe, ta répugnance à contribuer à me faire plaisir. , cela et bien d'autres choses font que tu me parais parfaitement odieux ".

  • Reconnu dès son vivant comme un " second Homère ", Tolstoï fut surtout un " homme-humanité " selon la formule de Gorki, parce que tous les débats et les tentations pour atteindre la sainteté et la pratique de l'amour de son prochain se jouèrent en lui. Toute sa vie, Toltoï s'est interrogé pour comprendre l'essence de l'homme, écartelé entre la gloire et l'ascèse, l'esprit et la chair, la vie et la mort. Lui qui a chanté la nature comme personne, voulait aussi être bon et se perfectionner. Comment ? L'interrogation traverse tous ses écrits. Cet ogre intoxiqué de vie est pourtant confronté au néant après le succès triomphal de Guerre et Paix. Il se débat contre l'idée du suicide. C'est dans la foi chrétienne qu'il trouve son bonheur, mais il veut la simplifier. Il compose un Cinquième Évangile, tout en prônant la réalisation du Royaume sur cette terre, hic et nunc, assortie de doctrines de non-violence, de non-résistance au mal, de retour à la terre dans une utopie collectiviste, anti-étatique et anticléricale. Ce tolstoïsme lui vaut l'excommunication et les tracas policiers, mais un engouement sans précédent de la part de la population qui fondera sectes et communautés en s'inspirant de sa pensée. Devenu célèbre, il reste pourtant absolument seul. Ses adeptes lui reprochent de ne pas mettre ses prescriptions en pratique, de poursuivre la vie luxueuse organisée par sa femme, la comtesse Sophie. Se posent ainsi les dernières énigmes : Pourquoi ne part-il pas ? Pourquoi finit-il par partir ? Et quelle vérité entrevoit-il ? Ce sont ces étapes, ces tâtonnements, que retrace la biographie de cette personnalité ouverte à l'extrême.

  • À l'automne 2005 éclataient en France des émeutes urbaines comme le pays n'en avait jamais connues. Parmi les principaux acteurs de ces événements figuraient de jeunes noirs issus de quartiers où réside une importante immigration africaine. Ce simple fait, objectif et mesurable, est pour ainsi dire inaudible. Comme est inaudible, plus généralement, toute référence à l'origine ethnique pour rendre compte des comportements. Dans le pays qui pleure la disparition de Claude Lévi-Strauss, on semble avoir oublié le sens et l'importance de la culture.Dans ce livre nourri d'une longue expérience de terrain et de données parfaitement inédites, Hugues Lagrange déchire ce voile d'ignorance. Loin des clichés généraux sur le repli communautaire ou le déclin de l'autorité, il examine minutieusement les pratiques sociales et familiales qui se forment à la rencontre d'une culture d'origine et d'une culture d'accueil. Ce regard neuf permet de différencier les expériences migratoires, notamment maghrébine et subsaharienne. Contrairement à une idée reçue, les familles africaines forment des foyers chaleureux : elles sont peu concernées par les séparations et les dérives addictives. Ce qui ne les empêche pas de connaître des taux élevés de délinquance et d'échec scolaire. Si pathologie il y a, elle se trouve dans le développement d'un autoritarisme patriarcal de réaction à la relégation sociale dont les hommes font l'objet dans le pays d'accueil. Autoritarisme qui disqualifie les mères et les filles. C'est précisément là qu'il faut agir, affirme Hugues Lagrange, si l'on veut favoriser l'intégration de ces groupes dans une société multiculturelle mais non relativiste. Pour cela, il est nécessaire de reconnaître la différence des valeurs et d'assumer leur confrontation : le problème n'est pas tant d'autoriser ou d'interdire le voile, que de bâtir des politiques qui aident à l'émancipation des femmes.

  • - La première édition de ce livre a été publiée en 1993 avec pour sous-titre: Comment une société humaine est-elle possible ? La thèse principale en était en effet qu'outre l'inceste mère-fils, il existait trois autres prohibitions ayant le même caractère d'universalité : celles du mensonge, du meurtre et de l'appropriation du don sans y répondre par un contre-don. L'ensemble de ces lois constitue l'ordre symbolique sans lequel la vie sociale ne serait pas possible.Une dimension est cependant restée implicite, celle de la division du sujet entre procès de l'énonciation et procès de l'énoncé. C'est ce thème qui occupe le premier plan dans la présente édition, où la division du sujet est ramenée à notre situation au sein du langage, en tant qu'il nous permet certes d'exprimer nos intentions et de parler des choses, mais sans nous donner la moindre définition qui serait comparable à une saisie de l'essence. Nous passons notre vie à nous expliquer avec les mots. Ce que la psychanalyse, elle, démontre, c'est le lien étroit que le signifiant, sans considération aucune pour nos intentions, entretient avec la vérité.Ce changement du centre de gravité du livre a entraîné des modifications substantielles ; il ne serait pas exagéré de parler d'un nouvel ouvrage.

    - Moustapha Safouan est analyste, formé au sein de la Société psychanalytique de Paris. Il a été parmi les premiers à suivre l'enseignement de Lacan dès ses débuts, en 1951. Parmi ses nombreux ouvrages : L'Inconscient et son scribe (Seuil, 1982) et Le Langage ordinaire et la différence sexuelle (Odile Jacob, 2009).

  • * Publication originale en deux volumes : Seuil, 1994 et 1997.Comment une
    oeuvre d'art le devient-elle ? Qu'est-ce qui conduit le spectateur à la
    considérer comme telle ? Deux questions parmi beaucoup d'autres qui guident la
    réflexion de l'esthétique depuis longtemps. Avec L'oeuvre de l'art, Gérard
    Genette a renouvelé profondement ce domaine et livré une analyse magistrale,
    nourrie par un dialogue avec les thèses de Nelson Goodman et d'Arthur Danto,
    qui reste inégalée en langue française. * Gérard Genette est notamment l'auteur
    de Figures I, II, III, IV, V, et plus récemment de Bardadrac et Codicille. Tous
    ses livres sont parus au Seuil.

  • Si l'annonce de la publication des fameux " Cahiers noirs " (qui ne seront pas publiés en France avant 2016) a fait récemment scandale, c'est en raison de la publication de ce petit essai, qui en dévoile le contenu proprement antisémite. En effet, si la majeure partie de ces écrits porte sur la philosophie, ces Réflexions de l'auteur d'Être et temps témoignent aussi, dans plusieurs passages des années 1938 à 1941, de la présence de considérations sur " les Juifs " qui relèvent incontestablement de l'antisémitisme.
    Peter Trawny, spécialiste de Heidegger et éditeur de ces " Cahiers ", affronte ici le choc de ces pages qui mettent en question la thèse prédominante jusqu'à aujourd'hui : l'engagement de Heidegger dans le national-socialisme n'aurait impliqué de sa part aucune adhésion à l'antisémitisme. Selon Peter Trawny, si Heidegger s'écarte de l'antisémitisme " vulgaire " et raciste des nazis, il en donne bien une reformulation en termes d'" histoire de l'être ". Autrement dit, il intègre l'antisémitisme à son interprétation philosophique de l'Histoire mondiale.
    Comment penser ce désastre du jugement de la part d'un des plus grands philosophes du XXe siècle, qui a exercé une profonde influence sur Hannah Arendt, Leo Strauss, Jean-Paul Sartre, Emmanuel Levinas, Jacques Derrida, Michel Foucault et tant d'autres ? Avec tout le sérieux scientifique, le sens historique et philosophique qui s'imposent à l'interprète, mais sans la moindre complaisance, l'auteur cherche à répondre aux questions que soulève cette découverte.

  • Maurice Godelier, au début de sa carrière, fut un temps maître-assistant auprès de Claude Lévi-Strauss, alors titulaire de la chaire d'anthropologie au Collège de France. Entretenant avec son maître un rapport critique, mais conscient de la puissance de l'ouvre, il est probable qu'il conçut dès cette époque le projet d'écrire un jour son « Lévi-Strauss ».
    Le voici, somme savante et érudite, fondée sur une relecture ligne à ligne de l'ouvre de son aîné, décédé en 2009. Et d'abord de son versant théorique et critique : Les Structures élémentaires de la parenté (1949), Les Mythologiques (4 volumes de recension systématique de la mythologie amérindienne, 1964-1971), Anthropologie structurale (1958 et 1973), La Pensée sauvage (1962). Sans pour autant négliger les fameux Tristes tropiques (1955) et Race et histoire (1952).
    L'objet premier de ce voyage au cour de l'ambition structuraliste ? Souligner la richesse du travail accompli, mettre au défi la puissance théorique (le structuralisme lui-même), tenter de dépasser apories et contradictions.
    Une ouvre, donc, qui vaut introduction à une autre, l'une et l'autre dignes de figurer au premier rang des productions de l'intelligence humaine.

    Anthropologue de renommée internationale, ancien directeur scientifique du département des sciences de l'homme et de la société au CNRS, dont il est Médaillé d'or, Maurice Godelier est l'auteur d'une ouvre considérable. Notamment L'Idéel et le matériel (Fayard, 1984), L'Enigme du don (Fayard, 1996), Métamorphoses de la parenté (Fayard, 2004), Au fondement des sociétés humaines (Albin Michel, 2007).

  • Échelonnée sur une trentaine d'années, l'écriture des six tomes de La Méthode représente une véritable aventure, dans laquelle l'itinéraire personnel est indissociable du cheminement de la pensée de son auteur. À travers le récit d'un questionnement existentiel pour penser la complexité du réel et éviter les pièges de l'erreur et de l'illusion, Edgar Morin ressaisit ici le sens de sa vie et de son ouvre, autrement dit de l'ouvre de sa vie. Parachevant cet extraordinaire édifice théorique, ce livre intègre enfin un chapitre décisif, « Raison et rationalité », issu d'un volume initialement prévu dans le plan d'ensemble de La Méthode mais que la rédaction finale avait escamoté.
    À l'image du banian, cet arbre dont les branches, en tombant à terre, produisent de nouvelles racines, La Méthode est issue de multiples rameaux et ses retombées ont produit de nouvelles arborescences, distinctes mais inséparables de la souche qui les a vu naître. Dans un déploiement foisonnant qui interdit à la pensée de se refermer sur elle-même mais l'ouvre au contraire à des perspectives inédites, ce livre trace enfin la voie d'une refondation de l'humanisme nourrie des principes de La Méthode.

  • - Avec une rare clarté, Généreux, explique d'abord en quoi la crise mondiale en cours est l'effet inéluctable des politiques qui, depuis trente ans, ont promu un système vraiment capitaliste et l'essor mondial d'une véritable économie de marché, à l'exact opposé du mouvement engagé par les deux générations précédentes. Toutefois, la crise économique n'est qu'un avatar d'un plus vaste mouvement de régression de la civilisation moderne. Au terme d'une quête perpétuelle d'émancipation des individus, s'est installé un hyperindividualisme qui efface les repères moraux, détruit les liens sociaux et limite l'épanouissement personnel à la compétition permanente pour l'accumulation des biens. Il s'ensuit une mutation culturelle qui a d'abord favorisé le culte fou du marché et la fuite en avant consumériste qui détruit l'écosystème. Mais ensuite, la violence comme le désordre social et international exacerbés par l'hyperlibéralisme nourrissent la peur de l'autre, de l'étranger et du vide moral, d'où de multiples pulsions régressives: obscurantisme, replis communautaires ou nationalistes, politiques liberticides au nom de la sécurité. Pour sortir de cette régression, l'auteur montre comment on peut, sans révolution, en une simple législature démocratique, sortir de la société de marché capitaliste qui nous y a entraînés. Mais nous risquons d'être durablement empêché de renouer ainsi avec le progrès par les dysfonctionnements d'une démocratie où les classes populaires ne vont plus voter et par l'imbécillité d'une gauche " moderne " qui a fini de se convertir au modèle libéral au moment même ou celui-ci s'effondre.

  • Du structuralisme à la philosophie postmoderne de la déconstruction au systémisme, de claude lévi-strauss à jacques lacan, de gilles deleuze à jean-françois lyotard, une bonne part de la pensée européenne des cinquante dernières années a été souterrainement influencée par un ensemble de présupposés théoriques élaborés dans l'immédiat après-guerre avec ta naissance de la cybernétique.
    Ce " paradigme cybernétique ", dont l'apparition est historiquement datée se fondait sur une toute nouvelle conception de l'humain et de la société en rupture avec l'héritage humaniste de la modernité. en général ignorée, ou passée sous silence, cette influence a profondément marqué le paysage intellectuel contemporain. c'est ce que l'auteur de ce livre, sociologue à l'université de montréal, met en évidence dans cet essai.
    Il s'agit de reconstituer, avec précision, la généalogie d'un paradigme qui fut et demeure trés influent aussi bien sur le vieux continent qu outre-atlantique. a ce titre, le travail de céline lafontaine apparaît comme une contribution essentielle autant que neuve au débat contemporain. en replaçant dans son contexte historique l'apparition de ce qu'on appelle la postmociernité, cet essai surprendra sans doute.
    C'est néanmoins un apport dont il sera désormais difficile de ne pas tenir compte, d'autant plus qu'il apporte un éclairage neuf sur l'imaginaire des technosciences.

  • * Publication originale : Viking (États-Unis), 2009.Traduit de l'américain par
    Sylvie Taussig.Vous avez aimé Platon et son ornithorynque entrent dans un bar.
    Vous aimerez la suite : les histoires drôles consacrées au Paradis, à la vie
    après la mort, à l'immortalité sont légion. Les réflexions des philosophes sur
    ses sujets aussi. Fidèles à la recette éprouvée dans leur ouvrage précédent,
    Thomas Cathcart et Daniel Klein revisitent les grandes philosophies à la
    lumière de blagues désopilantes. Au terme de la lecture, vous saurez tout sur
    la vie, la mort, la vie après la mort et ce qu'il y a dans l'intervalle, guidé
    par l'un des plus grands penseurs de notre temps, Woody Allen : « Il est
    impossible de faire l'expérience de sa propre mort et de continuer à pousser la
    chansonnette. » * Après avoir obtenu leur diplôme de philosophie à Harvard,
    Thomas Cathcart et Daniel Klein ont mené une carrière classique : Thomas s'est
    occupé des gangs de rue à Chicago et a fréquenté plusieurs instituts de
    théologie. Daniel a longtemps écrit des textes comiques pour le théâtre et se
    consacre aujourd'hui à l'écriture de thrillers.

  • Un hommage sans complaisance qui renouvelle la lecture du dernier
    Barthes, à loccasion des trente ans de sa mort.
    « La littérature et le droit à la mort » est le titre dun texte célèbre de
    Maurice Blanchot.
    Trente ans après la mort de Roland Barthes (26 mars 1980), un de ses
    proches amis, Eric Marty, lui rend un hommage fondé sur les textes
    mêmes, en particulier La chambre claire et surtout le Journal de deuil,
    un ensemble de notes prises pendant près de deux ans par lauteur des
    Fragments dun discours amoureux suite à la mort de sa mère en octobre
    1977, et publié en février 2009 dans la collection « Fiction & Cie ».
    Rappelant le climat des années 1970, et soulignant laudace et parfois la
    solitude de Barthes, ce bref essai issu dune conférence donnée en février
    2010 au Collège de France, part dune question éminemment moderne : «
    quai-je le droit, que mest-il possible décrire ? » Dans ses derniers
    livres et écrits, Roland Barthes sinterroge souvent sur le singulier et sur
    ce qui, de ce singulier, peut se convertir en généralité ou en théorie. Cest
    le rêve, formulé à voix haute, dune « mathesis singularis », une science
    du singulier. Avec le Journal de deuil, Barthes plonge au plus profond de
    lintime, tout au bord de là où la parole séteint. Ce texte, suggère Eric
    Marty, ne pouvait exister quà titre posthume, car il ny avait personne
    pour pouvoir lentendre du vivant de lauteur. Ce Journal était posthume
    dans son écriture même.
    Autant quune analyse des derniers écrits de Barthes, cette conférence est
    une analyse des rapports de la littérature à la mort (en écho, notamment,
    aux réflexions de Maurice Blanchot). Sa publication constitue un
    hommage, intellectuel et sans pathos, à Roland Barthes dont la
    publication des cours et séminaires se poursuit par ailleurs.
    Eric Marty est né en 1955 à Paris. Agrégé de lettres, il est professeur à
    lUniversité Paris VII. Il a publié aux Éditions du Seuil notamment un
    essai, Roland Barthes, le métier décrire (collection « Fiction & Cie »,
    2006). Il est par ailleurs responsable de lédition des oeuvres complètes
    de Roland Barthes en 5 volumes, ainsi que des cours et séminaires.


  • La jalousie nous met dans des états extraordinaires.
    Comment aimer quand des rivaux imaginaires (ou réels) s'acharnent à détruire le bonheur de liens amoureux à peine ébauchés ? Comment vivre quand la jalousie fait obstacle à l'amour et entraîne ses victimes dans le vertige de la perte de soi ? La jalousie, notre plus ordinaire et plus commune folie, témoigne de désarrois complexes et secrets. Attirantes et inquiétantes, les diverses figures de la jalousie, déclinées ici à travers autant d'Incursions dans le cabinet du psychanalyste, démasquent les raisons surprenantes qui conduisent quelqu'un à refuser d'affronter les incertitudes du désir.
    Marcianne Blévis propose d'audacieuses analyses de ces inévitables jalousies qui jalonnent l'existence et de celles qui se révèlent plus cruellement vénéneuses. Elle tisse ainsi, au gré des subtils détours qui ponctuent les échanges entre le jaloux ou la jalouse et son analyste, une réflexion inédite sur ces relations étrangement familières, infernales et excitantes.

  • Difficulté à aborder les autres, paralysie dans l'action, trac envahissant caractérisent les timides. Un rougissement colore le visage, la voix devient chevrotante, les jambes flageolent : une crise de timidité surgit. Chacun a rencontré, de près ou de loin, ce trouble banal dont la répétition transforme en enfer la vie quotidienne. Depuis ses débuts, la psychanalyse s'est peu intéressée aux timides. Comment un timide pourrait-il en effet rivaliser avec l'obsessionnel, l'hystérique, le paranoïaque ? Et pourtant, dans le cabinet du psychanalyste, il n'est pas rare qu'un sujet timide exprime son désarroi. A partir de son expérience clinique, et en explorant la littérature et le cinéma, Patrick Avrane ouvre ce dossier et nous éclaire sur les ressorts de la timidité.
    />

  • Dès le début du xixe siècle hegel jugeait que la gloire de l'art était derrière lui, dans le passé, et il annonçait rien moins que la fin de l'art.
    Est-ce à cette fin, toujours différée depuis près de deux cents ans, que nous assistons aujourd'hui ? ne serait-ce pas plutôt à la faillite des doctrines qui voulaient "expliquer" l'art donc lui assigner un "but" et penser son histoire en termes de "progrès"? telles sont les questions qui sont au coeur des cinq paradoxes de la modernité. et s'il y en a précisément cinq, c'est que, depuis baudelaire, l'histoire de l'art a connu cinq crises majeures correspondant à autant de contradictions non résolues.
    Les lecteurs qui ignorent les rudiments de l'histoire récente des beaux-arts trouveront là un guide sûr. les autres y trouveront une perspective originale (baudelairienne) propre à éclairer les soubresauts actuels de la "postmodernité".

  • - Un dîner qu'on se mord les doigts d'avoir accepté, un ami qui voudrait nous emprunter de l'argent, une relation amoureuse - ou pas - dont il est temps de se défaire... Les occasions de se défausser ne manquent pas, ce qui n'est pas, hélas, le cas des prétextes et autres excuses pour le faire, à défaut de bonne conscience, en toute impunité. Cruelle, gonflée, pataude, penaude, pathétique... Avec humour et une plume acérée, Sven Ortoli conjugue à toutes les sauces les mille et une excuses possibles. Entre inventaire de la mauvaise foi et bréviaire du mauvais payeur, un petit livre ludique à conseiller à ces amis qui ne le sont pas toujours...

empty