Pneumatiques

  • Où il est question d'un défunt cochon d'Inde prénommé Paulo, petite bombe à retardement.

    « Il avait eu à manger. Il avait eu à boire. Il n'avait pas eu chaud. Il n'avait pas eu froid. On avait ramassé ses crottes sans faire les dégoûtés. On avait changé sa litière sans compter les sacs de sable. Et question tendresse, il avait été servi ! »

  • Touriste

    Christian Casoni

    Où il est question de cordon ombilical, et d'une naissance qui en entraîne une autre.

    « J'ai soulevé le drap du bout des doigts, pour être bien sûr que je n'avais pas rêvé... et j'ai vu son visage dans la pénombre. Ding, il a ouvert un oeil, il avait presque l'air en colère. »

  • Où il est question de Noël, de flocons, de salon de coiffure et de savon à barbe.

    « La barbe du vieil homme était longue et broussailleuse et Fabien travailla d'abord aux ciseaux. Puis il lava le visage ridé à l'eau chaude, appliqua la mousse par de légers mouvements circulaires et rasa délicatement la peau. »

  • Juanita

    Franck Pavloff

    Où il est question de violence et de dictature... de pureté et d'innocence.

    « L'armée, il l'a achetée, le peuple, il l'a soumis, un coup d'Etat sans bavure. Tout serait parfait si ce n'était ce ventilo qui patine au-dessus de sa tête sans brasser l'air. »

  • ...Des dates oubliées, des échos de batailles, des bouts de phrases d'ancêtres, des silhouettes célèbres ou inconnues, tout un fatras qui roule dans notre dos, qui se presse dans notre dos pour nous faire avancer, nous autres, petits hommes, héritiers malgré nous, ignorants et pourtant porteurs d'avenir. Le passé ? C'est l'Histoire ; et c'est ce qui fabrique de l'avenir.

  • Où il est question de voyages, d'odeurs, de couleurs, de 7 ailleurs.

    « La ruelle est bordée de choux énormes, d'assortiments plastiques, de pinces multicolores... le boniment des maraîchers glisse sur les cagettes de citrons, les tréteaux de culottes-panthère, de savates roses aux écussons de fils d'argent brodées.»

  • Kate

    Joël Egloff

    Où il est question de station Antarctique, de plomberie, de verbes irréguliers, de manchots et de tout ce que nous réserve l'existence.

    « (...) et puis plus rien d'autre à faire qu'à attendre la fin de la journée, m'asseoir au bord de l'eau et regarder passer les icebergs à l'horizon. »

  • Où il est question de vélo, d' exploits, de côtes, de descentes et de galettes de riz pâteuses...

    « Nous fîmes une belle montée du col de la République au milieu des hordes, je me sentais gaillard. Mon père qui possédait parfaitement la science de mon train me ménageait sans m'endormir et nous allions à une gentille cadence.»

  • Un autre verre

    Ahmed Kalouaz

    Où il est question de bistrots, d'abbayes, de mémoire et de saisons.

    « Même moi j'en oublie. Ce qui se passa, qui un jour passera. Le premier signe venu quand j'ai perdu mes clefs, et l'amour, et avec, la belle saison du temps des merveilles ».

  • Où il est question d'un fleuve, d'un tableau de maître, des perles d'un rideau et de rencontres.

    « De la main, je lui fais un petit salut. Il ne parle jamais le premier et s'il ouvre la bouche c'est pour répéter vos derniers mots. Pourtant, cette fois : - Tu vas jamais à la messe, toi ? »

  • Où il est question de selfies, de siestes et de start-up.

    « On dit d'eux qu'ils sont jeunes, beaux et ambitieux. Ils disent d'eux la même chose : on est beaux, jeunes et ambitieux. Ensuite ils font un selfie avec la bouche en coeur... »

  • Où il est question d'une très vieille armoire, d'un grand-père et d'un petit garçon curieux.

    « Il attrapa une troisième boîte, malgré son coeur qui battait à tout rompre...»

  • Où il est question de merles, de fée, de Rose et de ratés.

    Deux poèmes de Victor Hugo, deux couleurs pour deux histoires d'amour... sans lendemain !

  • Papa-clown

    Vincent Cuvellier

    Où il est question du métier des parents, de honte et d'admiration, de rapport au travail.

    « Dans la classe, tout le monde est paralysé. Bouche bée. Yeux ronds. Y a même Candice qui se met à pleurer. - Bonyour les nenfants, crie mon père. »

  • Après le très remarqué « la plus jeune des frères Crimson » (Prix Littér'halles 2019, publié chez Quadrature), Thierry Covolo nous fait entendre, avec ce second recueil de nouvelles, la dureté et l'ennui d'être né quelque part, quand l'instant d'après est la seule perspective.

    Ici, les héros sont des adolescents piégés dans leur âge, des adultes égarés dans des vies mal taillées, pas complètement d'aplomb mais pas tout-à-fait bancals, et que sauve parfois: quelque chose qui ressemble à de la tendresse.

    Un recueil de nouvelles, c'est un seul univers aux multiples portes d'entrée : « Il ne se passe jamais rien ici », révèle un auteur sensible, à l'écriture sèche et retenue.

  • Le brocteur

    Jacques Bertin

    Ecrits au fil des années, d'une main distraite, le soir tard ou dans le train entre deux gares, voici des textes retrouvés dans les vieux cartons. J'espère que mon lecteur s'en amusera autant que je m'en suis amusé. Une de ces nouvelles est plus sérieuse : La gabare.

    Je me suis toujours étonné que le paysage de Loire n'ait jamais été utilisé au cinéma comme décor naturel. Un soir, je m'y suis mis. Ayant écrit ce « projet de scénario », je l'ai alors édité à 300 exemplaires que j'ai offerts à mes amis. C'était naguère. On a des lubies...

    Le texte Enfin, une bonne nouvelle ! a été publié dans un livre collectif édité à l'occasion du lancement d'un gabarot, gros bateau de Loire, construit par des amateurs, à Chalonnes, en 2016. J'écris tout ça sans prétention et je ris quand je me relis - c'est l'essentiel. C'est ce que je souhaite à mon lecteur. JB

  • Happy valentine

    Sophie Verroest

    Armand voudrait danser avec Gisèle. Paul veut juste manger un morceau de génoise crémeuse et rencontre Alice. Léo tente de raconter l'Amour. Mathias veut le vendre. Mia rêve et Hyppolite se remarie. Alice croit en la jeunesse éternelle. Caroline ne croit plus en rien. Emilie, elle, choisit la dissolution.

    Qu'ils soient nés après la seconde guerre ou au début du XXIème siècle, tous tentent d'en finir avec la solitude et le manque en ces jours parfois remarquables et souvent ordinaires de Saint-Valentin.

  • Le bricoleur

    Jacques Fulgence

    Où il est question d'une boîte à outils qui fait d'une maison un canot de sauvetage.

    « L'une des assiettes bascula doucement, en heurta une autre qui en fit tinter une troisième (...) Satisfait, il sortit sur la pointe des pieds et monta à l'étage ».

  • Où il est question de regard porté sur les choses, de bon sens et de bons mots.

    Ce « sens du béret » est un extrait d'un travail quotidien d'un an. Tous les jours je publiais, sur Facebook, un petit texte, aphorisme, jeu de mots ou trouble de la pensée. Les dessins sont venus ensuite s'accoler aux textes, au hasard, à la manière de cadavres exquis.

  • L'espérance

    Ahmed Kalouaz

    Où il est question de pommiers et de pêcheurs, du vent du Sahara et de la patience des retours.
    «Lui, sur une pierre couverte de scories du désert, s'amuse à dessiner un visage et se souvient du bruit léger d'une robe qui glisse, d'une envie de naufrage au coeur d'une rivière douce.»

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