Langue française

  • Magellan

    Stefan Zweig

    • Paulsen
    • 21 Novembre 2019

    Fernand de Magellan, grand navigateur portugais du XVIe? siècle, a une intuition géniale : on doit pouvoir contourner la barrière de l'Amérique et percer le passage du détroit antarctique pour rejoindre les très convoitées îles aux épices, les Moluques. Persuasif, il gagne la confiance du roi d'Espagne, Charles Quint, obtient cinq navires en piteux état, embarque une cohorte cosmopolite de 237 hommes et lève l'ancre le 20 septembre 1519. Tempêtes, mutineries, tensions à bord, épreuve du froid jalonneront l'épopée de ces navires.

    Magellan passe dans l'étroit boyau du détroit qui porte désormais son nom, et sort enfin de l'enfer pour entrer dans cet océan inconnu qu'il baptisera Pacifique.
    Il mourra victorieux 150 jours plus tard, dans l'eau tiède d'un récif des Philippines, percé de flèches, avant d'avoir rejoint le sud de l'Espagne.

  • Nellie a fait le tour du monde, Thomas a voyagé dans les étoiles, Ada a survécu seule dans l'Arctique, Aliénor a parcouru l'Australie à cheval, Jessica a tenté un tour du monde à la voile à 16 ans... Pas de doute, ces hommes et ces femmes n'ont pas froid aux yeux ! Dédiant leur vie à l'aventure, ils et elles ont tracé leur route et exploré les lieux les plus extrêmes de la planète. Pour les uns, l'objectif est de passer un message écologique, pour d'autres, tout simplement dépasser ses limites. Ils ont en commun d'avoir suivi leurs rêves et leurs envies. En voyageant avec les trente figures incroyables de cet album, tu visiteras toi aussi les quatre coins du monde et comme eux, tu iras conquérir des espaces inconnus et vivre des moments historiques.

  • Le 1er août 1914, le jour où l'Europe entre en guerre, le trois-mâts l'Endurance quitte Plymouth. Le but de l'expédition ? Traverser l'Antarctique. Mais, au-delà du 60e parallèle sud, les glaces se referment sur le bateau qui va lentement dériver pendant neuf mois. L'Endurance finit par se briser et Shackleton donne l'ordre à ses hommes d'évacuer le navire. Ils vont devoir survivre aux orques, aux tempêtes, au froid et à la faim avant de pouvoir enfin atteindre une terre : l'île de l'Eléphant.
    Mais l'hiver arrive et les chances de survie sont presque inexistantes. Shackleton et cinq hommes décident alors de partir sur le James Caird, l'un des canots de secours de l'Endurance, pour tenter de rejoindre la Géorgie du Sud. Une navigation aléatoire de 1 500 km au coeur des 50e hurlants. Les six hommes réussiront contre toute attente et leur exploit restera légendaire. Mais il leur faudra encore affronter les montagnes escarpées de Géorgie du Sud avant de pouvoir enfin déclencher les secours et réunir tout l'équipage sain et sauf.
    Le récit de Sir Ernest Shackleton, agrémenté des photos de Frank Hurley, offre un témoignage bouleversant.

  • Henriette est la première femme au sommet du mont Blanc, Nathan enjambe les vallées sur une corde, Kilian survole les cimes en courant, Gaëlle Cavalié a survécu 100 heures dans la neige, Marion Chaygneaud s'engage à rendre leur beauté aux massifs, Zian cherche des cristaux...
    Certains ont connu la défaite, d'autres la peur ou un drame, et pourtant, un désir farouche les a conduits à relever leurs défis. En véritables montagnards, tous et toutes ont en commun une volonté de fer, des valeurs de solidarité et d'amitié et un profond désir de liberté.
    Voyage avec ces trente figures incroyables, ces courageux et valeureuses qui ont accompli leur rêve d'enfant : conquérir les sommets.

  • Depuis le grenier où il collectionne livres et revues d'exploration et d'ethnologie, le jeune Paul-Émile Victor, membre des Éclaireurs de France, cultive deux rêves ambitieux et d'apparence antagonistes : se rendre un jour aux pôles et en Polynésie.
    Après avoir été élève officier sur un cuirassé, aspirant sur un porte-avion puis pilote d'avion, il met de côté les promesses d'aventure en reprenant les affaires familiales de fabrication de pipes de bruyère. Cet écart ne dure pas. Bientôt, il fait la connaissance de l'explorateur Jean-Baptiste Charcot et embarque avec lui sur le Pourquoi-pas ? en 1934. Sa découverte du Groenland le marque à jamais. Fasciné, il n'aura de cesse d'y retourner, traversant l'île en traîneaux à chiens, vivant parmi les Inuits en ami et en ethnologue, apprenant leur langue, esquissant ses premiers dessins de masques. À son retour, il se fait connaître en multipliant les conférences et les publications, notamment pour le musée de l'Homme.
    En 1947, juste après la guerre et en grande partie à l'aide d'anciens résistants, il fonde les Expéditions Polaires Françaises (EPF), qui inaugurent des missions scientifiques de grande envergure tant en Arctique qu'en Antarctique, où il installe les bases Dumont d'Urville et Charcot.
    Grand défenseur de l'environnement à la fin de sa vie, il termine ses jours, selon son rêve, en Polynésie.

  • Né en Écosse en 1838, débarqué à 10 ans dans la région des Grands Lacs, aux États-Unis, le jeune Muir s'échine chaque jour dans les champs et lève parfois la tête pour regarder la nature environnante qui l'émerveille. Le soir, il imagine et crée des objets mécaniques qu'il présente ensuite en ville comme, par exemple, cet appareil pour le sortir automatiquement du lit à l'heure du lever. Très vite, John Muir s'interroge sur le sens de cette vie de labeur, alors qu'il pourrait vivre en autonomie dans la nature. Il quitte le Wisconsin, sillonne le pays à pied du nord au sud et d'est en ouest, participe aux transhumances de bergers isolés, vit en ermite dans les bois, fasciné et nourri par la vie qui l'entoure. Dans la Californie de la ruée vers l'or, on fait fortune en creusant une dette écologique abyssale, que personne ne voit encore. Sauf Muir, qui la pressent grâce à son attention aux hommes et son amour du paysage. Figure mythique aux États-Unis, fondateur des parcs nationaux, sauveur du Yosemite, John Muir posa clairement la question du sens de la vie dans la nouvelle société industrielle et industrieuse et il y a répondu, par son mode de vie, en termes tout aussi clairs. Ancêtre du concept d'écologie, il fut, selon Roosevelt, « l'homme le plus libre que j'ai jamais rencontré ».

  • Avant son départ pour la Station spatiale internationale, le spationaute français a suivi un entrainement exceptionnel de sept longues années. Les coulisses de cette préparation sont ici racontées dans un ouvrage qui lève le voile sur tout ce que l'astronaute a dû subir avant de pouvoir être envoyé dans l'espace. La seconde partie de ce guide illustré dévoile le quotidien des six mois passés par Thomas à bord de la Station spatiale internationale.

    On y apprend les expériences scientifiques variées et minutieuses qu'il a menées à bord de l'ISS mais aussi les aléas du voyage et les conditions de vie à bord. Le livre suit Thomas Pesquet jusqu'à son retour sur terre, loin d'être le moment le plus évident à vivre pour celui qui est devenu en quelques mois un héros moderne.

  • L'hiver en train, l'été en car, Bernard Chambaz a parcouru l'Oural du sud au nord. Situé entre les capitales de l'ouest et l'immensité transibérienne, frontière entre l'Europe et l'Asie, ce territoire reste méconnu. Ce voyage doit à son amour de la Russie et de son peuple, mais aussi à la puissance des livres. Parmi eux, il y a le recueil largement oublié et assez décapant d'Aragon (Hourra l'Oural), l'ombre de Pasternak et du doc-teur Jivago, l'ombre plus noire de Chalamov et du goulag.
    L'Oural, c'est aussi la terre natale de Boris Eltsine, dont on suivra les traces. On vérifiera que les statues de Lénine n'ont pas toutes été déboulonnées, loin de là, et que si on a pu évoquer la fin de l'homme rouge, l'homo sovieticus tend à devenir pour les jeunes générations un objet, sinon un sujet de folklore.
    Dans ce récit de voyage peu ordinaire, vous croiserez des météorites, suivrez une enquête sur la disparition étrange de géologues il y a cinquante ans, vous échapperez à un accident d'avion, découvrirez un jeune Eltsine explorateur sans peur, vous verrez des camions rouler sur la Kama gelée, visiterez le camp de Perm-36 et les monastères de Verkhotourié, sillonerez Ekaterinbourg sur les traces des Romanov, naviguerez sur la Kama, découvrirez Tcheliabinsk et son formidable musée des tracteurs à défaut de la centrale nucléaire de Majak, le site archéologique exceptionnel d'Arkaïm qui date de l'âge du bronze, avant d'admirer sous un ciel gris et déjà froid la modernité de la capitale bachkire. Tout cela sans oublier les trois figures centrales : Aragon, Pasternak et Chalamov.

  • Norilsk

    Caryl Férey

    Grand voyageur, il n'avait pourtant jamais été en Russie. Encore moins en Sibérie. Il n'aime pas le froid et avait quelques a priori sur les Russes. Mais il a dit oui. Et il s'est embarqué avec son acolyte "La Bête" dans une aventure sans égal : découvrir Norilsk, cité minière aux mains des oligarques, à trois cents kilomètres au-dessus du cercle polaire.

    Un ancien goulag, fermé aux touristes et aux Russes, accessible uniquement avec une autorisation du FSB. Une ville sans animaux, sans arbres. En résumé, la ville la plus pourrie du monde. Revenu de ce voyage pas comme les autres, nourri de rencontres inoubliables, il en tire un livre qui oscille entre enquête gonzo et récit au décor noir.

  • La France révolutionnaire est en guerre contre la plupart des monarchies d'Europe. L'Angleterre et sa puissante Royal Navy sont le fer de lance d'une lutte qui s'éternise. Hélas, la jeune Marine Républicaine se consume sur les cendres de la défunte Royale. À court de crédits, la flotte française souffre d'une corruption généralisée et une grande partie de ses officiers, de noble lignée, a immigré.

    Engagé dans la marine Royale à l'âge de 13 ans, le fougueux Gilles Belmonte en a 29 lorsqu'il accède au grade de capitaine de frégate. Il se voit confier un nouveau bâtiment, l'Égalité, et une mission cruciale pour la survie de la France.

    Entre machinations des services secrets, combats navals et amour naissant, son sens de l'honneur et son formidable instinct auront-ils raison d'un ennemi prêt à tout ?

  • Le troisième opus de la saga de Fabien Clauw démarre à vive allure, avec un Gilles Belmonte prisonnier des Anglais. Napoléon n'est pas encore empereur, la campagne d'Égypte bat son plein, celle d'Italie débute, la quasi-guerre avec les États-Unis se termine, et les services d'espionnage britanniques sont toujours aussi performants.
    Seul face à l'ennemi, le capitaine de l'Égalité va devoir ruser pour se sortir du pétrin infernal dans lequel il est tombé.
    Ses nouvelles aventures le conduiront de Brest en Île de France (actuelle île Maurice), où nous croiserons aussi bien Talleyrand que Surcouf, sans oublier l'élue de son coeur, l'audacieuse Camille.
    Les combats maritimes, toujours aussi réalistes et saisissants, rivaliseront dans ce troisième tome avec une intrigue des plus originales, dans un pan de l'Histoire de France toujours aussi tourmenté, décidément propice à une belle tension dramatique.

  • Mauvaise étoile ou les calamiteuses mais véridiques tribulations d'un astronome de Louis XV dans les mers de l'Inde Nouv.

    Issu d'une famille d'aristocrates de province, Guillaume était destiné à une carrière d'ecclé-siastique. Mais la rencontre d'une jolie jeune fille le fit changer de voie. Il l'épousa, devint astronome et occupa une chaire à l'Académie royale des sciences. Tout alla fort bien, jusqu'en 1759, année au cours de laquelle Mikhaïl Lomonosov eut l'idée de concrétiser le projet d'Edmund Halley consistant à calculer de la façon la plus précise la distance Terre-Soleil en utilisant le transit de Vénus. Guillaume saute sur l'occasion et se porte volontaire pour réaliser cette mesure à Pondichéry. Mais nous sommes en plein conflit mondial (la guerre de Sept Ans), à une époque où les mers sont peu sûres, la navigation dangereuse et où la chance a plus que sa part dans le destin. Le 24 mars 1759, Guillaume quitte le port de Lorient pour une quinzaine de mois. Il reviendra... onze ans plus tard, après avoir frôlé la mort à cause d'une maladie, échappé à la noyade puis à la prison, soupçonné d'être un espion. Dans un récit drôle et très documenté, Christophe Migeon dresse le portrait d'un homme poursuivi par la scoumoune, mais aussi l'histoire scientifique du Grand Siècle, une époque où la coopération scientifique prévalait sur les conflits mondiaux, où l'on parlait de méca-nique des fluides dans les salons de ces dames, où le progrès était en marche.

  • Novembre 1799. Un ambitieux général de trente ans prend les rênes d'un pays aux abois.
    Pour redresser la France, Bonaparte a besoin de fonds, et de l'or, les États-Unis, débiteur d'une guerre d'Indépendance largement financée par la patrie des Droits de l'Homme, en regorge.
    Gilles Belmonte, le jeune capitaine de frégate aux idéaux et à l'activisme bien trempé, se voit alors confier une nouvelle mission qui conduira l'Égalité à la recherche d'un trésor disparu. Mais la France n'est pas la seule puissance à convoiter le butin... Avant de reprendre la mer, notre héros assiste à Paris à la condamnation injuste de son ennemi intime devenu ami, le capitaine anglais George Davies. Tout en déjouant les manipulations des Anglais, Belmonte et son équipe cherchent à tromper la vigilance des Américains en alerte.
    Mais aux abords de Philadelphie, le voilà partagé entre son devoir et les retrouvailles tant attendues avec l'audacieuse Camille Desmaret, fuyant la tyrannie de son père, et désormais hébergée par ceux-là même qu'il doit dépouiller...

    Dans ce second tome de sa saga d'aventures maritimes, Fabien Clauw nous fait frémir des atterrages de Brest au fleuve Delaware.

  • Marqué dès le début de sa carrière de journaliste par la Grande Guerre, dont il a rapporté les drames d'Anvers à Constan­tinople, Albert Londres a toujours su regarder du côté du faible et de l'exclu. Au côté des bagnards de Guyane, des enfermés de Biribi, des prostituées de Buenos Aires, des Juifs des ghettos, le grand reporter majuscule a systématiquement pris le parti des opprimés et des humiliés. Ses comptes rendus pour Le Matin, L'Excelsior ou Le Petit Parisien provoquèrent des débats sans fin et incitèrent parfois les législateurs à réviser leurs certitudes.
    Quatre-vingts ans après avoir questionné le monde, son mantra de journaliste (« Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie ») figure toujours en bonne place au fronton d'une profession trop souvent malmenée.
    Nourri de sources nouvelles, agrémenté de photographies méconnues ou inconnues (souvent prises par l'intéressé lui-même), cet ouvrage revient sur le parcours d'Albert Londres en replaçant plus avant sa quête dans son contexte, en la confrontant aux travaux de ses contemporains et en soulignant ses contradictions comme ses originalités.

  • Mousson

    ,

    • Paulsen
    • 26 Novembre 2020

    La mousson est l'un des phénomènes climatiques les plus fascinants. Chaque année au mois de juin, elle est attendue avec impatience dans une ambiance étouffante, mais aussi redoutée. Elle est à la fois source de vie, de renaissance, mais également de dangers. Rivières en crue, inondations, inquiétante présence de cobras, épidémies et humidité constante, la mousson a tendance à faire fuir les Occidentaux. Pourtant, ce phénomène climatique majeur est une clé indispensable pour comprendre le Sud-Est asiatique, et plus particulièrement le sous-continent indien.
    Au cours de voyages répétés en Inde, Roland et Sabrina Michaud ont sillonné le pays du sud au nord durant cette mythique saison des pluies qui rythme la vie depuis plus de trois millénaires. Ils ont vécu sept saisons des pluies. Auprès des Indiens, ils ont attendu, en pleine sécheresse, l'arrivée de la mousson par la mer, sur la côte où jadis débarquaient les boutres d'Arabie en même temps que les nuages en formation. Ils se sont enfoncés à l'intérieur des terres, ont pénétré la jungle épaisse emplie d'animaux mythiques (éléphants, tigres, singes, paons) et d'ascètes en retraite. Ils ont assisté à des festivals célébrant la pluie, où aucun Occidental ne s'était encore aventuré au long cours. Enfin, ils ont photographié la course de chars à boeufs et ses projections de pigments multicolores qui clôture les mois de mousson et permet d'augurer de bonnes récoltes.
    Ils offrent un témoignage en images de ce phénomène, accompagnées d'une sélection de miniatures et de peintures magnifiques, mais aussi de citations de grands textes sacrés, d'épopées mythiques et d'extraits de textes indiens ou étrangers contemporains.

  • Odette du Puigaudeau et Marion Sénones sont des aventurières et des avant-gardistes. La première est candidate pour participer à l'expédition Charcot au Groenland, styliste pour Jeanne Lanvin, puis reporter. La seconde est tour à tour modéliste pour la maison Roche, journaliste et dessinatrice. Toutes les deux sont atypiques et elles s'aiment. Mais la vie parisienne et l'état d'esprit occidental ne leur conviennent pas. En décembre 1933, pour fuir une société dans laquelle elles ne peuvent pas vivre comme elles l'entendent, elles embarquent sur un langoustier breton vers la Mauritanie. Leur but ? Traverser le désert à dos de chameau, sans mission officielle ni subvention. Avec pour seul soutien celui de Théodore Monod, scientifique et pionnier de la défense de l'environnement. L'image est tellement insolite que les Maures appelleront l'année 1934, « l'année des deux ». Près d'un siècle plus tard, Catherine Faye et Marine Sanclemente marchent dans le sillage des deux femmes pour raconter leur vie en marge, leur culot, leurs contradictions, explorer à leur tour ce protectorat français devenu République islamique et comprendre une culture nomade millénaire. Dans des conditions souvent ardues, parsemé de rencontres étonnantes, toujours éclairantes, leur voyage est empreint de l'esprit lumineux et audacieux d'Odette et de Marion.

  • Jean-Louis Étienne a atteint le pôle Nord à pied, traversé l'Antarctique en traîneau et pourtant ce qu'il aime plus que tout au monde c'est la forêt, sa forêt du Tarn. D'ailleurs dès qu'il vola de ses propres ailes, il y construisit sa cabane. Impensable pour lui de vivre dans une maison en ville : il lui fallait la forêt. Ce livre est un cri d'amour à l'arbre, nourricier et protecteur, poumon de notre planète. Le préserver, c'est sauver l'humanité. Et pour cela il faut le comprendre. Jean-Louis Étienne s'est tourné vers des scientifiques pour répondre à toutes nos questions (pourquoi les racines plongent-elles vers le centre de la terre ? Un arbre transpire-t-il ? Pourquoi les feuilles sont-elles vertes ? Est-il vrai que le mycélium s'étend sur plus de 400 kilomètres sous nos pieds ?). Il fait également état des recherches les plus prometteuses, comme celles des chercheurs en bio-mimétisme : parmi elles la photosynthèse artificielle qui permettra de produire un "carburant solaire" et pointe du doigt des idées catastrophiques, comme celle de forcer la photosynthèse des plants de tabac pour augmenter la production et expose des solutions pour demain, comme l'agroforesterie. Ces textes scientifiques sont ponctués de chapitres plus personnels, de souvenirs d'enfance. Et l'auteur de nous dévoiler ce que la nature, la forêt, le travail manuel du bois qu'il affectionne tant lui ont apporté : un équilibre, un pied bien ancré dans la réalité, une confiance, une sérénité... Et l'amoureux de la planète nous rappelle à quel point il est nécessaire aujourd'hui de nous rapprocher de la nature, pour le bien de l'humanité et le bien-être de chacun.

  • Jungle

    Miguel Bonnefoy

    "Au mois de décembre 2014, il m'a été permis de prendre part à une expédition au Venezuela, dans l'État de Bolívar, plus précisément dans la municipalité de la Gran Sabana, pour y écrire un livre. Il était question de gravir la montagne de l'Auyantepuy, de la traverser et de la redescendre en rappel par la gorge du Diable, où se situe la cascade la plus haute du monde, le Kerepakupai Venà. Nous avons vécu pendant quinze jours au milieu d'un paysage fait de torrents et de marécages, de bois serrés et pluvieux, dans la chaleur épaisse des forêts équatoriales. Nous étions quatorze hommes.
    Avant le départ, je lus tout ce que je trouvais sur le sujet. Du vieux manuscrit jusqu'au traité de biodiversité, je m'enfermai dans des bibliothèques et des librairies, je rencontrai des archéologues et des géographes, des journalistes spécialisés dans les exploitations minières et des poètes de Ciudad Guayana. J'abattis le travail de plusieurs hommes pour dresser une monographie régionale de la Gran Sabana. Je dois confesser ici que, lorsque je posai le premier pied dans la jungle, je compris que mon effort avait été vain. Toutes les pages des bibliothèques ne peuvent rien devant l'architecture d'une fleur." Miguel Bonnefoy

  • Durant trois mois, Cédric Gras a partagé le quotidien du brise-glace Akademik Fedorov, chargé de ravitailler les bases russes en Antarctique. Parti d'Afrique du Sud, naviguant à travers les Quarantièmes rugissants, il a découvert le monde des poliarniks. Des hommes qui luttent contre le froid martien et le blizzard polaire au nom de la science. Marins, mécaniciens ou géophysiciens, ils consacrent leur vie au continent austral, loin de leurs proches.
    Cédric Gras a parcouru avec eux ces rivages lunaires, baignés par la mystérieuse mer des Cosmonautes. Entre nouveaux défis et nostalgie, il livre le récit de son périple et de la fascinante conquête soviétique de l'Antarctique.

  • Rodrigo Díaz de Vivar, plus connu sous le nom du Cid, n'est pas que le héros d'une pièce de théâtre. Ce fut un chevalier. Un vrai. Banni par le roi Alphonse VI, il a traversé l'Espagne au XIe siècle. Il a gagné des batailles. Contre les Musulmans, et avec eux. Un mercenaire avant l'heure. Un combattant légendaire.

    Si le Cid voyageait à cheval, c'est sur son VTT - baptisé Tornado - que Marc Fernandez suit sa route de Burgos, ville natale du chevalier, jusqu'à Valence, où il mourut en 1099. Une épreuve et un défi pour l'auteur, à la découverte d'une partie méconnue de l'Espagne, médiévale, immensément vide. 900 kilomètres à vélo, 11 302 mètres de dénivelé positif dans un décor de western, pour retracer la vie extraordinaire d'une figure mythique digne d'un personnage de polar.

  • Baïkal-Amour

    Olivier Rolin

    Cinq mille kilomètres en train, du coeur du continent sibérien jusqu'aux rives du Pacifique. Cinq mille kilomètres le long de la Grande ligne Baïkal-Amour, l'autre chemin de fer transsibérien, et au-delà du détroit de Tartarie jusqu'à l'île de Sakhaline et au souvenir de Tchékhov, qui y alla visiter le bagne en 1890.
    Des villes de pionniers à demi abandonnées dans l'immensité, des vies si humaines qui ne savent plus où elles vont, la mémoire enfouie mais ineffaçable des centaines de milliers de déportés qui construisirent cette ligne et ces villes au prix de leur vie, la grandeur et le malheur, la mélancolie russes...

    Il y a tout cela dans ce livre que traverse pourtant, né de l'espace sans bornes, un sentiment de liberté :
    « Tout fuit, tout glisse, on se dit qu'on est bien ici, loin de chez soi, libre provisoirement de toute attache, et que c'est pour ça qu'on voyage. »

  • La route maritime du Nord, qui permet de relier l'Atlantique au Pacifique en longeant les côtes de la Sibérie, est aujourd'hui le plus court chemin navigable entre l'Europe et l'Asie. Un passage forcément très convoité... Après leur voyage dans le grand Sud, en 2006, la navigatrice et ingénieur Isabelle Autissier et l'écrivain voyageur économiste Erik Orsenna se sont penchés sur cette région du monde où richesses naturelles, routes commerciales et gigantesques ports en construction attisent les convoitisent, tandis que la banquise est la première victime du réchauffement climatique.

    Il sont partis à trois reprises dans ces froides contrées pour mieux comprendre, sur place, les enjeux géopolitiques, économistes et écologiques de cette région et nous rappeler que notre avenir se jour aussi au pôle Nord.

  • Pauline est de ces femmes qui brisent les obstacles. Risque-tout, elle quitte sa Lorraine natale à la fin de l'épopée napoléonienne pour rejoindre Moscou où, simple vendeuse de mode, elle est courtisée par un richissime aristocrate. Ivan Annenkov est un fervent admirateur de la France des Lumières et un farouche adversaire du servage. Il appartient à une société secrète qui rêve de renverser le tsar. Le complot échoue, les décabristes sont déportés en Sibérie. Ivan serait mort dans l'oubli le plus total si Pauline, comme sept autres femmes de condamnés, n'avait décidé de le rejoindre.

    La petite bande, qui deviendra légendaire, soutient si bien les conjurés qu'ils relèvent la tête et fondent, derrière les murs de leur prison, une minirépublique à la française... Qui était au juste cette Pauline qui croisa les hommes les plus célèbres de son temps, de Dumas à Dostoïevski, qu'elle fascina ? Irène Frain a suivi ses traces depuis la Lorraine jusqu'à la Transbaïkalie. Elle ressuscite son équipée et brosse avec feu et sensibilité le portrait d'une amoureuse endiablée.

  • Les Expéditions Polaires Françaises voient le jour en 1947, à l'instigation de l'ethnologue Paul-Émile Victor. Les premiers volontaires sont des hommes engagés qui ne connaissent pas la peur, des personnages hauts en couleur, anciens résistants pour la plupart. Car il faut être un peu fou pour aller vivre six mois, parfois un an, dans un tel désert blanc. Pendant près de quarante-cinq années, jusqu'en 1992, chercheurs, ingénieurs, mécaniciens conduiront des campagnes scientifiques ambitieuses et des expéditions d'envergure entre l'Arctique et l'Antarctique, à grand renfort de matériel et d'engins motorisés. Des raids s'organisent, les premiers hivernants s'installent, des colonies de manchots Empereur sont découvertes, les premiers forages profonds réalisés par la France ont lieu, des bases se construisent, d'abord temporaires puis permanentes - Port-Martin et Dumont d'Urville en Terre Adélie et, plus tard, Concordia, la station franco-italienne. Le Traité sur l'Antarctique, signé en 1959, proclame l'Antarctique terre de paix dédiée à la recherche, tandis qu'au Groenland des milliers de kilomètres sont parcourus afin d'étudier les glaces de la calotte. À travers leur odyssée teintée d'enjeux historiques et géopolitiques, les Expéditions Polaires Françaises auront assuré la transition entre exploration pure et exploration scientifique.

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