Paradigme

  • L'oeuvre de Chénier n'a été divulguée que longtemps après la mort du poète. Les manuscrits ont connu un destin tourmenté : partages, refus de communication, incendie partiel en 1871... C'est sur un texte demeuré inachevé, fragmentaire, que les éditeurs successifs se sont penchés : aucun n'est parvenu à un résultat satisfaisant. Fallait-il renoncer à disposer d'une édition qui rende justice au " fier André " ? La voici, complète et fidèle. MM. Buisson et Guitton ont réalisé la réorganisation que les connaisseurs savaient nécessaire. Spécialistes de la poésie du XVIIIe siècle, ils ont enquêté, scruté toutes les sources, chaque fragment a été daté, puis ils ont procédé au remembrement des textes selon des critères chronologiques, structurels et esthétiques. Pour les besoins de ce chantier complexe, ils ont forgé leurs méthodes et leurs outils - dont une chronologie entièrement neuve - selon les principes exposés dans les " Remarques sur cette édition ". On a veillé à ce que les vers du poète occupent seuls la page : l'amateur pourra les écouter en toute liberté, a capella.

  • Voltaire épistolier : toute une aventure.
    Ce ne sont pas moins de soixante-dix-huit lettres pour la plupart inédites qui sont ici proposées au lecteur. Ces lettres, adressées à Voltaire ou par lui envoyées, sont majoritairement issues du fonds de l'Institut et Musée Voltaire de Genève.
    S'étendant sur plus de cinquante ans (1723-1778), cette correspondance permet de pénétrer dans le cabinet du philosophe, de voir à l'oeuvre la « fabrique » voltairienne.

  • Voici le «Roman comique moderne» que George Sand présentait à Flaubert en lui demandant « un titre qui résumât cette idée ». Pierre qui roule parut en deux volumes, le second intitulé Le Beau Laurence. Revenu au pays natal, un comédien se confie à un étranger et lui raconte sa vie et les tribulations d'une troupe de théâtre avec laquelle il a traversé les provinces françaises, est allé en Italie et jusqu'en Dalmatie. La compagnie de Bellamare incarne un idéal égalitaire et fraternel, la « bohème intellectuelle » chère à George Sand.
    Le lecteur partagera le jugement d'Henry James qui reconnaissait aux « romans de mystère, d'intrigue et d'aventure » de George Sand, « toute l'inventivité spontanée des histoires d'Alexandre Dumas, tout son souffle, son goût du récit pour le récit, mais avec un raffinement intellectuel, une saveur philosophique, un parfum de choses spirituelles... » Ce roman devenu introuvable est présenté ici en un seul volume dans le texte de l'édition Lévy originale. Fourni par Olivier Bara, l'appareil critique éclaire ce qui est aussi un document sur le théâtre au XIXe siècle.

  • La différence stendhalienne n'a cessé de déconcerter ses éditeurs. Stendhal brouille la frontière entre livre et manuscrit : il complète, corrige, réécrit la première édition de La Chartreuse de Parme et nous lègue un texte pluriel, en devenir - impubliable ? Cette édition relève le défi. Établie à partir du texte de 1839, enrichie des notes, ajouts et retraits collectés sur tous les exemplaires annotés par Stendhal, elle se rapproche de cette Chartreuse de 1860 en trois volumes à laquelle il songeait. Nous avons conservé les fantaisies orthographiques de son italien, les étrangetés de sa phrase organisée à partir d'une ponctuation audacieuse et inimitable, la coulée de son paragraphe et de sa page. Roman miraculeux, roman exemplaire, La Chartreuse éclate d'un vouloir-vivre joyeux et tragique. Dans l'Italie du XIXe siècle, la réalité s'élève d'elle-même au fabuleux, à l'aventure ; l'histoire confine au romanesque, à l'opéra bouffe, à la comédie de cour. Stendhal nous parle d'héroïsme, à travers les figures du sublime passionnel que sont la vengeance, l'inceste, le tyrannicide, et de la naïveté d'un héros à " l'air cornichon ".
    Michel Crouzet a notamment publié Stendhal et l'italianité (Slatkine Reprints), Rire et Tragique dans La Chartreuse de Parme (Eurédit) et Le Roman Stendhalien, La Chartreuse de Parme (Paradigme).

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