Arts et spectacles

  • Alors que tout semble promettre la photographie, activité sans traditions et sans exigences, à l'anarchie de l'improvisation individuelle, rien n'est plus réglé et plus conventionnel que la pratique photographique et les photographies d'amateurs.
    Les normes qui définissent les occasions et les objets de photographie révèlent la fonction sociale de l'acte et de l'image photographique éterniser et solenniser les temps forts de la vie collective. aussi la photographie, rite du culte domestique, par lequel on fabrique des images privées de la vie privée, est-elle une des rares activités qui puisse encore de nos jours enrichir la culture populaire : une esthétique peut s'y exprimer avec ses principes, ses canons et ses lois qui ne sont pas autre chose que l'expression dans le domaine esthétique d'attitudes éthiques.

  • Les cinq essais réunis dans ce volume représentent la quasi-totalité des travaux que panofsky a publiés en allemand, avant 1932.
    La volonté de fonder une science rigoureuse de l'oeuvre d'art qui s'exprime dans les recherches épistémologiques des débuts, et en particulier dans la critique de wölflin et de la notion de kunstwollen, s'affirme en acte dans ce chef-d'oeuvre de la science sociale qu'est la perspective comme forme symbolique. refusant de réduire la perspective à un simple problème technique ou mathématique, panofsky entend établir, à travers l'analyse de l'usage de la perspective angulaire dans l'antiquité, de l'ignorance quasi systématique de la perspective au moyen-age et de " l'invention " de la perspective plane par la renaissance, que le recours à la perspective s'appuie sur une philosophie de l'espace qui est elle-même solidaire d'une philosophie de la relation entre le sujet et le monde.
    C'est ainsi que la philosophie idéaliste des " formes symboliques " se dépasse vers une histoire sociale des catégories de perception et de pensée.

  • Les deux essais réunis ici proposent l'interprétation la plus méthodique de la genèse, de la structure et de l'évolution de l'architecture. gothique. Une biographie systématique rattachant les intentions esthétiques de Suger à différents traits de sa personnalité physique et sociale conduit au principe de l'entreprise de « destruction créatrice » de l'abbé de Saint-Denis qui laisse à ses successeurs, comme un défi, les difficultés suscitées par ses innovations. Pour relever ce défi, les architectes de la grande époque gothique s'arment des instruments intellectuels qu'ils doivent à la scolastique : ensembles intelligibles composés selon des méthodes identiques, la Somme théologique et la cathédrale recèlent des homologies structurales irréductibles aux simples traductions littérales de la langue théologique dans la langue architecturale que saisissait l'historiographie positiviste.

  • Qui a le sens de la musique ? demande l'auteur. Il y a tellement de musique dans le monde qu'on peut dire qu'elle est comme le langage ou la religion, un trait spécifique de l'espèce humaine Dans nos sociétés occidentales, la musique est réservée à une élite, seule jugée capable d'en faire et de la comprendre, même si le système mercantile, qui l'utilise abondamment, reconnaît implicitement la réceptivité de tout homme à ses messages. En même temps, notre ethnocentrisme ne voit en dehors de la musique d'art de l'Occident, que facilité populaire ou rudiments.
    Qu'est-ce que l'amour de la musique ? Par une analyse ethnomusicologique de musiques africaines et européennes, John Blacking montre que le sens musical est universel, mais qu'il est plus ou moins cultivé selon les classes et les types de société dont la musique exprime les structures et les conflits. Il permet, en dernière analyse, de partager et de transmettre certaines expériences d'individu et de groupes, en vue d'un développement harmonieux du corps, de l'esprit et des rapports sociaux.

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