Medicis Entrelacs - Librairie De Medicis

  • Le réexamen de la personnalité de Moïse Maïmonide (1138-1204) ne laisse pas d'être riche d'enseignements.
    Et pourtant, on ne parvient pas à déchiffrer entièrement l'énigme d'une telle vie, celle d'un penseur juif persécuté, tourmenté par le destin malheureux de son peuple et obligé de quitter son Andalousie natale pour la lointaine Egypte où il vivra ses vieux jours. Le même constat s'impose quant à son oeuvre. Alors que la philosophie et la théologie sont aujourd'hui deux vocables presque antinomiques, pour un penseur du XIIe siècle, il en allait autrement : la philosophie proprement dite, c'est-à-dire une spéculation différente des sciences traditionnelles qui se réclament de la révélation, visait les mêmes objectifs que la théologie ou la science de la Tora, mais avec des moyens différents.
    Ainsi, Maïmonide s'est délibérément rallié au modèle et à la tradition des lettres judéo-andalous qui l'avaient précédé. D'une certaine manière, il fut l'héritier des philosophes et des théologiens espagnols d'Espagne qu'il dépassera en tentant une synthèse originale entre les doctrines d'Aristote et les enseignements de la Tora. Esprit épris d'université, Maïmonide a souhaité rouvrir la voie de l'alliance de l'homme avec Dieu : pour lui, les sources et les documents de la révélation doivent connaître une exégèse spirituelle, seule apte à en faire éclater l'infinie adresse.

  • Dans la culture moderne occidentale, la sagesse spinoziste peut valoir comme « un modèle de la nature humaine la plus parfaite », pour reprendre une formulation de Spinoza lui-même. En effet, pour ce philosophe, le sage est un homme libéré de tout préjugé et de toute passion par l'usage constant de la raison pour la conduite de la vie. Ce rationalisme, s'il se réfère à un Dieu-Nature infini, reste essentiellement un souci de l'homme pour l'homme, une sorte d'humanisme. Libéré d'une Providence personnelle et imaginaire, le sage reçoit tous les événements avec sérénité, et cette sérénité rationaliste est toujours en même temps une « béatitude ». Le sage spinoziste, à travers toute l'histoire de la pensée européenne, apparaît donc bien comme l'homme libéré, serein et parfaitement heureux, totalement intégré à l'univers infini et à la société civile où il vit. C'est la prégnance et la perfection de cette sagesse qui nous incitent à interroger de plus près cette philosophie qui nous propose cela même que nous cherchons : la liberté d'esprit et le bonheur vrai.

  • Autour d'une sélection de textes d'Épicure (né vers 341 av. J.-C.), cet ouvrage décrit une philosophie, une sagesse, un mode de vie particulier et à dimension universelle : l'épicurisme. Avec brio et clarté, l'auteure nous fait entrer dans la vie, le langage et les modes de pensée d'Épicure et nous expose les fondements de sa doctrine. Axée sur une étude pénétrante de la Nature et sur la recherche du bonheur, l'école épicurienne, l'une des plus importantes écoles philosophiques de l'Antiquité, est une maison de pensée communautaire ouverte et bienveillante. L'on y philosophe ensemble pour discerner le plaisir à accueillir et les maux à rejeter, et par là atteindre dans la vie un salut individuel immédiat, un bonheur digne et à la portée de chacun.

  • Ibn'Arabi (Murcie 1165-Damas 1241), philosophe, théologien et mystique musulman, est reconnu dans la tradition du Soufisme comme le plus grand Maître.
    C'est le philosophe qui a sans doute le mieux théorisé l'unicité de Dieu, reconnaissant la présence divine en toute forme et toute image. Disant de lui : " Je ne suis ni un prophète, ni un Envoyé, je suis simplement un héritier, quelqu'un qui laboure et ensemence le champ de la vie future ". Ibn'Arabi se donnait la capacité de convoquer les prophètes hors de " présences imaginales " se considérant comme l'équivalent des Envoyés de Dieu.
    Plus qu'une biographie du Maître Ibn'Arabi, l'ouvrage est une étude, une analyse approfondie de l'univers de la spiritualité comme source de l'" imagination créatrice ". Selon ces réflexions et méditations, la Création, macrocosme cosmique, ombre visible de la lumière originelle est d'abord une matérialisation du verbe divin. Aux conditions initiales de la création des mondes répond la créature imaginant aussi son monde ou ses mondes, poursuivant elle-même la création et renouvelant.
    C'est par cette étude, fondatrice dans son oeuvre, que Corbin a forgé le concept " d'imaginal ", initiant ici le décloisonnement qu'il poursuivra à travers toute son oeuvre entre l'imaginaire et la science.

  • Le Livre des Contemplations divines est un entretien métaphysique d'Ibn 'Arabi avec Dieu, l'instruisant des mystères de la création, de la fonction dévolue à l'homme dans la gnose et des lois secrètes de la connaissance unitive.
    C'est le coeur, envisagé comme lien épiphanique des présences divines, qui est l'organe réceptif de ces visions mystiques. Ibn 'Arabi était âgé de trente ans à peine quand il rédigea ce traité, l'un de ses premiers essais de philosophie spirituelle. Sa souplesse intellectuelle lui permit de combiner deux genres bien distincts : le courant de la « théologie orthodoxe » issu de Ghazâlî avec les audaces métaphysiques et les fulgurances poétiques de Niffarî.

  • Râbi'a al-'Adawiyya est la sainte la plus célèbre de l'Islâm.
    Elle est l'objet d'une vénération qui se poursuit encore de nos jours, aussi bien au sein des milieux populaires que des cercles soufis. Son culte n'est guère précédé que par celui rendu aux filles du Prophète elles-mêmes. Ses paroles et ses poèmes, recueillis et transmis au fil des siècles par une chaîne ininterrompue de spirituels, souvent parmi les plus grands, conservent aujourd'hui encore toute leur actualité et constituent un enseignement des plus précieux pour tous ceux qui sont en quête d'une réalisation intérieure.
    Sa vie de même est un exemple non seulement pour toutes les femmes mais aussi pour tous les hommes, qu'ils soient musulmans ou non. Dans le Langage des oiseaux, 'Attâr écrit qu'" elle n'était pas une femme ordinaire mais plutôt l'équivalente de cent hommes. " Elle a été reconnue comme telle par tous les grands maîtres spirituels de son temps aussi bien que des siècles suivants de Ghazâlî au Shaykh `Alawî en passant par Ibn 'Arabi et Rûmî.
    Toujours selon `Attâr, son plus prestigieux biographe, " aussi bien en termes de pratiques spirituelles que de gnose, Râbi'a n'avait pas d'égal à son époque. " Avant même l'existence des confréries soufies telles que nous les connaissons aujourd'hui, " les hommes ont vu en elle une seconde Marie, une pure "soufre". " On ne peut traiter de soufisme sans la mentionner. Cette étude, la plus exhaustive écrite à ce jour, retrace la vie de cette sainte irakienne et répertorie, non seulement ses actes et la quasi-totalité des paroles et poésies qui nous sont parvenues d'elle, mais en rappelle les racines aussi bien coraniques qu'issues de la vie du Prophète

  • Henry Corbin a su montrer au fil de ses travaux quelle était l'importance de la figure de l'Imâm en islam iranien. Dans les articles qui composent ce recueil, il poursuit cette mise en évidence de l'Imâm : le guide, qui est à la fois " la Face divine montrée à l'homme et la Face que l'homme montre à Dieu ". Mais cette exploration le conduit bien au-delà de l'Iran, car cette double figure vient aussi interroger les autres religions, et en particulier les théologies chrétiennes de l'Incarnation. Selon Henry Corbin, on ne peut vraiment comprendre l'intention profonde de l'islam iranien, sans procéder à une herméneutique comparée, impossible sans le monde " imaginal " sur lequel l'ouverture du recueil fait ici le point de façon complète. Ainsi pourra-t-on lire un de ses chef-d'oeuvre en ce domaine : l'éclairage mutuel de la gnose ismaélienne et de la pensée du grand visionnaire suédois Swedenborg. Sans déconnecter la métaphysique des sciences des religions, le voyage nous dévoile le sens de ces philosophies prophétiques, de ces théosophies mystiques.

  • A la fois hagiographe, érudit et maître spirituel, Abû `Abd al-Rahmân Al-Sulamî est l'auteur d'une centaine de traités sur la spiritualité soufie, dont Tabaqât al-Sûfiyyah, une encyclopédie biographique dédiée aux maîtres soufis, oeuvre maîtresse qui le rendit célèbre.
    Issu d'une famille d'initiés, Sulamî est une des sources essentielles pour la connaissance de la spiritualité des Xe et XIe siècles (IIIe et IVe siècles de l'Hégire). Cette première traduction d'un traité phare de Sulamî demeuré longtemps inédit, y compris en langue arabe, constitue le document le plus ancien connu sur les femmes soufies, indispensable à quiconque veut connaître la spiritualité féminine des premiers siècles de l'Islam.
    Ce texte est aussi un recueil d'enseignements des plus précieux dont la validité et la force demeurent, en dépit des siècles, d'une permanente actualité. Composé de 84 notices sur les principales saintes musulmanes, il met à jour le rôle décisif qu'elles ont joué dans l'élaboration de la tradition islamique elle-même. Enrichi d'extraits de deux importants traités, Sifat al-Safwa d'Ibn al-Jawzî et Al-Kawâkib al-durrîya de Munâwî, qui achèvent de donner une image claire de ce qu'étaient certaines de ces saintes, ce traité est également accompagné d'un grand ensemble de notices sur les différents maîtres spirituels mentionnés au cours de cet ouvrage.
    La postface de Michel Chodkiewicz, étude remarquable sur "la sainteté féminine dans l'hagiographie islamique" dresse un panorama de celle-ci au fil des siècles et permet au lecteur de situer ce traité au sein de la civilisation islamique. Il nous rappelle que, de tous temps, les femmes ont accédé aux plus hauts degrés de la hiérarchie initiatique.

  • En France, la deuxième partie du vingtième siècle vit l'éclosion d'une intense recherche spirituelle illustrée par les oeuvres de grands philosophes et historiens tels que Mircea Eliade, Henry Corbin, René Alleau ou Marie-Madeleine Davy. Il devait en naître une nouvelle exploration des origines du phénomène religieux et de ses prolongements intérieurs (études sur le paléo christianisme ou la mystique germanique, le shiisme ou le soufisme, la kabbale ou l'alchimie, la franc-maçonnerie ou les sagesses orientales.)

  • Hermès Trismégiste, une figure qui tient à la fois de la tradition grecque et de la tradition égyptienne, représente surtout une voie de sagesse, une voie d'immortalité qui prétend apporter le salut à ceux qui s'engagent dans cette voie. C'est une voix qui se fait entendre à travers des écrits qui miment l'enseignement d'Hermès, lequel mime déjà la Révélation primordiale dont il aurait bénéficié.
    Cette voix se fait aussi probablement entendre à travers des maîtres historiques qui poursuivent la tradition hermétique. En effet, il est difficile d'affilier la tradition hermétique à un culte spécifique ni à une « école » philosophique particulière, mais la tradition hermétique, qui se déploie dans le temps dans une grande diversité, emprunte à différents courants philosophico-religieux et s'adapte, afin de s'adresser au plus nombre, tout en ne voulant être accessible qu'aux plus dignes.

  • Un des personnages les plus extraordinaires du XIXe siècle, l'émir Abd el-Kader (1808-1883), plus de deux cents ans après sa naissance, continue d'être honoré des deux côtés de la Méditerranée.
    Fils d'un maître spirituel dirigeant une confrérie soufie, il devint, suite à une vision divine, un guerrier redoutable. Parvenant à réunir autour de lui les différentes tribus arabes, il se dressa pour défendre le Maghreb contre l'envahisseur français. Diplomate subtil, il sut se faire admirer autant de ses amis que de ses ennemis. Souvent, cependant, pour ce qu'il ne fut pas. L'homme était fort loin de l'image d'Épinal qu'on donne de lui dans les manuels scolaires, à savoir celle d'un guerrier magnanime, ami de la France et défenseur de la modernité. L'essentiel de sa vie ne s'est déroulé ni sur les champs de bataille, ni dans les salons, mais dans la prière et la méditation. Ce grand maître spirituel orienta son existence tout entière dans la quête de Dieu, dans l'esprit de l'islam le plus orthodoxe. Et ce n'est pas une des moindres qualités des différentes leçons réunies dans ce recueil que de nous le démontrer.

  • Au-delà des débats sur la place de la femme en Islam et des polémiques qui l'animent, cet ouvrage s'adresse à celles et ceux qui souhaitent se faire une idée de quelle fut la vie des femmes qui entourèrent le Prophète.
    A partir de sources historiques souvent méconnues du grand public, 'Abd Allâh Penot recrée ici l'ambiance qui fut celle de cette époque et redonne vie à une galerie de figures étonnantes et animées d'une foi ardente. Plus éloquentes que les arguments des "pour" et des"contre" il invite à la découverte de certaines des plus brillantes personnalités féminines de l'islam naissant. Sous forme de brefs récits issus de témoignages d'époque, le lecteur pourra ainsi se faire une idée des rapports qui furent ceux des femmes et des hommes dans les premiers temps de la Révélation.
    Il verra que, si la suprématie de l'époux y est sans conteste affirmée, la femme se prononce sur les sujets les plus graves avec une hardiesse qui contredit à l'évidence l'image d'une femme servile et déconsidérée qui peut lui être attribuée.

  • Grande mystique, philosophe, enseignante, militante syndicale, ouvrière en usine, engagée dans la guerre d'Espagne puis dans la Résistance à Marseille puis à Londres, Simone Weil recherche le Vrai, le Beau et le Bien et s'achemine vers le Christ en étudiant passionnément aussi les religions prémonothéistes, principalement les Upanishad. Son parcours fulgurant ira du Platonisme, qu'elle n'abandonnera jamais, aux Évangiles, du marxisme théorique à l'anarchisme. Elle rencontre Trostky, est l'amie de Souvarine. Elle abandonnera un pacifisme très militant pour s'engager dans la guerre. Révoltée contre tous les systèmes d'oppression, sa vie ardente se veut proche des faibles et des affamés.
    C'est auprès de Gustave Thibon, du Père Perrin et des dominicains de Marseille qu'elle recherche Dieu tout en s'opposant à l'Eglise Catholique. Sa rencontre avec le Christ sera parsemée d'illuminations à Solesmes, à Assise et au Portugal. Elle désire passionnément le baptême s'en rapproche et s'en éloigne. Elève d'Alain, elle rencontre ou correspond avec Bousquet, René Daumal, Bernanos, son frère André, grand mathématicien, Raymond Aron dont la femme était sa collègue au lycée. Avec tous, inlassablement, elle discute de religion, d'histoire, de politique et de mathématiques.
    A travers un dialogue contradictoire mais nuancé, les auteurs examinent les différentes facettes de ce diamant aux mille reflets que constitue l'oeuvre de Simone Weil que certains admirent avec ferveur autant que d'autres la critiquent avec douleur. Ignorant jusqu'à son existence même, un nombreux public sera heureux de faire sa connaissance et trouvera de quoi alimenter leur recherche par la lecture de textes dont la qualité la plus indiscutable est la beauté et le chatoiement de la langue et des idées.

  • Un exposé à la fois historique et théorique de ce qu'est l'athéisme. La partie historique part de l'Antiquité pour en venir aux grandes figures du XXe siècle et à l'actualité. Est évoquée au passage l'extraordinaire figure de l'abbé Meslier, « un athée de choc », disciple de Descartes.
    Une partie « Problèmes et controverses » aborde les thèmes qui reviennent le plus souvent : origine des religions, le problème du mal, l'athée et la vertu, réponse des athées à quelques arguments...
    Une troisième partie « Dévoiement et perspectives » montre comment l'athéisme a pu se transformer pour ressembler à une religion et envisage l'avenir pour ce mode de pensée. Il s'agit ici d'un essai qui présente l'athéisme dans son ensemble et non d'un engagement en faveur d'une thèse.

  • Victime pour une large part d'une vulgarisation de seconde main, ou de ce qu'il est convenu d'appeler une "idéologie française", l'oeuvre de Cari Gustav Jung est généralement très mal connue en France, ou sujette à de grandes incompréhensions - particulièrement sur le sujet de tout ce qui touche au "religieux", qui lui est tellement reproché.

    Spécialiste reconnu de la pensée jungienne, qui a influencé aussi bien Mircea Eliade qu'Henry Corbin, Gershom Scholem ou Henri-Charles Puech, Michel Cazenave, après avoir établi dans un premier volume ce qu'on peut entendre par la "réalité de l'âme", revisite, en les "refondant" pour l'occasion, les multiples textes qu'il a consacrés à ce problème des rapports de Jung et de la "psychologie jungienne" à l'expérience religieuse, afin de lever les malentendus qui se sont si souvent accumulés à ce sujet.
    Il permet ainsi de les replacer dans la perspective qui est la leur ; celle de la grande tradition de la philosophie allemande, de la pensée néo-platonicienne et de l'histoire de la culture de l'Occident, y compris dans sa découverte d'un Orient qui avait tant à lui apporter.

  • Réservées à l'origine à une élite intellectuelle, les litanies (awrâd) d'Ibn 'Arabî étaient récitées tout au long de la semaine après le coucher et le lever du soleil par le Shaykh al-Akbar et ses disciples.
    Elles reprennent sous forme synthétique les affirmations principales de la doctrine de l'Unité ainsi que les vérités essentielles de la révélation islamique. Nourries de l'inspiration la plus sacrée, elles ont une dimension incantatoire que renforce, en arabe, une langue rythmée aux innombrables renvois symboliques et métaphysiques. En dépit de l'intérêt croissant du lectorat français pour l'oeuvre d'Ibn 'Arabî, ces litanies n'avaient jamais été réunies en un seul volume.
    Le caractère universel des ces quatorze prières en fait un recueil susceptible d'intéresser toute personne attirée par la spiritualité. Elles sont accompagnées ici de deux chapitres inédits des Futûhât al-Makkiyya, "Les Révélations de La Mecque", sur l'indigence de la créature et l'Indépendance de son Créateur. Considéré dans le soufisme comme le "Sceau des saints", le "Sultan des gnostiques" et "le plus grand des Maîtres", Ibn 'Arabî et son oeuvre ont contribué à modeler la forme du soufisme jusqu'à nos jours.
    Né en Andalousie, il parcourut le Maghreb avant de s'établir en Syrie à Damas où il mourut en 1240. Son oeuvre, sans équivalent dans la littérature spirituelle mondiale, est incontournable et contient une synthèse des enseignements doctrinaux les plus élevés du soufisme. Ibn 'Arabî disait de lui-même : "je ne suis ni un prophète, ni un envoyé, simplement un héritier, quelqu'un qui laboure le champ de la vie future".
    D'Ibn 'Arabî est déjà paru dans la collection Hikma : Les Révélations de La Mecque (2009).

  • Une vision plus claire et une meilleure compréhension des mécanismes de notre inconscient. À la lumière du thème astral des fondateurs des grands courants psychologiques contemporains "Freud, Jung, Assagioti" D. Rudhyar démontre l'apport essentiel de l'astrologie à la réfléxion sur les thèmes psychologiques majeurs.

  • Dominicain et théologien mystique allemand (Tambach, près de Gotha v.
    1260 - Avignon, v. 1328). Professeur de théologie à l'université de Paris, prédicateur à Strasbourg et à Cologne, il fut le maître du mouvement mystique rhénan. Sa doctrine, imprégnée du néoplatonisme du Pseudo-Denys, nous est parvenue au travers d'une oeuvre latine, à destination du public universitaire, et surtout d'une oeuvre allemande, composées de traités et de sermons, issus de sa prédication dans la vallée du Rhin auprès des béguines et des soeurs de son ordre.
    Condamnées à l'époque par l'Eglise, ses thèses furent néanmoins répandues par ses deux principaux disciples, Jean Tauler et Henri Suso. Par eux, la mystique rhénane ou allemande exerça une influence à l'échelle européenne. Il fallut toutefois attendre le XIXe siècle pour que soit redécouverte l'oeuvre de Maître Eckhart lui-même, prélude à une série d'interprétations, sérieuses ou extravagantes, de sa doctrine.
    Aujourd'hui encore, Eckhart suscite une indéniable fascination.

  • De l'âme aux yeux, en passant par le coupe de foudre, le baiser, le visage, le désir, la fièvre, l'auteur dessine, non pas la " carte du tendre ", mais celle de l'Amour fou.
    C'est donc à un voyage que nous invite Michel Cazenave vers les territoires de l'amour-passion et de l'amour mystique : " vers ces îles mystérieuses au-delà de l'horizon ou attendent, comme les fauves, toute la force du sexe et la puissance de l'âme, la violence d'un désir qui ne sait de limites, la jouissance absolue de l'esprit et du corps, l'un à l'autre rejoints... ". A travers citations et poèmes, c'est à un choix forcément subjectif que c'est livré l'auteur.
    Il ne prétend pas " vouloir recenser tous les livres embrassés par les flammes de l'amour ", tout au contraire, il revendique cette subjectivité, due aux " humeurs fugitives " qui ont inspiré ce florilège de l'amour éternel.

  • La Voie bouddhique, dont les premiers fondements apparurent en Inde au VIe siècle avant J-C, a connu tout au long de son histoire et de sa diffusion des développements différents dans son désir constant de s'adapter à la société de son temps et aux cultures des pays dans lesquels elle s'était implantée, si bien qu'on serait presque tenté de parler des " voies bouddhiques ".
    Pourtant, un point scelle l'ensemble de ces traditions : la dévotion à l'égard de Celui qui montra la Voie, le Bouddha. Cet ouvrage se veut une présentation de la sagesse du Bouddha dans ce qu'elle a d'éternel, c'est-à-dire à la fois dans sa profondeur et dans son dynamisme. Son auteur ne porte pas de jugement radical établissant une hiérarchie entre telle notion ou telle pratique par rapport à telle autre.
    Les dispositions et les aspirations des êtres sont si diverses, comment la voie de la Sagesse pourrait-elle être unique ? C'est sa capacité à évoluer en surface, tout comme la pointe d'un iceberg qui se transforme au gré du temps, sans pour autant que sa base en perde sa profondeur, qui permet de qualifier l'Enseignement du Bouddha de " Sagesse éternelle ".

  • Confucius fut, a-t-on bien souvent dit, plus un sage qu'un philosophe.
    C'était se méprendre sur son ambition, quoiqu'il ne l'affichât pas si souvent. Il fut l'un par ses actes et l'autre par ses mots. En ces deux cadres, il n'eut de plus grand amour que celui qu'on accorde au genre humain, de plus grande ambition que de le hausser à l'acmé de ses talents multiples par tous moyens à sa disposition. En son temps, les hommes de bien se tournaient vers un passé supposé fournir un idéal ; il s'attacha à rebâtir en eux les valeurs supérieures du bien, du noble, du juste qu'il pensait incarnées dans les sages princes de jadis, dans les saints rois des premiers temps connus.
    /> Il voulut changer le monde en changeant les hommes si le premier avait été sur ta bonne voie, aurait-il tant cherché à corriger ceux-ci ? Penseur inclassable et intemporel, Confucius inventa que tout homme est digne, car " frère des hommes ". Il sut même hisser cette dignité à un niveau que peu de penseurs en Chine dépassèrent après lui. Pour cela seul, il mérite assurément d'être pour toujours appelé " le Maître ".

  • N'est pas nomade qui veut ou qui pense de bonne foi l'être, n'étant pas vraiment sédentaire...
    Et la mondialisation ne change rien à l'affaire. Ni le mouvement seul, par quoi Aristote définissait la vie, ni des changements fréquents de lieu ou même un cosmopolitisme impénitent ne disent exactement la même chose que ce mot qui continue à faire rêver les sédentaires alors que se sédentarisent les derniers vrais nomades de la planète. Et pourtant... Du nomadisme, il faut retenir l'esprit, qui, toujours migre, plus que la lettre.
    Il n'y a de vraie vie que nomade s'il est vrai que vivre, c'est apprendre à déchiffrer pas à pas l'écriture secrète de certains lieux. De A à Z, d'" aventure " à " zénith " en passant par " mirage ", " nostalgie " et " tente ", chaque article nous fait voyager, en empruntant aussi bien à la poésie, la mystique, la philosophie, les récits de voyage qu'à l'expérience personnelle de l'auteur.

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