Medicis Entrelacs

  • Le réexamen de la personnalité de Moïse Maïmonide ne laisse pas d'être riche d'enseignements. Et pourtant, on ne parvient pas à déchiffrer entièrement l'énigme d'une telle vie, celle d'un penseur juif persécuté, tourmenté par le destin malheureux de son peuple et obligé de quitter son Andalousie natale pour la lointaine Egypte où il vivra ses vieux jours. Le même constat s'impose quant à son oeuvre. Alors que la philosophie et la théologie sont aujourd'hui deux vocables presque antinomiques, pour un penseur du XIIe siècle, il en allait autrement : la philosophie proprement dite, c'est-à-dire une spéculation différente des sciences traditionnelles qui se réclament de la révélation, visait les mêmes objectifs que la théologie ou la science de la Tora, mais avec des moyens différents. Ainsi, Maïmonide s'est délibérément rallié au modèle et à la tradition des lettres judéo-andalous qui l'avaient précédé. D'une certaine manière, il fut l'héritier des philosophes et des théologiens espagnols d'Espagne qu'il dépassera en tentant une synthèse originale entre les doctrines d'Aristote et les enseignements de la Tora. Esprit épris d'universalité, Maïmonide a souhaité rouvrir la voie de l'alliance de l'homme avec Dieu : pour lui, les sources et les documents de la révélation doivent connaître une exégèse spirituelle, seule apte à en faire éclater l'infinie richesse.

  • Dans la culture moderne occidentale, la sagesse spinoziste peut valoir comme « un modèle de la nature humaine la plus parfaite », pour reprendre une formulation de Spinoza lui-même. En effet, pour ce philosophe, le sage est un homme libéré de tout préjugé et de toute passion par l'usage constant de la raison pour la conduite de la vie. Ce rationalisme, s'il se réfère à un Dieu-Nature infini, reste essentiellement un souci de l'homme pour l'homme, une sorte d'humanisme. Libéré d'une Providence personnelle et imaginaire, le sage reçoit tous les événements avec sérénité, et cette sérénité rationaliste est toujours en même temps une « béatitude ». Le sage spinoziste, à travers toute l'histoire de la pensée européenne, apparaît donc bien comme l'homme libéré, serein et parfaitement heureux, totalement intégré à l'univers infini et à la société civile où il vit. C'est la prégnance et la perfection de cette sagesse qui nous incitent à interroger de plus près cette philosophie qui nous propose cela même que nous cherchons : la liberté d'esprit et le bonheur vrai.

  • Autour d'une sélection de textes d'Épicure (né vers 341 av. J.-C.), cet ouvrage décrit une philosophie, une sagesse, un mode de vie particulier et à dimension universelle : l'épicurisme. Avec brio et clarté, l'auteure nous fait entrer dans la vie, le langage et les modes de pensée d'Épicure et nous expose les fondements de sa doctrine. Axée sur une étude pénétrante de la Nature et sur la recherche du bonheur, l'école épicurienne, l'une des plus importantes écoles philosophiques de l'Antiquité, est une maison de pensée communautaire ouverte et bienveillante. L'on y philosophe ensemble pour discerner le plaisir à accueillir et les maux à rejeter, et par là atteindre dans la vie un salut individuel immédiat, un bonheur digne et à la portée de chacun.

  • Ibn'Arabi (Murcie 1165-Damas 1241), philosophe, théologien et mystique musulman, est reconnu dans la tradition du Soufisme comme le plus grand Maître.
    C'est le philosophe qui a sans doute le mieux théorisé l'unicité de Dieu, reconnaissant la présence divine en toute forme et toute image. Disant de lui : " Je ne suis ni un prophète, ni un Envoyé, je suis simplement un héritier, quelqu'un qui laboure et ensemence le champ de la vie future ". Ibn'Arabi se donnait la capacité de convoquer les prophètes hors de " présences imaginales " se considérant comme l'équivalent des Envoyés de Dieu.
    Plus qu'une biographie du Maître Ibn'Arabi, l'ouvrage est une étude, une analyse approfondie de l'univers de la spiritualité comme source de l'" imagination créatrice ". Selon ces réflexions et méditations, la Création, macrocosme cosmique, ombre visible de la lumière originelle est d'abord une matérialisation du verbe divin. Aux conditions initiales de la création des mondes répond la créature imaginant aussi son monde ou ses mondes, poursuivant elle-même la création et renouvelant.
    C'est par cette étude, fondatrice dans son oeuvre, que Corbin a forgé le concept " d'imaginal ", initiant ici le décloisonnement qu'il poursuivra à travers toute son oeuvre entre l'imaginaire et la science.

  • Le Livre des Contemplations divines est un entretien métaphysique d'Ibn 'Arabi avec Dieu, l'instruisant des mystères de la création, de la fonction dévolue à l'homme dans la gnose et des lois secrètes de la connaissance unitive.
    C'est le coeur, envisagé comme lien épiphanique des présences divines, qui est l'organe réceptif de ces visions mystiques. Ibn 'Arabi était âgé de trente ans à peine quand il rédigea ce traité, l'un de ses premiers essais de philosophie spirituelle. Sa souplesse intellectuelle lui permit de combiner deux genres bien distincts : le courant de la « théologie orthodoxe » issu de Ghazâlî avec les audaces métaphysiques et les fulgurances poétiques de Niffarî.

  • Râbi'a al-'Adawiyya est la sainte la plus célèbre de l'Islâm.
    Elle est l'objet d'une vénération qui se poursuit encore de nos jours, aussi bien au sein des milieux populaires que des cercles soufis. Son culte n'est guère précédé que par celui rendu aux filles du Prophète elles-mêmes. Ses paroles et ses poèmes, recueillis et transmis au fil des siècles par une chaîne ininterrompue de spirituels, souvent parmi les plus grands, conservent aujourd'hui encore toute leur actualité et constituent un enseignement des plus précieux pour tous ceux qui sont en quête d'une réalisation intérieure.
    Sa vie de même est un exemple non seulement pour toutes les femmes mais aussi pour tous les hommes, qu'ils soient musulmans ou non. Dans le Langage des oiseaux, 'Attâr écrit qu'" elle n'était pas une femme ordinaire mais plutôt l'équivalente de cent hommes. " Elle a été reconnue comme telle par tous les grands maîtres spirituels de son temps aussi bien que des siècles suivants de Ghazâlî au Shaykh `Alawî en passant par Ibn 'Arabi et Rûmî.
    Toujours selon `Attâr, son plus prestigieux biographe, " aussi bien en termes de pratiques spirituelles que de gnose, Râbi'a n'avait pas d'égal à son époque. " Avant même l'existence des confréries soufies telles que nous les connaissons aujourd'hui, " les hommes ont vu en elle une seconde Marie, une pure "soufre". " On ne peut traiter de soufisme sans la mentionner. Cette étude, la plus exhaustive écrite à ce jour, retrace la vie de cette sainte irakienne et répertorie, non seulement ses actes et la quasi-totalité des paroles et poésies qui nous sont parvenues d'elle, mais en rappelle les racines aussi bien coraniques qu'issues de la vie du Prophète

  • Henry Corbin a su montrer au fil de ses travaux quelle était l'importance de la figure de l'Imâm en islam iranien. Dans les articles qui composent ce recueil, il poursuit cette mise en évidence de l'Imâm : le guide, qui est à la fois " la Face divine montrée à l'homme et la Face que l'homme montre à Dieu ". Mais cette exploration le conduit bien au-delà de l'Iran, car cette double figure vient aussi interroger les autres religions, et en particulier les théologies chrétiennes de l'Incarnation. Selon Henry Corbin, on ne peut vraiment comprendre l'intention profonde de l'islam iranien, sans procéder à une herméneutique comparée, impossible sans le monde " imaginal " sur lequel l'ouverture du recueil fait ici le point de façon complète. Ainsi pourra-t-on lire un de ses chef-d'oeuvre en ce domaine : l'éclairage mutuel de la gnose ismaélienne et de la pensée du grand visionnaire suédois Swedenborg. Sans déconnecter la métaphysique des sciences des religions, le voyage nous dévoile le sens de ces philosophies prophétiques, de ces théosophies mystiques.

  • A la fois hagiographe, érudit et maître spirituel, Abû `Abd al-Rahmân Al-Sulamî est l'auteur d'une centaine de traités sur la spiritualité soufie, dont Tabaqât al-Sûfiyyah, une encyclopédie biographique dédiée aux maîtres soufis, oeuvre maîtresse qui le rendit célèbre.
    Issu d'une famille d'initiés, Sulamî est une des sources essentielles pour la connaissance de la spiritualité des Xe et XIe siècles (IIIe et IVe siècles de l'Hégire). Cette première traduction d'un traité phare de Sulamî demeuré longtemps inédit, y compris en langue arabe, constitue le document le plus ancien connu sur les femmes soufies, indispensable à quiconque veut connaître la spiritualité féminine des premiers siècles de l'Islam.
    Ce texte est aussi un recueil d'enseignements des plus précieux dont la validité et la force demeurent, en dépit des siècles, d'une permanente actualité. Composé de 84 notices sur les principales saintes musulmanes, il met à jour le rôle décisif qu'elles ont joué dans l'élaboration de la tradition islamique elle-même. Enrichi d'extraits de deux importants traités, Sifat al-Safwa d'Ibn al-Jawzî et Al-Kawâkib al-durrîya de Munâwî, qui achèvent de donner une image claire de ce qu'étaient certaines de ces saintes, ce traité est également accompagné d'un grand ensemble de notices sur les différents maîtres spirituels mentionnés au cours de cet ouvrage.
    La postface de Michel Chodkiewicz, étude remarquable sur "la sainteté féminine dans l'hagiographie islamique" dresse un panorama de celle-ci au fil des siècles et permet au lecteur de situer ce traité au sein de la civilisation islamique. Il nous rappelle que, de tous temps, les femmes ont accédé aux plus hauts degrés de la hiérarchie initiatique.

  • En France, la deuxième partie du vingtième siècle vit l'éclosion d'une intense recherche spirituelle illustrée par les oeuvres de grands philosophes et historiens tels que Mircea Eliade, Henry Corbin, René Alleau ou Marie-Madeleine Davy. Il devait en naître une nouvelle exploration des origines du phénomène religieux et de ses prolongements intérieurs (études sur le paléo christianisme ou la mystique germanique, le shiisme ou le soufisme, la kabbale ou l'alchimie, la franc-maçonnerie ou les sagesses orientales.)

  • Hermès Trismégiste, une figure qui tient à la fois de la tradition grecque et de la tradition égyptienne, représente surtout une voie de sagesse, une voie d'immortalité qui prétend apporter le salut à ceux qui s'engagent dans cette voie. C'est une voix qui se fait entendre à travers des écrits qui miment l'enseignement d'Hermès, lequel mime déjà la Révélation primordiale dont il aurait bénéficié.
    Cette voix se fait aussi probablement entendre à travers des maîtres historiques qui poursuivent la tradition hermétique. En effet, il est difficile d'affilier la tradition hermétique à un culte spécifique ni à une « école » philosophique particulière, mais la tradition hermétique, qui se déploie dans le temps dans une grande diversité, emprunte à différents courants philosophico-religieux et s'adapte, afin de s'adresser au plus nombre, tout en ne voulant être accessible qu'aux plus dignes.

  • Un des personnages les plus extraordinaires du XIXe siècle, l'émir Abd el-Kader (1808-1883), plus de deux cents ans après sa naissance, continue d'être honoré des deux côtés de la Méditerranée.
    Fils d'un maître spirituel dirigeant une confrérie soufie, il devint, suite à une vision divine, un guerrier redoutable. Parvenant à réunir autour de lui les différentes tribus arabes, il se dressa pour défendre le Maghreb contre l'envahisseur français. Diplomate subtil, il sut se faire admirer autant de ses amis que de ses ennemis. Souvent, cependant, pour ce qu'il ne fut pas. L'homme était fort loin de l'image d'Épinal qu'on donne de lui dans les manuels scolaires, à savoir celle d'un guerrier magnanime, ami de la France et défenseur de la modernité. L'essentiel de sa vie ne s'est déroulé ni sur les champs de bataille, ni dans les salons, mais dans la prière et la méditation. Ce grand maître spirituel orienta son existence tout entière dans la quête de Dieu, dans l'esprit de l'islam le plus orthodoxe. Et ce n'est pas une des moindres qualités des différentes leçons réunies dans ce recueil que de nous le démontrer.

  • La « recherche de la Vérité » est au coeur de la démarche maçonnique. Cette recherche de la vérité n'est rien de moins que le questionnement philosophique, au sens ou l'entendaient les philosophes grecs ;
    Questionnement philosophique qui est, selon eux, la seule voie rationnelle possible d'accès à la sagesse.
    Encore faut-il que cette recherche soit faite sur des bases conceptuelles justes et que l'on soit d'accord sur la défi nition des mots, leur sens, exprimant ces concepts. C'est la condition préalable pour que l'on puisse progresser dans la recherche.
    C'est ce que proposent les auteurs

  • SUJET - Sagesse céleste est la traduction française d'une des oeuvres les plus importantes du shaykh 'Alawî tant par les dimensions que par le contenu. Il constitue un authentique traité de soufisme contemporain. D'une apparence très accessible, son propos prendra selon le degré de compréhension de celui qui le lit une dimension plus ou moins universelle. Le saint soufi reprend ici les principaux enseignements du soufisme shâdhilî tels qu'on les trouve répandus dans le Maghreb.
    LES POINTS FORTS ?
    - Le lecteur y trouvera abordés des grands thèmes de la spiritualité orientale comme la doctrine de l'amour spirituel ou encore celle de l'Unicité divine et de l'extinction intérieure aussi bien que des conseils pratiques destinés à ceux qui avancent dans la voie spirituelle allant de ce qu'ils doivent éviter à l'attitude requise à l'égard de leur maître en passant par les vertus de l'anonymat.
    - Ce manuel de réflexion et d'enseignements relève de ce qu'on appelle la « science du soufisme ». Il s'appuie sur des principes doctrinaux ayant leur base dans la révélation coranique et les traditions prophétiques ainsi que dans les sources traditionnelles prônant, entre autres, les vertus de l'invocation, la vigilance intellectuelle, la confiance en Dieu et le renoncement au monde.
    - Le lecteur contemporain y verra avec intérêt une tentative sans équivalent d'actualisation et de rénovation de la science du soufisme.

  • En l'espace de quelques années, l'épineuse question de la réforme de l'islam, toujours débattue, jamais entérinée, s'est imposée comme un sujet majeur en Orient comme en Occident, cristallisant des interrogations, des divergences, voire des dissensions dans et en dehors de la galaxie musulmane.

    Si nombre d'intellectuels musulmans, dont les efforts déployés ont donné naissance à une pensée contemporaine, s'accordent à reconnaître sa nécessité impérieuse afin que l'islam participe à l'avenir humain et ne s'en écarte pas, il n'en demeure pas moins que cette réforme essentielle tourne en rond, restant au stade de l'esquisse et de la proposition.

    Ce livre d'entretiens, qui établit un dialogue direct et passionnant entre l'intellectuel algérien Nourredine Boukrouh, homme politique, ancien ministre des finances et peut-être futur successeur de l'actuel Président algérien et le journaliste français Saïd Branine co-fondateur du site Oumma. Branine, va surprendre par son éclairage audacieux et les ouvertures qu'il propose dans un monde islamique assombri par certains archaïsmes nés d'un rigorisme religieux, qui l'éloignent de la modernité et d'une pensée universaliste.

    Le « dernier jihad » dont il est question vise à élaborer une théorie pragmatique de la réforme de l'islam, se déclinant selon une feuille de route précise.

    Que réformer ? Comment réformer ? Où réformer ? Qui est habilité à réformer ?

    Autant de questions cruciales auxquelles le livre apporte des réponses étayées et éclairées. Une nouvelle interprétation des sources scripturaires musulmanes (Coran et Sunna) y est également proposée, à la lumière de l'universalisme, sans toucher à l'essence même de cette religion.

    Le denier Jihad fait souffler le vent du renouveau, pour mieux faire sortir de l'impasse un sujet fondamental, couvert de sang au lieu d'encre !

  • Au-delà des débats sur la place de la femme en Islam et des polémiques qui l'animent, cet ouvrage s'adresse à celles et ceux qui souhaitent se faire une idée de quelle fut la vie des femmes qui entourèrent le Prophète.
    A partir de sources historiques souvent méconnues du grand public, 'Abd Allâh Penot recrée ici l'ambiance qui fut celle de cette époque et redonne vie à une galerie de figures étonnantes et animées d'une foi ardente. Plus éloquentes que les arguments des "pour" et des"contre" il invite à la découverte de certaines des plus brillantes personnalités féminines de l'islam naissant. Sous forme de brefs récits issus de témoignages d'époque, le lecteur pourra ainsi se faire une idée des rapports qui furent ceux des femmes et des hommes dans les premiers temps de la Révélation.
    Il verra que, si la suprématie de l'époux y est sans conteste affirmée, la femme se prononce sur les sujets les plus graves avec une hardiesse qui contredit à l'évidence l'image d'une femme servile et déconsidérée qui peut lui être attribuée.

  • Grande mystique, philosophe, enseignante, militante syndicale, ouvrière en usine, engagée dans la guerre d'Espagne puis dans la Résistance à Marseille puis à Londres, Simone Weil recherche le Vrai, le Beau et le Bien et s'achemine vers le Christ en étudiant passionnément aussi les religions prémonothéistes, principalement les Upanishad. Son parcours fulgurant ira du Platonisme, qu'elle n'abandonnera jamais, aux Évangiles, du marxisme théorique à l'anarchisme. Elle rencontre Trostky, est l'amie de Souvarine. Elle abandonnera un pacifisme très militant pour s'engager dans la guerre. Révoltée contre tous les systèmes d'oppression, sa vie ardente se veut proche des faibles et des affamés.
    C'est auprès de Gustave Thibon, du Père Perrin et des dominicains de Marseille qu'elle recherche Dieu tout en s'opposant à l'Eglise Catholique. Sa rencontre avec le Christ sera parsemée d'illuminations à Solesmes, à Assise et au Portugal. Elle désire passionnément le baptême s'en rapproche et s'en éloigne. Elève d'Alain, elle rencontre ou correspond avec Bousquet, René Daumal, Bernanos, son frère André, grand mathématicien, Raymond Aron dont la femme était sa collègue au lycée. Avec tous, inlassablement, elle discute de religion, d'histoire, de politique et de mathématiques.
    A travers un dialogue contradictoire mais nuancé, les auteurs examinent les différentes facettes de ce diamant aux mille reflets que constitue l'oeuvre de Simone Weil que certains admirent avec ferveur autant que d'autres la critiquent avec douleur. Ignorant jusqu'à son existence même, un nombreux public sera heureux de faire sa connaissance et trouvera de quoi alimenter leur recherche par la lecture de textes dont la qualité la plus indiscutable est la beauté et le chatoiement de la langue et des idées.

  • Un exposé à la fois historique et théorique de ce qu'est l'athéisme. La partie historique part de l'Antiquité pour en venir aux grandes figures du XXe siècle et à l'actualité. Est évoquée au passage l'extraordinaire figure de l'abbé Meslier, « un athée de choc », disciple de Descartes.
    Une partie « Problèmes et controverses » aborde les thèmes qui reviennent le plus souvent : origine des religions, le problème du mal, l'athée et la vertu, réponse des athées à quelques arguments...
    Une troisième partie « Dévoiement et perspectives » montre comment l'athéisme a pu se transformer pour ressembler à une religion et envisage l'avenir pour ce mode de pensée. Il s'agit ici d'un essai qui présente l'athéisme dans son ensemble et non d'un engagement en faveur d'une thèse.

  • Victime pour une large part d'une vulgarisation de seconde main, ou de ce qu'il est convenu d'appeler une "idéologie française", l'oeuvre de Cari Gustav Jung est généralement très mal connue en France, ou sujette à de grandes incompréhensions - particulièrement sur le sujet de tout ce qui touche au "religieux", qui lui est tellement reproché.

    Spécialiste reconnu de la pensée jungienne, qui a influencé aussi bien Mircea Eliade qu'Henry Corbin, Gershom Scholem ou Henri-Charles Puech, Michel Cazenave, après avoir établi dans un premier volume ce qu'on peut entendre par la "réalité de l'âme", revisite, en les "refondant" pour l'occasion, les multiples textes qu'il a consacrés à ce problème des rapports de Jung et de la "psychologie jungienne" à l'expérience religieuse, afin de lever les malentendus qui se sont si souvent accumulés à ce sujet.
    Il permet ainsi de les replacer dans la perspective qui est la leur ; celle de la grande tradition de la philosophie allemande, de la pensée néo-platonicienne et de l'histoire de la culture de l'Occident, y compris dans sa découverte d'un Orient qui avait tant à lui apporter.

  • Réservées à l'origine à une élite intellectuelle, les litanies (awrâd) d'Ibn 'Arabî étaient récitées tout au long de la semaine après le coucher et le lever du soleil par le Shaykh al-Akbar et ses disciples.
    Elles reprennent sous forme synthétique les affirmations principales de la doctrine de l'Unité ainsi que les vérités essentielles de la révélation islamique. Nourries de l'inspiration la plus sacrée, elles ont une dimension incantatoire que renforce, en arabe, une langue rythmée aux innombrables renvois symboliques et métaphysiques. En dépit de l'intérêt croissant du lectorat français pour l'oeuvre d'Ibn 'Arabî, ces litanies n'avaient jamais été réunies en un seul volume.
    Le caractère universel des ces quatorze prières en fait un recueil susceptible d'intéresser toute personne attirée par la spiritualité. Elles sont accompagnées ici de deux chapitres inédits des Futûhât al-Makkiyya, "Les Révélations de La Mecque", sur l'indigence de la créature et l'Indépendance de son Créateur. Considéré dans le soufisme comme le "Sceau des saints", le "Sultan des gnostiques" et "le plus grand des Maîtres", Ibn 'Arabî et son oeuvre ont contribué à modeler la forme du soufisme jusqu'à nos jours.
    Né en Andalousie, il parcourut le Maghreb avant de s'établir en Syrie à Damas où il mourut en 1240. Son oeuvre, sans équivalent dans la littérature spirituelle mondiale, est incontournable et contient une synthèse des enseignements doctrinaux les plus élevés du soufisme. Ibn 'Arabî disait de lui-même : "je ne suis ni un prophète, ni un envoyé, simplement un héritier, quelqu'un qui laboure le champ de la vie future".
    D'Ibn 'Arabî est déjà paru dans la collection Hikma : Les Révélations de La Mecque (2009).

  • Loin de la rumeur des villes, cheminez avec Gaspard dans le vert des montagnes, vers ces hauts-plateaux d'herbes où s'élance la gentiane jaune et rampe la bruyère mauve ; il y souffle un vent qui a le goût d'une farouche, irréductible, rebelle liberté, où les légendes et les contes font mémoire de ce qui a été, est et sera.

    J'ai puisé dans cette malle aux trésors qu'est « Gaspard des montagnes », transmutant ces histoires dans l'alambic des songes, distillant sensations, images et émotions pour tenter de leur redonner fraîcheur et vivacité .

    Mon sang charrie l'eau, la terre, le feu, l'air de ces montagnes vertes, bleues, mauves et noires, mais à défaut d'écrire avec le sang, c'est avec la sève des arbres que j'ai tenté de dire l'amour, l'amitié, la vie, la mort, la beauté et le tragique du monde, la générosité des élans du coeur, ces sentiments nés de l'humus du passé qui montent comme la sève d'un premier matin.

  • Selon l'auteur, ce sont la longue collusion du religieux et du politique ainsi que l'identification et la soumission du spirituel au religieux institutionnel et doctrinaire qui ont amené « Les Lumières » à vouloir séparer l'humanisme, ce souci de liberté, de dignité et de fraternité de tous les humains, du spirituel, cet autre souci non moins humain d'être relié à une unité, perfection fondatrice que l'on nomme le Sacré, le Divin, l'Être, l'Un, Dieu, l'Universel, l'Intemporel, en pensant pouvoir légitimer l'humanisme par la seule raison scientifique, et ce malgré l'évidence historique des sources à la fois religieuses et philosophiques de celui-ci, et jusqu'à en arriver à croire en l'autosuffisance démiurgique d'un humain maître, possesseur de la nature et autocréateur de lui-même. Jamais l'humain, semble-t-il, à moins de ne plus l'être, ne pourra se satisfaire de sa condition et cesser de vouloir la comprendre et l'améliorer.

  • Si Platon l'a célébrée, l'Âme du monde le fut aussi, plus tard, par d'autres traditions métaphysiques. Elle est l'anima mundi des Chrétiens du Moyen Age, la nafs al-Kuliyya (l'Âme universelle) des Musulmans, la shakti de l'Inde. Nos philosophes nous disent qu'elle est Médiatrice entre, d'une part, le monde de la matière dans lequel nos corps se meuvent, et d'autre part, l'Intellect et, au-delà de lui, la transcendance de l'Un. Aucune parole rationnelle humaine ne peut saisir l'Essence, l'Origine ultime. Médiatrice, l'Âme du monde est cette immanence et cette présence du divin, elle tient son rang de liant universel.
    L'abandon de l'Âme et de l'Âme du monde n'a pas seulement généré la crise écologique, elle a aussi eu des conséquences sur la représentation sociale occidentale du monde et de ses diverses sociétés. Carl Gustav Jung était conscient de cette déformation. En 1928, dans Problèmes de l'âme moderne, il écrivait ces lignes qui gardent, encore aujourd'hui, leur pertinence : « L'âme de l'Occident se trouve dans une situation critique, d'autant plus critique que nous préférons encore les illusions de notre beauté intérieure à la plus impitoyable vérité. L'Occidental vit dans un véritable nuage d'ivresse individuelle qui tend à lui dissimuler son vrai visage. Mais que sommes-nous pour les hommes d'autres couleurs ? Que pensent tous ceux que nous exterminons par l'eau-de-vie, les maladies vénériennes et le continuel vol de leur terre ? ».
    Retrouver le chemin de l'Âme du monde, c'est donc incontestablement se donner la possibilité de faire advenir un monde de la réconciliation par-delà les dualismes qui déchirent l'unité du monde. C'est ce que tente de nous démontrer dans ce livre Michel Cazenave et Mohammed Taleb.

  • Victime en grande partie d'une vulgarisation de seconde main, l'oeuvre de Cari Gustav Jung est souvent mal connue en France, ou sujette à de grandes incompréhensions.
    Spécialiste reconnu de la pensée jungienne - qui a influencé aussi bien Mircea Eliade qu'Henry Corbin, Gershom Scholem ou H-C Puech - Michel Cazenave revisite, en les " refondant " pour l'occasion, les multiples études qu'il fui a consacrées, afin de replacer Jung dans les perspectives de la philosophie et de la théosophie allemandes, de la tradition du néo-platonisme et de l'histoire de la culture de l'Occident.
    A travers des chapitres variés tels que " Qu'est-ce vraiment qu'un archétype ? ", " La notion de synchronicité ", aussi bien que " Jung et le Christ " ou " Jung et la réincarnation ", il restitue toute la profondeur et tout le tranchant de la pensée de Jung, en montrant comment celle-ci est " adaptée " à l'évolution du monde moderne et pourquoi de plus en plus de " spécialistes " étrangers à la psychanalyse - anthropologues, artistes et critiques, scientifiques de pointe -, font appel à ses idées et à ses intuitions les plus fécondes.

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