Arts et spectacles

  • Une collection d'intérieurs. Le sujet de ce livre est cette chambre d'hôtel. Le sujet de ce livre est l'ensemble des chambres d'hôtel, l'ensemble des chambres à coucher, l'ensemble des pièces de vie, des salons, des cuisines, des salles de bains. Le sujet de ce livre est l'espace dans lequel les hommes et les femmes vivent et nomment communément un chez-soi.
    Le récit de L'Habitant temporaire propose un voyage dans divers pays et continents, une promenade lente sur les traces du « domestique ».
    Il s'agit de prendre le pouls de diverses cultures et coutumes. D'engager une lecture, de comprendre dans quelles conditions vivent les hommes et femmes qui nous entourent, dans quel état est leur habitat.
    Il s'agit de raconter une expérience, brève et intense, la découverte de vingt espaces intérieurs, dans vingt différentes villes du monde, une collection de récits et d'illustrations qui engagent un dialogue entre les mots et les images pour donner vie aux espaces présentés à travers la lecture. Il s'agit de faire naître des questions, d'amener le lecteur à comparer ses espaces avec ceux présentés ici, de reconnaître ou non des similitudes et qu'il puisse ensuite prendre une pause, assis dans un fauteuil et regardant les murs et le plafond qui l'entourent, en ayant l'air intrigué.

  • Quel est le point commun entre Danièle Darrieux et Suzy Delair ?
    Outre le fait qu'elles seront centenaires cette année, elles jouèrent, à l'instar de beaucoup de leur contemporains, dans les films produits sous l'Occupation par Continental films (1940-1944).
    Si le spectateur de 2017 connaît les films considérés comme des classiques tels que L'Assassinat du Père Noël, L'assassin habite au 21, Le Corbeau, Au bonheur des dames ou certains Maigret, il ignore sans doute tout de cette boîte de production française à capitaux allemands. Cette fabrique d'images, créée par Goebbels et conduite par l'intrigant Alfred Greven (quasi inconnu et qui le demeurera après-guerre sans être inquiété), a produit une trentaine de films et su recruter la fine fleur du cinéma, côté cinéastes (Clouzot, Le Chanois, Tourneur, Cayatte...) comme côté acteurs (Harry Baur, Fernandel, Raimu, Albert Préjean...).
    Un journaliste d'investigation, fou de cinéma, a reconstitué l'histoire incroyable de cette maison. D'archives en découvertes, d'informations inédites en récits personnels de ceux qui ont imaginé, scénarisé, réalisé et joué pour la Continental, le récit prend une ampleur de roman épique et choral. Il relève bien des mystères et des charmes du cinéma français. De l'obscurité des salles de cinéma de la Continental ressortent des visages terribles ou émouvants, graves ou grotesques du cinéma, de la guerre et de la collaboration.

  • Après le succès du livre L'architecture est un sport de combat, Rudy Ricciotti, inspiré de ses expériences personnelles, rédige, sous la forme d'une comédie théâtrale en trois actes, un texte truculent où le béton est le sujet principal d'une garde-à-vue opposant un architecte à un capitaine des gendarmes et une juge d'instruction.
    Réjouissant !
    Depuis la barque de Joseph Lambot, en 1849, le béton a pris une place de taille dans l'histoire de la construction.
    Pendant la première guerre mondiale, il s'est transformé en casemate. En 1922, avec Auguste et Gustave Perret, il est devenu une église, Notre-Dame du Raincy. En 1929, Eugène Freyssinet augmente sa résistance avec les techniques de la précontrainte. Puis, il a contribué à la reconstruction d'après- guerre. Beaucoup plus tard, il colonisera une grande part des rivages de la Méditerranée, mais sa réelle nature est restée une énigme tenace. Car le béton a toujours épousé les intentions et les formes de ses utilisateurs, bonnes ou mauvaises. C'est ainsi qu'il a participé à toutes les aventures urbanistiques, des plus triviales aux plus glorieuses. Mais cette omniprésence a aussi laissé des traces au détriment de ce matériau devenu malgré lui, à la fois partie prenante et bouc émissaire, un témoin de premier plan qu'il convient aujourd'hui, pour comprendre, d'interroger.

  • L'histoire des odeurs parle toutes les langues car elle est faite de chairs et d'impressions personnelles. Tout un chacun aime se sentir vivre. C'est un impératif que n'importe quel individu flaire dès son premier âge.
    Pour Dominique Ropion, parfumeur à l'origine des jus les plus portés au monde, les parfums sont les dépositaires de nos secrets les plus intimes. Ils accompagnent nos émotions et se chargent d'en conserver la trace. Une trace qu'un nez se doit de reconnaître pour être à même de découvrir parmi les mille et une senteurs à sa disposition les nouveaux accords qui feront l'objet de parfums. C'est un travail de patience et de passion, l'équivalent des coulisses de la grande parfumerie.
    Mais certains secrets sont faits pour être partagés. C'est pourquoi l'auteur a bien voulu ouvrir pour la première fois les carnets dans lesquels il consigne l'intimité de ses créations depuis ses premiers pas dans le monde des odeurs.

  • « Dès mes premiers pas dans le photojournalisme, je me rends compte qu'il n'y a rien de moins objectif qu'un objectif photographique ! Que l'image faite par le photographe dépend de ce qu'il veut lui faire dire. Qu'elle est fiancée à sa légende. Qu'elle est même dépendante du journal qui la donne à voir. L'objectivité dans tout ça ?. J'ai pris parti ! Je ne suis pas objectif ! J'ai aussi des choses à dire, certain qu'il faut les transmettre ! Je veux faire des images qui traduisent mes propres convictions ! Qui vont dans le sens des idées que je veux partager, propager ! Soumettre l'objectif de mon appareil à ma propre objectivité ! » Ainsi se présente Gérald Bloncourt, photographe et révolté dans l'âme, qui depuis plus d'un demi-siècle n'a de cesse de capturer et faire aimer les personnages d'une France rebelle et fière. Ce fils de révolutionnaires haïtiens et guadeloupéens, a du, menacé de mort, quitter son île natale pour rejoindre Paris dans les décombres de 1945. Des bidonvilles de Nanterre aux corons, des Trente Glorieuses à la désindustrialisation des années 80, jusqu'au xxie siècle et ses nouvelles injustices, il n'a eu de cesse de raconter les marges et les oubliés d'une France qu'il aime dans ses profondeurs. Une leçon de vie, une leçon de photojournalisme.

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