Lemieux

  • « C'est une cicatrice personnelle. » nous instruit l'auteur.
    « Le 21 avril 2002, Jean-Marie Le Pen se qualifie pour le second tour de la présidentielle.
    Le premier grand cap de l'ascension du Front National, le début de la fin du tabou. J'ai longtemps tourné dans ma tête ce que nous avons collectivement fait dans les médias, moi y compris, pendant ces mois de mars et d'avril 2002. Nous avons tous entretenu le sentiment collectif de l'insécurité, sur la base de faits divers non représentatifs.
    Notre responsabilité, la mienne y compris, est évidente dans le succès de J.-M. Le Pen. Cela m'a valu plusieurs nuits sans sommeil. » Dans La Mécanique médiatique, l'auteur examine sans complaisance ni esquive les plaies du métier.
    Il déconstruit les ressorts qui président aux principaux choix journalistiques dans les médias, et raconte ce qu'il a vu et vérifié : la paresse intellectuelle et le « tourne en rond », l'entre-soi et le triomphe de la société du spectacle, la porosité entre les éditorialistes et le personnel politique, la concurrence agressive des communicants.
    Pour ce grand professionnel, même si le journalisme est en crise, rien n'est perdu, pour peu que les journalistes retrouvent le goût du terrain, du reportage et d'une certaine passion civique, plutôt que de se livrer à des exercices en chambre et en écrans.

  • « Je suis Charlie ». Du 7 au 9 janvier 2015, la France a connu les journées les plus tragiques de son histoire récente. Après l'effroi et la sidération collective, sont venus les temps de la communion, mais aussi des débats tout azimuts : liberté de la presse, droit au blasphème, place spécifique de l'islam, théories du complot (liste non exhaustive).
    Un an après cet événement inouï, des chercheurs (historiens, sociologues, spécialistes de la communication politique) explorent toutes les facettes médiatiques de cet événement qui endeuille toujours et marquera plus longtemps encore le pays. En étudiant le traitement à chaud des médias, le lecteur découvre et réfléchit sur la sidération, la communion et la colère d'une société.

  • Un document rare. Comment enquête-t-on sur un fait divers ? Avec Le Journaliste et les Criminels, l'auteur nous propose une plongée très particulière dans la France de ces dix dernières années. Grâce à ses carnets d'enquêtes et ses notes de procès d'assises, il retrace ses rencontres avec des criminels pour nous aider à comprendre qui peut se cacher derrière ceux et celles qui apparaissent aux yeux de la société comme des monstres. Et ils ne sont pas toujours ceux que l'on croit.
    Un livre qui se lit comme un polar. Se retrouver empoigné par un tueur sans le savoir. Enquêter sur un double meurtre avant la police. Suivre la traque d'un pédophile inconnu. Contre-enquêter sur un meurtre à huis-clos. Depuis ses débuts, l'auteur ne compte plus les fois où il s'est retrouvé dans des situations délicates, bizarres, confronté à ses propres limites.
    Le portrait de la France, des questions qui nous concernent tous.
    Les enquêtes de l'auteur l'ont conduit partout en France et dans tous les milieux. Personne n'est à l'abri de voir un jour sa vie basculer dans le crime. Face à des carnages invraisemblables, des crimes odieux ou machiavéliques, commis pour la plupart par des gens qui n'avaient jamais fait parler d'eux auparavant, l'auteur tente toujours d'aller au-delà de l'horreur des faits pour trouver des réponses à l'impensable, en reconstituant le contexte et la vie de ces criminels.

  • « Dès mes premiers pas dans le photojournalisme, je me rends compte qu'il n'y a rien de moins objectif qu'un objectif photographique ! Que l'image faite par le photographe dépend de ce qu'il veut lui faire dire. Qu'elle est fiancée à sa légende. Qu'elle est même dépendante du journal qui la donne à voir. L'objectivité dans tout ça ?. J'ai pris parti ! Je ne suis pas objectif ! J'ai aussi des choses à dire, certain qu'il faut les transmettre ! Je veux faire des images qui traduisent mes propres convictions ! Qui vont dans le sens des idées que je veux partager, propager ! Soumettre l'objectif de mon appareil à ma propre objectivité ! » Ainsi se présente Gérald Bloncourt, photographe et révolté dans l'âme, qui depuis plus d'un demi-siècle n'a de cesse de capturer et faire aimer les personnages d'une France rebelle et fière. Ce fils de révolutionnaires haïtiens et guadeloupéens, a du, menacé de mort, quitter son île natale pour rejoindre Paris dans les décombres de 1945. Des bidonvilles de Nanterre aux corons, des Trente Glorieuses à la désindustrialisation des années 80, jusqu'au xxie siècle et ses nouvelles injustices, il n'a eu de cesse de raconter les marges et les oubliés d'une France qu'il aime dans ses profondeurs. Une leçon de vie, une leçon de photojournalisme.

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