Sciences humaines & sociales

  • Dans son essai La désobéissance civile (Civil Desobedience, 1849) Thoreau proclame son hostilité au
    gouvernement américain, qui tolère l'esclavagisme et mène une guerre de conquête au Mexique.
    Refusant de payer ses impôts, alors même qu'il est en désaccord avec la politique de l'état, il est
    arrêté et doit passer la nuit au poste. L'essai eut une grande influence sur le Mahatma Gandhi et sur
    Martin Luther King.
    Ce texte historique intéressera toute personne concernée par la politique et particulièrement par le
    débat qui a lieu en ce moment autour de la désobéissance civile.
    Les "faucheurs" de plants de maïs transgéniques, les associations qui, comme Droit au Logement
    (DAL), et jusqu'aux opposants à l'avortement, nombreux sont ceux pour qui la désobéissance à la loi
    devient une forme d'action politique.

  • "Ce qui rend l'homme essentiellement bon est d'avoir peu de besoins". Tour à tour romancier, autobiographe, dramaturge, épistolier, encyclopédiste, essayiste, Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) est le penseur majeur de la démocratie directe. A l'aube de la révolution industrielle, il se distingue de ses contemporains en dénonçant l'accumulation de biens inutiles, le luxe et le consumérisme, causes des inégalités et de la destruction du lien social.
    Il défend à travers l'idée de vie simple, qui traverse toute son oeuvre, un modèle de société fondée sur la mesure et la proximité avec la nature. Comme le montre Cécile Hellian, loin de se limiter à une condamnation morale de la richesse, la vie simple est le préalable indispensable à l'autonomie et à la mise en place - aujourd'hui urgente - d'une société écologique et véritablement démocratique.

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  • Cause animale, luttes sociales Nouv.

    À l'heure où les mouvements pour la justice animale sont en plein essor et où les actions souvent spectaculaires menées par des activistes animalistes gagnent en médiatisation, ce livre propose de rappeler le compagnonnage méconnu et pourtant certain entre lutte sociale et défense des animaux.
    Dans cette anthologie, on découvre que bien avant l'invention du concept d'antispécisme, des hommes et des femmes ont conjugué à leur convictions socialistes une sensibilité particulière à l'encontre de ces « autres exploités » que sont les animaux.
    Introduit par une préface engagée, rédigée à quatre mains, ce livre se donne avant tout pour objectif de rappeler la nécessité et l'urgence de lutter pour la cause animale, qu'on ne saurait réduire à une mode alimentaire.
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  • En faisant du capitalisme patriarcal le dénominateur commun de l'oppression des femmes et de l'exploitation de la planète, Françoise d'Eaubonne offre de nouvelles perspectives au mouvement féministe et à la lutte écologiste. Pour empêcher l'assassinat généralisé du vivant, il n'y a aucune alternative sinon l'écoféminisme. C'est le féminisme ou la mort. Longtemps inaccessible, ce texte devenu référence est introduit par deux chercheuses et militantes.
    A l'aune de leur engagements et d'une lecture croisée de ce manifeste visionnaire, Myriam Bahaffou et Julie Gorecki soulignent les ambiguïtés de ce courant en pleine résurgence et nous proposent des pistes pour bâtir un écoféminisme résolument radical, intersectionnel et décolonial.

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  • Un visionnaire qui opposa au capitalisme une utopie concrète : une société écosociale libérée du travail

  • "La richesse contre nature n'est pas plus utile que l'eau versée dans un vase plein". Pour Epicure (342-270 avant J. -C.), philosophe bien connu de l'Antiquité, si le plaisir est "le souverain bien" , ce n'est que par la maîtrise et la limitation raisonnable des désirs que chacun pourra vivre "tel un dieu parmi les hommes" . Cette idée préfigure la notion d'abondance frugale, chère au courant de la décroissance.
    En mettant l'accent sur les aspects économiques de la pensée épicurienne, Etienne Helmer montre, sans céder aux anachronismes, que notre société tournée vers la croissance sans mesure aurait beaucoup à apprendre de cette philosophie antique. Un petit livre inspirant pour celles et ceux qui veulent sortir de l'économie capitaliste au profit de l'économie du bonheur.

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  • « Changez un arbre en une bûche et il brûlera pour vous, mais il ne portera jamais de fleurs ni de fruits. » Poète, romancier, dramaturge, philosophe mais aussi pédagogue, compositeur et peintre, Rabindranath Tagore (1861-1941) fut le premier prix Nobel de littérature non européen.

    Contemporain de Gandhi, il croyait fermement en la possibilité d'un dialogue entre les cultures, à condition de remettre en cause le destructeur « esprit de la machine » de la civilisation capitaliste occidentale. Il oeuvra jusqu'à son dernier souffle pour l'avènement d'un monde plus juste et harmonieux, fondé sur une existence recentrée sur la nature, la beauté, la spiritualité et la vie locale.

    Mohammed Taleb nous invite ici à découvrir une pensée foncièrement écologiste et décroissante, qui inspira notamment l'écoféministe Vandana Shiva.

  • Parlez-vous le bourgeois ? Payer des « charges patronales » plutôt que des cotisations sociales, embaucher un « collaborateur » et non un salarié, engager une « réforme » pour mettre en place une politique néolibérale... Ces mots que nous entendons tous les jours ne sont pas neutres, ce sont ceux de la bourgeoisie. Non contente de nous dominer et de nous exploiter, elle nous impose son langage et forge notre représentation de la réalité. Dans cet essai, Selim Derkaoui et Nicolas Framont déboulonnent les termes et expressions qu'utilisent quotidiennement hommes et femmes politiques, DRH et journalistes mainstream pour brouiller les frontières de classe et légitimer un ordre social au service de la bourgeoisie. Conçu comme un manuel de contre-propagande, ce livre contribue ainsi à renouveler un vocabulaire : celui de la lutte de classes.

  • "Et la planète mise au féminin reverdirait pour tous !".

    Écrivaine libertaire et prolifique, militante chevronnée, pionnière du mouvement féministe et de la décroissance, Françoise d'Eaubonne (1920-2005) est à l'origine du concept d'écoféminisme. L'oppression patriarcale des femmes et l'exploitation capitaliste de la planète découleraient des mêmes mécanismes de domination et doivent donc être combattues ensemble.

    Incompris voire tourné en dérision en France, son projet de muter vers une société autogestionnaire, fondée sur l'égalité des sexes, des peuples et la préservation de la nature fait largement écho aux idéaux de la décroissance.

    Caroline Golbldum nous montre la pertinence et l'actualité des idées et modes d'action écoféministes dans un contexte d'urgence climatique.

  • Philosophe français d'origine grecque, ayant exercé comme psychanalyste pendant de nombreuses années, Cornelius Castoriadis (1922-1997) a développé une pensée qui lie philosophie, anthropologie et politique. Il prônait l'avènement d'une « société autonome » fondée sur la démocratie directe, où tous les citoyens ont une égale possibilité de participer à la législation, au gouvernement, à la juridiction et finalement à l'institution de la société.
    Face à la dictature des marchés financiers et de la concurrence et aux dangers de la technique et du développement « de type occidental-capitaliste », il appelait à une autolimitation afin de fonder une société auto-organisée, frugale, écologique et démocratique.
    À l'heure où les discours sur l'effondrement se font de plus en plus présents, Castoriadis nous rappelle que « face à une catastrophe écologique mondiale [...] l'insertion de la composante écologique dans un projet démocratique radical est indispensable » pour éviter de voir « des régimes autoritaires imposant des restrictions draconiennes à une population affolée et apathique ».

  • Pourquoi l'entraide est-elle notre unique chance de survie?

    Géographe, naturaliste, explorateur, militant et théoricien du communisme anarchiste, Pierre Kropotkine (1842-1921) s'est insurgé contre la vision d'une société régie par la compétition et la concurrence. Réfutant les théories darwiniennes, il montre que la coopération et la solidarité sont des facteurs essentiels de la survie des espèces.

    Il trace les contours d'une économie par l'entraide qui garantit la satisfaction des besoins, évite le gaspillage et engendre une organisation collective maîtrisable par les individus.

    Renaud Garcia rappelle que les propositions du "princes des anarchistes" restent des pistes d'actualités pour contrer l'idéologie compétitive et le productivisme.

  • Ce livre réunit des entretiens et des articles écrits depuis les années 1970 (de L'Humanité aux Cahiers du genre en passant par Le Monde), mettant ainsi en lumière à la fois l'histoire du féminisme depuis plus de 40 ans et la constance de l'engagement de Geneviève Fraisse pour les droits des femmes.
    Les questions théoriques du féminisme ont pris et continuent de prendre forme dans l'histoire en acte ; Geneviève Fraisse, dans des entretiens stimulants, relève mille exemples à travers l'Histoire, depuis la situation de tutelle civile des femmes au XIXe siècle, l'obtention du baccalauréat par Julie Victoire Daubié, l'établissement du divorce ou la lutte pour l'avortement, jusqu'à la question de l'emploi des femmes aujourd'hui, de la parité, de la prostitution, du service domestique, la révolution que représente la maîtrise du vivant, la situation des femmes au Maghreb, l'affaire DSK...
    Elle reconstitue avec limpidité le puzzle de la domination masculine.

  • Utopie réalisée pour certains, la zad qui fut le « plus grand squat à ciel ouvert d'Europe » est un haut-lieu symbolique des luttes contre les grands projets inutiles et l'aménagement du territoire. En racontant l'histoire de la réaproppriation d'un lieu perçu par les aménageurs comme un « vide productif », ce livre dévoile les multiples enseignements de cette lutte habitée et habitante et les possibles politiques qu'elle ouvre.
    Cet ouvrage écrit et conçu à plusieurs mains est une double immersion : dans un territoire (1 650 hectares de bocage décrétés « Zone d'aménagement différé » puis devenue zone à défendre) et au coeur d'un mouvement de contestation hétérogène tant par ses acteurs que par ses enjeux. Commencé dans les années 1970, le combat contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes aura duré plus de quarante ans. Ainsi, ce sont plusieurs générations qui ont grandi sous la menace de voir des avions atterrir dans leurs vies et qui seront rejointes au fil des années par de nouvelles populations aux profils très divers : diversité de statuts sociaux, mais aussi hétérogénéité des motivations, des idéologies, des niveaux d'engagement et des trajectoires biographiques.
    En décrivant chronologiquement les transformations du paysage et l'évolution de la lutte initialement dirigée contre la construction de l'aéroport puis élargie à « son monde », ce livre questionne le sens particulier que prend l'habiter dans ce contexte. Revendiqué collectivement comme un geste politique, une manière de vivre, une éthique, l'habiter, à Notre-Dame-des-Landes, excède de bien des manières les notions de « se loger » ou « résider ».
    Espace d'expérimentations collectives mais aussi de cohabitations entre des modes de vie a priori antagonistes, ce territoire a offert un terreau fertile à des imaginaires politiques. Il a permis de faire émerger un monde où se déploient de nouvelles manières de vivre, de cultiver et de se soucier du vivant, un monde qui a su s'auto-organiser sur le temps long, expérimenter de nouveaux rapports au lieu, créer du commun, maintenir des solidarités, se tenir hors du marchand sans être replié sur lui-même.

  • Nourriture, vêtements, abris, repos, réconfort, divertissements, formation linguistique, conseils et orientations juridique, etc. Depuis 2015, la « crise migratoire » a donné lieu à la mobilisation de milliers de personnes vivant en France - citoyens ou étrangers établis, dans les villes et les quartiers, les villages - qui se réclament de l'hospitalité. Cette « crise » a révélé l'importance des engagements individuels et collectifs autour des migrants, renouvelant les formes de soutien qui leur sont apportées. Si l'hospitalité tendait auparavant à être considérée comme une pratique « ancestrale » ou « exotique », la richesse des expériences d'accueil récentes en France est au-delà de toute capacité de recension.
    Cet ouvrage rend compte de la complexité et de la diversité de ces expériences. Il permet ainsi de saisir comment l'hospitalité se construit dans le quotidien, en dévoilant ses fragilités et ses limites. Mais ses auteurs élargissent également la description, au-delà du cadre domestique, aux initiatives communales afin de comprendre en quoi cette mobilisation sociale au nom de l'hospitalité transforme notre société.

  • Les Alpes-Maritimes - entendues comme une région transfrontalière englobant le département français homonyme ainsi que le versant italien de cette frontière - sont aujourd'hui un pôle migratoire de premier plan tant par le volume de personnes migrantes concernées que par l'enjeu politico-médiatique que celles-ci représentent.
    Devenu emblématique du « retour des frontières » au sein de l'Europe unie, ce territoire désormais symbole de la nouvelle fortification européenne - au même titre que Calais ou Lampedusa - est une des scènes majeures du « spectacle de la frontière » et des multiples luttes autour de ses enjeux. Pour comprendre ce qui s'y joue, l'Observatoire des migrations dans les Alpes-Maritimes a réuni des sociologues, des anthropologues, des géographes, des politistes et des historiens, ainsi que des acteurs de la société civile autour d'une analyse de cas interdisciplinaire et multidimensionnelle.

  • Publié pour la première fois aux États-Unis en 1978, Christophe Colomb et autres cannibales est un texte fondateur à plus d'un titre. D'abord parce qu'il propose pour la première fois une histoire engagée des violences coloniales en Amérique du point de vue amérindien. La thèse de Forbes est limpide et cinglante : la combinaison dévastatrice des passions de l'exploitation, de la domination, du meurtre et de la cupidité, cette pathologie exceptionnelle chez les Amérindiens et que les Indiens d'Amérique du Nord désigne du nom de Wetiko, est au principe même de la civilisation capitaliste occidentale et de sa conquête du Nouveau Monde. En s'appuyant sur cette idée, Forbes retrace l'histoire du génocide, de l'écocide et du terrorisme européens en Amérique, tout en la comparant au rapport ancestral à la Terre et au vivant qui caractérisait les cultures indigènes du continent avant son invasion.
    Ensuite, ce texte est important parce qu'il occupe une place de choix dans les travaux de l'école étatsunienne des Études amérindiennes (Native American Studies), dont Forbes lui-même est l'un des pionniers. Ce courant universitaire interdisciplinaire, apparu dans le sillage du mouvement pour les droits civiques en même temps que d'autres branches des Études ethniques, a joué un rôle déterminant dans la reprise de conscience des spécificités et de l'autonomie des cultures indigènes américaines vis-à-vis de la culture dominante.
    Enfin, ce texte est important parce qu'il constitue l'une des références majeures d'un courant de l'écologie radicale encore méconnu en France, incarné par le mouvement anticivilisation (ses représentants les plus connus en France sont John Zerzan, Kirckpatrick Sale et Derrick Jensen). Ce mouvement se fonde sur la critique vigoureuse du rôle des sociétés industrielles dans le phénomène contemporain de destruction généralisée du vivant, et en appelle à l'étude et la réappropriation de modes de vie préindustriels pour tenter d'endiguer l'effondrement en cours.

  • Du cynisme antique, on a souvent à l'esprit le goût pour les conduites provocantes et l'existence frugale. Il y a pourtant une pensée politique cynique ; Diogène, le plus célèbre d'entre eux, imagina même, à l'instar de Platon, une République aux institutions radicales nous invitant à mesurer l'écart qui nous sépare de la nature et de nous-mêmes et à repenser les conditions de la liberté et du bonheur au sein de nos sociétés.
    Par sa visée profondément éthique, explique Étienne Helmer, le cynisme dévoile le mépris de la dignité humaine et le refus de l'égalité propres à nos institutions, nos modes de vie et nos économies tournés vers la croissance sans mesure. Il nous enjoint à identifier dans la configuration des cités actuelles tout ce qui nous déshumanise et nous empêche d'être vraiment « des hommes ».

  • Outre 1984, roman auquel on réduit souvent son oeuvre et sa pensée, George Orwell est aussi l'auteur d'une riche oeuvre critique qui, de chroniques en essais, décortique les mécanismes de la domination, s'inquiète des ravages de l'industrialisation du monde et prend la défense de la vie ordinaire de l'homme de la rue, dans laquelle il voit la possibilité d'une résistance. Inclassable trublion pour les uns, socialiste suspect pour les autres, hérétique pour tous, George Orwell ne transige pas avec les faits pour obtenir la reconnaissance intellectuelle. Aussi l'homme et son oeuvre, qui gênaient tant de son vivant, ne cessent-ils d'embarrasser depuis sa disparition en 1950. Les idoles qu'il cherchait à déboulonner (la fascination du pouvoir et la domination technocratique, le culte de la machine et du progrès) n'ont fait que renforcer leur hégémonie dans les corps et les esprits de nos contemporains.
    Quoi que la critique radicale du totalitarisme soit un élément central de sa pensée, elle ne doit pas nous faire oublier le souci qu'il avait de combattre la marche forcée de la mécanisation du monde. Le souci écologique de George Orwell ne se dément pas tout au long de son oeuvre. Non seulement il a à coeur, sa vie durant, de se rapprocher de la nature où il se sent exister pleinement, mais encore sa pensée nous interpelle constamment sur le saccage de celle-ci par la civilisation industrielle. En fait, Orwell ne sépare jamais sa réflexion sur les conditions qui sont faites à l'homme par cette civilisation, d'une réflexion sur les conditions qui sont faites en même temps à la planète par le productivisme aveugle.

  • À partir d'enquêtes de terrain menées aux frontières entre le Maroc et l'Espagne, la Grèce et la Turquie, la France et l'Italie ou la Grande-Bretagne, cet ouvrage interroge les pratiques concrètes de la police des migrants : filtrage, concentration, dispersion, harcèlement, expulsion des populations réfugiées. Les histoires de vie, les mécanismes et pratiques concrètes et les données qu'elles permettent de recueillir rendent ainsi possible de penser ensemble les logiques de gouvernement des migrations et les expériences qu'elles façonnent pour des êtres humains constamment confrontées à leur violence.

  • Cet ouvrage s'appuie sur l'expérience d'Alinsky dans Back of the Yards, l'un des quartiers les plus pauvres de Chicago. Le jeune Alinsky s'y est attaché à organiser les habitants dans une dynamique de contrepouvoir en mettant en lumière le rôle nécessaire de l'organizer, agent de développement social doublé, ici, d'un agitateur politique.
    Dans la première partie du livre, l'auteur dresse tout d'abord un tableau d'ensemble de la situation sociale, raciale, économique et religieuse étatsunienne au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Il s'adresse aux « radicaux » du pays, c'est-à-dire à ceux qui, mus par une forte exigence de justice sociale, sont déterminés à s'attaquer à la racine des problèmes. La seconde partie du livre est consacrée aux modalités stratégiques, tactiques et « psychologiques » du travail d'organisation des communautés populaires. L'idée est de faire émerger dans les communautés reléguées un nouveau pouvoir, une force organisée selon la logique du conflit, en vue d'instaurer un rapport de forces propice à la négociation avec les autres instances de pouvoir impliquées dans la situation.
    L'oeuvre fondatrice de Saul Alinsky est encore aujourd'hui une source d'inspiration pour tous les travailleurs sociaux. Plusieurs collectifs ou mouvements, comme l'Alliance citoyenne ou Stop le contrôle au faciès, s'y réfèrent désormais. Parallèlement, plusieurs ouvrages ont été publiés récemment qui analysent ces pratiques en Grande Bretagne ou aux États-Unis. Cet intérêt pour les conceptions d'Alinsky rend donc particulièrement intéressantes la traduction et la publication de son premier livre de 1946, Reveille for Radicals.
    Pour replacer ce texte dans son contexte historique, donner à saisir sa place dans la trajectoire intellectuelle et militante de l'auteur et, surtout faire sentir sa résonnance avec certaines questions très actuelles, liées, notamment, à la présence grandissante dans notre société de territoires et de populations reléguées, nous avons demandé à la sociologue Marie-Hélène Bacqué de le préfacer.

  • Comment la Méditerranée, qui est au coeur des politiques de dissuasion et de répression des migrations, est-elle devenue une frontière ? Un ouvrage pour mieux comprendre la réalité des migrations.

    La sidérante odyssée de l'Aquarius en juin 2018 montre que les frontières européennes, à l'instar des embarcations de migrants, n'en finissent pas de dériver en Méditerranée. Elles passent des espaces continentaux sud-européens aux îles puis à la mer, évoluant même inexorablement vers les rives méditerranéennes du sud et de l'est (Libye, Turquie). Résultat d'une entreprise de dissuasion colossale, cette dérive inquiétante des frontières paraît signer le naufrage politique de l'Europe.

    Dans les dernières décennies, la Méditerranée a été tout à la fois le lieu de déploiement de nouvelles formes d'ingénierie du contrôle et celui d'innovations collectives et de formes de résistance. Ce livre explore les logiques à l'oeuvre dans les multiples espaces où se déploie le dispositif frontalier de l'Union européenne (les îles et les camps, la mer elle-même, les État périphériques...).

    En reprenant la généalogie des politiques du contrôle migratoire en Méditerranée, il montre que la forme sociale et spatiale que prend la frontière aujourd'hui ne constitue que le dernier épisode d'une longue histoire du passage et du tri.

    L'ouvrage se base sur des écrits d'une vingtaine de chercheurs et d'acteurs associatifs, et s'appuie à la fois sur l'analyse des politiques, l'action des différentes institutions de la migration (ONGs, associations, police etc.) et le récit du vécu des frontières par les migrants. Il a été coordonné par Camille Schmoll et Nathalie Bernardie Tahir.

  • La mort de migrants noyés, asphyxiés, intoxiqués, déshydratés sur les côtes de la Méditerranée, de l'Egée, de l'Atlantique comme aux frontières terrestres de l'Europe est devenue une réalité quotidienne. Aujourd'hui, les tombes d'anonymes sont chaque jour plus nombreuses dans les cimetières de Lampedusa, Lesbos, Tenerife ou Calais.
    Ces morts interrogent les sociétés où sont découverts les corps des migrants. La prise en charge de ces morts, leur identification, le lien avec la famille au pays d'origine, l'acheminement du corps ou son enterrement sur place, reposent sur une chaîne d'acteurs institutionnels et citoyens. À travers les cérémonies et les commémorations se joue, au sein des différentes sociétés européennes qui les reçoivent, la visibilisation des migrants morts. Les mouvements de solidarité et les prises de conscience politiques des habitants des lieux-frontière érigent ces mobilisations en cause des migrants. Écouter les récits, recueillir les mises en mots de la mort et de la disparition par les personnes qui circulent à travers les frontières, donne accès au vécu et aux représentations d'une migration sur laquelle plane, sans cesse, le spectre de la mort.
    Cette articulation entre des questions sur le traitement des défunts et des interrogations sur l'imaginaire de la migration permet d'offrir un nouvel éclairage dans le débat actuel sur la « crise migratoire ». Désactivant les lectures misérabilistes faisant des migrants des victimes dépourvues de capacité d'action ou des inconscients prenant des risques inconsidérés pour rejoindre l'Europe, la réflexion fait apparaître la violence dont sont porteuses les frontières européennes.
    À travers l'exploration de ces grands enjeux administratifs, politiques, affectifs et moraux, cet ouvrage invite à questionner les limites et les effets des politiques migratoires contemporaines.

  • Né dans les années 1980 de la révolte de hackers contre la privatisation du code informatique, le mouvement du logiciel libre ne semblait pas destiné à renouveler nos imaginaires politiques.
    Les valeurs et les pratiques du Libre ont pourtant gagné d'autres domaines, dessinant peu à peu une véritable « utopie concrète ». Celle-ci a fait sienne plusieurs exigences : bricoler nos technologies au lieu d'en être les consommateurs sidérés, défendre la circulation de l'information contre l'extension des droits de propriété intellectuelle, lier travail et réalisation de soi en minimisant les hiérarchies. De GNU/Linux à Wikipédia, de la licence GPL aux Creative Commons, des ordinateurs aux imprimantes 3D, ces aspirations se sont concrétisées dans des objets techniques, des outils juridiques et des formes originales de collaboration qui nourrissent aujourd'hui une sphère des communs propre à encourager l'inventivité collective.

    Sébastien Broca raconte une histoire dans laquelle les hackers inspirent la pensée critique (d'André Gorz aux animateurs de la revue Multitudes) et les entrepreneurs open source côtoient les défenseurs des biens communs. À travers ce bouillonnement de pratiques, de luttes et de théories, l'esprit du Libre émerge comme un déjà là où s'ébauchent les contours d'une réinvention sociale.

  • Ce livre est né de la lecture de Propaganda, comment manipuler l'opinion en démocratie, d'Edward Bernays, publié en 1928. Bernays est le père des techniques modernes de manipulation des masses au profit du pouvoir politique et économique, et l'un des penseurs les plus influents du XXe siècle. Près d'un siècle plus tard, Propaganda n'est en rien de l'histoire ancienne. Le sujet concerne tout le monde et méritait bien son abécédaire illustré !
    Lucy Watts dissèque l'industrie du mensonge, son histoire et ses méthodes, tout ce qui nourrit la propagande ordinaire. « Désinformation », « Experts », « Hollywood », « Novlangue », « Pub », « Sondages », « Télévision »... Chaque thème est développé au travers d'anecdotes historiques édifiantes et illustré en pleine page par des lithographies hautes en couleur.

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