Littérature traduite

  • "Ici ton médecin de famille [...] Quand on trouvait encore du DDT, quand sa vente n'était pas encore interdite, est-ce que tu en mettais dans ton jardin ? - Bien sûr que j'en mettais, répondit Helen. Je pense que la plupart des gens qui ont un jardin le faisaient. J'ai utilisé ça pendant des années et des années, et je t'avouerai que ça me manque." Sensation de fatigue, irritabilité, dépression, douleurs musculaires... Et si tous ces symptômes en apparence bénins étaient liés ? Un médecin de campagne tente de découvrir ce qui a plongé ses patient·es dans un état de manque.
    À l'heure où l'utilisation des pesticides ne cesse d'augmenter malgré les maladies qui touchent agriculteur·ices et consommateur·ices, il est passionnant de lire cette nouvelle de Simak, véritable cri d'alerte.

    Ajouter au panier
    En stock
  • « Je suis en règle. Voici le thermomètre, les comprimés d'aspirine, les pastilles pour la toux. Ça, c'est la vitamine C, l'antiseptique, les antibiotiques. J'ai tout, vous ne pouvez pas me coller une amende ». La journée commence mal pour Nico. Il est dans le collimateur de la CGM, la société privée qui fait office de Sécurité sociale et il risque le contrôle sanitaire. Quand on sort des clous de l'État-hygiéniste, il vaut mieux être bien couvert, car dans cette société, la santé, c'est tout... ou rien.
    Quand il écrit ce texte, Lino Aldani entend sans doute dénoncer les dérives d'un système de santé livré aux intérêts du privé. Mais comme souvent avec la SF, son récit prend un nouveau sens aujourd'hui et interroge sur les concessions que nous sommes prêts à faire pour vivre en bonne santé.

  • En 2008, les États-Unis s'apprêtent à voter pour leur prochain président. Dans l'État de l'Indiana, dans le comté de Monroe, dans la petite ville de Bloomington, la rumeur enfle et semble se confirmer peu à peu... Et si c'était ici qu'allait se décider le résultat du scrutin ? Depuis que le pays s'est converti à la « démocratie électronique », le puissant ordinateur Multivac sélectionne LE citoyen qui décidera du nom du prochain leader du monde libre. L'omnisciente machine est en effet capable d'analyser ses réponses à un questionnaire qu'elle a elle-même savamment établi, les recoupant avec les tendances observées dans le reste de la société, pour déterminer le résultat de l'élection... qui, désormais, n'a plus de raison d'être.
    À l'heure où les systèmes démocratiques de la planète vacillent sur leur base, il peut être intéressant de se rappeler le point de vue d'Isaac Asimov sur les dérives d'une société politique ivre de technologie, d'efficacité et de rendement.

    Ajouter au panier
    En stock
  • « La fin du monde ? Un sacré spectacle, les enfants ! ».

    Dans un avenir proche, des jeunes couples friands de divertissements en tous genres sont réunis à l'occasion d'une soirée entre ami·es. Au centre des discussions, une distraction inédite tout juste expérimentée par la plupart d'entre eux : les agences de voyages temporels proposent désormais une nouvelle destination. En trois heures de temps, il est possible d'aller assister, à bord d'un vaisseau, à la fin du monde. Mais, les récits des voyageur·ses ne concordent pas. Tandis que les invité·es décrivent et comparent, à l'aune de leur caractère spectaculaire, les paysages mortifères contemplés, de l'extérieur arrivent des nouvelles alarmantes (catastrophes naturelles, épidémies...) mais qu'ils semblent totalement ignorer.
    À l'heure où la notion d'effondrement fait florès tant dans l'industrie culturelle que dans les grands médias, Robert Silverberg nous enjoint à nous arracher de notre position indolente de spectacteur·ices d'un effondrement qui ne relève plus de la fiction. Un cri d'alerte !

  • L'équipage du « Homeward » a réussi son retour vers la planète-mère, la Terre, après 130 années de voyage. Après une telle séparation, ils s'attendent à trouver sur Terre une technologie sur-développée et une humanité colonisatrice d'autres planètes. Mais la désillusion est grande : le concept de nations n'existe plus, le fédéralisme et l'autogestion régissent la prise de décision collective, la science semble avoir disparu au profit d'une économie primitive fondée sur la commune et l'agriculture, et le véritable progrès est celui de l'épanouissement humain.
    Avec une quinzaine d'années d'avance sur le fameux « Rapport Meadows » (1972), Marion Zimmer Bradley développe dans cette novella les thèmes encore insolites du rejet de la croissance économique et du recours limité et pragmatique à la technologie. Lire ce texte aujourd'hui permet plus que jamais de mettre en lumière notre dépendance et notre fascination à l'égard de l'idée de « progrès technique » : tandis que tout ce que la science rend possible est aveuglément mis en oeuvre, ce texte remet les pendules à l'heure en imaginant une humanité qui ne serait plus au service de la technologie qu'elle a créée.

  • Que diriez-vous si votre père, comme toutes les personnes de plus de 60 ans, devait passer régulièrement un test qui détermine si sa vie offre encore quelque intérêt pour la communauté ? En 2003, dans une société régie par la productivité, les personnes âgées ne peuvent être un « poids » pour les actifs. Aussi, passé un certain âge, chacun est contraint par la loi de passer un examen pour évaluer ses aptitudes intellectuelles et physiques et dont le résultat déterminera la suite de son existence...
    À l'heure où nos sociétés occidentales contemporaines sont confrontées au vieillissement de la population et à la « gestion » des personnes non autonomes, il est urgent de relire Richard Matheson et sa vision des dérives d'une société gouvernée par l'utilitarisme économique qui peine de plus en plus à cohabiter avec ses aînés.

  • Début du XXIe siècle. La terre semble avoir résolu ses problèmes de surpopulation et de famines. Et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, s'il n'y avait « la Tour ». Mélange de plastique, de béton et d'acier, le fameux édifice - dix niveaux de cinq étages chacun - a été érigé en Inde en 1975 dans le cadre d'une expérience. À l'origine, 1500 volontaires - dont 500 couples - de moins de vingt-cinq ans y furent introduits afin d'étudier le comportement d'individus soumis au confinement. 25 ans plus tard, 75 000 personnes pullulent à l'intérieur. Le conditionnement a si bien fonctionné que personne ne semble vouloir sortir, ni même imaginer qu'une autre réalité extérieure soit possible. Pourtant, un certain Thomas Dixit est chargé de mesurer l'intérêt de poursuivre l'expérience de La Tour... ou de l'arrêter.
    La Tour des damnés (« Total Environment » en anglais) explore aussi bien la faculté de l'humanité à chercher infatigablement des solutions à sa survie, que la puissance de la science et les problèmes d'éthique qui en découlent. Il évoque la capacité d'adaptation de l'homme face à son environnement, ainsi que son absolu besoin de pouvoir, de croyance et de domination.

  • « Vous connaissez les logiques. Vous en avez un chez vous. Ça ressemble à un récepteur d'images, seulement il y a des touches au lieu de cadrans et vous pianotez pour avoir ce que vous voulez ». Joe est un de ces logiques qui ont changé la civilisation. Mais celui-ci, fraîchement sorti des usines de la Logics Company, bénéficie d'un petit défaut de fabrication qui le rend plus créatif, plus entreprenant, plus efficace et toujours au service du client. Accédant à des contenus confidentiels, puisant dans les données éparpillées sur le réseau mondial, Joe répond à toutes vos questions et trouve une solution adaptée à tous vos souhaits... y compris assassiner votre femme sans vous faire prendre ou dévaliser une banque sans risque. Froidement, sans penser à mal, Joe mènerait-il l'humanité à sa perte ?
    Un logique nommé Joe, publié en 1946, époque où l'ordinateur le plus perfectionné pesait trente tonnes et remplissait une salle de 150m2 est une nouvelle véritablement visionnaire. Non sans humour, Leinster décrit les ravages exponentiels découlant d'un accès illimité à la connaissance et de ses usages immodérés.

  • En 1954 Damon Knight imagine une société qui pense et agit avec la nature.
    2063. Le monde moderne a bien failli disparaître. Seules 22 mégacités sont parvenues à préserver leur mode de vie. Face à elles, les Pieds-Terreux, une civilisation rurale et tribale qui vit en coproduction avec la nature. Lorsque Grand New York vient à manquer de métaux, ses dirigeants envoient un émissaire troquer ses gadgets sophistiqués contre des matières premières. Damon Knight dans ce récit truculent de 1954 nous dit que l'avenir de l'humanité - et de la nature - passe par une relation symbiotique entre les deux. Une sorte d'utopie où la modernité se construit dans un équilibre fragile entre science et nature.

  • Le texte qui mit Gandhi sur la voie de la résistance non violente Ce texte de Léon Tolstoï, censuré en Russie dès sa parution en 1893 et réédité pour la première fois en France cent ans après la mort de son auteur, est le maître livre qui influença Gandhi de manière décisive.

    Dans ce pamphlet virulent contre les États et les institutions de la violence, le grand écrivain de la terre russe dénonce la trahison des Églises, coupables à ses yeux de renier le «-véritable christianisme-». Il martèle sa foi inébranlable en la non-violence et invite ses contemporains à faire le choix de l'insoumission plutôt que de se rendre complices de l'injustice.

    L'essai de Tolstoï est suivi de sa correspondance avec le futur «-Mahatma-»-: une relation épistolaire peu connue, émouvante et empreinte d'un grand respect mutuel.

  • Publié pour la première fois aux États-Unis en 1978, Christophe Colomb et autres cannibales est un texte fondateur à plus d'un titre. D'abord parce qu'il propose pour la première fois une histoire engagée des violences coloniales en Amérique du point de vue amérindien. La thèse de Forbes est limpide et cinglante : la combinaison dévastatrice des passions de l'exploitation, de la domination, du meurtre et de la cupidité, cette pathologie exceptionnelle chez les Amérindiens et que les Indiens d'Amérique du Nord désigne du nom de Wetiko, est au principe même de la civilisation capitaliste occidentale et de sa conquête du Nouveau Monde. En s'appuyant sur cette idée, Forbes retrace l'histoire du génocide, de l'écocide et du terrorisme européens en Amérique, tout en la comparant au rapport ancestral à la Terre et au vivant qui caractérisait les cultures indigènes du continent avant son invasion.
    Ensuite, ce texte est important parce qu'il occupe une place de choix dans les travaux de l'école étatsunienne des Études amérindiennes (Native American Studies), dont Forbes lui-même est l'un des pionniers. Ce courant universitaire interdisciplinaire, apparu dans le sillage du mouvement pour les droits civiques en même temps que d'autres branches des Études ethniques, a joué un rôle déterminant dans la reprise de conscience des spécificités et de l'autonomie des cultures indigènes américaines vis-à-vis de la culture dominante.
    Enfin, ce texte est important parce qu'il constitue l'une des références majeures d'un courant de l'écologie radicale encore méconnu en France, incarné par le mouvement anticivilisation (ses représentants les plus connus en France sont John Zerzan, Kirckpatrick Sale et Derrick Jensen). Ce mouvement se fonde sur la critique vigoureuse du rôle des sociétés industrielles dans le phénomène contemporain de destruction généralisée du vivant, et en appelle à l'étude et la réappropriation de modes de vie préindustriels pour tenter d'endiguer l'effondrement en cours.

  • Qu'il fait bon vivre dans l'Amérique des époux Bascom. Maman est à sa place, dans sa belle cuisine, aidée dans ses tâches par des messages publicitaires qui lui disent quand et avec quoi remplir son frigo.
    Il y a les deux magnifiques enfants de la maisonnée, totalement accros aux jingles délivrés par leur boîte de céréales préférées.
    Et puis il y a Papa, qui travaille avec tant de fierté pour la Société de Ventriloquie Universelle des Etats- Unis, fleuron de l'Amérique, pourvoyeuse de bonheur et chien de garde du devoir constitutionnel à consommer ; Papa qui déborde d'imagination pour faire acheter ses concitoyens. Et personne ne peut échapper à cette fièvre acheteuse institutionnalisée.
    Personne, sauf Grand-mère, qui sort de prison, une vraie terroriste qui a refusé de se laisser bouffer par la publicité et qui débarque chez les Bascom. Mais est-elle vraiment décidée cette fois à subir le matraquage que son gendre souhaite lui imposer à elle comme à tout le pays ?
    Sous des dehors légers, la charge est sans appel. Voilà à quoi pourrait bien ressembler une société livrée toute entière aux appétits et à la imagination sans limite des marques et de leur service marketing. Ciblage comportemental, marketing viral, publicité contextuelle, si le tableau fleure bon les années 1950, la force de sa vision reste intacte.

  • Stevenson Woolsey, qui a lu deux fois Finnegans Wake entièrement et n'embrasse jamais les bébés, est un magnat politique amoureux d'Aurélie van Ten Bosch, le plus pur idéal de fille de savant fou. Or, la dernière invention de ce savant va révolutionner le combat politique, et changer la vie de Stevenson. Cette invention, c'est Frank Merriwell, robot de son état, qui va rafler toutes les élections jusqu'à la fonction suprême.
    Adepte de la satire, Ward Moore (1903-1978) offre une vision détonante de la politique en général - et du « cirque » politique américain en particulier. La politique n'est qu'une vaste mise en scène délirante où les idées les plus folles et les discours en apparence les plus absurdes trouvent un écho démesuré lorsqu'ils sont débités avec la plus froide logique.
    Et ce n'est pas la moindre des surprises de cette nouvelle, écrite en 1973, que de découvrir peu à peu la machine politique qu'est Frank Merriwell, fruit de la technologie la plus poussée, se faire le chantre de la lutte contre le progrès, l'apôtre d'un retour à la simplicité des relations humaines et l'avocat de sa propre inutilité politique !

  • En 1962, Mack Reynolds imagine un monde où la guerre est conduite par les multinationales. Les gouvernements du monde ont été supplantés par de puissantes sociétés, et chacune de ces compagnies emploie sa propre armée, conduisant des opérations militaires contre ses rivales. Toutefois, afin d'éviter une guerre ruineuse entre l'Ouest et le monde soviétique, les forces en pré- sence sont contraintes d'utiliser exclusivement des armes en vigueur au XIXe siècle. Au milieu de ce monde ultra rigide partagé entre neuf castes (sous-inférieurs, semi-inférieurs, super-inférieurs, semi-moyens...), Joe Mauser est un mercenaire professionnel qui rêve de promotion et de guerre sans victime. Mais la prochaine bataille sera décisive.
    Le mercenaire - d'abord publié sous forme de novella en 1962, puis développé en roman (Mercenary from Tomorrow, 1968) - offre une vision étonnante d'une humanité définitivement livrée aux appétits des multinationales, et où la guerre est à la fois un spectacle, un étendard idéologique et un ressort économique majeur.

  • Dans un futur proche. Les voitures à essence sont bannies depuis longtemps et les rares récalcitrants s'exposent à la peine maximum. Comme le reste du monde, cette mégalopole américaine étouffe jour après jour un peu plus sous le poids de la pollution atmosphérique. Malgré tout, la vie continue et les entreprises locales - le Ramassage Sanitaire, les Aciers Oberhausen et l'Office Municipal de l'Energie - poursuivent leurs activités ultra-polluantes. Jim Morrison, employé attaché à l'organisme Air Central, pourtant garant de la qualité de l'air, ne peut que constater son impuissance. D'ailleurs, la traque qu'il livre à ce mystérieux nostalgique de l'ère automobile a-t-elle encore un sens ?

  • « À Kansas City, un jeune homme armé d'un 22 long rifle tua un de ses camarades de classe d'un coup de feu tiré en pleine poitrine, et tomba aussitôt, mort. Arrêt du coeur. [...] À Saint Louis, un policier abattit un braqueur de banque et s'effondra aussitôt. Le voleur mourut ; l'état du policier fut déclaré critique ».
    Du simple fait divers à l'épidémie mondiale d'auto-extermination, il n'y a qu'un pas que le journaliste M. Dahl va franchir en compagnie d'Aza-Kra, indescriptible créature extraterrestre venue sur Terre pour nous guider sur le chemin de l'empathie.
    Mais à quel prix !
    Cette cruelle utopie apocalyptique signée Damon Knight, mêlant récit de fin du monde, conte initiatique et rencontre du troisième type est certes un écho des tensions de la « Guerre froide », mais elle est surtout une subtile réflexion sur les ressorts de la violence et de la peur, et sur la résistance qu'elles offrent au sursaut des consciences dont notre monde a pourtant plus que jamais besoin.

  • « Je n'ai aucune doléance particulière à formuler, mais je constate simplement l'existence d'une foule de petits problèmes auxquels vous seuls, Cundaloiens, pouvez apporter une solution. Nous autres Soliens ne le pourrions pas et ne souhaitons de toute façon pas nous immiscer dans vos affaires internes. Mais il vous faut changer certaines choses, sinon nous ne serons plus du tout en mesure de vous aider. » Dans un futur très lointain, l'humanité a essaimé à travers d'innombrables galaxies et est parvenue, tant bien que mal, à pacifier des univers entiers et à imposer son modèle de civilisation. Mais la tâche est loin d'être achevée. La hache de guerre vient d'être enterrée entre les habitants de Cundaloa et ceux de Skontar, dont les mondes sont cependant ravagés. Les Terriens se proposent d'« aider » ces deux peuples à se reconstruire, mais sous certaines conditions : qu'ils renoncent à leur culture, à leurs moeurs et à leur technologie pour embrasser les bienfaits de la civilisation humaine. Les Cundaloiens acceptent l'offre humaine, les Skontariens refusent. Quelle sera pour chacun de ses peuples l'issue de sa décision ?
    Que se passe-t-il lorsqu'une nation riche et puissante, au nom du développement et de ses valeurs prétendument universelles, exige d'une nation « en développement » qu'elle adopte sa culture, ses traditions, son identité ?
    Telle est la question que Poul Anderson pose dans cette nouvelle... et à laquelle il apporte une réponse sans ambiguïté.

  • En 1955, Robert Sheckley imagine le dernier des grands projets inutiles.



    « Plusieurs milliers d'hommes et de machines étaient déjà sur la planète et au commandement de Morrison, ils se disperseraient, supprimeraient les montagnes, raboteraient des plaines, déplaceraient des forêts entières, modifieraient le cours des rivières, fondraient les calottes glaciaires, façonneraient des continents, creuseraient des mers nouvelles, bref, accompliraient tout ce qu'il faudrait pour que le Plan de Travail 35 devienne un centre d'accueil favorable à la civilisation technologique unique et exigeante de l'homo sapiens ».

    Cette nouvelle visionnaire et pleine d'imagination illustre à merveille l'art de Robert Sheckley. Pourfendeur acerbe de la société américaine et de son American Way of Life, il s'attaque ici à l'arrogance du productivisme capitaliste et de ses serviteurs, et à la soif d'expansion de l'humanité qui ne peut s'étancher qu'au détriment des minorités, des cultures locales et de la nature.« La montagne sans nom » (titre original : « The Mountain Without a Name ») est parue aux États-Unis en 1955 et en France en 1969 dans la revue Fiction, n° 192. Elle a été reprise en 1981 dans le recueil collectif intitulé La montagne sans nom et autre récits sur la nature (Gallimard, Folio Junior), qui comprend aussi des nouvelles de Ray Bradbury, Christian Grenier, Gérard Klein, Robin Scott, Alfred Eton Van Vogt.

  • En 1969, Arthur C. Clarke, prestigieux nom de la science-fiction américaine (2001 : l'odyssée de l'espace), propose à trois grandes plumes du genre, Robert Silverberg, Roger Zelazny et James Blish, d'envisager le danger croissant encouru par l'humanité du fait du progrès technologique.
    Dans sa collection Dyschroniques, le passager clandestin réédite la passionnante spéculation de James Blish : alors que la Terre est victime d'un important réchauffement climatique, et que la pollution a atteint un niveau incontrôlable, le Président Général de la Loge 802 de la Fraternité Internationale des Ingénieurs de l'Hygiène choisit une poignée d'hommes et de femmes pour partir sur la lune contribuer à une nouvelle ère humaine.
    Dans cette nouvelle visionnaire, Blish (1921-1975), auteur prolifique et humaniste, montre les conséquences du réchauffement climatique, insiste sur l'incapacité de l'homme à tirer les leçons de ses erreurs et définit assez précisément, un quart de siècle avant qu'elle soit énoncée par Paul Crutzen, la notion d'anthropocène.

  • En 1967, Mack Reynolds imagine un monde où le progrès est synonyme d'exploitation systématique des ressources naturelles.

    « La différence qu'il y a entre une réforme et une révolution, Bill ? Les uns veulent replâtrer la libre entreprise pour qu'elle devienne plus efficace. Les autres veulent en voir la fin et ériger un nouveau système socio- économique. Ceux-ci sont nos ennemis. Aussi longtemps que nos beaux parleurs ne s'intéressent qu'aux réformes, ils ne constituent pas un vrai danger. C'est quand ils commencent à parler révolution que notre service doit agir. » Paul Kosloff est l'un des meilleurs agents secrets au service des États-Unis. Sa réputation et son efficacité sont aussi grandes que sa soif d'en découdre avec le Grand Ennemi communiste. La Guerre froide bat son plein mais la perception du jeu a changé : désormais, il est évident que le capitalisme à l'américaine et l'économie centralisée à la soviétique ont beaucoup en commun. Aussi, doit-on calmer les ardeurs du fameux Kosloff...

    On lui confie alors une mission d'importance nationale : infiltrer un groupe de radicaux gauchisants prêts à tout pour abattre le modèle américain !

    Dans les faits, l'espion à l'esprit borné va se confronter à une vision du monde qui va ébranler ses convictions. et bien plus si affinités.

    Les Gaspilleurs (The Throwaway Age) - publiée en 1967 dans la revue Worlds of Tomorrow - offre quelques pages d'une lucidité confondante sur les impasses du modèle de société productiviste et consumériste qui l'a emporté à cette époque, et sur les valeurs idéologiques, politiques et éthiques à bout de souffle qu'il véhicule.

  • En 1963, John Brunner imagine un monde hanté par le ressentiment des générations futures.



    Une nuit, Max Harrow est arraché brutalement à un cauchemar par la sonnerie de la porte d'entrée. Un agent de police vient de secourir dans la rue un homme inconscient, à la maigreur effroyable...

    Cette longue nouvelle porte la trace de la terreur qu'inspira le nucléaire dans le monde de la Guerre Froide. Mais son originalité - qui justifie pleinement son entrée dans la collection Dyschroniques - repose moins sur l'expression de cette peur présente que sur la conviction du risque écrasant que fait peser cette menace sur le futur de l'humanité. Un exemple efficace et glaçant de recours à l'un des thèmes fondateurs de la science fiction, celui du voyage temporel. Parue pour la première fois en 1963, « Some Lapse of time » a été traduite en français sous le titre « Faute de temps » par George W. Barlow pour Le Livre d'Or de la science-fiction, n° 5049, consacré à Brunner, en 1979. Ce texte n'avait jamais été republié en France depuis cette date.

  • Le monde n'est plus qu'une seule et gigantesque cité divisée en plusieurs millions de zones urbaines contigües. Chacune d'elles se veut autonome, politiquement indépendante et dotée d'un mode de vie propre.
    Toutes sont sous la surveillance de redoutables « policiers-robots » qui en contrôlent les frontières et expulsent où suppriment tous les indésirables. Ces différentes zones, qui ont entre elles des contacts limités et souvent hostiles, confient toutes leur maintenance et leur sécurité à un programme central. Et lorsque ce programme vital est dérobé, rien ne va plus. Comment faire sans système de contrôle climatique ? Comment gérer les tonnes d'ordures qui s'amoncèlent ? Comment remplacer les robots en panne ? Ce sont quelques-unes des questions que va devoir résoudre notre héros en mettant la main sur Silena Ruiz, l'auteure du vol, sa propre « femme-du-mois ». Au fil d'une course-poursuite qui l'entraîne, en migrant clandestin, de zone urbaine en zone urbaine, celui-ci va découvrir une pluralité de mondes et connaître peu à peu luimême la tentation du chaos.
    Dans cette fable où l'alliance inquiétante de la dépendance technologique (la ville-planète est une « smart city » bien avant l'heure) et du repli identitaire paraît ne pouvoir déboucher que sur le chaos annoncé, Silverberg s'empare du grand fantasme du village planétaire pour poser la question de l'habitabilité de la planète et de la possibilité de la coexistence de milliards d'être humains à l'ère des villes-machines du capitalisme.

  • En 1884, le Sud-Ouest africain (actuelle Namibie) est proclamé protectorat allemand. L'année suivante, le mandataire militaire du Kaiser signe un traité d'alliance avec l'un des principaux peuples de la région (les Hereros). Hendrik Witbooi, chef du peuple Nama qui occupe la partie sud du pays, refuse la protection allemande. En 1893, après l'attaque meurtrière de son camp par les troupes du gouverneur Curt Von François, il se lance dans une intense guérilla, durant laquelle il entretient une correspondance avec ses adversaires et ses alliés. Les lettres de Witbooi portent la voix d'un chef de guerre avisé et convaincu du bien-fondé de sa résistance. Elles montrent aussi sa clairvoyance face à l'écart entre le discours et les desseins du colonisateur occidental. Les Transparents : des textes émouvants qui portent la marque d'une prise de conscience de soi dans la rencontre avec l'Autre. Des voix subversives encore pour nous parce qu'elles disent ce qui aurait pu être et que nous avons brûlé, parce que l'Occident n'a souvent éprouvé que concupiscence, mépris ou horreur à l'égard du reste du monde. Lire ces textes, c'est se donner une chance de saisir ce que serait un monde qui écoute ses Transparents et se réconcilie avec eux.

  • En 1970, Norman Spinrad imagine un monde où les États-Unis sont devenus le musée vivant des impasses du désir de toute-puissance.

    États-Unis, XXIIe siècle. 200 ans après " La grande panique ", l'Amérique n'est plus que l'ombre d'elle-même. La nation qui avait mené l'homme sur la lune est aujourd'hui un pays sous-développé livré à l'industrie touristique. Les immenses mégalopoles, qui symbolisaient autrefois la grandeur et la puissance du pays, ne sont plus que ruines livrées à une pollution mortelle. Mike Ryan, guide et pilote indigène, s'apprête à mener son groupe de touristes - des représentants de l'élite africaine - dans ce qu'il reste de New York.

    Publiée aux États-Unis en 1970 dans le recueil Science Against Man (" La science contre l'homme "), cette nouvelle s'enracine profondément dans l'Amérique de l'époque - celle de la conquête lunaire, du mouvement des droits civiques, de la guerre du Vietnam. - et offre un renversement de situation dont seule la science-fiction semble capable. Pourtant, 40 ans plus tard, alors que le monde occidental vit une crise économique sans précédent, que les États-Unis voient leur hégémonie fortement contestée, notamment par la Chine, et que le pays est devenu de très loin le premier producteur de CO2 par habitant de la planète, la réalité semble en passe de rejoindre le scénario de Norman Spinrad.

empty