Policier & Thriller

  • Mutée disciplinairement à New York, Colorado, un petit village raciste du fin fond de l'Amérique, sans couverture mobile et où il ne se passe jamais rien, la lieutenant de police de couleur noire, à forte corpulence, Agatha Crispies a trouvé un échappatoire à son désoeuvrement dans l'animation d'un club de lecture au sein du commissariat. Mais alors qu'elle désespérait de pouvoir un jour enquêter à nouveau sur un meurtre autre que celui d'un écureuil, une série d'effroyables assassinats et disparitions viennent (enfin) troubler la tranquillité des lieux, mettant à l'épreuve ses connaissances littéraires.
    Puértolas signe un drôle de thriller loufoque, un poilar !

  • Au nom du pire

    Pierre Charras

    Maurice Michaux, maire de sa ville depuis vingt-cinq ans, paraît s'accommoder de sa future défaite au second tour de l'élection municipale. Il semble être hanté par son passé, situé à une époque où les femmes étaient tondues.

  • J'ai déjà donné

    A.D.G.

    né à tours en 1947, a.d.g. est devenu en une dizaine de romans - parus de 1971 à 1981 - l'un des maîtres du néo-polar français, à contre-courant de la pensée unique de l'après-68. provocateur et pratiquant convaincu de l'autodérision, il se considérait plutôt comme un anarchiste de droite, y compris dans ses romans. autodidacte et dévoreur de livres, il admirait céline, marcel aymé et jacques laurent. a.d.g., c'est aussi un style : avalanche de trouvailles argotiques, calembours et néologismes, de personnages libres et truculents, antihéros et vrais pieds nickelés qui apparaissent dès son premier roman, la divine surprise (1971). la parodie n'est jamais loin et bouscule les codes habituels du polar. en 1972, paraît son premier roman "berrichon", la nuit des grands chiens malades, porté à l'écran par georges lautner sous le titre quelques messieurs trop tranquilles. il quitte alors son métier de brocanteur et de bouquiniste à blois et s'installe à paris, fait la connaissance d'alphonse boudard, devient le collaborateur de michel audiard et adapte pour la télévision le roman de gaston leroux, chéri-bibi. à vingt-cinq ans, comme son double de l'autre bord, jean-patrick manchette, il est un auteur phare de la "série noire". "sans nous être le moins du monde concertés, puisque à l'époque nous ne nous connaissions pas, se souviendra a.d.g., nous avions le désir commun d' " adapter " le roman noir américain que nous admirions. la démarche de manchette était plus théorique et à la limite, pasticheuse de chandler et d'autres, alors que la mienne était plus jubilatoire. mais c'est vrai que, dans cet après-68, nous avions conscience de marcher dans la même direction." " je pratique depuis douze ans l'art de la fugue ", écrivait-il en ouverture de je suis un roman noir (1974). il le prouve en 1982 en partant s'installer en nouvelle-calédonie, y écrit un gros roman d'aventures historiques, le grand sud, fresque sur les débuts de la colonisation pénitentiaire de l'île après la commune, et lance un journal anti-indépendantiste : combat calédonien. le roman connut le succès, le journal les procès et les dettes. rentré à paris en 1991, a.d.g. rêve d'un comebaque littéraire. il veut à la fois achever un polar mettant un point final aux aventures de machin commencées avec le grand môme en 1977 et étonner son monde avec un roman noir australien. intitulé j'ai déjà donné..., le premier livre était resté inédit jusqu'à ce jour; le deuxième, kangouroad movie, a paru en 2003. dans cet ultime morceau de bravoure en forme d'équipée sauvage au coeur du désert de pierres et de sable du nord australien, on retrouve l' " angoisse comique" que renaud matignon avait décelée dans la nuit myope, petit bijou de délicatesse stylistique. a.d.g. meurt, à paris, le ler novembre 2004.

  • Rigaut s'est voulu sans source, façonnant sa mort dès l'abord de la vie. La guerre de 14 le rend à la vie plus vidé qu'une douille ; il fait alors du droit pour meubler le temps.

  • Kléber étala la viande sur la table et la coupa en morceaux, à l'aide de son Pradel.
    Ce fut Tépaz l'un des piranhas, qui, le mieux placé, attrapa le premier morceau de boeuf. Son frère Arsène se ruait déjà pour lui bouffer la gueule. Dora, la murène des sables, doucement ondula jusqu'à la surface l'eau.
    Elle fixa Kléber de ses deux billes d'acier. Le TV Killer balança le reste de la viande, en vrac. Un gros bouillon se produisit. Youri, fasciné par spectacle, s'était approché : - C'est beau.
    Kléber qui était un fameux bricoleur avait transformé le vieux Continental Edison en aquarium : - C'est mon émission préférée.

  • Les enquêtes d'Henry ne tardèrent pas à occuper une place centrale dans mon journal. Au cours de la première année de notre relation, il y eut, par exemple, l'étrange affaire des «geishas d'Eastcheap», qui défraya la chronique pendant des semaines et demeure sans doute encore trop fraîche dans la mémoire du public, et encore trop douloureuse, pour que je revienne dessus. Dans mon journal, il est aussi précisé que ce fut en juillet que l'affaire du «boulanger dérangé» attira l'attention d'Henry. Mais, en 1893, le mystère le plus remarquable qu'il eut à élucider concerna les singuliers événements qui eurent lieu à Oxford.

  • La nouvelle année

    Roger Nimier

    C'est une histoire de voiture : elle braque, elle recule, elle fonce?; c'est une histoire de jeune fille : elle s'appelle Anne, porte jupe plissée, cheveu batailleur, mignonne petite plaie au coeur?; c'est l'histoire d'un garçon, Roland. Il vit au jugé, véloce et tâtonnant. Anne morte, flics aux basques : escaliers, voiture, fuite. Puis commissariat, tabassage, évasion. Un conte de Noël exécuté par Roger Nimier, noir comme la terre qui durcit sous la neige. Une morale : Noël sent le sapin. Bonne année !

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