L'harmattan

  • "Cet ouvrage passe l'idéalisme philosophique qui a dominé notre histoire intellectuelle, de l'Antiquité à nos jours, au crible du matérialisme. Il fait apparaître son enracinement général dans le faible développement des sciences et des techniques, et sa persistance anachronique aujourd'hui. Critiquant l'influence que la religion a eue sur l'idéalisme, il en montre le rôle néfaste dans l'histoire, en se mettant souvent au service des pouvoirs en place et de leur idéologie. Yvon Quiniou en appelle donc, pour finir, à un réveil de la philosophie : un matérialisme accordé aux sciences et motivé par l'idéal progressiste d'une humanité émancipée, dont Marx nous a fourni l'idée."

  • Depuis 1963, les régimes baathistes ont tenté de façonner un cinéma à leur image. Ce projet a néanmoins été contesté par des cinéastes qui ont investi cet art en contournant les contraintes fluctuantes imposées par un système de production supervisé par l'Etat. Paradoxalement, dès les années 70, le cinéma financé par le secteur public devient un espace d'expression critique. Cet ouvrage propose une incursion au coeur des films pour saisir ce qu'ils nous disent de l'ordre politique en Syrie jusque dans les années 2000.

  • À rebours de la métaphysique, Friedrich Nietzsche a, tout au long de ses textes, interrogé le temps. Si sa pensée, inactuelle et antisystème, est loin de se focaliser sur cette question, son oeuvre regorge pourtant d'une authentique philosophie du temps qui s'agence selon des perspectives transversales : des temporalités. La philosophie de Nietzsche n'a de cesse de les réinventer : le présent, la modernité, l'histoire ou l'avenir. Tandis qu'il renouvelle l'intuition antique de l'éternel retour, Nietzsche accorde sa préférence à la méthode généalogique en tant que pratique de la philosophie : il s'agit désormais de porter son regard sur la temporalité d'une idée, plutôt que sur son essence.

  • La guerre est-elle un accident des sociétés ou appartient-elle à leur constitution même ? Telle est la question posée par Foucault dans son Cours de 1976 « Il faut défendre la société ». Renversant le célèbre aphorisme de Clausewitz sur « la guerre prolongée par la politique », il démontre comment un « dispositif de guerre » s'est introduit dans le discours politique moderne comme « guerre continuée » ou guerre nécessaire à la fois comme guerre des races, lutte des classes, social racisme et racisme d'État.

  • Le présent ouvrage apporte une contribution à la pratique plastique de l'art de la performance, qui pourrait se définir comme un art travaillant les normes de la représentation. À partir de cette pratique, il s'agira d'imposer dans le champ de l'art une figure travestie et dansante, interrogeant les normes du genre et du désir.

  • Cet essai est la réflexion d'une sage-femme qui, depuis trente ans, a accompagné des femmes pendant leur grossesse et après la naissance de leur enfant, écoutant leur questionnement sur l'arrivée au monde d'un enfant désormais « désiré ». La révolution dans la procréation et la transformation de la famille concerne chacun d'entre nous. Faut-il redouter que les forces aveugles de la nature ou du destin soient remplacées par la rigueur glaciale et anonyme de la technoscience et de son « expertise » ?

  • De nombreuses appellations, telles "nouveau cirque", "cirque actuel", "cirque de création", tentent de cerner des démarches et des spectacles concrétisés par de nouvelles générations. A partir de quelques problématiques, comme la constitution du genre et son institutionnalisation ou le croisement avec les autres arts (danse et théâtre), cet ouvrage mêle considérations esthétiques et analyses de spectacles et pointe l'hétérogénéité d'une création plurielle.

  • L'École de Francfort a dû affronter les tourments et le réel apocalyptique des totalitarismes. La théorie critique foisonne de penseurs en marge de cette école (Ernst Bloch, Georg Lukács, Walter Benjamin) ou de représentants officiels (Max Horkheimer, Theodor Adorno). Leurs philosophies de l'histoire s'inscrivent dans un rapport conflictuel -dialectique vis-à-vis des Lumières, de Hegel et de Marx. Le questionnement du sens et de la fin de l'histoire en ce début du XXIe siècle prolonge cet héritage.

  • Artaud fut pour Deleuze la "profondeur absolue en littérature". Tous deux partagent justement une conception de la pensée originale, tout à la fois impossible et imprévisible, jumelle de la folie. Les voyages d'Artaud au Mexique, solaire et merveilleux, puis en Irlande, tragique, le condamnèrent à neuf années d'enfermement asilaire. Seul Artaud a, aux yeux de Deleuze, traversé le "mur du sens" : il serait le seul à avoir sondé la puissance de la pensée et du corps. Quels plateaux de la pensée et du corps pouvons-nous à notre tour arpenter ? Quelle pensée pouvons-nous élaborer à partir de la rencontre du philosophe avec le poète ?

  • "Cet ouvrage questionne le fondement métaphysique de notre civilisation technicienne mondialisée. Le premier essai est consacré aux fameux Séminaires du Thor, tenus par Heidegger à l'invitation de René Char, sur la base d'une inquiétude commune du philosophe et du poète concernant le péril que la technique fait courir à l'homme moderne. L'essai sur Kant et Hegel s'efforce, quant à lui, de montrer que l'idéalisme allemand, en lequel culmine la métaphysique, n'a pas d'autre signification fondamentale que de mettre au jour les présupposés ontologiques qui portent en secret notre civilisation. Enfin, le troisième essai, qui porte sur le dernier cours de Heidegger (Le Principe de raison, 1955), représente une tentative pour éclairer notre monde à la lumière du principe de raison suffisante formulé par Leibniz."

  • Comment penser les regards photographiques ? Alors que la photographie est couramment présentée comme un "art sans regard", c'est-à-dire comme une reproduction mécanique ou naturelle de la réalité, nous proposons de repenser la technique photographique comme la mise en oeuvre de dispositifs situés. Les regards photographiques apparaissent alors comme autant de processus sociaux, dont les photographes ne sont pas seuls responsables. En tant qu'activités situées, les regards photographiques réunissent de multiples facteurs qui les influencent et leur donnent à chaque fois une signification culturelle particulière. Les notions d'"expérience", de "perspective", de "cadre socio-technique", par exemple, permettent de penser leur caractère pragmatique et social et apportent un éclairage inter-disciplinaire sur leur activité.

  • "Comment les nouvelles technologies peuvent-elles inspirer les artistes d'aujourd'hui ? Il ne s'agit pas seulement de créer sur de nouveaux supports, mais de comprendre l'essence des technologies numériques, pour s'en inspirer et bousculer les catégories de ce que nous appelons encore art. C'est l'analyse des relations qui existent entre différents langages qui mettra en évidence une nouvelle manière de mêler réel et imaginaire. Jusqu'à présent, nous n'avons considéré que la fusion des langages dans l'opéra, le cinéma ou la chanson. Si elle promet d'élargir le champ expressif, elle montre aussi ses limites. Il nous faut donc imaginer son opposé, la fission des langages : la confrontation expressive des langages artistiques et technologiques devrait être au coeur d'une révolution culturelle encore à venir. Les chemins esthétiques qui y mènent restent à défricher. En étudiant les modalités qui intensifient les langages, une théorie esthétique générale et prospective se dessine."

  • Ce livre cherche à montrer comment l'eau, à la fois réalité et symbole, nourrit la pensée de Platon. Quelle est l'origine de cette thématique et quelles en sont les finalités ? À travers ces interrogations, il s'agit de mettre en lumière la fonction de cette matière particulière dont les aspects sont déclinés de manière originale dans l'ensemble de son oeuvre.

  • L'auteur nous fait redécouvrir les premiers philosophes à avoir abordé la question du "je", du "moi", du "sujet" (Descartes, Husserl, Nietzsche), ce que Paul Ricoeur appelle le "cogito blessé ou brisé". Selon lui, c'est en s'éloignant d'une réflexivité immédiate sur soi, en faisant le détour par les médiations, que l'on peut espérer mieux se connaître soi-même. Cette étude est donc essentiellement un procès du cogito cartésien.

  • Cet essai aborde un thème encore non traité dans une perspective méthodologique. En général, le concept de crise est accompagné soit d'un adjectif ou d'une préposition, en ce que toute crise est toujours crise de. Mais on n'étudie pas le concept de crise en soi. D'où l'originalité et la nouveauté de cette réflexion. Ce texte succinct suggère un cadre théorique critique pour l'analyse d'une crise quelconque, à partir de la méthode dialectique.

  • La notion de genre est mise en regard du concept de sexe, dont on défend la pertinence politique et d'égalité comme horizon d'une émancipation, d'un bien vivre-ensemble. De nombreux champs sont couverts, de la philosophie politique aux arts contemporains en passant par la théorie littéraire ou la muséologie. Les rapports entre sexe et genre sont remis en perspective historique des anciens Grecs à la pensée politique contemporaine. Parole est ici donnée à Geneviève Fraisse, ainsi qu'à de jeunes talents.

  • Si l'Homme n'a aucune emprise sur cette durée qui lui échappe, du moins peut-il essayer de l'apprivoiser par une forme d'art telle l'écriture, qui rend éternel ce qu'elle exprime. Chercher à comprendre cet espace subjectif nous amène à retrouver le passé, soit par le travail de la mémoire volontaire, soit par la mémoire involontaire : une odeur, un son, un geste qui feront resurgir une multitude de souvenirs que nous pensions avoir oubliés. Ce n'est donc pas un hasard si Beckett s'est autant intéressé à l'oeuvre de Proust.

  • Cet essai aborde la théorie de l'inconscient élaborée par Deleuze et Guattari en 1972 dans L'Anti-Oedipe. Il met en évidence le rôle central de la pulsion de mort dans ce livre emblématique des « philosophies du désir » des années 70. A la lumière de textes psychanalytiques et philosophiques, le projet deleuzo-guattarien est ici présenté dans toute sa cohérence, avec les principales transformations conceptuelles qu'il mobilise.

  • Lou Andreas-Salomé et Catherine Pozzi n'ont guère eu le droit de cité dans l'histoire de la philosophie et leur destin d'intellectuelles s'est souvent vu occulté par leur proximité avec de grandes figures dans l'ombre desquelles leur oeuvre aura grandi. Nietzsche, Rilke ou Freud pour l'une, qui aura pâti tout autant que joui de son statut d'égérie, Paul Valéry pour l'autre, qui en aura été l'amante ombrageuse. Cet ouvrage propose une lecture philosophique de ces deux femmes pour saisir au plus près leurs ambivalences.

  • "La figure de Rosa Luxemburg a souvent été placée au centre des dilemmes ""révolution ou réforme sociale"" et ""socialisme ou barbarie"", tout comme une partie importante de sa contribution politique a été développée entre les deux pôles de la révolution des conseils et la critique de l'expérience révolutionnaire bolchevique. Il reste toujours à développer ses apports au regard de thématiques toujours contemporaines (Classes et Crise) qui relancent l'actualité de la pensée et de la pratique de Rosa Luxemburg."

  • "Les discours sur la fin de l'histoire, dominants à la fin du siècle dernier, ont laissé place aux discours marquants la fin de la géographie, à l'urgence climatique et à l'effondrement. Ces considérations s'enracinent dans l'histoire de la philosophie, chez Montesquieu en particulier. La mondialisation et les multiples crises (économique, sociale, politique et sanitaire) que nous traversons, nous imposent un nouveau questionnement pour nous resituer historiquement et géographiquement ; ces deux dimensions étant, de plus, inséparables. La géographie conceptualisant l'espace rend intelligible la temporalité historique. Peut-on pour autant entériner la fin de l'histoire ou de la géographie, la contraction d'un monde englouti par les nouvelles technologies et les moyens de communication instantanés ?"

  • Beaucoup de livres ont été écrits sur la vie héroïque de Simone Weil et de nombreuses études consacrées à sa pensée religieuse et sociale. Cet ouvrage, traduit en américain, en italien, en hongrois et en japonais, dont nous donnons ici la troisième édition reste à ce jour le seul qui reconstitue les grands moments de l'oeuvre weilienne tout entière à partir d'un point de vue proprement philosophique.

  • Cet ouvrage cherche à cerner l'attrait universel des ruines, qui se rattache à l'exigence de l'ombre face à la radicalité des Lumières. Les ruines ne sont pas seulement un motif décoratif, elles sont un instrument méthodologique qui révèle un état de crise, dotées d'un pouvoir critique mais aussi d'une dimension existentielle liée à l'expérience de la perte.

  • Fruit d'une lecture à la fois critique et sympathique de L'Homme révolté (1951), cet ouvrage, consacré à l'un des essais les plus célèbres mais aussi les plus controversés de Camus, s'efforce de cerner l'un des motifs centraux de sa pensée : la révolte. En quoi la révolte est-elle distincte de la révolution ?

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