L'arche

  • Chef minable d'une bande de gangsters du Bronx, Arturo Ui parvient à s'imposer par la terreur comme « protecteur » du trust du chou-fleur à Chicago. Il réduit au silence un politicien corrompu, Hindsborough, fait éliminer par Gori et Gobbola, ses séides, un homme de main à lui, assassine le patron du trust des légumes de Cicero, la ville voisine, et séduit la veuve de celui-ci, quasiment sur le cercueil de la victime. Le résultat est que l'on vote partout pour lui, tant à Cicero qu'à Chicago. D'autres crimes et d'autres conquêtes suivront. Rien n'arrêtera Arturo Ui, hormis les peuples, qui finiront par en avoir raison. « Mais il ne faut pas nous chanter victoire, il est encore trop tôt : le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde. »

  • Huit heures ne font pas un jour Nouv.

    Huit heures ne font pas un jour forme ce que l'on appelle aujourd'hui une « mini-série » en cinq épisodes, diffusée à la télévision allemande d'octobre 1972 à mars 1973, et trois épisodes supplémentaires non réalisés. Cette minisérie décrit la vie quotidienne d'une famille de la classe ouvrière en Allemagne de l'Ouest, entre utopie prolétaire post-« 30 Glorieuses » et fresque sociale reflétant l'anticonformisme culturel des années 1970.
    Sans naturalisme feint ni goût prononcé pour la caricature sociale, Fassbinder y aborde les mécanismes d'oppression, l'aliénation par le travail à l'usine, lieu d'exercice de l'autorité des contremaîtres et des patrons, le désir d'émancipation par le travail chez les femmes, l'opportunisme insidieux de la presse, l'essor du consumérisme avec l'ouverture de l'Allemagne de l'Ouest au libéralisme occidental, ou des sujets plus tabous comme le désir amoureux des personnages âgées.
    Loin du documentaire social, c'est une démarche fictionnelle que privilégie Fassbinder, qui joue de manière délicieusement subversive avec les codes de la représentation télévisuelle. Dans une démarche totalement novatrice et visionnaire, comparable à celle des romanciers réalistes du 19e siècle, le réalisateur s'attache ici à la représentation d'un monde social, le milieu du prolétariat ouvrier, qui n'était traditionnellement pas « montré » dans les fictions télévisées.

  • On avait toujours dit que les astres étaient fixés sur une voûte de cristal pour qu'ils ne puissent pas tomber.
    Maintenant nous avons pris courage et nous les laissons en suspens dans l'espace, sans soutien, et ils gagnent le large comme nos bateaux, sans soutien, au grand large. et la terre roule joyeusement autour du soleil, et les poissonnières, les marchands, les princes, les cardinaux et même le pape roulent avec elle.

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  • Poème tragique sur le pouvoir destructeur de la beauté, Norma Jeane Baker de Troie, d'après Hélène d'Euripide, superpose deux figures mythiques, Hélène de Troie et Marilyn Monroe, née Norma Jeane Baker, un seul et même destin entre la cité antique et New York. Hélène et Marilyn, soeurs jumelles unies par une force mytho-poétique, icones de beauté, objets de fascination et destin unique malgré les quelques milliers d'années qui les séparent. Démultipliant les avatars et les effets d'illusion ou usurpation d'identités, Norma Jeane (alias Marilyn Monroe) prend aussi l'apparence de Truman Capote, écrivain et cinéaste américain aux milles excès, ultime superposition et mise en abyme de l'homme créateur et de sa créature, en pleine écriture d'un scénario qu'il « tente de sauver du mélodrame ».
    Janvier 2021 - 14/01/2021 - 64 pages - 11,6 cm x 18,7 cm - 13 € ISBN : 978-2-38198-011-9 Son mari Arthur (on pense à l'écrivain Arthur Miller avec lequel Marilyn fut mariée de nombreuses années), devient sous la plume incisive de Carson, roi de Sparte et de New York, « un homme qui croit à la guerre ».

  • Pièce maîtresse de Strindberg, cette "tragédie naturaliste" est l'une des plus belles traductions de Boris Vian. Dans ce huis clos, s'affrontent deux personnages que tout oppose : Julie, fille d'un comte suédois et Jean, son serviteur. Prisonnière du sentiment de supériorité de sa classe et de la haine des hommes, inculquée par sa mère, Julie affronte Jean et veut le dominer. Qui se révélera le plus fort à ce jeu cruel de séduction-répulsion à l'issue tragique ?

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  • Fracassés

    Kate Tempest

    Sismographe d'une génération à la dérive, Fracassés oscille entre rage de vivre, lutte et désespoir.
    À Londres, trois jeunes gens, Ted, Danny et Charlotte se battent pour donner un sens à leur existence.
    Solitude et sentiment d'aliénation s'adossent à des conditions de vie précaires et une morosité du quotidien.
    Tous trois restent fortement éprouvés par la mort de leur ami Tony, survenue dix ans plus tôt.
    Prisonniers de jobs insatisfaisants et de vies étriquées, ces quadragénaires sombrent dans une fuite en avant qui les absorbe et leur fait perdre la raison.
    Le jour de l'anniversaire de la mort de Tony, ils décident de se retrouver le temps d'une soirée pour faire le bilan et se donner un nouvel élan.
    Monologues intérieurs, scènes chorales, slams et scènes dialoguées au réalisme brut s'entremêlent avec un réalisme social des plus violents où les rêves de jeunesse se fracassent, les désillusions tournent en addictions.

  • Les Bas-Fonds, conçus en même temps que Les Petits Bourgeois, est considéré comme le chef-d'oeuvre dramatique de Gorki. Stanislavski, le premier, en avait assuré la mise en scène. Dans Ma vie dans l'art, il s'étend longuement sur les problèmes que la pièce lui avait posés.

    « Vivement intéressés par les récits de Gorki, nous eûmes envie d'observer nous-mêmes cette humanité déchue. Une expédition fut organisée au marché de Khitrovo qui était l'empire des clochards.

    Nous pûmes visiter librement ces grands dortoirs où, sur d'innombrables bat-flanc, gisaient immobiles, tels des cadavres, des hommes et des femmes rompus de fatigue. L'un de ces asiles de nuit abritait "l'université" des clochards : c'étaient ceux qui savaient lire et écrire et que l'on chargeait souvent de copier les rôles de nos acteurs. Nous fûmes reçus comme de vieux amis : ne nous connaissaient-ils pas en tant qu'acteurs ? Ne copiaient-ils pas nos rôles ? Nous posâmes sur la table la collation que nous avions apportée (de la vodka et du saucisson), et la fête commença.

    En apprenant que nous étions venus étudier leur vie pour la représenter dans une pièce de Gorki, les clochards furent touchés aux larmes.
    - Quel bonheur pour nous ! s'écria l'un.
    - Mais qu'y a-t-il d'intéressant dans notre vie ? Pourquoi nous montrer sur la scène ? s'étonnait un autre. »

  • Fable écologiste et apocalyptique, Quand viendra la vague est une comédie humaine aux allures de Jugement dernier.
    Le déferlement d'une vague bouleverse l'écosystème d'une petite île et menace de frapper de plus belle. Avec humour, la pièce oscille entre jeu réaliste et fiction eschatologique. Qui survivra à la mystérieuse crue ? Qui « mérite » d'être sauvé ? Assis sur un rocher, Mateo et Letizia assistent à la montée des eaux et procèdent à la sélection des espèces.
    A l'heure du règlement de comptes et de l'effondrement de leur monde, ces maîtres du jeu sauront-ils pardonner aux fantômes du passé et se libérer de leur insularité ?

    Dans cette courte forme aux dialogues ciselés, Alice Zeniter s'intéresse à l'enfermement que représente le couple. Que signifie choisir quelqu'un ? Nul homme n'est une île.

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  • Sous le nazisme, la peur et la misère affectaient toutes les couches de la société allemande, l'intelligentsia, la bourgeoisie, la classe ouvrière. Il y a certes le courage de la poignée de militants qui, au mépris de tous les dangers, publient une littérature illégale. Mais il y a aussi la capitulation, face à la terreur, d'une trop grande part de l'intelligentsia. C'est ce qu'a voulu montrer Brecht, d'abord à ses compatriotes exilés, autour des années 1938, en écrivant la trentaine de courtes scènes, inspirées de la réalité même, de Grand-peur et misère du IIIe Reich.
    La pièce naît en 1934 de la volonté de Brecht et de Margarete Steffin, de rassembler un matériau composé de coupures de presse et de témoignages sur la vie quotidienne en Allemagne sous la dictature hitlérienne. Le titre fait allusion au roman Splendeurs et misères des courtisanes de Balzac, et inscrit donc la pièce dans une lignée de peintures naturalistes de la société allemande de l'avant-guerre, brossant un large tableau allant du monde ouvrier à la magistrature en passant par la petite bourgeoisie.
    La création de huit scènes aura lieu en mai 1938 à Paris devant un public essentiellement composé d'émigrés. Certaines scènes seront également publiées dans des revues d'émigrés visant à alerter l'opinion publique sur la réalité de la dictature en Allemagne et signalant le danger d'une guerre imminente. On y voit tour à tour la bourgeoisie, le corps médical, la justice, les enfants, les prisonniers, etc. évoluer face au régime.
    Ce n'est cependant qu'après la Seconde Guerre mondiale que la pièce rencontre son succès, car elle montre, comme le disait Brecht lui-même, " la précarité évidente du IIIe Reich, dans toutes ses ramifications, contenue uniquement par la force ".
    Aujourd'hui encore, Grand-peur et misère du IIIe Reich résonne comme un avertissement contre toute forme de système absolu et reste l'un des textes clés du vingtième siècle et au-delà. C'est un manifeste qui invite à lutter contre toute forme politique basée sur la discrimination et sur la crainte.

  • L'Amour de Phèdre semble occuper une position singulière parmi les pièces de Sarah Kane et il est de fait très rare qu'un auteur anglais adapte une pièce classique. Indépendamment du fait que l'impulsion pour le projet venait du Gate Theatre - Sarah Kane avait d'abord pensé à Woyzeck et Baal, deux idées auxquelles elle n'a pas donné suite pour des raisons pratiques -, elle s'est finalement décidée à reprendre Phèdre de Sénèque, l'histoire d'une reine qui tombe désespérément amoureuse de son beau-fils. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, l'adaptation s'intègre parfaitement dans l'univers de l'auteur : réapparaissent notamment la dissection d'une émotivité masculine malsaine et nihiliste, tout comme la question de Dieu et les conséquences de la violence.

  • Lorsqu'elle retourne à Güllen après une longue absence, Claire est prête à sortir le bourg de sa misère financière. Mais elle demande un prix, son propre prix : la vieille dame veut régler son compte à Alfred, son ancien amant qui l'avait éconduite après l'avoir mise enceinte... La Visite de la vieille dame est la pièce de Dürrenmatt la plus jouée au monde.

  • Yerma fait partie de la trilogie rurale composée par Federico García Lorca entre 1932 et 1936, avec Bodas de sangre (Noces de sang), et La casa de Bernarda Alba (La maison de Bernarda Alba). Yerma, qui donne son nom à la pièce, est une jeune épouse intensément frustrée de ne pas être mère. Elle sublime son désir d'enfant avec passion et en fait un but idéal, mais elle se heurte à la froideur de son mari Juan, et à la société qui l'entoure. Dans un dernier recours elle participe à un pèlerinage supposé favoriser la fertilité, mais qui donnera lieu à la tragédie finale. Teatr Penn-ar-Bed signe avec cette pièce puissante son retour sur les planches, avec la langue bretonne pour servir la richesse du texte de Lorca.

  • Manque

    Sarah Kane

    Manque est un texte duquel la violence physique, si caractéristique d'Anéantis ou de Purifiés, est absente. Quatre voix dont l'identité n'est pas clairement définie parlent respectivement entre elles et à ceux qui les écoutent. La lecture de Preparadise sorry now de R.W. Fassbinder est à l'origine du projet. Les ressemblances avec La Terre vaine de T.S. Eliot sont patentes, du moins sur le plan poétique, car le texte est truffé d'allusions et de citations, sans que Kane ait voulu les identifier. Quant au sujet, les voix qui déversent leurs sensations dans un torrent d'impressions, de souvenirs et de désirs sont à l'image de l'idée que Sarah Kane se faisait de l'amour : dès que deux personnes forment une relation, une sorte de colonisation prend place et l'une d'elles risque d'être abusée par le pouvoir que l'autre exerce sur elle.

  • Dans François, le Saint Jongleur, comédie subversive inspirée de l'histoire méconnue de François d'Assise, Dario Fo retrace en plusieurs tableaux la vie de l'homme de foi, resté célèbre pour ces harangues populaires à travers toute l'Italie. Celui qui avait fait voeu de pauvreté dénonçait avec verve le pouvoir néfaste de l'argent, la comédie des erreurs politiques et des errances religieuses. À Rome, il s'en alla défier le pape pour obtenir son accord de proclamer l'Evangile de par les chemins en langue vulgaire.
    Avec une truculence irrévérencieuse, Dario Fo conte des épisodes de la vie du Saint, relevant sa parenté spirituelle avec l'anticonformisme de l'ecclésiaste, qui appelait à la rébellion contre les puissants de ce monde.

  • Anéantis

    Sarah Kane

    En 1995, Sarah Kane écrit Anéantis (Blasted) qui est aussitôt créé au Royal Court Theatre de Londres. Presque trente ans après Sauvés d'Edward Bond, créé dans le même théâtre, la presse britannique se déchaîne : sale, alarmant, dangereux. Mais l'auteur et sa pièce accèdent immédiatement à la célébrité.
    L'histoire de Ian et Cate dans un hôtel de luxe à Leeds est l'histoire d'un amour impossible. C'est aussi l'histoire d'une aliénation profonde entre les légionnaires de la guerre civile et la population qu'ils sont susceptibles de conquérir.
    Ce qui fait la gloire des dramaturges, c'est la forme qu'ils savent donner à leurs sujets. Et l'écriture de Sarah Kane est scénique, c'est-à-dire à trois dimensions. Dialogue et action s'enchevêtrent, se complètent et s'enrichissent mutuellement pour donner à l'ensemble une nouvelle profondeur de champ.

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  • Quel est l'homme capable de résister à une femme s'il laisse à celle-ci le temps d'user de son art ? qui prend la fuite n'a pas à craindre d'être vaincu, mais qui s'arrête pour écouter et se complaît à écouter ne peut, quoi qu'il en ait, que succomber tôt ou tard.

  • Diane

    Fabrice Melquiot

    Cet autoportrait est une traversée d'un itinéraire artistique hors du commun. Diane Arbus, née Nemerov en 1923 d'une famille juive newyorkaise, travaille dans la photographie de mode aux côtés de son mari, avant de s'en affranchir pour imposer sa propre vision. Dans l'Amérique des années 1960, dans la lignée d'un Walker Evans, elle descend dans la rue à la rencontre de ses modèles. Restée célèbre pour ses portraits d'inconnu.e.s pris au reflex 6x6 à deux objectifs, elle se distingue par sa fascination pour les personnages hors-normes. « Ce que j'essaie de décrire, c'est l'impossibilité de sortir de sa peau pour entrer dans celle d'un autre. » Personnes transgenres, handicapés mentaux, jumeaux, nains, prostituées offrent des visages et des corps de l'Amérique moderne dont elle tente de capter la vérité, à contre-courant de l'esthétique conventionnelle du portrait.

  • De 1618 à 1648, la guerre de Trente Ans a dévasté l'Europe. Pour Brecht, cette guerre est " l'une des premières guerres gigantesques que le capitalisme a attirées sur l'Europe. " Mère Courage reconnaît l'essence mercantile de cette guerre : elle suit les armées avec sa carriole de marchandises et fait de bonnes affaires. " Tout au long de la pièce, Mère Courage a les yeux collés, elle n'arrive pas à le voir ; pour elle, le négoce est extensif à la guerre, la guerre est contingente au négoce. " (Roland Barthes) Mais cette marchande a aussi des enfants, et c'est là que la bât blesse et que la dialectique passe à l'attaque.
    Brecht écrivit Mère Courage en exil, à l'automne 1940, à une époque où le peuple allemand était aussi peu capable que Mère Courage de tirer les leçons de ses malheurs et de surmonter ses contradictions. Mais aujourd'hui, les Mère Courage ont-elles disparu ?
    La mise en scène de la pièce par Brecht en 1949, avec le Berliner Ensemble, a pour la première fois fait connaître concrètement au public, et avec un immense succès, le théâtre épique et dialectique, tel que Brecht l'avait conçu pendant son exil.
    À la fin de ce volume, le lecteur trouvera des textes de Brecht éclairant Mère Courage sous cet angle.

  • Christopher Sly se fait jeter, ivre, hors de la taverne et s'endort sous un buisson. Un lord et sa suite le découvrent. Le lord décide de s'amuser à ses dépens ; il le fait emmener chez lui dans sa plus belle chambre. On fait croire à Sly qu'il se réveille de quinze années de désordre mental, et qu'il est un noble et riche lord...
    Pour poursuivre son plaisir, le lord a engagé une troupe de comédiens et offre à Sly le spectacle d'une pièce de théâtre. Baptista, vieil aristocrate de Padoue a deux filles : Catarina, la mégère, au caractère revêche et faisant fuir tout prétendant éventuel et la douce Bianca que convoitent bien des gentilshommes dont Hortensio et Gremio. Lorsque le jeune seigneur Lucentio débarque de Pise, il en tombe immédiatement amoureux et décide de la conquérir. Mais, pour cela, il faut d'abord que Catarina trouve un prétendant ; mais qui voudrait d'une jeune fille au caractère aussi épouvantable ? C'est alors que Petruchio se présente au père des deux jeunes filles et déclare vouloir épouser Catarina...
    Shakespeare présente un bel exemple de mise en abyme : les premiers personnages, Sly et le lord, deviennent spectateurs d'une autre pièce de théâtre, ce qui met le vrai spectateur à la marge de la représentation et le force à dédoubler son attention puisque la première pièce continue subrepticement.
    La tromperie est à l'honneur dans cette comédie : le lord se joue de Sly et Lucentio prend la place de son valet pour mieux arriver à ses fins. La pièce toute entière se joue du spectateur et des repères classiques.

  • Il faut que les reproductions s'effacent devant ce qui a été reproduit, la vie en commun des hommes, et le plaisir procuré par leur perfection doit être porté au plaisir plus élevé de voir traitées comme provisoires et imparfaites les règles mises en évidence dans cette vie en commun. C'est en cela que le théâtre laisse le spectateur productif, par-delà le regard porté sur le spectacle. Dans son théâtre, puisse le spectateur jouir comme d'un divertissement de ses terribles et interminables travaux, qui sont censés lui assurer sa subsistance, ainsi que de l'effroi de son incessante métamorphose. Qu'il s'y produise de la façon la plus légère ; car le mode d'existence le plus léger est dans l'art. » (Brecht)

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  • Purifiés

    Sarah Kane

    La matérialisation de son univers poétique soulève la même question que les premières pièces de Kane. « Les rats emportent les pieds de Carl » - comment est-il possible de porter à la scène une telle didascalie ? Sarah Kane croyait passionnément qu'il est possible de représenter ce qui est imaginable. Aussi a-t-elle repoussé les frontières d'un théâtre (anglais) souvent confiné dans son naturalisme et a exigé des metteurs en scène des solutions nouvelles et courageuses.

  • " j'ai toujours entendu dire : quand on aime, on marche sur un petit nuage, mais ce qui est bon, c'est qu'on marche sur la terre, sur l'asphalte.
    Vous savez, le matin, les pâtés de maison ressemblent à de gros tas d'ordures dans lesquels on aurait allumé des lumières, quand le ciel est déjà rose et encore transparent parce qu'il n'y a pas de poussière. vous voulez que je vous dise, vous perdez beaucoup si vous n'êtes pas amoureux et que vous ne voyez pas votre ville à l'heure où elle se lève de son lit, comme un vieil artisan qui, le ventre vide, emplit ses poumons d'air frais et saisit ses outils, ainsi que chantent les poètes.
    " le 18 mai 1941, lion feuchtwanger écrit à brecht depuis son exil californien : " j'ai reçu le manuscrit de la bonne ame du se-tchouan. c'est un petit miracle qu'au milieu de cette confusion barbare vous ayez pu réaliser quelque chose d'aussi beau, clair, tranquille et classique. " dans le se-tchouan, une province fort reculée de la chine, trois dieux voyagent. ils recherchent des justes. ils en trouvent une seule : shen té, la prostituée.
    Pour la récompenser, ils lui donnent un peu d'argent ; elle quitte son métier, ouvre une boutique de tabac. les ennuis commencent : passer de l'autre côté de la misère, c'est aussi devoir l'affronter. misère physique, sociale. mais aussi misère morale. dans la clairvoyance avec laquelle sont dépeints les habitants du se-tchouan, parle toute la tristesse et la révolte de l'exilé brecht devant l'incapacité des peuples à faire échec aux structures de domination.
    Brecht écrit cette pièce pendant que la guerre achève de détruire son pays. on retrouve, transporté en chine, le monde de l'opéra de quat'sous, mais s'y ajoute une tonalité morale, qui n'est pas sans rappeler parfois la flûte enchantée. la fresque épique des aventures de shen té est ponctuée d'appels désespérés à la bonté et d'explosions de colère, devant la médiocrité et la passivité des humains.
    à l'heure où les libertés civiles sont de plus en plus menacées, la pièce n'a rien perdu de sa force.

  • Les dialogues de 3 films majeurs de l'enfant terrible du cinéma allemand.
    Maman Küsters apprend que son mari, ouvrier dans une usine chimique, s'est suicidé après avoir tué son patron.
    La presse à scandales harcèle la veuve.
    Pression médiatique, conflits de classe et engagement politique s'entremêlent avec brio dans ce drame.
    Franz, jeune homme d'origine modeste, gagne une importante somme d'argent au loto.
    Il s'entiche alors d'Eugen, jeune bourgeois aux goûts de luxe.
    Eugen usera de ses charmes pour lui inculquer les bonnes manières tout en le pillant, menant ainsi Franz à sa perte.
    Emmi, veuve d'une soixantaine d'années, rencontre Ali, jeune immigré, dans un café.
    Il s'installe chez elle dès le lendemain et ils se marient.
    Leur romance à contrecourant scandalise l'Allemagne des années 70.
    Comment cette relation résistera-­-t-­-elle à l'intolérance et aux préjugés ?

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