L'arbre Vengeur

  • Cette longue nouvelle écrite en 1926 met en scène un individu à la fois idéaliste et misanthrope qui acquiert à l'âge de 35 ans une île dans l'intention de la transformer et de créer un univers dont il sera le maître.Ses espoirs déçus, il s'installe sur une deuxième île plus petite et sombre peu à peu dans la plus totale indifférence avant de finir hanté par ses obsessions.

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  • Raconté par un homme vieillissant que la vérole a défiguré mais qui reste précieux car il sait inséminer les fleurs du vanillier, Les Tortues nous plonge dans un épisode dramatique de la vie de ce survivant :
    Une épidémie qui ravagea l'équipage d'un bateau de trafiquants transportant des tortues géantes. Au son des carapaces s'entrechoquant, dans l'angoisse d'un navire noir qui les poursuit, les hommes ont vécu dans l'espoir d'un trésor sans cesse plus éloigné. Incapables de se libérer de leur prison sur les eaux, ils ont dû affronter leur propre terreur, la variole et enfin la mort tapi dans l'ombre.
    Inspiré par Melville, envahi par les vapeurs alcoolisées qui rappellent Lowry, dans une ambiance à la B.Traven, ce roman symbolique est un des diamants noirs de la littérature du XX° siècle.

  • Un humoriste, on a du mal à l'imaginer en famille, entouré de ses enfants, de sa femme, de la bonne et du chien... Un humoriste, on le voit plutôt seul, en goguette, décochant à tout venant, à tout moment, traits et saillies pour la plus grande allégresse d'une cour mondaine et bambocharde. Encore une fois, Jerome K. Jerome bouleverse les idées reçues. Le grand humoriste britannique se montre ici englué dans les soucis domestiques du bon père de famille, éperdu d'admiration pour celle-ci, déçu par celui-là, aux prises avec les voisins, les fournisseurs et les animaux d'alentour.

    L'achat d'une nouvelle maison, avec les aménagements qu'à sa guise chacun, dans la famille, souhaite y porter secrètement - ou bruyamment - est un prétexte merveilleux pour aiguiser la verve de l'humoriste, et si rien ne vaut le rire pour corriger les moeurs, elles sont ici, on le verra, suffisamment châtiées pour en sortir régénérées.

  • François Appas a vécu dans sa chair ce qui peut arriver à chacun?: la vision sublime d'un être inconnu. Pour lui ce fut le mouton qui a peu à peu envahi son cerveau. Avec ce livre, il creuse le sujet, en quatorze chapitres laineux et sans haine, sans en faire un méchoui, plutôt une célébration dans laquelle il apparaît clairement que l'auteur doit savoir se détacher du troupeau pour bêler à sa manière les joies ovines. Voici une suite de considérations qui constitue une «?quasi rhapsodie?», une ode à la différence en plein champ, une vengeance aussi face aux tourments endurés devant le loup (il n'y a pas que les chèvres pour lutter), une manière enfin de rendre justice à cet animal qu'on a déjà vu pleurer. Quant à Tarbes, c'est une autre histoire...

  • Architecte en fuite, le héros de ce premier roman est un bavard qui cause beaucoup de lui-même et de son grand projet : écrire un roman. Et tant pis pour sa femme elle-même auteure un peu en vue. Lui ne sait pas trop comment engager l'affaire mais il a une idée ou plutôt un personnage, plutôt vague : un officier SS pétomane... T ournant, virant, théorisant, il rame sacrément. Jusqu'au jour où, par dépit, il ouvre le journal intime de sa femme et y découvre qu'elle a sans doute un amant, un certain Léon, particulièrement bien monté. Le ton est donné, il ne va avoir de cesse de retrouver l'impétrant pour comprendre l'attrait irrésistible qu'il exerce sur sa compagne.
    Désolant d'incertitude mais plein de théories (pas si fumeuses que ça) sur la littérature, le narrateur cause et nous réjouit.

  • Nom de noms

    Gilles Verdet

    Dans chaque récit qui nourrit ce roman choral, s'entrechoquent, avec humour et dérision, des petites destinées et des grandes déconvenues : lignes de vies qui s'entrecroisent d'un chapitre à l'autre, engendrent des rencontres improbables, des occurrences impromptues et des destins incertains, suscitent des envies de sexe et de meurtre. Et attirent des convoitises d'argent rapide.. Des mensonges anodins et des grandioses impostures.
    Des accès de cupidité et des personnalités doubles. Des vies ratées et des espérances déçues. Pendant qu'autour d'eux se vide le canal Saint-Martin pour son nettoyage décennal. Il découvre les débris, les rebuts et les objets obsolètes enfouis dans la fange et la boue. Et met au grand jour tout ce qu'on aurait tant souhaité dissimuler...

  • Anthelme est célèbre?! Le Président de la République en personne vient décorer dans son village l'auguste chercheur qui a consacré sa vie à l'étude des insectes, composant une somme qui constitue un sommet littéraire. Mais Anthelme est un homme, qui vieillit et qui songe encore à l'amour. En s'inspirant des comportements des petites bêtes fascinantes qu'il a observées, il va donc imaginer un «?crime?», dicté par ses sentiments les plus ambigus, qu'il espère parfait et dans la lignée de cette amoralité si caractéristique du monde animal qui n'a de comptes à rendre à personne.

    Sans jamais citer le nom de Jean-Henri Fabre qui lui a servi de modèle, Jean-Louis Bailly a ciselé un petit roman perfide, la vie minuscule d'un grand homme caché derrière sa réputation. Vif et intelligent.

  • Victor Bâton vit dans l'obsession de se faire des amis. Trentenaire qui tire le diable par la queue mais se refuse à travailler, il subsiste de sa pension et parcourt la ville dans des vêtements usés qui ne le rendent guère séduisant. Pourtant il s'accroche à chaque rencontre, se fait un espoir de chaque regard et n'en finit pas de s'inventer un avenir qu'une magnifique amitié illuminerait. Dans un Paris sans lumières, il nous raconte sa quête en détail.
    Avec ce premier roman, Emmanuel Bove ébranla la littérature : son écriture, qui allie densité du style et simplicité formelle, ironie mordante et compassion, a traversé le temps.
    Mes amis est un chef-d'oeuvre, de ceux qui touchent chaque lecteur. Une rareté qu'il est indispensable de ne pas manquer. Il a reçu le Prix Initiales 2017

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  • Que se passe-t-il quand un écrivain, par nature voué au confinement quotidien, se voit rejoint par l'ensemble d'une population qu'on invite à rester cloîtrée ? Au pire il écrit ce qui lui arrive pour constater que ses congénères font comme lui et se racontent à grand renfort d'adjectifs égotistes et d'évidences narcissiques.

  • Huit nouvelles sur l'imposture qui mettent en scène des New Yorkais pathétiques ou malins. Une manière en huit variations de découvrir l'étonnante palette comique de cet humoriste qui fit la jonction entre Twain et les comiques du New Yorker, doué d'un sens du récit qui en fait un modèle pour une ribambelle d'écrivains américains. Son univers amusant l'a malheureusement coupé d'une partie d'un lectorat, surtout en France, qui n'a vu en lui qu'un humoriste là où il y avait bien du Tchékhov (en moins slave).

  • «?Les nouvelles de Reinhard Lettau sont ainsi autant de pièges spirituels et inquiétants dont notre imagination ne se libère que difficilement. Nous avons affaire à coup sûr à un dangereux magicien puisqu'il sait apparemment trouver le défaut de la cuirasse grâce auquel l'imaginaire peut s'introduire dans le réel et le bouleverser.?» Publiées au début des années 60 en Allemagne, elles marquent d'emblée le territoire d'un écrivain doué pour les labyrinthes imaginaires excitants comme nous les aimons.

  • Mirbeau était un grand romancier mais il mettait de l'énergie à bousculer ce genre bourgeois : il débuta le siècle avec un Décaméron fou et ravageur, placé sous le signe d'une maladie alors en vogue, la neurasthénie. Avec ces contes cruels où défile une humanité inquiétante et odieuse qui provoque ses ricanements inspirés, les scènes de cure pyrénéenne qu'il imagine nous offrent la peinture de fripouilles, crapules, imbéciles et autres sales individus auxquels il règle leur compte d'un trait impitoyable. Livre de l'excès d'un homme blessé qui a choisi le rire pour se venger de la folie de la société, livre du dégoût qu'une vivifiante drôlerie permet de surmonter, ce roman, dans lequel il déploie son humour ravageur, est la plus belle revanche d'un écrivain qui fit de sa colère une gloire.

  • L'homme qu'on appelait jeudi ; un cauchemar (The Man Who Was Thursday : A Nightmare paru en 1908 est le plus célèbre "thriller métaphysique" de Chesterton. Sa traduction (de 1911...) méritait sérieusement un rajeunissement, d'autant qu'il manquait des passages... Ce roman est considéré comme une oeuvre charnière du XXe siècle, entre Lewis Carroll et Kafka ou Borges qui d'ailleurs le vénérait.
    Plus qu'un roman policier, il s'agit aussi d'un roman d'aventure, d'une sorte de vaudeville, d'apologue, de variation philosophique et humoristique qui en fait un objet littéraire inclassable et qu'on peut lire à plusieurs niveaux. Autour d'un mystérieux complot anarchiste, GKC tresse un entrelacs de rebondissements qui surprennent et ravissent.

  • Secrets barbares

    Rodney Hall

    En composant Secrets barbares, Rodney hall s'est souvenu d'un fait divers qui avait d'autant plus marqué les Australiens qu'il n'avait jamais pu être élucidé. Le jour de Noël 1898, on assassina après les avoir violés deux soeurs et un frère de la famille Murphy. Soixante plus tard un voisin se prétend le coupable, sans convaincre le survivant de la fratrie, Patrick qui va entreprendre, avec les faiblesse de sa mémoire vacillante, de ressusciter l'histoire de sa terrible et funeste famille. Il entrouve les portes d'un royaume barbare sur lequel règnent des parents tyrans qui font vivre les leurs dans un monde qui a érigé la violence en règle. Mais Rodney Hall transforme cet infernal huis clos en épopée tragique et poétique, faisant souffler sur ses créatures sa langue ardente.

  • « Tout, dans ce royaume vert incomparable, appartient au surnaturel : cette prodigieuse beauté d'une nature secrète, cette attraction irrésistible, cet arbre, ne voyez-vous pas ce qu'il a de fantastique et de mystérieux, dans sa volonté de vivre ? » Abattu par la cupidité des hommes venus s'enrichir dans la forêt amazonienne, « L'Arbre-Dieu » git depuis trente ans au milieu d'une clairière que nul n'ose plus approcher. Deux hommes vont néanmoins retourner à son chevet avant de plonger dans la selve profonde et dangereuse. L'un est jeune et ne sait rien de cet univers où l'entraîne son aîné, un chercheur persuadé qu'au plus profond de ce royaume invisible se cache une civilisation oubliée.
    Comme les autres livres de La Montagne morte de la vie, ce cycle fantastique majeur qu'il inaugure, ce roman possède sa part d'étrangeté et de beauté, captivant l'esprit du lecteur par ses descriptions d'un univers originel où l'homme n'est qu'un intrus. Mais c'est aussi un parfait roman d'aventures mettant aux prises deux explorateurs qui ont le don de se tirer des périls pour aller au bout de leur enfer, rêvant d'un paradis qui n'est peut-être que dans leur esprit.

  • Si certains en prennent pour leur grade, si les idées reçues y sont soumises à l'épreuve implacable de l'acide et de l'ironie, aucun animal en revanche n'a été maltraité ou blessé pendant l'écriture de ce livre. À l'exception d'un blaireau, bien sûr, comme son titre en fait l'aveu. Mais l'auteur semble hors de cause et plutôt déterminé à le venger. Y parviendra-t-il ? Ce n'est pas le seul enjeu du livre, mais ce n'est pas non plus le moindre. Un journal est-il d'ailleurs autre chose qu'un quotidien suspense ?

  • Les mers intérieures voient parfois se déchaîner les pires tempêtes. L'heure du thé est souvent celle où l'on entend les histoires les plus terribles.

    Infusées longtemps, acides et intrigantes, les histoires de Christophe Langlois sont comme des gorgées intenses où le goût du mystère croise celui de l'étrange. Héritier de Buzzati dans un monde moderne qui laisse entrevoir un peu de son antique barbarie, l'auteur de ces quinze histoires a l'art de surnager dans nos apocalypses quotidiennes sans craindre de nous provoquer.

    Humour noir, écriture au cordeau, imagination débridée sont les ingrédients de ce recueil de nouvelles que vous dégusterez en prenant garde de ne pas mordre la fine tasse qui les contient.

  • Ne jamais sortir de chez soi en pantoufles avec ses clefs à l'intérieur ! Ou alors être prêt à l'aventure urbaine et sociale. Le héros de cette épopée urbaine va éprouver le pouvoir de ses charentaises et de quelle manière sa vie, pourtant si banale, peut en être changée. Face à ses collègues de travail, sa famille, ses amis, les forces de l'ordre, voire la confrérie des farfelus, il se lance pendant plusieurs jours dans un combat inattendu pour imposer sa si tranquille façon de marcher et de regarder les gens, à hauteur de chaussettes. Ce numéro de funambule s'achèvera devant un spectacle de Guignol, joliment.

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  • Voici un livre qui paraît modeste et qui est pourtant un des plus beaux que nous ait offert la littérature anglaise. Un roman d'amour qui raconte la passion impossible qu'une femme et un homme (emprisonné injustement et à vie) se vouent et qui vont devoir se réfugier dans le monde du rêve (le "rêver-vrai") pour vivre leur bonheur. Du Maurier ne se savait pas romancier, il confia son idée de sujet à son ami Henry James qui l'invita à se lancer et à ne pas abandonner une si belle idée. C'est donc en "amateur" et avec une belle naïveté que l'auteur s'est lancé dans cette aventure littéraire qui fascina les surréalistes et tous ceux que l'onirisme fascine. On sort de ce livre, paru en 1892 mais tellement "neuf" dans son regard sur l'amour, comme lustré de beauté et de joie.

  • Avec ce court roman obsédant, Bove rend hommage au roman russe et nous rappelle ses origines slaves en imaginant un coupable obsédé par l'aveu d'un crime que nous ne connaîtrons pas, flanquée d'une Violette dont la plus grande misère est l'incapacité à comprendre les fluctuations de l'homme qu'elle accompagne. Il revient à ces figures qui traversent son oeuvre, désespérés qui veulent payer pour des fautes qu'ils ne sont pas sûrs d'avoir commises, jugés pour des crimes qu'ils sont prêts à avouer, coupables surtout de supporter leur misère en osant éléver la voix. Personnage fugace, Changarnier est une des plus belles figures de l'univers bovien, un récalcitrant pathétique qui ose crier sa misère en exigeant un respect dérisoire. Un Bove pour le coeur.

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  • On croit en France que l'écriture n'est pas affaire de technique mais de révélation. Le Russe Chklovski s'évertue à prouver le contraire dans ce petit bréviaire à l'usage de ceux qui ne veulent pas écrire n'importe quoi n'importe comment. On y apprendra ainsi qu'il vaut mieux ne pas se hâter de devenir écrivain professionnel, comment on rédige un article, comment on développe une intrigue, compose un caractère, ou encore pourquoi il faut collectionner les mots.
    En prenant des exemples d'auteurs indiscutables comme Dickens, Maupassant, Tchekhov ou Dostoïevski, il invite autant à réfléchir sur la pratique qu'à mettre en action des procédés à même de prémunir contre une médiocrité qui n'a pas de frontière.
    On ne naît pas écrivain, on le devient, et jamais sans conseils avisés.

  • Côté cour, Sémion Ivanovitch Nevzorov partage son existence entre de vagues rêveries de midinette et quelques polissonneries avec sa maîtresse Knopka. Côté rue, la monotonie des semaines de bureau n'est guère rompue qu'à l'occasion des heures passées au cabaret du Pôle Nord. Ses camarades de beuverie n'accordent donc guère crédit aux propos d'une voyante qui prédit à notre homme un destin rempli d'aventures variées. C'est alors que la guerre puis la révolution russe se chargent de réaliser les prophéties en propulsant Nevzorov dans un tourbillon. Tolstoï utilise son talent fabuleux au service du plus échevelé des romans-feuilletons, et la vie du héros se confond bientôt avec une suite déchaînée de péripéties qui le mènent de Saint-Pétersbourg à Istanbul en passant par Odessa.

  • Sidérante synthèse de plusieurs genres littéraires qu'il transcende, ce roman de mer, histoire de pirates au bateau encalminé en mer et du gamin, le narrateur, embarqué dans un cauchemar qui voit l'équipage ravagé par la faim et l'alcool s'entredévorer.
    Une tempête formidable va mettre fin aux tortures en engloutissant les derniers survivants projetés dans un gouffre infernal. Deux naufragés en ressortiront, le matelot et un vieux briscard qui l'a protégé. Les voilà échoués sur une rivage sans pareil, peuplé d'hommes statufiés au pied d'une montagne écrasante. Portés par un espoir infime, ils entreprennent de gravir cette masse rocheuse qui semble animée d'une vie propre. Cette ascension constituera l'acmé de ce livre qui sort du réel pour nous projeter dans un autre monde. Fascinant.

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