Jean-paul Rocher

  • La visite

    Claire Fourier

    L'homme est médecin ophtalmologiste.
    La femme lit beaucoup, écrit des pages qu'elle range dans ses tiroirs. a l'occasion d'une consultation, ils découvrent leur voisinage : leurs fenêtres se font face, séparées par un jardinet. l'homme demande à la femme de l'autoriser à la visiter. pendant des mois, alex vient visiter gloria. une sympathie profonde naît, qui n'exclut pas une guerre de bon aloi entre les deux sexes. qu'est-ce que la visite ? claire fourier continue de traquer la relation masculin-féminin.
    Dans chaque livre, elle l'explore, portée par une sensibilité toujours à vif et un émerveillement constant devant le fait que la nature a créé les êtres humains homme et femme. la conscience d'une chance inouïe procure à claire fourier une intensité de sensations qu'elle décline à nouveau, avec minutie, en orfèvre du couple.


  • printemps égale renaissance.
    claire fourier a choisi d'achever la suite des quatre recueils de haïku avec les poèmes consacrés au printemps. renouveau de la végétation qui entraîne le réveil du plaisir de vivre et, dans la foulée, le réveil de l'humeur coquine. après la solitude et la tristesse de l'hiver, voici la chair de bonne humeur, elle a envie de batifoler : mieux vaut être sur la terre que dessous. primavera oblige, les racines font place aux primeurs et la rumination au tempérament primesautier.
    régénéré, le corps s'anime : leste, fou de désir, il réclame l'amour, de le faire, de le dire. on jette la mélancolie aux orties. les robes virevoltent, le jardin se dévergonde, explose de couleurs vertes et roses. alors la plume aussi virevolte, se dévergonde, devient verte comme l'air, rose comme un jupon, autrement dit : enjouée, espiègle, pétillante, ludique, gentiment canaille. la valse libertine constitue un roman-haïku plein de sourires, d'invitation aux ravissements de l'amour et à la joie de vivre.


  • "Avec le ton délicieusement badin d'un P.G. Wodehouse, Daniel Rocher trousse un road story piquant, vu derrière des lunettes à double foyer. Le voyage ressemble à un pèlerinage sur les hauts lieux d'une vie dérisoire qui s'achève " aussi naturellement, aussi simplement que le soleil, visible ou invisible, se laisse descendre dans la mer " " Pierre-François Moreau L'Evénement du jeudi, juin 2000. "Il est facile de présenter un auteur en le comparant à un autre. Pourtant, dès la première phrase : " Il s'appelait comme il pouvait, c'est-à-dire Félix Raminet ", Marcel Ayrné s'impose, bien que M. Raminet ait son caractère propre et Daniel Rocher un style et une imagination qui ne doivent rien à personne. La comparaison se limite à l'atmosphère du récit où l'insolite et l'ordinaire se confondent au cours des rencontres que tait ce juriste à la retraite qui, à 66 ans, achète sa première voiture" Pierre-Robert Leclerck Le Monde, 2003

  • " C'est donc au nom de ces valeurs Que j'accuse avec insistance Ces brasseries de beaux parleurs (Cul et chemise à la Finance) Et ces fast-foods-cambrioleurs (Aux mains d'un gibier de potence, Un tiers clown, deux tiers racoleurs Et grand trafiquant d'appétence).
    Là se goinfrent des avaleurs Adhérents de cette pitance Qui, en retour, adhère à leurs Intestins plombés d'impotence, Chers clients mais pauvres payeurs Qui, pour prix de leur pénitence, Sentiront plus tard les douleurs De l'obésité pour sentence. " Avec " Les Mots de la faim " s'achève le cycle commencé par " Mets & Mots ", prolongé par " l'Opéra-Bouffe " puis par " Le Verbe & la Chère ", aussi vrai qu'il y a quatre points cardinaux, quatre saisons, quatre éléments...
    Et quatre saveurs ! D'octosyllabes en alexandrins les textes s'égrènent et exhibent leurs fruits pleins de joie, teintés d'absurdités et de non-sens... et la langue résonne et déraisonne, s'adressant tout autant à l'esprit qu'à l'oreille interne, source de bien des vertiges - mais sans doute sont-ce, pour qui sait lire, les charmes de l'entendement...

  • Une femme vient passer vingt-quatre heures à la rochelle.
    C'est un 24 octobre. elle est tout oeil, tout ouïe, toute mémoire. elle relie mille choses apparemment étrangères les unes aux autres : richelieu, un clochard, un éditeur, le bégonia, des passants, un serveur agile, un logis affligeant, chassériau, une rue commerçante, un hôtel tristounet, une enfant gracieuse, un caissier qui s'ennuie... les petites choses ont autant d'importance que les grandes, et d'ailleurs qu'est-ce qui est petit, qu'est-ce qui est grand ? l'humeur et l'amour donnent sens à tout.
    Béatrice, mais est-ce bien son nom ? décline les heures selon des sensations aussi mouvantes que la lumière et fait d'une navigation un peu ivre dans la ville un collier de notations que traverse la clarinette d'acker bilk. la vie swingue, le livre aussi. le soir, la passagère reprend le train pour bordeaux. dans le train, un homme. claire fourier choisit à nouveau un thème qui n'a l'air de rien. avec un regard d'entomologiste et une aiguille de dentellière elle analyse et tisse le fil d'une journée somme toute banale pour en extraire, de façon inattendue, les essences secrètes.
    Bernard noël écrit dans sa lettre : " c'est un goût traversant une ville. étrange sensation d'ouïes sans cesse puisant et transformant et associant. on est dans une respiration, on touche la substance d'une vie. "

  • La Kabylie

    Daumas General E.

    Voici aujourd'hui la réédition complète de l'article "la kabylie", paru dans "la revue contemporaine" du 30 novembre 1856.

  • Titulaire d'une thèse de doctorat en histoire, joëlle guillais a publié la chair de l'autre, histoire du crime passionnel au xixe siècle, un essai dans lequel elle retrace, à partir d'archives judiciaires, les vies de criminels. photographe, elle a effectué de nombreux séjours à l'étranger, notamment pendant la guerre et la famine en éthiopie. entre autres, elle a publié deux passionnants récits de terroir, la berthe et agnès e. elle anime des ateliers d'écriture.

  • Pour la première fois, le Lettrisme est replacé dans l'histoire des idées du XXe siècle et analysé, à travers la réalité de ses apports, dans une relation avec son temps.
    Fondé, par Isidore Isou, à Paris, en 1945, ce mouvement culturel est aujourd'hui reconnu pour son exploration des mécanismes de la création et du développement des disciplines de la connaissance. Il est envisagé dans cet ouvrage depuis ses origines jusqu'à ses élargissements actuels, en prenant en compte les scissions qui ont animé son histoire, et ses rapports fondamentaux avec l'art contemporain qu'il devance sur de nombreux points.
    Le rapport complexe avec l'Internationale Situationniste, issue pour une grande part du Lettrisme, est mis en lumière et étudié dans ses similitudes autant que dans ses différences.

  • Ce qu'il y a de délicieux en Touraine, c'est que la vigne est partout, sans pour cela recouvrir tout.
    Quand je passe dans le Bordelais, je trouve qu'il y en a trop comme trop de pins dans les Landes! Je n'aime pas l'excès. J'avais une nature pour vivre en Touraine, où la vigne côtoie le champ de blé, grimpe le coteau entre le seigle et l'avoine, descend jusqu'à la Loire en bordure d'une prairie. Le vigneron en Touraine prépare son vin, tandis que sa femme veille aux fromages et à la crème. Voilà le bon sens ; il est dans la variété.
    Au coeur d'une province où il n'y a que des vignes, comment remarquer une vigne? Mais comment ne pas la saluer en Touraine entre un champ et un potager? Elle a sa place, sa forme, son rôle. Il y a des vignes que je connais et que j'aime comme des personnes.

  • " Je ne veux pas dormir dans le lit de Procuste.
    Procuste était un bandit grec. Il sévissait sur la route entre Athènes et Eleusis. On le craignait. Il s'emparait des voyageurs, faisait dormir ses otages dans un lit aux dimensions duquel il les obligeait à s'adapter. C'est dire qu'à l'un il étirait les membres, les raccourcissait à l'autre, coupant sans pitié ce qui dépassait. Procuste finit par avoir le sort de ses victimes : on le coucha dans son propre lit et on coupa la tête qui dépassait.
    Le lit fut conservé. Il a traversé les siècles, on l'a amélioré. Il est passé entre les mains de bandits qui n'ont pas l'air d'en être, ayant pignon sur rue -plutôt sur média. C'est là que les nouveaux Procuste s'emparent des esprits et les persuadent, de sorte qu'ils viennent penser dans le fameux lit... Gare à celui dont les idées dépassent. " Claire Fourier

  • " Voici le livre d'une réfractaire, espèce en voie de disparition sinon déjà trépassée.
    Jules Vallès, l'écrivain et fondateur du Cri du peuple, avait ainsi défini les réfractaires : " une race de gens qui ont juré d'être libres ; qui, au lieu d'accepter la place que leur offrait le monde, ont voulu s'en faire une tout seuls, à coups d'audace et de talent. " Aucune des qualités de la tribu ne manque à Claire Fourier : d'une sensibilité contenue, violente ou jubilatoire, elle sert avec autant d'audace que de talent le chant et la complainte des authentiques esprits libres.
    Mêlant saynètes, réflexions, aphorismes, observations, brefs dialogues, Je ne compte que les heures heureuses est soutenu par un style élégant, précis, sensuel. Ici, pas de faux-semblants, pas de fioritures. Tout ce qui fait, tout ce qui est la vie, court, rebondit sous une plume alerte : l'amant, l'étreinte, la conversation et la lettre d'amour, la maladie, la guerre, la politique, la psychanalyse, la musique, la peinture, la mort, Dieu...
    Claire Fourier est la soeur d'Alice, la fille de Tchekhov. Ses pages, mues par un émerveillement perlé de nostalgie, jaillissent, " forniquent avec le firmament ", et elles sont, croyez-moi, un élixir de jouvence ! ".

  • " Jeux de mains, jeux de vilains "...jeux de cochons ? Cet ouvrage, écrit à 4 mains, est un abécédaire à la gloire du bienfaiteur de notre table, au fil du temps : le cochon.
    Textes amusés et recettes s'imbriquent en un hymne d'humeur et d'appétit où le coup de " fourchette " succède à la déclaration d'amour, selon une jubilatoire philosophie du plaisir.

  • Le temps à fleur de peau.
    On lit : on voit se tacher des feuilles, on les écoute tomber, on repasse des choses en son coeur parce que l'attention minutieuse au temps qu'il fait suscite une perception aiguë du temps qui passe. C'est un chrysanthème que l'on effeuille au long de ces haïku d'automne qui font suite à ceux d'été, joyeux et impertinents. Les haïku de Claire Fourier ne sont pas rassemblés au hasard de l'inspiration - ou de la cueillette, tel un herbier - mais selon un ordre logique : ils épousent pas à pas la venue, le déploiement, le glissement de la saison.
    Ce sont de tout petits romans de saison mis en musique et en poésie. Taches de rousseur est ainsi le roman de l'automne. Ces poèmes s'inscrivent dans un cycle qui comprendra les quatre saisons. On retrouve dans cette série d'un peu plus de quatre cents haïku la vision teintée d'humour, de mélancolie et de tendresse, ainsi que la douce insolence qui inspirent les livres de Claire Fourier.

  • Le 23 septembre 2009, la jungle de Calais a été rayée de la carte par les CRS d'Eric Besson. Ce qui a été présenté par le gouvernement comme une opération d'intimidation contre les mafias de passeurs n'a conduit qu'à mortifier davantage des centaines de réfugiés qui fuient les guerres et la menace d'intégration forcée dans les rangs des extrémistes religieux, que nombre d'armées européennes combattent par ailleurs en Afghanistan. Ce " coup de Kärcher " traduit tragiquement le repli sécuritaire d'un continent qui se perçoit comme une forteresse assiégée. Et qui choisit aujourd'hui d'externaliser la lutte contre l'immigration clandestine, en confiant notamment à la Libye du colonel Kadhafi le soin d'interner dans ses camps, pour une durée illimitée, les candidats au départ, hors de tout contrôle du HCR. Si l'Union européenne ne respecte pas les conventions internationales qu'elle a ratifiées, si elle ne négocie pas des accords d'entraide avec les pays du Sud, si elle n'adopte pas des positions unifiées et pérennes sur les flux migratoires, elle se sera définitivement parjuré. Elle aura renié une partie des valeurs sur lesquelles elle prétend se construire. Désolidarisons-nous de ce déshonneur européen.

  • Marian, Camilo, Zouzou, Hanadi, Sidi... et les autres, vous ne venez pas de nulle part, vous ne partez pas de rien en arrivant à l'Atelier de Formation de Base de l'Association Emmaüs. Vous voilà parmi nous avec votre histoire, désormais une page de la notre. Nous avions confié à Francesco et à José Manuel la mission de vous donner voix par l'image et par la parole. Que votre audace, votre courage, votre persévérance soient ici salués. Silencieuses Odyssées trace nos convergences et notre fraternité. Il n'y a qu'un monde.

  • Plus de 1000 vignerons de tous les terroirs du monde qui s'accordent avec leur environnement à travers une approche plus sensible de a viticulture.
    Des centaines de bars à vins et restaurants qui transmettent leur message de Troyes à Hong-Kong, d'Oslo à Gaillac, Londres, Rennes, Bruxelles, etc. Plus de frontières, un seul visa : le vin !

  • Barbacot : néologisme ? retour aux sources plutôt, car " barbacot " est le mot français des boucaniers de l'île de la tortue d hispaniola (aujourd'hui: haiti et saint-domingue) pour définir la grillade et fumaison des viandes sur claie.
    Il est authentique. en tous les cas, il est plus phonétique que " barbecue " (prononcer " quiou "). il sonne clair et fort. raymond buren nous livre aujourd'hui, son regard sur l'usage du feu, des origines à nos jours, et singulièrement son interprétation des différents modes de cuisson par le feu. observateur curieux, il nous conte l'histoire des braises, mêlant à la fois références bibliques, mythologiques, historiques, géographiques et culinaires.
    De l'ethiopie aux steppes de l'asie centrale, du texas aux iles sous le vent, du beaujolais aux ardennes, il entretient un feu nourri de recettes inattendues et nous décrit des mises à feu truculentes. tout est cuit (ours, agneau, perche, saumon, boeuf, banane, etc. ), braisé à point, et narré sous toutes les latitudes avec toujours cette pointe d'humour qui lui permet toutes les audaces (sur le gril).
    Le tableau est saisissant et la braise prend mille itinéraires. toujours de bonne humeur, secret d'une certaine longévité, ce globe-trotter de la gastronomie à la joie de vivre communicative nous rappelle non sans gravité cependant, que "nous sommes des invités sur terre " (georges steiner) " affirmation qui proscrit chicanes, barrières, xénophobies et replis emmurés ". ce livre est une forme de témoignage, profession de foi d'un humaniste qui aime et goûte le monde dans toutes ses diversités et qui nous invite à en partager le sel.
    Et le feu. avec gourmandise.

  • Voici plus de vingt ans que Michel Bouvier s'est investi dans l'histoire de la vigne et du vin. En s'appuyant sur une réelle formation scientifique, il a transformé ce qui était au départ un passe-temps au soleil de Provence (les cuves à vin rupestres du Luberon), en une véritable passion, puis en une réelle spécialité; il est devenu archéologue de la vigne et du vin. Auteur de livres fort bien documentés (Le lièvre dans l'Antiquité, L'homme et l'histoire du vin, Les vins de l'Antiquité, la biodynamie dans la viticulture), il n'oublie pas de faire partager sa passion et ses connaissances au plus large public par des conférences, des dégustations et ses ouvrages de vulgarisation. Mais du vin au fromage, il n'y a qu'un pas. Le cep de vigne donne du raisin dont le vigneron transforme le jus pour faire son vin. La vache donne du lait que le fromager transforme pour faire son fromage. Quelques citations d'auteurs antiques l'ont mis sur la voie d'une nouvelle recherche. La mise en évidence de la production fromagère sur trois stèles trouvées à Grand dans les Vosges rajoute encore un intérêt pour cette production antique encore mal connue, qui devait cependant être de première importance depuis toujours pour l'alimentation des hommes. Ce nouvel ouvrage présente cette recherche sur le fromage dans l'Antiquité et dresse un tableau rapide de l'état actuel de la production fromagère en France et en Europe, qui reste encore en quelques endroits artisanale, c'est-à-dire fermière, malgré toutes les contraintes imposées par toutes les couches administratives qui nous envahissent.

  • Depuis 1987 Claude Dubois tenait au Figaroscope ladite chronique du Titi et avait publié Des Halles au Balajo, Apaches, voyous et gonzes poilus, La Bastoche, En parlant un peu de Paris (Jean-Paul Rocher), autant de livres consacrés à Paname comme il aime dire. Plus tard il y aurait Paris gangster et Je me souviens de Paris.
    Rue Saint-Antoine, Claude Dubois est chez lui :
    Il a vécu toute sa vie dans le IVe arrondissement, il est allé au lycée Charlemagne. Surtout, ses deux familles se sont rencontrées dans une vieille maison du quartier Saint-Paul - l'«hôtel Dubois-Junet des Courants d'Air», la dénomme-t-il en riant. Sa grand-mère maternelle y a habité près de soixante ans, ses parents s'y sont connus.
    D'un point de vue parisien, la rue Saint-Antoine décrite par Claude Dubois est un document essentiel. Gavroche y croise Jules Michelet, Georges Simenon côtoie Pierre Goldmann. Fidèle à son style Titi, Claude Dubois entremêle histoire personnelle, histoire historique, histoire littéraire, histoire des faits divers en saupoudrant ses lignes d'argot quand s'y prête l'anecdote. Bref! Un texte savoureux, souvent érudit.
    Claude Dubois s'apprête à ressortir La Bastoche. Si l'on y ajoute cette Rue Saint-Antoine, c'est le passé populaire du Paris s'étendant de la rue de Lappe au métro Saint-Paul qui, en 2011, sera à l'honneur.
    L'identité native du Paname d'il y a quelques décennies, aux antipodes du Paris

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