Gallimard

  • «L'enfant partit avec l'ange et le chien suivit derrière. Cette phrase convient merveilleusement à François d'Assise. On sait de lui peu de choses et c'est tant mieux. Ce qu'on sait de quelqu'un empêche de le connaître. Ce qu'on en dit, en croyant savoir ce qu'on dit, rend difficile de le voir. On dit par exemple : Saint-François-d'Assise. On le dit en somnambule, sans sortir du sommeil de la langue. On ne dit pas, on laisse dire. On laisse les mots venir, ils viennent dans un ordre qui n'est pas le nôtre, qui est l'ordre du mensonge, de la mort, de la vie en société. Très peu de vraies paroles s'échangent chaque jour, vraiment très peu. Peut-être ne tombe-t-on amoureux que pour enfin commencer à parler. Peut-être n'ouvre-t-on un livre que pour enfin commencer à entendre. L'enfant partit avec l'ange et le chien suivit derrière.»

  • « Le français, dit Akira Mizubayashi est ma langue paternelle. » Voici donc un Japonais quihabite notre langue. Plus, qui la vit. Soit un jeune Japonais des années 70. Accablé par les « maux de langue » que lui inflige son idiome natal, qu'il juge paralysé par le conservatisme, avili par l'injonction consumériste et tétanisé par l'hystérie mimétique des doxas soixante-huitardes, il étouffe. Il se sent immensément seul. Et se tait. Quelque chose en lui aspire à une existence dont les moyens lui manquent. Il lui faut un outil de penser, une méthode pour accéder à ce qui, confusément, se dit en lui, une langue sienne, pour y renaître. Ce sera le français. Et le voici séjournant en France, épousant une Française, à ce point familier de notre langue qu'il ne l'est plus vraiment de la sienne. Presque français et plus tout à fait japonais. Presque français car le français qui se parle ne se laisse jamais tout entier posséder par une oreille née ailleurs, plus tout à fait japonais car ce qui se pense désormais en lui, il doit le traduire en sa langue natale, inadaptée à la structure même de cette pensée. Akira Mizubayashi passe donc sa vie entre ce presque et ce plus tout à fait. Loin d'être un lieu de frustration, cet espace de double « étrangéité » est le terrain d'une permanente recherche de l'exactitude. Ceux qui le connaissent, savent que la question la plus fréquente posée par Akira Mizubayashi, sur ce ton de calme concentration qui le caractérise, est : « Comment dire ? » Question à ne pas prendre pour une quelconque interrogation lexicale ; elle dit l'exigence intellectuelle d'un homme qui a voué sa vie à penser au plus précis pour parler au plus juste. Exigence dont Une langue venue d'ailleurs témoigne fort justement.

  • «Qu'est-ce qui relance sans fin la littérature ? Qu'est-ce qui fait écrire les hommes ? Les autres hommes, leur mère, les étoiles, ou les vieilles choses énormes, Dieu, la langue ? Les puissances le savent. Les puissances de l'air sont ce peu de vent à travers les feuillages. La nuit tourne. La lune se lève, il n'y a personne contre cette meule. Rimbaud dans le grenier parmi les feuillets s'est tourné contre le mur et dort comme un plomb.»

  • " A la Realschule de Linz, je fis la connaissance d'un jeune juif avec lequel nous nous tenions tous sur nos gardes .... Je regrette que le chercheur international de vérité qu'il est devenu ne soit pas présent pour tirer enfin les leçons de l'histoire. " Adolf Hitler "Mein Kampf".
    Printemps 1951 : A Londres, le célèbre philosophe Ludwig Wittgenstein se meurt, rongé par un cancer généralisé. Depuis quelques temps, Nathan, un jeune français, s'est immiscé dans l'intimité du malade. Il l'interroge. Dans son fort intérieur, il l'accuse. Il veut savoir pourquoi : pourquoi, cet homme, ancien camarade de classe du monstre qui généra le génocide du peuple juif, dont il fait partie, n'a pas deviné ce qui se cachait derrière l'adolescent qui fut son ami ? Quelle est sa part de culpabilité dans la formation de ces idées monstrueuses ? Pourquoi n'a-t- il pas réagi ? Antoine Billot nous invite à une véritable enquête policière, pleine de rebondissements et d'intrigues, nous tenant en haleine jusqu'au bout grâce à un suspens habilement mené.

  • « Derrière la porte fermée à clé de sa chambre, Emily écrit des textes dont la grâce saccadée n'a d'égale que celle des proses cristallines de Rimbaud. Comme une couturière céleste, elle regroupe ses poèmes par paquets de vingt, puis elle les coud et les rassemble en cahiers qu'elle enterre dans un tiroir. "Disparaître est un mieux." À la même époque où elle revêt sa robe blanche, Rimbaud, avec la négligence furieuse de la jeunesse, abandonne son livre féerique dans la cave d'un imprimeur et fuit vers l'Orient hébété. Sous le soleil clouté d'Arabie et dans la chambre interdite d'Amherst, les deux ascétiques amants de la beauté travaillent à se faire oublier. » Christian Bobin.

  • 'Dans un placard dont on a fait un sanctuaire ne ressemblant en rien à un sanctuaire et qui abrite discrètement quelques âmes inoubliables et inoubliées, il y a une petite boîte en bois laqué pour le thé en poudre. Elle contient une toute petite portion des cendres de mon père que j'avais prélevée dans son urne avant qu'elle ne fût mise en tombe. Lorsque j'ai préparé cette boîte mortuaire il y a déjà dix-huit ans, j'ai osé prendre une pincée de miettes d'os pour en goûter. Bientôt, je crois que j'en ferai autant pour Mélodie dont je garde toujours l'urne près de moi sur l'emplacement exact de son matelas. Je me procurerai une autre boîte en bois laqué pour y mettre quelques cuillerées de poudre d'os et une partie de l'omoplate ou d'une côte. Le reste sera répandu dans le jardin ou ailleurs pour retourner à la terre.' Akira Mizubayashi

  • Entre la beauté que vous, Pierre Bonnard, m'avez jetée dans les bras, sans le savoir, et celle que vous avez aimée au long de quarante-neuf années, il y a un monde, ou ce n'est pas de la peinture.
    Il y a un monde et c'est l'aventure du regard, avec ses ombres, ses lumières, ses accidents et ses bonheurs. Un monde en apparence ouvert et pourtant fermé comme une vie d'homme. Les clés pour y pénétrer ne sont pas dans les livres, pas dans la nature, mais très loin derrière nos yeux, dans ce jardin où l'enfance s'est un jour assise, le coeur battant, pour attendre la mer.
    C'est là qu'il faut aller.
    C'est là que Marthe m'a rejoint dans le musée à colonnade et m'a sauvé de la solitude et de l'ennui où je mourais.

  • Parce que, tout de même, un homme, c'est bien autre chose que le petit tas de secrets qu'on a cent fois dit.
    Bien autre chose, en deçà et au-delà de l'histoire qui le concerne, comme un pays sans frontière, et l'horizon ne tient la longe qu'aux yeux.
    C'est un pays rêvé quand on ne rêvait pas encore, et c'est le rêve d'un pays qui vous mène quand tout dort, quand on est soi-même endormi. au réveil, ça vous colle à la peau. ça vous remplit et ça vous vide tour à tour. la plénitude et le manque, systole, diastole, flux, reflux, qui font aller l'homme comme la mer, d'un bord à l'autre de lui-même.
    Parce qu'un poète, c'est toujours un pays qui marche, dressé comme une forêt, et traînant dans sa langue une terre d'exil, un paradis d'échos.

  • Saint-Simon vivait entouré de tableaux.
    Ils peuplaient par dizaines les murs de son château, portraits de famille, portraits de Louis XIII encadrés dans les boiseries, fixés au-dessus des glaces, peints sur toile, peints sur bois, en estampes, buste de Louis XIII sur un piédestal, la tête en cire ceinte d'une couronne en cuivre, portraits de Mme de Saint-Simon, de Rancé, du duc d'Orléans, du cardinal de Fleury, du cardinal de Noailles, du cardinal Dubois devant la chaise percée, et, dans une chambre au premier étage ayant vue sur le parc, du feu duc de Saint-Simon et de la feue duchesse, sans autres précisions, le duc Claude et Charlotte la mère, ou Diane sa première épouse.
    Saint-Simon n'apparaît jamais, aucun tableau de lui.

  • "mais ce jour-là, lors de son dernier concert donné à chicago le dimanche 28 mars 1964, quelque chose s'était effondré dans le troisième mouvement de la sonate opus 110 de beethoven, quand se déplore le klagender gesang, le chant de douleur.
    Il n'avait pu faire le crescendo qui sous-tend la plainte. il ne pouvait faire cela. pas devant eux, les deux mille qui regardaient, attendaient la fin. c'était comme se dévêtir, ou mourir. il fallait se cacher. il savait que la fugue allait venir très vite, oú il pourrait se masquer de sérénité. mais il reviendrait aussi, encore, voilé, perdendo le forze, l'arioso de douleur, et alors, la pédale una corda ne suffirait pas à teinter d'absence la phrase qui s'efface.
    Il faudrait encore moins de son. " m. s.

  • «Un jour, ils sont là. Un jour, sans aucun souci de l'heure.
    On ne sait pas d'où ils viennent, ni pourquoi ni comment ils sont entrés. Ils entrent toujours ainsi, à l'improviste et par effraction. Et cela sans faire de bruit, sans dégâts apparents. Ils ont une stupéfiante discrétion de passe-muraille.
    Ils : les personnages.
    On ignore tout d'eux, mais d'emblée on sent qu'ils vont durablement imposer leur présence. Et on aura beau feindre n'avoir rien remarqué, tenter de les décourager en les négligeant, voire en se moquant d'eux, ils resteront là.
    Là, en nous, derrière l'os du front, ainsi qu'une peinture rupestre au fond d'une grotte, nimbée d'obscurité. Une peinture en grisaille, mais bientôt obsédante.
    Là, à la frontière entre le rêve et la veille, au seuil de la conscience. Et ils brouillent cette mince frontière, la traversent continuellement avec l'agilité d'un contrebandier, la déplaçant, la distordant.
    Là, plantés sur ce seuil mouvant avec la violence immobile et mutique d'un mendiant qui a jeté sur vous son dévolu et qui ne partira pas avant d'avoir obtenu ce qu'il veut.» Sylvie Germain.

  • «À relire ainsi Anna Maria Ortese en cette période troublée, j'ai mesuré, davantage encore que la première fois, le risque auquel on s'expose à fréquenter ce genre d'écrivains, celui de voir écrit noir sur blanc ce qu'on pressentait pour l'avoir fugitivement aperçu sans bien l'identifier, retenu par quelques scories de timidité que l'avancée en âge se charge de dissoudre : pas de doute, la tâche consiste bien à se maintenir dans cette "étroitesse du rien" le temps qu'advienne un peu d'ordre, que le calme se fasse qui nous permettra d'entendre le chant des oiseaux et la plainte des enfants qui ne vivront pas, le temps de se saisir d'un filet de lumière, parfois, avant de lâcher prise.»
    Mathieu Riboulet.

  • Un livre de raison, tenu sur quatre saisons, comme il y a quatre humeurs et quatre âges. Choses vues, notations, réflexions et aphorismes : l'humeur noire domine, portée parfois à la fureur devant la dévastation d'une culture, la ruine de la langue, la vulgarité arrogante des médias, les signes irréfutables, glanés au jour le jour, d'un effondrement sournois du monde et de la venue d'un nouveau temps des barbares. Mais l'étonnement, l'émerveillement, la tendresse, l'enchantement percent plus d'une fois dans ce petit livre de pensées, quand il s'ouvre à l'intime et au chant.
    'Justification, peut-être, de ce journal, cette réflexion de Julien Green : "Le secret, c'est d'écrire n'importe quoi, parce que lorsqu'on écrit n'importe quoi, on commence à dire les choses les plus importantes.' Jean Clair.

  • Des infirmes, des sensitifs furent longtemps les plus qualifiés pour voir.
    Leur inaptitude aux luttes, aux travaux les tenait à l'écart, disponibles, pensifs - c'est pareil. l'heure est venue, au xixe siècle, oú cette élite vulnérable a éprouvé l'impossibilité d'aller plus loin, dans une europe qui semblait aspirer, elle-même, au suicide. c'est alors qu'un petit homme s'est avancé à oxford (mississippi). pb.

  • Sur un fond de silence et de solitude, on perçoit le bruissement de la mer. La ferme est seule en contrebas, plus seule encore que je ne l'imaginais d'après les lettres et les descriptions.
    Maintenant que je tiens Barnhill sous mes yeux, maintenant que je peux contempler ce paysage, cet océan, que je devine le jardin désormais abandonné, que j'aperçois des restes du verger, maintenant que je peux imaginer l'homme oscillant entre la main à plume et la main à charrue, entre la chambre où s'invente Big Brother et cette vie du dehors livrée aux éléments, à l'écart de l'Histoire, je ne vois pas davantage de raison majeure, de raison tout court qui l'emporterait, qui puisse justifier cette fugue, mis à part ce qui dépasse la raison, une pulsion profonde, une intériorité exigeante, radicale, propulsant assez loin de ce que l'on croit être soi, de la figure de soi que les circonstances ont façonnée, et de ce que l'on passe pour être au regard des autres.

  • Un jour lointain, quelqu'un me dit : "Tu devrais lire Tchékhov. Il me semble que c'est une littérature pour toi." Maintenant j'ai l'impression que j'ai appris à lire dans son oeuvre et qu'à travers l'individu nommé Tchékhov qui vécut si loin d'ici, il y a un siècle, je reconnais et j'aime tout ce que l'on peut savoir d'un homme, les qualités et aussi les défauts. Comme le dit Alexandre Zinoviev, à propos de Tchékhov précisément, chacun cherche dans autrui le reflet de sa propre perversité. Encore plus quand il s'agit d'un écrivain, cette variété assez particulière du genre humain qui envoie à dieu sait qui un message crypté, en craignant et souhaitant tout à la fois qu'un inconnu soit capable de le percer à jour.

  • 'Je sais bien que les objets familiers sont synonymes daveuglement : nous ne les regardons plus et ils ne disent que la force de l'habitude. Mais le coquetier, dans le placard ´r vaisselle, et ne serait-ce que de façon trcs épisodique, a eu bien des occasions de susciter quelques bouffées de tendresse ´r légard de Marie. Je me dis quon ne conserve pas un objet aussi modeste, et aussi défraîchi, pendant soixante-dix ans sans de sérieuses raisons. La crainte de le voir disparaître confirme cet attachement. Le petit coquetier, aujourdhui, nest donc pas seulement la concrétion dun souvenir. Est-il abusif dy voir la qualité meme de ce souvenir, sa texture, quelque chose daussi incertain que le reflet dune aura?' Marcel Cohen.

  • «"On aurait cru qu'il mettait tout, argent, esprit, oui, tout, dans l'art de vivre pour plaire aux dames. Et naturellement il en était payé : elles raffolaient de lui. Mais quelle distinction, quel éclat ! Et quel dandy !..." S'agit-il de Charles Swann dans la Recherche ? Non, de Charles Haas. Mais c'est Proust qui parle.
    J'avais sous les yeux la reproduction d'un tableau de James Tissot, Le Balcon du Cercle de la rue Royale. Soudain, je remarquai la place qu'occupait Charles Haas : près de la porte, face aux autres et comme à l'écart, comme s'il hésitait à se mêler aux autres, à pénétrer dans la ronde. Et, tout heureux alors, je me dis : Voilà, c'est ça. Haas fait partie du cercle, mais reste à sa périphérie. Et aussitôt je sus nommer cette marginalité : Haas était juif, sans titre, sans lignée prestigieuse, sans immense fortune. Il cumulait tous ces traits négatifs. C'est de ce jour que ce "cygne" me fut un peu moins distant, moins étrange.» Henri Raczymow.

  • Z. M.

    Sophie Pujas

    «Il ne s'y attendait pas. Et, à vrai dire, il n'y tenait pas. Toutes ces années à fuir, à se draper dans les brumes feutrées de Venise, dans des cathédrales vaporeuses, dans des femmes qui ressemblaient à des paysages. Et ils étaient là. Suppliciés, implacables. Un jour il avait pris son crayon et ils étaient là. Le trait s'était déployé, la mémoire avait repris le pouvoir, l'avait guidé, avait tenu sa main selon la logique impitoyable des cauchemars. Les visages grimaçant au-dessus de cordes de pendus, les corps décharnés, les presque squelettes, les déjà cadavres avaient surgi. Les fantômes avaient pris possession de son refuge, de son abri de papier blanc, et il y avait de quoi se mettre en colère. Mais il devait leur obéir. L'armée des ombres, des assassinés, des génocidés se levait sur le papier. Il retrouvait le coup de crayon halluciné de là-bas, cette possession, cette atroce fascination. La beauté inavouable de l'horreur. Là-bas, c'était aujourd'hui. Il n'avait pas le droit de retenir les fantômes qui tremblaient sous ses doigts.» Sophie Pujas.

  • « Chaque fois que je vois ces films, je pars à la recherche de disparus, et c'est un monde de revenants que je découvre, baigné dans la mélancolie du noir et blanc, avant qu'un irrépressible regard jeté en arrière ne le plonge à nouveau dans la nuit. Ces hommes et ces femmes démodés mais jeunes, insouciants, tellement vivants, je sais qu'ils vont mourir et ils me font anticiper ma propre défaite. Les muets me permettent de me livrer à une pratique divinatoire, celle de faire parler les morts. »

  • Comment et pourquoi, lorsque l'on se décrit comme un « athée fatigué » qui ne croit pas au Ciel, l'on peut être attiré par Bossuet alors que l'on ne partage ni sa foi ni sa doctrine ? Pour une seule raison, mais une raison majeure et impérieuse : sa langue. Une langue d'une élévation, d'une simplicité, d'une sincérité qu'elle emporte et élève le lecteur d'aujourd'hui comme, en son temps, l'auditeur de Bossuet - dont la langue est aussi celle de l'éloquence classique telle qu'elle ne se pratique plus, sauf à de rares exceptions rencontrées chez les avocats et les hommes politiques.
    À travers cette langue, c'est tout un monde qui ressurgit, celui de l'époque classique. Un monde qui est le nôtre parce que nous en sommes les héritiers directs, mais que nous nous acharnons à repousser dans les limbes. Parce que, depuis Rousseau et le mythe du « bon sauvage », le pessimisme de Bossuet nous dérange, nous acceptons mal sa vision d'un homme qui soit un loup pour l'homme, d'un homme voué à l'enfer.
    Pour certains, la langue de Bossuet est une langue morte. C'est exact dans la mesure où il s'agit bien souvent, comme dans les Oraisons funèbres, d'une langue proche de la mort, qui parle de la mort parce qu'inévitablement c'est la mort qui gagne. Cette célébration des noces entre la langue et la mort, aujourd'hui, dérange.
    Mais, d'autre part, cette langue n'est morte que parce qu'elle n'est plus lue. Il ne tient qu'à nous de lui redonner vie en redécouvrant son ampleur, sa majesté et bien souvent sa démesure et sa folie.

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