Religion généralités

  • Ce volume rassemble dix textes écrits par Max Weber entre 1910 et 1920 et qui donnent une vue générale des fondements théoriques de sa sociologie des religions.
    La réunion de ces textes de synthèse, empruntés pour l'essentiel aux deux grandes entreprises que mène Weber au cours des années 1910 - le travail d'élaboration des catégories sociologiques d'Économie et société et les études comparatives sur L'Éthique économique des religions mondiales -, a été conçue pour faciliter l'entrée dans une des pensées-source de la philosophie et des sciences sociales contemporaines. Traduits avec scrupule par Jean-Pierre Grossein, présentés dans l'ordre chronologique, ils permettent à la fois de se faire une idée précise du développement de la réflexion wébérienne dans le sillage de L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme et de prendre la mesure de sa portée systématique.
    L'ouvrage n'a d'autre ambition, en un mot, que de fournir un instrument de travail commode et fiable, à l'heure où l'interrogation sur le religieux retrouve sa vigueur et où la pensée de Max Weber révèle toute son actualité.

  • D'où viennent les cochons ? En Europe, un récit répond à cette question : lors de sa visite sur terre pour annoncer la nouvelle Loi, le Christ métamorphosa des enfants qu'une mère lui avait cachés. Comme elle était juive, les porcs sont des petits juifs transformés. C'est pour cela que les juifs exècrent cet animal : ils redoutent de se manger eux-mêmes.
    Les façons de l'élevage donnent corps à cette fable. Le cochon est un être paradoxal, un perpétuel nourrisson, mais aussi un ogre avide de la chair des enfants. Dans la maison, chacun à sa manière modèle cette mouvante nature et la mort affirme les partages nécessaires. On donne le sang aux autres, on cherche l'ultime trace juive, on offre à l'Église et aux morts un peu de cette chair qui fait les chrétiens.
    Quant aux juifs, qu'ils soient présents ou mis en scène, ils sont condamnés à revivre la métamorphose première et à chercher sans trêve les substituts de cette viande dont ils se sont privés. Le corps et le sang des enfants de chrétiens n'en sont-ils pas le plus parfait équivalent quand vient le moment de la Pâque ? Telle est la plus commune matrice de l'anti-judaïsme, tel est le système des représentations qui génère les plus agressives rumeurs. Elles sont inscrites dans le combat que tout chrétien doit mener pour se protéger de la menace, pour abandonner peu à peu la part juive originelle, pour faire passer tout le cochon dans son camp.

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