Errance

  • Cet ouvrage propose une enquête passionnante : partir des langues vernaculaires actuelles du Maghreb pour essayer de démêler l'écheveau des origines de ces dialectes, retrouver l'ancêtre commun de tous ces mots. Pour ce faire, l'auteur adopte une position originale : elle se base sur les mots de la cuisine, les recettes traditionnelles transmises oralement de mère en fille, et qui conservent en leur sein le socle millénaire dont ils sont issus. À travers les mets et les mots, elle entreprend donc un véritable cheminement de paléontologie linguistique.

  • Tout ce qu'il faut savoir sur les armes des Romains.

  • Brosser un tableau des civilisations gauloises du Midi méditerranéen, depuis les Alpes jusqu'aux Pyrénées, de la fin de l'Age du Bronze à la conquête romaine, voici quel était l'ambition de ce livre paru en 1993 et devenu depuis lors un classique de la littérature archéologique, destiné tout autant aux archéologues qu'aux historiens, aux étudiants qu'aux amoureux de l'histoire de la France et de ses régions. Vingt ans après sa parution, dix ans après son épuisement, une réédition s'imposait. On a choisi de respecter l'oeuvre initiale en fournissant le texte intégral à peine toiletté, accompagné d'une illustration en grande partie renouvelée, et de le compléter par un bilan des acquis des deux dernières décennies, riches en nouveautés, afin de témoigner d'un état de la recherche et de sa dynamique.
    Il en ressort une image passionnante de ces sociétés indigènes préromaines, implantées de longue date dans un pays ouvert à la fois sur le continent et sur la Méditerranée, et de leur évolution au contact des Celtes, des Puniques, des Etrusques, des Grecs, des Ibères et des Romains. Héritages, innovations, rencontres, modèlent des civilisations originales traversées par des crises assez comparables à celles que connaissent nos sociétés actuelles : action dissolvante du commerce et de la consommation sur les structures traditionnelles, crises économiques, choix de société, acculturation, replis identitaires. Bref un tableau vivant de ces Gaulois méditerranéens qui, pour n'être plus considérés comme nos ancêtres directs, n'en occupent pas moins une place de choix dans notre imaginaire collectif.

  • L'occupation celtique en Italie, en Espagne et en Gaule méridionale.

  • Durant les trois premiers siècles de notre ère, les empereurs romains dirigèrent un immense empire territorial dont la pleine maîtrise constituait un enjeu essentiel. Si Rome demeura longtemps la Ville d'où le destin du monde était décidé, la mobilité des princes dans les provinces de l'imperium Romanum devint dès Auguste l'un des aspects essentiels du « métier d'empereur » (Fergus Millar). Les grands voyageurs, aux personnalités pourtant très différentes, qu'étaient Hadrien, Marc Aurèle, Septime Sévère, Caracalla ou Elagabal, comprirent parfaitement que voyager était une autre manière de gouverner.
    Cet ouvrage rassemble les contributions d'historiens français et étrangers réunis à l'occasion de trois journées d'études organisées à l'Institut National de l'Histoire de l'Art (INHA), à Paris, en juin 2010, février 2011 et septembre 2011. À la suite des travaux de H. Halfman, il examine les voyages des empereurs romains des dynasties antonine et sévérienne dans l'Orient romain hellénophone, entre les premières décennies du IIe siècle et les années 230 après J.-C. À travers l'étude d'une riche documentation littéraire, épigraphique et numismatique, ces travaux relevant de plusieurs disciplines du champ historique (histoire politique, histoire sociale, histoire des pratiques culturelles) révèlent la complexité de l'organisation des voyages impériaux dans les provinces de l'Empire, depuis le départ de Rome jusqu'aux expéditions militaires aux frontières, en passant par les entrées ritualisées de l'empereur, de sa cour et parfois de son armée, dans des cités ornées et parées pour l'occasion.
    Sont ainsi étudiés la mise en scène du pouvoir impérial, l'entourage des empereurs en voyage, composé notamment de sophistes, la mise à contribution des provinciaux, principalement des notables, dans des déplacements princiers dont apparaît nettement le caractère coûteux et perturbateur, enfin les avantages variés que pouvaient attendre d'un empereur évergète les cités grecques de l'Empire.

  • Pour qui veut connaître la religion romaine, un retour aux sources s'impose. Le présent manuel a pour vocation de familiariser aux documents anciens le public universitaire, mais aussi tous les curieux qui chercheraient à en savoir plus sur les cultes de l'ancienne Rome.

  • Ce livre vous raconte une histoire, ou plutôt plusieurs histoires entremêlées...
    Mais il n'y a pas d'histoire sans homme. C'est pourquoi cet ouvrage s'attache d'abord à présenter des géologues, hommes et femmes, qui ont par leurs travaux contribué à écrire cette Histoire géologique de la Mayenne. Vous découvrez, chapitre après chapitre, la formation géologique de la Mayenne depuis le Précambrien jusqu'à nos jours, et l'apparition, la diversification et l'évolution de la faune et de la flore mayennaises durant plus de 600 millions d'années...
    Ce retour vers le passé vous plonge aussi à travers l'histoire de l'homme en Mayenne. Son apparition dans nos contrées et ses premières pratiques artistiques vous sont révélées, en lien avec l'histoire géologique du département : vous comprendrez alors pourquoi et comment l'homme a exploité le sous-sol mayennais. Enfin, pour passer de la théorie à la pratique, un itinéraire de découverte géologique vous permet d'observer les principales formations géologiques de notre riche département.
    Cet ouvrage abondamment illustré vous dévoile les roches et les fossiles caractéristiques de l'histoire de notre région mais aussi les industries lithiques et osseuses, les gravures et les peintures réalisées par l'homme préhistorique. Ainsi, au fil des pages, c'est tout un pan de notre histoire qui vous est conté...

  • La connaissance fine de l'histoire des territoires a un rôle primordial dans le développement durable. Elle permet de tirer le meilleur parti des territoires grâce à la réappropriation des connaissances ancestrales, de renouer avec les ressources de proximité et de faire leur connaissance au plus vite tant qu'il en reste quelques traces de mémoire, d'éviter les risques dont la mémoire est nette soit au sol soit dans les souvenirs des anciens.
    Ce livre part d'un constat : les habitants ne connaissent plus leur territoire ; la société a pendant des décennies valorisé la culture urbaine (théâtre, musique, cinéma) niant la valeur de la culture rurale en grande partie basée sur une connaissance fine du milieu. La télévision puis Internet ont largement contribué à couper radicalement les dernières générations de la réalité qui les entoure et les savoirs acquis au fil de millénaires de tâtonnement se sont en grande partie perdus en quelques décennies. Il faut de toute urgence renouer avec eux avant qu'il ne soit trop tard. Le meilleur moyen (et l'urgence) consiste à aller interroger les anciens, mais parfois plus personne ne peut nous renseigner et les traces portées par le paysage sont un merveilleux guide.
    Nous nous proposons de vous apprendre à déceler dans le paysage actuel, dans la mémoire des hommes, les plans anciens.quelle était l'organisation coutumière du territoire, village compris.
    De nombreux exemples sont ici évoqués et des pistes pédagogiques pour retrouver ensembles les traces de l'évolution du paysage et partager ces découvertes avec sa famille et ses enfants.

  • Une synthèse sur l'écriture olmèque et son difficile déchiffrement.

  • Il existe, à la surface du globe, plusieurs centaines de milliers d'espèces végétales qui présentent une grande diversité de formes et de modes de vie liés à des capacités d'adaptation qui leur permettent de survivre dans des biotopes précis.
    Ces particularités sont surtout celles des plantes à fleurs, les gymnospermes et les angiospermes qui utilisent le principe de la reproduction sexuée grâce au grain de pollen, cellules mâles de la reproduction. Les grains de pollen (et les spores des végétaux inférieurs) représentent des parties de la plante particulièrement préservées et qui décuplent encore la diversité du règne végétal par la multiplicité des détails de leur micromorphologie. Le pollen est de plus un marqueur botanique qui se fossilise et témoigne de la végétation actuelle et passée.
    L'ouvrage se propose, à partir de l'analyse de leur pollen, (organe de reproduction mâle des plantes à fleurs) de souligner la fragilité de la biodiversité des plantes.
    Les menaces qui pèsent sur la biodiversité végétale sont, l'épuisement des ressources naturelles, la perte des infrastructures végétales capables de lutter contre le réchauffement climatique (réserve de carbone des forêts), la disparition d'espèces emblématiques comme les plantes mellifères et enfin celle des informations génétiques contenues dans les espèces en voie d'extinction comme par exemple les plantes endémiques ; l'endémisme caractérisant la présence naturelle d'un groupe biologique exclusivement retrouvé dans une région géographique délimitée Cette menace sur la biodiversité entraîne une réflexion sur la contradiction qui existe entre la nécessité de conserver la nature en la protégeant et celle de l'exploiter pour des enjeux économiques ; vouloir privilégier la biodiversité, c'est vouloir assurer le maintien d'un potentiel évolutif dans le contexte du changement global.
    Pour illustrer ces remarquables caractéristiques du pollen, notre choix s'est porté sur deux thèmes significatifs de la fragilité des plantes, les mellifères et les endémiques. Le développement des plantes mellifères et le transport du pollen dépendent de l'action du butinage des abeilles, elles mêmes en danger ;
    Quant aux plantes endémiques insulaires, leur domaine géographique restreint participe à leur fragilité.

  • Sujet très délaissé dans la littérature historique française, la vieillesse en Gaule entre le Ier siècle avant J.-C. et le Ve s. après J.-C., méritait une étude complète.
    Cette recherche est fondée sur l'archéologie, les représentations figurées, quelques rares textes littéraires et surtout les inscriptions mentionnant l'âge au décès.
    En Gaule romaine, comme dans tout le monde antique, il n'y avait pas « d'âge légal » pour la vieillesse, qui était probablement une étape de la vie beaucoup moins individualisée que de nos jours.
    Trois approches ont été envisagées : la différence entre les sexes, la perception de l'âge, la situation juridique et sociale. Hommes et femmes suivent le même chemin vers la vieillesse, mais ils ne sont pas jugés en fonction des mêmes critères. On était vieux lorsqu'on avait l'apparence et la mentalité d'un vieux. Sauf peut-être chez les notables, il semble clair qu'il était préférable d'être un vieil homme qu'une vieille femme.
    Moins nombreux proportionnellement dans la population que de nos jours, les vieux n'étaient pas systématiquement exclus de la vie active, loin de là ! Comme il n'existait pas de système de retraite, dans les couches laborieuses la plupart de ceux qui le pouvaient devaient continuer à gagner leur vie en dépit de leurs problèmes physiques.

  • Pourquoi les Romains n'ont-ils jamais réussi à s'implanter durablement dans le Maghreb ?
    Le choc de deux cultures et l'épopée de Jugurtha

  • Le Fort de Vercingétorix, Le Bain de César, Les Échauguettes d'Hannibal, Le Tombeau de Pharamond, la Chaise d'Arthur, les Écuries de Napoléon. Les noms de personnages illustres, appartenant à l'histoire ou à la légende, sont présents dans de nombreux noms de villages, de hameaux, de montagnes, de rochers. Leur présence a toujours excité la curiosité, suscité des interrogations, parfois provoqué des débats et controverses.
    Doit-on attribuer à César ou aux Romains les centaines de lieux-dits Le Camp de César, La Tour de César, La Chaussée de César présents sur l'hexagone ? Pourquoi la reine Brunehaut est-elle si présente dans les noms de voies romaines ? Le Camp d'Alaric est-il un authentique souvenir de la lutte contre Clovis près de Vouillé en l'an 507 ? Le tumulus découvert dans la Marne à La Cheppe mérite-t-il vraiment de porter le nom de Tombeau d'Attila ? Le Rocher d'Annibal à Molines dans les Alpes rappelle-t-il le passage du célèbre Carthaginois ?
    S'appuyant sur une riche documentation, Stéphane Gendron réinterroge ces noms de lieux et nous convie à revisiter de nombreuses traditions étymologiques et historiques auxquelles ils ont été rattachés. Une étonnante enquête qui apporte une vision originale de la toponymie et montre comment nos ancêtres se représentaient les grands personnages historiques ou légendaires.

  • Analyse de l'émergence du phénomène urbain dans l'espace celtique et le monde méditerranéen préclassique. Actes du Séminaire d'Antiquité nationale et de Protohistoire européenne d'Aix-en-Provence.

  • L'art des cavernes préhistoriques, jusqu'au Magdalénien (17 000 ans environ), fait montre d'une grande liberté et variété esthétiques. Tout l'art qui suivra, ainsi que toutes ses techniques, y est déjà résumé. Au Magdalénien, l'art deviendra rigide et répétitif. Et si cette évolution traduisait des changements dans les sociétés dont il est un reflet des désirs et des croyances ?

  • Il est généralement admis que la ville constitue la forme d'organisation humaine la plus complexe qui puisse se trouver. Nulle autre n'atteint en effet un tel degré d'imbrications de fonctions, une telle variété de forme et de taille, n'intègre une telle variance sociale, n'a un poids équivalent sur son territoire et son environnement, n'interagit de manière aussi déterminante avec d'autres, etc. Aussi, un objet, à ce point riche et multiforme, aussi mobile dans l'espace et dans le temps ne saurait, bien entendu, constituer le domaine réservé d'un seul champ disciplinaire. Il y a lieu au contraire de la soumettre à l'approche croisée de l'interdisciplinarité, au sein de laquelle l'archéologie peut et doit revendiquer toute sa place avec beaucoup d'autres . Ceci par conviction profonde et motivée que l'archéologie peut poser sur la ville un regard singulier et offrir des perspectives spécifiques.
    Il paraît acquis que les villes, par excellence lieux d'accumulation, de sédimentation, de stratification verticale et horizontale, de démolition et de reconstruction, certains parlent de palimpseste urbain, ne peuvent être pleinement comprises dans leur état présent, lui-même provisoire, si l'on fait l'économie des recherches portant sur leur genèse et leurs évolutions. . La création contemporaine en matière d'urbanisme doit pouvoir passer par le respect documenté ou la transgression consciente et raisonnée de l'héritage urbain, des rythmes, des césures, des vides et des pleins, du dedans et du dehors, du monumental et du vernaculaire, du public et du privé, des axes, des réseaux et des flux, autant de paradigmes de l'archéologie urbaine, autant de descripteurs de la ville.
    Ce livre est conçu en deux parties : la première envisagera la ville singulière comme entité socio-spatiale, identifiée par le truchement du travail des archéologues urbains. La seconde partie considérera la ville en réseaux et en systèmes, d'un point de vue théorique d'abord puis en illustrant par trois études de cas, l'idée que la ville ne se définit pas seulement en elle-même par ses caractéristiques propres mais aussi, et peut-être surtout, dans les rapports d'interactions spatiales qu'elle entretient avec d'autres villes et avec le territoire.
    Ce livre est tiré d'un mémoire d'Habilitation à diriger les recherches soutenu en 2009.

  • La terre a toujours fait l'objet de convoitises et d'appropriation. Mais la pression commerciale sur les terres de nombreux pays estimés vides s'est accrue lors des crises alimentaire et financière de 2008-2009. De vastes transferts sont en cours, pour des raisons de sécurité alimentaire ou énergétique, mais aussi pour des motifs de spéculation. L'agriculture mondiale intègre progressivement le marché néolibéral et cesse d'être un espace protégé.
    Cet ouvrage décrit le phénomène et tente de caractériser ses conséquences géographiques. Le fait de faire porter par les terres d'un autre pays les récoltes d'un pays peuplé ou sans terres, et de le faire par l'intermédiaire d'un montage qui implique des pays ou des organismes garants conduit vers de nouveaux espaces.
    Alors, entre la faim de terres des 450 millions de paysans qui en sont privés et l'appétit d'espaces des investisseurs, comment dégager une politique foncière acceptable de réduction des insécurités, de respect des milieux et de défense de la pluralité des droits s'exerçant sur la terre ?

  • Entre le VIIIe et le IVe siècles avant J.-C., l'installation de communautés grecques sur le pourtour méditerranéen a été un processus historique majeur, qui a entraîné de profondes modifications sociales, économiques et culturelles. Malgré la diversité des régions côtières touchées par ce phénomène, qui s'étendent de l'Ibérie à la mer Noire, des constantes se dégagent au sein de ce vaste processus.
    Après avoir donné un aperçu du débat historiographique récent, la première partie de l'ouvrage analyse quelques unes de ces constantes : la spécificité du paysage colonial, les formes de partage des terres, le projet urbain, les dynamiques d'interaction entre les cités fondées et les cités d'origine, les formes de contact avec les populations locales, la création de nouveaux ensembles culturels.
    La deuxième partie présente des dossiers historiques et archéologiques sur des cas régionaux, du golfe tyrrhénien (Pithécusses, Cumes) au Midi de la Gaule (Marseille) du réseau corinthien (Corcyre, Syracuse) à la présence grecque dans la Mer Noire.

  • Synthèse sur plus d'un siècle de recherches sur la patrimoine mégalithique du Sénégal et de la Gambie.

  • Dans des appellations de régions, de communes, de lieux-dits, de cours d'eau, de hauteurs et de forêts, comme dans certains noms propres de personnes et certains mots du français, la langue gauloise est toujours présente. Le gaulois ne s'est pas conservé seulement dans des noms pittoresques liés à des réalités géographiques ou des éléments renvoyant aux végétaux et aux animaux, il fait aussi référence à des valeurs guerrières, économiques et religieuses.
    La Gaule des combats recense plusieurs centaines de noms et de mots se rattachant à la guerre. Ce substrat, particulièrement présent dans les noms de lieux, et dont notre vocabulaire garde aussi quelques traces curieuses, montre l'importance des conflits dans la société gauloise.
    3 à 4 000 noms de lieux issus du gaulois peuvent être inventoriés aujourd'hui, montrant que notre carte de France est en partie écrite en gaulois.
    Deuxième édition revue, corrigée et augmentée

  • Si l'on se représente une carte de l'Europe ancienne montrant les populations qui s'y sont installées dans les quelques siècles qui ont précédé l'extension de l'Empire romain, on s'apercevra qu'une majorité de l'Europe continentale et insulaire a parlé celtique. En effet, on y trouve des toponymes celtiques - c'est-à-dire des endroits où les Celtes se sont installés et ont parlé leur langue - de la Grande Bretagne à la Dacie et de la Germanie rhénane jusqu'au sud de l'Espagne en passant naturellement par les trois Gaules : la Narbonnaise, la Norique, la Panonnie et la Cisalpine.
    Le corpus des noms de lieux celtiques est un ensemble encore plus foisonnant et hétéroclite que le corpus des noms de personnes qui est un domaine bien délimité, circonscrit pour l'essentiel à l'épigraphie et aux textes classique. Cela pour une raison simple : les noms de personnes gaulois ont disparu avec la romanisation progressive et l'adoption du système de nomination latin puis la christianisation, alors que les noms de lieux de l'Europe celtique se sont prolongés jusqu'à nos jours. Paris, Lyon, Milano, London, Bonn, Wien (Vienne), par exemple, nous sont parvenus par une tradition ininterrompue sur plus de deux millénaires.
    Ce livre très complet fait le point sur la question et réserve quelques surprises.

  • Ce dictionnaire comporte un peu plus de 1 500 articles. Les noms étudiés sont ceux des structures administratives (régions et départements), des villes (préfectures et sous-préfectures), de villages d'importance historique, des massifs et de leurs points culminants, des fleuves et des principales rivières, des régions géographiques et des pays historiques, des îles.
    Le territoire étudié couvre l'intégralité des 95 départements de la France métropolitaine.
    Dans les recherches qui ont permis de réaliser le travail, le dépouillement des sources antiques et médiévales a été privilégié à fin d'assurer scientifiquement l'étude étymologique de ces noms. Un effort particulier a été mené d'une part sur le lien qui unit le nom au référent, l'objet géographique qui le porte, lien qui manquait cruellement dans les études antérieures, d'autre part sur plusieurs centaines de noms qui n'avaient jamais été étudiés jusqu'ici.
    L'objectif de ce travail est de fournir un large panel de la toponymie française de ses origines (pré-indo-européennes parfois) jusqu'aujourd'hui, en utilisant des documents jusqu'ici pas ou peu, voire mal exploités, et une méthodologie nouvelle qui repose à la fois sur une quasi-exhaustivité documentaire et un comparatisme nécessaire des données de domaines linguistiques différents, internes ou externes à la France. La langue constitue en effet le moyen de nommer un lieu ou une personne perçus dans ces cadres précis. Un simple exemple : une haute montagne porte plusieurs noms donnés par des géographes d'une part, des alpinistes d'autre part, les habitants les plus proches enfin, lesdits habitants lui donnant eux-mêmes différents noms selon leur localité d'habitat.
    L'ouvrage apporte ainsi de la nouveauté et dans la méthodologie, et dans le traitement, et dans les données.
    Il revient ainsi à chaque lecteur, en apprenant par l'histoire des noms le passé des lieux, d'en respecter l'âme présente et de préserver leur avenir : nom et lieu sont indéfectiblement liés dans la mémoire de notre société.

  • Ce livre comble un vide en la matière car il n'en existe pas d'autre de cette nature dans le monde.
    Il a la particularité d'avoir été écrit par un chimiste, spécialiste de géochimie organique pétrolière, dont la carrière professionnelle s'est déroulée dans une grande entreprise pétrolière, Elf Aquitaine production, où il occupait le poste d'expert international. De l'étude des roches mères, des huiles de production, des asphaltes, noyau dur du métier de géochimiste organicien pétrolier aux bitumes archéologiques, fréquents dans les fouilles du Moyen-Orient, il n'y eût qu'un pas à franchir, porté par la passion de l'histoire.
    Le bilan qui est présenté synthétise plus de vingt années d'analyse du bitume de nombreux sites archéologiques et d'indices de surface où les hommes de l'antiquité sont venus s'approvisionner. Il englobe une vaste zone géographique qui recouvre la Syrie, la Turquie, l'Iran, l'Iraq, la Palestine, l'Egypte et le Golfe et concerne un intervalle temps qui démarre au Paléolithique (vers 70 000 av. J.-C.) et s'achève à l'époque médiévale (vers 1400 apr. J.-C.).
    L'auteur développe les thèmes classiques de l'archéologie du bitume en traitant toutes les utilisations de ce matériau-phare au Moyen-Orient depuis les plus prosaïques comme agent d'étanchéité ou de colle jusqu'aux aspects plus inhabituels comme la médecine et la magie. L'histoire de l'art a aussi sa place car le bitume a servi de colle pour élaborer des mosaïques décoratives ou comme support pour sculpter la magnifique collection des objets en « mastic de bitume » de Suse, actuellement au Louvre. Le bitume a aussi fait l'objet d'un commerce lucratif que révèle la diversité des terminologies employées pour le désigner, que ce soit en akkadien ou en sumérien. Sa valeur marchande a stimulé des échanges lointains et on a pu mettre en évidence un transfert de technologie de la Mésopotamie vers le Golfe arabo-persique où il a irrigué les comptoirs côtiers de sa rive sud.
    Parmi les chapitres traités, il est réservé une place particulière au problème de la momification dans l'Egypte antique et à l'utilisation du bitume dans les baumes de momies humaines et animales et les objets funéraires (sarcophages, coffrets à canopes, statues d'Osiris, etc.). La présence de bitume, en particulier celui de la Mer Morte, dans les baumes des momies égyptiennes, est démontrée.
    Un chapitre fait le point sur « le mastic de bitume » de Suse qui n'est pas un mélange artificiel mais une roche naturelle, un asphaltite, qui s'exploite en filons, remplissages de failles.
    Le panorama du bitume antique aurait été incomplet sans une incursion sur d'autres continents avec des chapitres consacrés aux Olmèques du Mexique, aux Indiens Chumashs de Californie et aux populations de la civilisation de Jomon au Japon.
    L'ouvrage s'achève avec une réflexion sur le bitume aujourd'hui car le bitume est encore un matériau de notre quotidien.
    Une attention toute particulière a été réservée aux illustrations, supports pédagogiques indispensables à la compréhension, qui sont très nombreuses tout au long de l'ouvrage.

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