Langue française

  • L'auteur, médecin cancérologue, raconte ce que signifie pour lui, pour les patients, pour l'équipe soignante, pour les accompagnants, l'expérience bouleversante d'une maladie qui constitue toujours une crise existentielle majeure. Plusieurs personnages sont mis en scène. La plupart sont réels (et ont donné leur accord pour apparaître dans le récit), certains sont inventés. Cette façon d'observer met au jour les avancées médicales et humaines rendues possibles par une approche globale de la santé, où c'est l'intégralité du sujet qui est soigné, et non une pathologie seulement. Elle illustre pleinement la conception de la médecine fondée sur la considération de l'humain que soutient l'auteur.

  • Les auteurs témoignent d'une pratique clinique avec des travailleurs sociaux et tentent d'en tirer les leçons : il s'en dégage à quel point le management est en train de tuer dans l'oeuf ce qui fait la spécificité du travail social.

    Que dit-on à un patient alcoolique qui vient s'écrouler parce qu'il va perdre sa femme ? À une caissière de supermarché qui ne peut plus suivre la cadence ou ne parvient pas à retourner travailler sans « la boule au ventre » ? Aux parents qui viennent consulter avec un adolescent, le casque sur les oreilles, et qui décrivent une addiction aux écrans et des résultats scolaires en chute libre... ? À un éducateur qui doit faire face à un enfant autiste en crise ? Que dit-on à ces jeunes sujets qui se décrivent harcelés sur Facebook ou abandonnés par un copain et incapables de vivre ? ... Dans le séminaire « Pour une clinique du quotidien », un participant tiré au sort est invité à décrire son service et sa mission, à énoncer sa fonction et à parler d'une situation avec laquelle il/elle rencontre une difficulté, est traversé(e) par une question ou un doute. Le postulat de base est qu'il n'y a pas de « bonne réponse » mais qu'il y a néanmoins quelque chose à en dire, que ce quelque chose rend compte d'une rencontre unique entre un intervenant social et un patient et que, de cette rencontre seule, un soulagement, peut-être, surgirait.

  • À partir de cinq ouvrages de Pierre Bruno organisés autour de l'élucidation des problèmes cruciaux de la psychanalyse - fin de l'analyse, passe, père réel... -, les auteurs extraient une méthode qui s'appuie sur les ressources de doctrine de Freud et Lacan, et sur la clinique. Se vérifie alors, au-delà des divergences institutionnelles, que la psychanalyse s'adresse à tout un chacun et présente un enjeu politique pour notre temps.

  • Cet ouvrage est le résultat d'une mobilisation inédite de praticiens venant des principaux courants théoriques de la psychanalyse. Oubliant leurs traditionnelles divisions, et après avoir rappelé les fondements scientifiques de leur discipline, les auteurs offrent un panorama des apports de leur discipline à la société française dans trois secteurs: la santé mentale, l'enfance et la culture.
    Initiative unique dans l'histoire de la psychanalyse française, cet ouvrage vise à montrer la capacité des praticiens de cette discipline à surmonter leurs traditionnelles divisions pour mieux mettre en commun leurs expériences, leurs savoirs et leurs compétences. Contrairement à ce que déclarent les fossoyeurs de cette « discipline reine » en sciences humaines, ils veulent souligner à quel point la psychanalyse irrigue toujours davantage la pensée contemporaine. Ils montrent combien leurs concepts, devenus de véritables outils de travail pour nombre de praticiens et de chercheurs, font désormais partie du langage courant.

  • Depuis 1982, Charles Melman s'attache à transmettre, à travers ses nombreux séminaires, une psychanalyse vivante à l'intention de ceux, analystes et analysants, qui osent aujourd'hui s'interroger sur la vérité de leur existence.

    À la suite de Lacan tout contre Freud (érès, 2017), ce volume représente la deuxième partie du séminaire qu'a tenu Charles Melman durant les quatre années, sous le titre Lecture raisonnée et critique des oeuvres de Freud et de Lacan. À partir des textes de Freud ou de Lacan (et de tant d'autres) qu'il cite, il analyse les événements du monde contemporain et surtout il interroge ces signifiants qu'on utilise abusivement en en ignorant le sel et qui semblent si évidents.

  • Considéré comme le meilleur spécialiste de la névrose obsessionnelle, Charles Melman n'a cessé, depuis 1954, d'approfondir et de se remettre au travail, ce dont témoigne ce séminaire clinique et pédagogique.
    Charles Melman poursuit sa recherche sur la névrose obsessionnelle dans un séminaire de deux ans. En effet, si courante soit-elle chez l'homme ou chez la femme, cette maladie psychique se conserve. L'auteur nous mène dans ce dédale pour notre plus grand intérêt.
      Charles Melman est psychanalyste. Ancien psychiatre des hôpitaux, il est membre fondateur de l'Association lacanienne internationale. Depuis 2010, les éditions érès publient les séminaires qu'il a tenus au fil des années.

  • La notion de réel parcourt toute l'oeuvre de Lacan, change selon les époques, se distinguant peu à peu de la réalité. Elle est présente dès le début avec le symbolique et l'imaginaire, jusqu'à rapidement être intégrée en note majeure à une topologie de plus en plus complexe. L'originalité de cet ouvrage tient, d'une part, au fait que des psychanalystes, à partir de cette notion, et selon leurs intérêts pour les sciences, écrivent leurs élaborations théoriques, ici spécifiques.
    D'autre part, ils ont sollicité des scientifiques, théoriciens de haut niveau, pour les interroger à partir de ce même point de réel.

  • Les débats pédagogiques et éducatifs qui traversent aujourd'hui la sphère scolaire dans la perspective de la mondialisation placent la pensée de Paulo Freire dans une étonnante actualité. La lutte contre l'illettrisme notamment trouve ici des cadres d'analyse fort pertinents.
    Cet ouvrage est le dernier de Paulo Freire avant sa disparition brutale. Il s'inscrit dans la philosophie éducative et politique, orientée par une vision optimiste de l'être humain, qu'il a développée à travers sa pratique d'éducateur et ses nombreux écrits dont Pédagogie des opprimés (Maspéro, 1974).

  • En l'année 2000, centenaire de L'Interprétation des rêves de Freud, paraissait L'équation des rêves, somme d'élaborations cliniques et théoriques donnant un aperçu précis et rigoureux d'un mode actualisé de l'abord du rêve en pratique psychanalytique. Cette réflexion originale reprend et met à l'oeuvre les grands apports de Freud qui restent et se confirment, les prolongements et les remaniements que Lacan leur a apportés, et les soumet à une pratique quotidienne du déchiffrage des rêves.
    Une interprétation d'un rêve de Dante est proposée, de grands rêves freudiens sont relus de façon nouvelle, et de nombreux rêves d'analysants sont examinés.
    Le texte énigmatique que constitue le récit du rêve se montre résulter d'assemblages de mots en images - à la façon dont procède une écriture, chantier majeur de cette instance de la lettre comme raison de l'inconscient - et d'une mise en logique, traitant ce qui dans l'événement ou la pensée de veille en appelle à un calcul de la jouissance. Il importe que soit maintenu un niveau satisfaisant de plaisir et que soient écartés les risques d'angoisse, notamment face aux surgissements du désir de l'Autre, de sorte que cette élaboration d'écrit par l'inconscient vise à résoudre une équation dont le solde serait nul. La fonction des rêves en pratique analytique se montre encore essentielle, puisqu'ils représentent une interprétation de l'inconscient effectuée par le rêveur même.

  • La réédition de deux séminaires de Lucien Israël invite à une révision impertinente de quelques concepts psychanalytiques.
    Loin des discours psy qui véhiculent sans vergogne des concepts et des notions qui ignorent le sujet en le réduisant à des fonctions ou comportements observables, Lucien Israël maintient haut et fort la rigueur du discours de Freud et Lacan et affirme que le sujet se constitue dans et par la parole.
    Mise en vente le 19 février 2015.
    Lucien Israël (1925-1996) fut médecin, psychanalyste à Strasbourg, professeur de psychiatrie. Il a toujours transmis de manière rigoureuse et vivante le message freudien, les enseignements de Lacan. Son séminaire du lundi soir (dont Arcanes et érès ont commencé la publication : Le désir à l'oil, La jouissance de l'hytérique, Marguerite D., etc.), qui réunissait avec fidélité l'ensemble du monde psy et nombre d'intellectuels, a assuré le rayonnement de l'enseignement de Lacan à Strasbourg, mais aussi dans l'est de la France et bien au-delà de ses frontières, sans que cela altère en rien l'originalité de sa propre pensée.
       

  • Considéré comme le meilleur spécialiste de la névrose obsessionnelle, Charles Melman n'a cessé, depuis 1954, d'approfondir et de se remettre au travail, ce dont témoigne ce séminaire clinique et pédagogique.
    Charles Melman poursuit sa recherche sur la névrose obsessionnelle dans un séminaire de deux ans. En effet, si courante soit-elle chez l'homme ou chez la femme, cette maladie psychique se conserve. L'auteur nous mène dans ce dédale pour notre plus grand intérêt.
      Charles Melman est psychanalyste. Ancien psychiatre des hôpitaux, il est membre fondateur de l'Association lacanienne internationale. Depuis 2010, les éditions érès publient les séminaires qu'il a tenus au fil des années.

  • Un effort d'explicitation du concept psychanalytique de Réel et de son intérêt pour la clinique du symptôme.
    Le concept de Réel est fondamental dans la clinique psychanalytique en raison du réel de la souffrance du symptôme, qui s'appuie pourtant seulement sur une réalité psychique. Cependant, la plupart des psychanalystes emploient ce terme dans un sens surtout philosophique qu'il est urgent de le préciser. Du même coup, la position respective de la science et de la psychanalyse se trouve explicitée.

  • La différence freudienne : ce titre s'impose de lui-même.
    Il marque le franchissement d'une frontière qui ne serait réversible qu'au prix d'une régression obscurantiste - malheureusement toujours menaçante.
    Tout en se tenant à l'abri des risques d'une vulgarisation contaminée par un idéal pédagogique, ce livre, en s'appuyant d'une part sur l'oeuvre de Freud et l'enseignement de Lacan, d'autre part sur la pratique psychanalytique des auteurs, propose des solutions précises et claires à une série de questions fondamentales au coeur de la psychanalyse contemporaine : le désir crée-t-il sa cause ? Le symptôme est-il insurrectionnel ? La jouissance est-elle à éradiquer ou à dévaloriser ? Le savoir psychanalytique peut-il se savoir luimême ? Qu'est-ce que la fonction phallique ? Peut-on et doiton distinguer sexuation du côté femme et féminisation?

  • Un nouvel humanisme, une nouvelle éthique et un nouveau droit de la vulnérabilité sont en train de naître sous nos yeux depuis quelques années. Est-ce une bonne nouvelle ? Les auteurs de ce livre en font le pari. Mais à une condition : évitons le piège de l'apologie de la vulnérabilité !
    Pourquoi la vulnérabilité prend-elle tant d'importance aujourd'hui que ce soit dans le champ historique, culturel, juridique ou philosophique ? Les auteurs engagent le débat sur les problèmes et les opportunités que pose son usage dans la société : comment comprendre qu'une politique de protection des personnes vulnérables puisse être aussi source d'exclusion ? Comment le soin et l'accueil de la vulnérabilité au sens large peuvent-ils être considérés comme constitutifs d'un processus d'humanisation qui fait sens ? Que peut apporter la vulnérabilité du sujet à son projet d'autonomie ?

  • En référant le nom du père au langage, la problématique du père ne succombe pas aux réductions culturalistes de la psychanalyse ainsi qu'à la préconisation d'une normalité du père dans la réalité. Cet ouvrage retrace l'étude exhaustive de la problématique du Nom-du-Père dans l'enseignement de Lacan. La démarche chronologique suit les étapes de son développement chez Lacan avec un aperçu sur les questions théoriques, institutionnelles et personnelles, qui surgissent, plus ou moins résolues. Elle permet notamment de découvrir combien celle-ci est liée aux événements institutionnels qui secouèrent le mouvement analytique depuis 1953 et dont Lacan fut l'acteur principal.

  • En écho au Mythologiques de Claude Lévi-Strauss, Markos Zafiropoulos analyse le Lacan mythologue qui revisite dans une logique purement structuraliste un corpus de mythes qu'il construit comme objet de recherche : oedipe, Le diable amoureux, Hamlet.


    On ne peut vraiment comprendre ce qu'énonce Lacan, entre 1958 et 1963, sans apercevoir ce que doit ce nouveau moment de sa recherche à la sorte de gémellité qui le lie à l'ethnologue Claude Lévi-Strauss. Ce Lacan mythologue correspond au troisième Lacan comme le nomme l'auteur. Son incroyable fécondité donne alors naissance à un ensemble d'opérateurs théoriques comme la révolution du phallus et ses enjeux, la théorie du fantasme, la théorie du nouvel oedipe, ou encore celle de la sublimation et de l'éthique de la psychanalyse.

  • Dans cette réédition actualisée de son ouvrage Guérir par le virtuel, Michael Stora s'appuie sur son expérience personnelle pour analyser notre rapport inconscient aux écrans qui, en quelques années, ont connu une véritable révolution en devenant interactifs (télévision, ordinateur, jeux vidéos, smartphones, réseaux sociaux...);

    L'auteur dresse un état des lieux de nos diverses pratiques numériques, qu'il interprète comme de nouvelles manières de jouer avec nos représentations, sans aucun jugement moral. Avec l'aide de nombreuses vignettes cliniques, il montre en quoi ces usages numériques bouleversent notre rapport à l'autre mais aussi à nous-mêmes. En tant que pionnier français, il expose son utilisation de jeux vidéo comme médiation numérique auprès de jeunes ou de moins jeunes en souffrance psychique. Entre pratique et théorie, il partage ses réflexions sur la nouvelle clinique des addictions au numérique, qu'il considère comme révélatrice d'une société en pleine évolution, où l'Idéal du Moi semble avoir gagné du terrain sur le Surmoi.

  • C'est un livre de conteuse des soins, même si c'est une infirmière, parfois guerrière, qui l'a écrit. Elle raconte tout ce que l'on voudrait savoir sur ce métier mais que l'on ne dit jamais et qui est encore moins enseigné. Elle décrit sa palette de soins pour encourager les jeunes soignants à trouver la leur.

    Le premier objectif de ce livre c'est de rappeler que les patients, même à l'hôpital, ne peuvent pas être réduits à des signes cliniques, qu'ils sont capables de tenir un discours sur une multitude de sujets, dont leur maladie. C'est faire reconnaître leur savoir et encourager les jeunes soignants à leur poser beaucoup de questions. Le second objectif est d'ouvrir des espaces de liberté aux soignants saturés de protocoles et confinés dans des discours sécuritaires. Rappeler que tout ce qui n'est pas interdit est autorisé, ouvre une amplitude d'actions et d'initiatives considérable pour redonner de l'épaisseur et de la densité aux soins qu'ils dispensent. Le dernier objectif est de redéfinir et illustrer la fameuse notion de « bonne distance ».
    L' « arrière-pays » du soignant fait partie de ses outils.
    Il soigne avec ce qu'il est et c'est essentiel qu'il en soit convaincu.

    L'auteure embarque le lecteur dans les méandres du soin comme dans un grand voyage. Les escales sont faites de différentes séquences de soin en intra comme en extra- hospitalier. La diversité d'expériences qu'elle aborde lui permet de présenter mille et un visages de ceux que l'on appelle des « fous » et de témoigner de leur courage.
    Elle témoigne aussi du désarroi, parfois du désespoir, des soignants devant l'inhospitalité hospitalière et le dévoiement de leur métier. Elle raconte les combats qu'ils ont à mener à chaque instant pour qu'une rencontre advienne et que leurs soins puissent éventuellement devenir thérapeutiques.
    Mais loin d'être dans la plainte, elle donne mille et une raisons de continuer ce combat en racontant la magie de la rencontre humaine dans la relation de soin. Elle ne donne pas de leçon.
    Simplement, elle décrit certains chemins qu'elle a empruntés avec des patients, les explorations qu'ils ont menées ensemble sur des territoires inconnus de l'un, de l'autre ou des deux. Elle invente pour chacun une « bonne distance » sans craindre de puiser dans ce que Jean Oury appelait son « arrière-pays ».
    Elle fait feu de tous bois et balade une besace d'infirmière pleine de lectures, d'échanges et d'expériences mais aussi de contes et de bouts de chiffons.

  • La psychanalyse peut-elle se transposer sur un divan chinois ? Le regard d'une psychanalyste française qui a pris le risque d'une véritable rencontre avec des personnes, un pays, une culture.
    De 2003 à 2016, Pascale Hassoun fait des séjours à Chengdu (Sichuan) afin de contribuer sous forme de séminaires, supervisions, entretiens, à l'émergence de la psychanalyse. Le récit de cette expérience qui fait acte de transmission raconte l'histoire des rencontres d'une femme qui s'engage dans un pays qu'elle ne connaît pas, à la recherche de l'autre mais aussi d'elle-même. A travers des comptes rendus de situations cliniques concrètes (on y croise des questions sur la famille, l'enfant unique, la piété filiale, la femme...), des réflexions sur la pratique des psychanalystes, des propositions d'une clinique psychanalytique que les interlocuteurs chinois adaptent à leur culture et à leur vision du monde, ce livre offre un cheminement inédit et personnel vers « l'autre » chinois.

  • A partir de sa place de psychanalyste, l'auteur interroge l'évolution de la médecine depuis qu'elle est devenue - pour le bonheur de tous - « scientifique » ; depuis qu'elle est passée, comme le disait Claude Bernard, d'un « art » de guérir » à une « science » de guérir. Et l'auteur d'ajouter : d'un art de guérir les « malades » à la science de guérir les « maladies ».

    Cet ouvrage est la réédition du premier ouvrage de Jean-Pierre Lebrun, De la maladie médicale , publié en Belgique en 1993, alors peu di?usé en France et épuisé depuis longtemps.
    Paru quelques années avant Un monde sans limite (érès, 1997) qui a marqué un tournant dans le monde analytique lacanien, De la maladie au malade constitue le socle à partir duquel l'auteur a développé sa pensée sur l'importance du lien social sur la subjectivité. Il y interroge les conséquences de l'évolution scientifique de la médecine jusqu'à mettre en évidence comment celle-ci s'est introduite dans les camps d'extermination. Aujourd'hui, le changement de société alors décrit par J.-P. Lebrun - l'horizontalité de singularité remplaçant la verticalité du monde d'hier - s'est considérablement amplifié. Il était important d'en actualiser les enjeux dans une postface conséquente.

  • Dans le cadre des débats contemporains suscités par les courants dits transhumanistes et par le développement des technosciences, cet ouvrage polyphonique interroge différentes pratiques de transformation des corps et les incidences qu'elles ont sur ce qu'être humain veut dire.

    Innombrables sont désormais ceux et celles qui se sentent concernés par les sens et les non-sens qu'appelle le mot : « transhumanisme », et ses dérivés et synonymes - post-humains, transhumains, surhommes, et autres cyborgs. Certes, à présent, au présent, nous sommes encore humains (« trop humains » disait Nietzsche). Mais demain ou après-demain, dans peu de temps ou dans longtemps, dans ce « futur imminent » qui manque à nos conjugaisons, qui serons-nous, que serons-nous ?
    À travers une analyse pluridisciplinaire des technologies contemporaines du corps, cet ouvrage invite le lecteur à cheminer dans cette énigme, qui n'est plus tout à fait celle que le Sphinx proposait à oedipe...

    En nous, peu à peu, le doute s'est insinué : cette humanité dont le paradigme, plus ou moins idéalisé, a structuré le rapport des Occidentaux à eux-mêmes et aux autres existe-t-elle encore ? A-t-elle jamais existé et si oui depuis quand ? Et si oui encore, quels sont ses traits distinctifs ? Ces traits sont-ils universels (au sens de identiques toujours et partout) ? Constate-t-on dans la modernité un effacement ou une déformation, un délitement ou une transformation de ces traits ?
    Ces interrogations s'inscrivent dans la continuité du questionnement porté par Michel Foucault il y a 50 ans. Les auteurs le reprennent et le transforment, à partir de cet objet intime et toujours étranger que le corps constitue pour chacun et pour les autres. C'est donc du corps qu'il s'agira ici, au sens non seulement du corps propre, mais également du corps pulsionnel, imaginaire, malade, etc. Quelles projections anthropomorphiques sont à l'oeuvre dans les inventions technologiques de l'intelligence artificielle et des biotechnologies ? Quels sont les enjeux subjectifs de la demande de maîtrise technologique sur le corps en matière de génie génétique, prothèses, ou lutte contre le vieillissement ?
    Comment les dispositifs machiniques interfèrent-ils dans la vie affective du sujet et la construction de son image ? Quels rapports de pouvoir sont impliqués dans les techniques génétiques et les appareillages prothétiques ? C'est à l'élaboration de ces interrogations que concourt ce travail collectif.

  • Les ados, ça cause !

    Marie Springer

    Si le titre de cet ouvrage précise que « les ados, ça cause », disons plus précisément que « ça peut causer » si nous - adultes - nous les réinscrivons dans un bain de paroles.

    Cet ouvrage part de l'expérience de l'auteure au sein d'une maison pour enfants à caractère social. L'auteure y parle de rencontres :
    Rencontre avec des adolescents pour la plupart déscolarisés, désengagés dans leur vie mais aussi avec des éducateurs, qui eux-mêmes parlent de leur propre rencontre avec ces adolescents. Le livre témoigne de la portée des effets du signifiant et nous rappelle que notre condition humaine quotidienne est d'être des êtres parlants. Son objectif est de faire entendre aux éducateurs que dans leur quotidien il y a une nécessité « à faire parler un adolescent » dans un espace qui met en scène des mots, une parole où l'équivocité de la langue fait loi.

    « L'expérience du travail en MECS nous amène donc à rencontrer des enfants, des jeunes adolescents qui nous sont adressés soit par l'aide sociale à l'enfance soit par le juge pour enfants. Pour la plupart, ils ont souffert de carences affectives, éducatives à partir de conflits familiaux, de violences verbales parfois physiques faisant émerger chez l'adolescent un abandon du lien social. L'histoire de ces jeunes nous révèle donc une réelle souffrance dans le parcours de leur vie.
    Pourtant ils n'en parlent pas et très souvent au plus profond d'eux-mêmes, ces jeunes ne comprennent pas leur placement.
    Ils l'expliquent uniquement à partir de ce qu'en disent leurs parents, c'est -à-dire en évoquant la rupture avec leur scolarité. Cependant quel enfant n'a pas été à un moment dans sa vie confronté à des difficultés scolaires, à l'ennui d'aller à l'école, à l'obligation de s'astreindre à une autorité ?
    Est-ce que cela implique forcément un placement dans "une maison pour enfant" ?
    En travaillant dans le secteur de la protection de l'enfance, je me suis aperçue qu'il fallait dans notre travail nous ressaisir de ce que "parler" voulait dire, qu'en tant que professionnel nous avions une responsabilité, celle de retransmettre "le dialecte de l'affect". » Au fil des vignettes cliniques, l'auteure rend compte de sa pratique de psychologue auprès de jeunes et d'éducateurs. En étant à leur écoute, elle tente d'entendre ce que les jeunes disent, ou pas, de leur quotidien souvent englué dans des répétitions d'échecs, de passages à l'acte, en repérant les mots qui rendent compte de l'histoire singulière de chacun à partir de laquelle ce jeune s'est construit et doit tracer son avenir. Le dire de ces nombreux « jeunes » se couple à un réel, un impossible à dire, excepté à pouvoir l'exprimer dans le jeu de leur langue. Ainsi cette jeune fille qui attendait son père tous les jours dans une gare, espérant que quelqu'un puisse lui « crier gare ».

  • Les paranoïas

    Charles Melman

    Un séminaire de deux années consacrées à l'exploration des paranoïas.
    Alors que les relations, sociales et/ou privées, sont marquées par des interprétations suspicieuses et malveillantes, que l'ère du soupçon semble dominer, Charles Melman a choisi de parler des paranoïas. Avant que ce type de relations ne paraisse faire partie de la norme et de l'usage, l'auteur s'attache à isoler, à illustrer, les diverses formes existantes de paranoïas dont certaines n'ont pas encore été reconnues.
    Charles Melman est psychanalyste. Ancien psychiatre des hôpitaux, il est membre fondateur de l'Association lacanienne internationale. Depuis 2010, les éditions érès publient les séminaires qu'il a tenus au fil des années.

  • Les moments vécus au Jardin Couvert constituent la matière de ce livre. Ils font entendre combien pour grandir, il est important que enfants, parents et accueillants se laissent porter par la parole.
    L'enfant vient au jardin couvert avec son père, sa mère ou tout autre adulte proche pour rencontrer les autres, apprendre à vivre avec eux dans la sécurité d'une présence familière. Quelquefois les familles, plus ou moins conscientes de difficultés minimes ou plus sérieuses, viennent chercher des repères, un éclairage neuf, une direction à inventer. Elles sont assurées d'y être entendues dans leur singularité. Elles s'expriment comme elles le peuvent et mettent parfois en avant des détails qui masquent les vrais sujets. La demande d'aide, de conseils est un évitement à s'engager dans ce que le parent sait. C'est aux accueillants de lui faire découvrir qu'il a en lui les possibilités de trouver les solutions adéquates et de s'occuper d'une façon juste de son enfant.

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