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  • Le handicap est interrogé par la culture, tout comme il interroge la culture de manière spécifique. Comment la culture influence-t-elle les pratiques de soin, d'accompagnement et de traitement des situations de handicap, pour le sujet et le groupe familial ?

    Le traumatisme que génère le handicap affecte les liens aux autres, et plus particulièrement les liens entre enfants de la famille et entre les enfants et chacun des parents. Dans ces situations, la culture offre au sujet une manière de penser, de rêver, de fantasmer à propos des multiples expressions de la vulnérabilité humaine que représente le handicap. Elle propose ou impose un cadre pour affronter la réalité des pathologies et ses conséquences. Elle peut favoriser l'inclusion comme l'exclusion de la famille et du groupe social, favoriser ou entraver le travail de pensée de chacun des membres de la famille individuellement et collectivement. Ce livre propose des clefs pour comprendre les processus qui donnent à la culture tantôt des fonctions protectrices, tantôt aliénantes et traumatiques face au handicap d'un membre de la famille.

  • Les auteurs explorent le labyrinthe du travail de la honte et de la culpabilité chez le sujet handicapé, sa famille, ses proches et dans la mutualité de la rencontre avec les soignants. Ils tentent de comprendre les enjeux cliniques, éthiques et sociétaux du handicap à tous les âges de la vie à travers ce triptyque indissociable « Handicap, honte et culpabilité ».

  • L'art modifie-t-il notre regard social sur ce que nous nommons aujourd'hui le handicap ? Ces images issues de la littérature, la peinture, le cinéma, la photographie, les séries télévisées...
    Trahissent souvent l'ambivalence faite d'attirance et de répulsion que nous entretenons avec l'autre si différent. Favorisent-elles la médiation entre les mondes distincts, le nôtre et celui des personnes souffrant de déficiences ? En amadouant le regard, les oeuvres d'art, quels que soient les supports utilisés (images fixes ou animées, images mentales), donnent corps et vie à l'atteinte, physique et morale, et à ses conséquences individuelles et sociales.
    Elles condensent des façons collectives de voir les personnes handicapées et constituent une manière d'officialiser les différences, sans les nier mais sans les exclure. Analyser, c'est-à-dire décrire et comprendre, ces oeuvres de culture provenant des siècles passés mais aussi d'aujourd'hui, telle est l'ambition de cet ouvrage qui témoigne des permanences et des évolutions de la place que la société réserve à la différence et à l'altérité.

  • Comment le secteur du handicap mental en France - qui se caractérise par une extraordinaire hétérogénéité, tant par la population concernée que dans la diversité des structures - a-t-il réagi devant l'émergence de l'épidémie du VIH/sida ? A-t-il pu se croire épargné en raison de la vigilance de l'encadrement ou de l'étanchéité des institutions par rapport au monde extérieur ? Dans quelle mesure le déni de la sexualité des personnes accueillies dans ces structures et la négation de l'existence de pratiques sexuelles potentiellement à risque de transmission du virus ont-ils constitué un frein pour une éducation à une vie sexuelle responsable ? Dans les situations concrètes, la déficience intellectuelle s'est-elle avérée compatible avec l'autonomie nécessaire à la prévention du sida ? Les établissements qui se sont engagés dans des actions de prévention ont-ils réussi à alerter les usagers sur les risques, à contrer les fausses croyances, à modifier les comportements ? Enfin, quels sont les principaux facteurs de vulnérabilité aux risques de contamination et aux abus sexuels ? Ce sont ces questions que l'ouvrage actuel s'efforce d'explorer en présentant les résultats de plusieurs années de recherche au plus près des usagers et des professionnels des établissements spécialisés.
    Les constats, tantôt amers, tantôt porteurs d'espoir, ont de quoi surprendre.

  • Ces quatre ouvrages réunissent non des textes de théorisation rédigés par des « spécialistes », mais des écrits émanant exclusivement de personnes vivant ou côtoyant le handicap au quotidien. Des textes incarnés où les auteurs ne se donnent pas à voir mais donnent à comprendre leurs sentiments, leurs attitudes, leurs réactions, leurs faiblesses, leurs forces, leurs attentes.

  • Que font les enseignants lorsqu'ils sont confrontés à des élèves qui ont du mal à apprendre ? Comment peut-on décrire, comprendre et expliquer ces pratiques ? L'intérêt des contributions présentées ici réside dans l'analyse de pratiques d'enseignement effectives sans orientation prescriptive ou évaluative, afin de mieux les comprendre lorsqu'elles sont confrontées aux difficultés d'apprentissage. Une contribution aux débats scientifiques et sociaux en prise avec cette question vive qui traverse les champs de l'éducation et de la formation. Laurent Talbot, docteur en sciences de l'éducation (Toulouse).

  • Comment permettre à ceux que le hasard de la naissance ou de la vie a stigmatisés d'être reconnus sans condition comme sujets et de jouer pleinement leur rôle dans la communauté des hommes ? Cet ouvrage voudrait symboliser, provoquer, accompagner le passage du siècle de la connaissance et de la prise en charge à celui de la reconnaissance et de la prise en compte, où les schémas, catégorisations et statistiques, pour utiles qu'ils soient, s'estomperont derrière les visages, où l'obligation de science servira le devoir d'humanité.

  • Les techniques qui permettent le diagnostic prénatal et légitiment les interruptions médicales de grossesse sont-elles ressenties par les personnes handicapées comme une invalidation de leur vie ou au contraire, devant les difficultés occasionnées par leur déficience, perçues comme un progrès ? Telles sont les questions qui ont engagé les auteurs dans une étude de plus de trois années. Elles ont recueilli les analyses de tous ceux et celles qui, touchés par un handicap moteur et donc prioritairement concernés, souhaitaient s'exprimer sur ce sujet. Elles nous transmettent leurs réflexions étonnantes, à la fois pertinentes et émouvantes, qui bouleversent les idées reçues et poussent le lecteur dans ses retranchements. Qui peut décider que telle vie n'a pas de raison d'être ? Quel regard la société porte-t-elle sur les personnes handicapées ? Mettre en oeuvre les connaissances scientifiques pour tenter par les thérapies géniques de les éliminer dispense-t-il la société de se préoccuper de la qualité de la vie des personnes handicapées et de leur accompagnement au quotidien ?

  • Roger Cousinet (1881-1973) a été un créateur important et un infatigable diffuseur d'idées dans le courant de l'Education nouvelle, et ses ouvrages sont épuisés. Sont ici présentés des textes centrés sur l'apprentissage intellectuel des enfants, domaine dans lequel il a particulièrement innové, en créant une Méthode de travail libre par groupe et une Pédagogie de l'apprentissage , à partir d'observations rigoureuses et de réflexions pertinentes sur la vie sociale des enfants et les démarches qui lui sont propres.

  • Les tentatives pour discriminer positivement les enfants en souffrance, en rupture d'apprentissage, aboutissent à les désigner, les marginaliser, les désinsérer : le remède s'avère pire que le mal ! Il faut achever la bataille humaniste qui fait rage depuis Jules Ferry et qui a vu, bon gré mal gré, la société scolaire accueillir garçons et filles, immigrés des vagues successives, enfants des classes sociales défavorisées, et aujourd'hui ceux en situation de handicap.
    Du haut de leurs 4, 8 ou 12 ans, Jo, Nadia, Joris et les autres, enfants trop doués ou pas assez, conformes ou retardés, entourés ou laissés pour compte, contemplent en souffrant leur rêve d'école qui se brise : les résultats attendus tardent ou ne sont pas là, leur beau métier d'élève est un fiasco... Par ces échecs à l'école, l'institution, les enseignants, les familles, la société sont interpellés.
    Si elle est généreuse, l'idée d'intégration scolaire pour tous qui domine depuis un quart de siècle, est-elle pour autant efficace ? Dans l'école inclusive, chaque enfant a sa place. Les auteurs proposent un outil, le Sémaphore, destiné à la soutenir. Coconstruit avec l'ensemble des acteurs, il met en commun des objectifs partagés dans le respect des compétences de chacun. Expérimenté depuis plus de dix ans, le Sémaphore a les qualités attendues par tous : individualiser et évaluer..., pour que Jo, Nadia, Joris, puissent vivre leur école portés par les regards positifs que leurs projets ont permis de faire émerger.

  • La notion « handicap psychique » s'est diffusée depuis la loi du 11 février 2005 dans les univers associatifs, professionnels et politiques. Elle marque le rapprochement entre le secteur sanitaire, la psychiatrie notamment, et le secteur médico-social pour l'accompagnement et le soin des personnes souffrant de maladies psychiques chroniques. Cet ouvrage est le premier à explorer ce champ de manière pluridisciplinaire.

    Les auteurs réunis sont des universitaires et des praticiens qui ont pris au sérieux la notion politico-administrative et professionnelle de « handicap psychique » et ont réuni les apports de plusieurs disciplines, sociologie, anthropologie, économie, science politique, droit, sociohistoire, psychologie, psychiatrie, pour penser les effets de cette innovation sur les professionnels et les usagers de la psychiatrie et du handicap. Ils cherchent à faire avancer la réflexion sur les effets d'une réforme lente du système sanitaire et social et à éclairer à la fois le débat public et l'action des professionnels, administrateurs, superviseurs, acteurs de terrain.

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