Dispute

  • Penser avec Stuart Hall précédé de deux textes inédits Nouv.

    Cet ouvrage collectif présente et examine l'Åuvre du sociologue marxiste Stuart Hall, pionnier des cultural studies mais aussi théoricien du postcolonialisme de première importance. Les chapitres font alterner des éclairages du contexte théorique, institutionnel et politique du développement de sa pensée, des explications de ses conceptions de la "A raceA ", de l'hégémonie ou encore des signifiants vides, et des usages contemporains de sa théorie, pour penser par exemple la situation de la gauche états-unienne ou l'expérience politique des personnes racisées dans les quartiers populaires en France aujourd'hui.
    Le livre est précédé de la traduction de deux textes majeurs de Stuart Hall, au sujet des identités diasporiques et des rapports entre discours et pouvoir dans la période postcoloniale.

  • La richesse à la fois philosophique, historique et politique de ces deux chapitres sur les XIXe et XXe siècles fait qu'à eux seuls ils forment déjà un gros livre, publié comme première partie de ce vaste ouvrage sur le communisme. Est en cours de rédaction la deuxième partie, «Quel communisme pour le XXIe siècle?», dont le contenu à venir est esquissé en conclusion du présent volume.
    La question du communisme a été à nouveau intensément débattue ces dernières années dans le domaine de la philosophie et au sein des théories marxistes. La particularité de l'approche de l'auteur, auteur de travaux marxiens fondamentaux et figure notoire de la refondation communiste, est de l'aborder à partir d'une étude, précise et novatrice, de la signification, du contexte et des usages du terme « communisme » dans le corpus de Marx (et Engels). C'est sur cette base qu'il peut ensuite examiner ce qu'il en a été des prétendus « communismes réels » du XXe siècle - en montrant en détail l'abîme qui les sépare de la visée marxienne. Dans le deuxième chapitre de l'ouvrage, Lucien Sève prolonge ainsi la réflexion initiée dans son dernier ouvrage paru Octobre 1917 : Une lecture très critique de l'historiographie dominante. Suivi d'un choix de textes de Lénine (Les éditions sociales, 2017). Ce faisant, il intervient également dans les débats historico-politiques, toujours vifs, au sujet de l'héritage des expériences politiques soviétique, cubaine, chinoise, etc. ainsi que des ruptures et continuités au XXe siècle dans les stratégies de la gauche de transformation sociale.
    Cet ouvrage, attendu par les lecteurs des trois premiers tomes et qui pourra aussi rencontrer l'intérêt des plus jeunes lecteurs désireux d'aborder l'oeuvre philosophique majeure de Lucien Sève par son versant directement politique, comporte un index des noms propres et un index des matières détaillés, qui constitueront des outils de travail très utiles pour les militants, chercheurs et étudiants. Comme les autres tomes de la tétralogie, il constitue à la fois une pièce indispensable d'un travail de longue haleine et un ouvrage qui se suffit à lui-même, et peut donc se lire aussi bien comme un premier abord de la philosophie de Lucien Sève que comme une nouvelle étape de son développement, comme une initiation au marxisme ou comme un instrument d'analyse et de réflexion pour la théorie et la pratique du communisme.

  • Karl Polanyi (1886-1964), penseur des marchés et du marché depuis l'antiquité mésopotamienne jusqu'au grand marché mondial du vingtième siècle, reste aujourd'hui méconnu en France vingt ans après la publication dans notre langue de son ouvrage de référence. " La Grande Transformation ". Ses interprétations des sources de la civilisation de marché. du fascisme ou du New Deal. son anthropologie intriquant économie et société. sa critique du libéralisme, ses proximités et ses distances avec le marxisme et avec la religion... tout pourrait intéresser un large public à l'oeuvre multiple et considérable de Polanyi, cet austro-hongrois né dans une famille juive convertie au protestantisme, émigré en Angleterre, parti aux Etats-Unis, obligé par la chasse aux sorcières de vivre au Canada. Le livre de Jérôme Maucourant, maître de conférences de sciences économiques à l'université de Saint-Etienne (IUT) et membre de Triangle (ENS-LSH, CNRS. Lyon 2), présente le parcours intellectuel de Karl Polanyi, les principales articulations de son travail et donne à voir l'ensemble de son oeuvre dans une perspective résolument actuelle. Certes, comme le pensait Polanyi, la société de marché paralyse notre imagination, les modèles libéraux d'organisation de la société, qui prennent un caractère souvent naturel, nous empêchent de dépasser nos propres idées. Mais ne serait-il pas temps de lire cette introduction à la lecture de Polanyi ?

  • Dans le débat public autour de l'éducation, un mot d'ordre revient continuellement : l'urgence d'un rapprochement entre l'école et l'entreprise, notamment via des formes d'enseignement en alternance. Pour les uns, l'alternance permettrait de lutter contre le chômage. D'autres y voient davantage le moyen d'offrir aux élèves en difficulté scolaire un environnement plus en phase avec leurs désirs et leurs aptitudes.
    Dans l'immense majorité des cas, la nécessité de ce rapprochement apparaît d'une évidence telle qu'elle se dérobe à toute analyse critique. Combinant l'enquête ethnographique à l'analyse des discours politiques et médiatiques, ce livre invite à réfléchir aux transformations du système scolaire et des rapports de travail qui se jouent sous nos yeux, et aux questions politiques qu'elles soulèvent. Il s'efforce aussi d'instiller les quelques notes de discorde indispensables à tout véritable débat démocratique.

  • Le développement historique de la culture écrite a favorisé l'émergence d'une posture lettrée d'analyse réflexive des textes. Pour assurer aujourd'hui leur réussite scolaire, les élèves doivent parvenir à adopter à leur tour cette même posture métalangagière à l'égard des énoncés qu'ils ont à déchiffrer ou à rédiger. S'inscrivant dans la lignée des travaux de Jack Goody et de Bernard Lahire, la recherche d'Anne-Sophie Romainville interroge le développement des compétences métalangagières, et particulièrement métadiscursives, chez des élèves de l'enseignement secondaire engagés dans différents types de parcours scolaires.
    L'ampleur et la rigueur de la collecte des données réalisée permet à l'auteure de montrer combien la formation des compétences méta-langagières est l'objet de soins attentifs dans les établissements et les classes où se concentrent les "héritiers", alors qu'elle apparaît négligée dans les autres, où l'on permet aux élèves, au nom d'un enseignement "adapté", d'échapper à ses contraintes. Au plus intime des pratiques enseignantes, la démocratisation scolaire apparaît ainsi suspendue à la rupture avec la norme du donner moins à ceux qui ont moins, au profit d'une pédagogie de l'exigence intellectuelle pour tous.

  • On assiste depuis une vingtaine d'années à un renouveau des interprétations de l'échec scolaire en termes de difficultés psychologiques (phobie scolaire, estime de soi en berne) et de troubles des apprentissages d'origine neurobiologique ou génétique (dyslexie, hyperactivité, précocité intellectuelle, etc.). Certains médecins soutiennent désormais que la plupart des élèves en grande difficulté scolaire seraient atteints par un « trouble » d'origine médico-psychologique et leurs propos sont abondamment repris par les médias. Ces manières d'appréhender l'échec scolaire se sont largement diffusées dans les milieux pédagogiques où, ayant acquis la force des évidences, elles ne sont plus véritablement interrogées. Le recours aux professionnels du soin a explosé et semble se banaliser puisqu'un tiers des élèves sont aujourd'hui suivis par un orthophoniste ou un psychologue.
    En France, les chercheurs en sciences sociales qui ont ces dernières années pris pour objet ce renouveau des interprétations médico-psychologiques de l'échec scolaire se sont principalement focalisés sur des troubles particuliers : la précocité intellectuelle ou la dyslexie. À ce jour, il n'existe pas de synthèse permettant d'expliquer sociologiquement le phénomène dans son ensemble. C'est ce manque que ce livre entend combler.
    L'auteur ne propose pas tant de réduire la médicalisation aux effets de l'impérialisme médical que de comprendre sa construction au carrefour d'univers sociaux très différents : hauts fonctionnaires et experts chargés de définir les politiques de lutte contre l'échec scolaire, chercheurs, professionnels du soin, enseignants, parents d'élèves, etc.
    Attentif à la spécificité du processus de médicalisation dans chacun de ces univers, l'ouvrage montre néanmoins que ce phénomène est l'expression plus générale de profondes transformations tant des manières de penser les inégalités scolaires, que des objectifs assignés à la démocratisation de l'école

  • Combien de rues, de places, d'avenues Gabriel Péri ? Plusieurs centaines du Midi jusqu'au Nord : "1902-1941, fusillé par les nazis", au choix "député", "résistant", quelquefois "communiste", rarement "journaliste".
    Tant d'hommages, d'appel au souvenir ne nous disent donc que peu de chose sur la vie du héros éponyme de ces petites plaques d'émail bleu. Héros de la Résistance, modèle de fidélité à son parti, référence de l'esprit critique, journaliste engagé, député dandy, porte-drapeau des antimunichois silencieux face au pacte germano-soviétique beaucoup de questions naissent à l'exposé de cette vie et du mythe qui s'en est suivi.
    L'historien Alexandre Courban en fait venir au jour d'autres encore : intellectuel sans le bac, membre de la direction du PCF à éclipses, amoureux de son Midi, entre Toulon et Marseille, élu en Seine-et-Oise... Ce livre est la première biographie de Gabriel Péri. Fruit d'une longue recherche puisque l'auteur consacra ses travaux universitaires, notamment sa thèse, à l'Humanité, journal pour lequel Gabriel Péri écrivit de 1924 à 1939 des milliers d'articles et dont il dirigea la rubrique de politique étrangère.
    La complexité de cet homme est prise comme matière même, elle organise le récit qui nous découvre l'embrouillement des temps qu'il a vécus et tenté de changer. On y saisit la singularité du personnage en même temps que son immersion profonde dans l'époque.

  • Sartre et le marxisme

    Emmanuel Barot

    La pensée et les interventions politiques de Jean-Paul Sartre, compagnon de route puis critique hétérodoxe du PCF, proche des jeunes maos après 1968, soutien indéfectible des mouvements anticolonialistes, ont durablement marqué l'espace intellectuel français.
    Mais leur actualité tient d'abord au fait que le philosophe s'est attaqué à des questions toujours décisives pour tous ceux qui se demandent ce qu'être révolutionnaire aujourd'hui peut vouloir dire. Questions théoriques et politiques : qu'est-ce que le travail, l'idéologie, l'aliénation ? L'histoire est-elle toujours celle du primat des forces matérielles ? Qu'est-ce qu'une classe ? Mais aussi tactiques et stratégiques : que retenir des socialismes "réels" ? Faut-il ou non soutenir la gauche réformiste, voter aux élections ? Peut-on se passer de la violence en politique ? Le marxisme est "indépassable parce que les circonstances qui l'ont engendré ne sont pas encore dépassées" affirmait Sartre en 1957.
    En ce XXIe siècle où le règne du capitalisme est aussi féroce qu'avant, où l'actualité montre que les peuples ont toujours à batailler rudement pour se réapproprier leur destin, ses analyses critiques, jamais indépendantes des situations concrètes, ont encore beaucoup à nous apprendre. Cet ouvrage collectif, qui allie contributions de philosophes et d'historiens, analyse les rapports variés de Sartre aux principaux courants du marxisme, à certaines de ses figures les plus emblématiques, et à ses concepts théoriques et politiques les plus cruciaux.

  • Cet ouvrage constitue une étape décisive dans la progression de la pensée du psychologue soviétique Lev S Vygotski, fondateur de l'interactionnisme social et de l'approche socioculturelle en psychologie, et forme donc un complément indispensable à la lecture de son ouvrage majeur, Pensée et langage.
    Il y analyse la situation de crise dans laquelle se trouvent les principales écoles psychologiques au début du XXe siècle, et critique en détail les thèses du behaviorisme (Watson), de la réflexologie (Pavlov et Bekhterev) et de la réactologie (Kornilov), mais examine également celles de la psychanalyse (Freud), de la phénoménologie (Husserl), de la dialectique (Marx et Engels) et de la psychologie marxiste émergente (Luria).
    L'auteur présente aussi de façon pédagogique le "schéma d'une psychologie générale", une approche théorique unifiée de l'ensemble des aspects de l'activité comportementale et cognitive humaine. Il expose les fondements méthodologiques et les concepts principaux de sa démarche interactionniste - pour qui l'individu se construit dans ses relations avec l'environnement social - et met en perspective sa portée décisive dans le champ de la psychologie.
    De la didactique et de toutes les sciences humaines. D'un intérêt majeur, tant pour la compréhension du parcours de Vygotski que pour l'histoire de la psychologie, cet ouvrage est aussi d'une grande actualité pour les débats scientifiques et philosophiques en cours, et constitue un instrument essentiel pour comprendre les problèmes que se pose la psychologie contemporaine.

  • Les ."héritiers".
    Ces élèves dont les parents font partie des classes supérieures. bénéficient d'un patrimoine culturel familial censé les protéger des difficultés scolaires. Or. ce privilège ne s'exerce pas systématiquement. Ainsi Prune. dont le père est ingénieur, ou Laurent. dont les parents sont professeurs agrégés. ont ils redoublé une classe de l'école élémentaire. Pourquoi ces élèves n'ont ils pas profité de l'héritage scolaire propre à leur milieu familial ?

  • Les attentats du 11 septembre 2001 ont été l'occasion d'un bouleversement du droit aux Etats-Unis et en Europe.
    Patriot Act, décision-cadre européenne et autres lois de sécurité intérieure s'attaquent aux libertés fondamentales associées à l'Etat de droit. Généralisant les procédures d'exception, neutralisant les garanties constitutionnelles, elles organisent une surveillance globale des populations. La définition qu'elles donnent de l'acte terroriste laisse la place à toutes les interprétations, permettant de criminaliser les mouvements de contestation, en particulier altermondialistes.
    Le livre de Jean-Claude Paye, sociologue, fait un bilan détaillé de cette mutation du droit et tente de dégager les logiques qui y sont à l'oeuvre. Il met en évidence un véritable changement de régime politique, l'état d'exception permanent se substituant à l'Etat de droit. Et, éclairant le rôle moteur des Etats-Unis dans ce processus, il montre comment, en réorganisant à leur profit les relations internationales, ils mettent en place une structure impériale où la suspension du droit acquiert un caractère constituant.

  • La politique est en crise, dit-on : perte de crédit des partis, abstentionnisme, populisme, désyndicalisation, refus d'intégration, incivisme, et même violence d'une partie de la population...
    Ce constat, largement partagé chez les analystes et les hommes politiques, nourrit des propos moralisateurs et des politiques d'ordre qui aggravent le mal qu'on prétend soigner. Dans la ligne de son précédent ouvrage, Banlieue, banlieue, banlieue, Alain Bertho, enseignant à Paris VIII, propose une grille de lecture différente de ces phénomènes. La forme politique dont sont porteurs l'Etat, les partis et bien d'autres institutions est historiquement close.
    Le réel social appelle d'autres représentations, d'autres comportements et d'autres institutions. A défaut, l'Etat, instrumentalisant toujours plus la politique, la videra de son contenu démocratique, pour la confondre définitivement avec une police des populations. Pourtant, les prémices d'une nouvelle pensée politique apparaissent au sein du travail en révolution, de la vie quotidienne, et dans les soubresauts des mouvements sociaux.

  • La démocratie est profon dément malade.
    Partout les déci- deurs politiques gouvernent
    sous la férule des marchés financiers. La concentration des richesses,
    des pouvoirs économiques et médiatiques bat des records historiques.
    Le néolibéralisme sape les fondements de la démocratie.
    « On ne pourra sauver la démocratie qu'en organisant son irruption dans
    l'économie », affirme Démocratie contre capitalisme. Est-ce possible ? De
    multiples initiatives citoyennes le montrent déjà. Boycott et harcèlement
    des transnationales, consommation responsable, commerce équitable,
    coopératives, économie solidaire, prouvent chaque jour que l'économie
    peut aussi être humaine. De façon encore balbutiante, le mouvement
    altermondialiste conteste ainsi directement la rationalité économique du
    capitalisme.

  • L'héritage philosophique de Marx étant souvent réduit à la critique de l'économie capitaliste, cet ouvrage vise à mettre en avant le rapport de Marx à la philosophie, et la manière dont son oeuvre a influencé le sens même du travail philosophique aux XXe et XXIe siècles.

  • Les théories économiques prétendent souvent au statut de science exacte, libres de tout jugement de valeur. L'auteur montre au contraire leur fonction idéologique et, plus particulièrement, celle de la science économique officielle, instrumentalisée dans le débat public pour justifier des choix partisans, à l'instar des politiques d'austérité. Il défend notamment la pertinence des théories postkeynésiennes, pour lesquelles la répartition des richesses est au coeur de l'explication de la crise des subprimes et des dettes souveraines.
    Instrument de compréhension de l'histoire et des implications politiques des théories économiques, ce livre est un outil de critique des théories néolibérales, et un plaidoyer pour la construction d'une pensée économique alternative.

  • Nous sommes tous des migrants.
    Migration universelle, certes géographique, au-delà des frontières depuis des temps immémoriaux, mais aussi migration interne, migration culturelle, montant et descendant l'échelle sociale, et surtout migration temporelle : nous ne sommes jamais les mêmes, ni dans le même monde, au fil de nos vies. Mais, l'oubliant ou n'en ayant pas conscience, professionnels de la santé, du social, de l'éducation et de l'humanitaire, chercheurs, juristes, élus et honnêtes gens, nous creusons avec les autres, autochtones ou étrangers, une asymétrie dépourvue d'éthique ; exacerbons les maux que nous souhaitons pourtant combattre, dont la violence.
    Jean Claude Métraux, pédopsychiatre, travaille depuis longtemps avec des migrants, au sens usuel, et plus généralement avec des familles vivant dans la grande précarité. Cette expérience l'a amené à repenser sa propre trajectoire, sa propre généalogie, en termes de migration. Il en tire des propositions radicalement nouvelles sur la relation d'aide, l'accompagnement, le travail clinique, l'enseignement et la recherche, qu'il traduit dans une pratique quotidienne dont les exemples émaillent ces pages.
    Fouillant dans les travaux d'historiens, de philosophes, d'anthropologues et de thérapeutes, s'appuyant sur les concepts de reconnaissance, de don et de deuil, il propose une thérapeutique du lien social fondée sur les dons de paroles, l'échange de paroles précieuses. L'enjeu est de taille : développer des moyens, accessibles à tous, de transformer notre monde aujourd'hui pétri d'exclusions.

  • Le Maroc est l'un des principaux points de transit de l'émigration africaine subsaharienne vers l'Europe. Issu d'une enquête ethnographique de terrain menée au Maroc entre 2003 et 2006 par l'auteure, ce livre analyse les motivations et les moyens auxquels ont recours les migrants sénégalais, qui constituent l'un des gros contingents de cette émigration, pour tenter d'atteindre l'autre rive de la Méditerranée malgré les obstacles dressés devant eux. Loin des préjuges, et raccourcis habituels, Anaïk Pian décrit une " aventure " migratoire motivée par des projets complexes et profondément façonnée par les dispositifs de contrôle des frontières conçus en Europe et mis en place par le Maroc. Cette nouvelle dynamique migratoire, dont l'auteure propose une explication sociologique, tend ainsi à transformer le Maroc en un " espace-temps de l'entre-deux ". Cette impasse où le " en cours de route " du transit se transforme peu à peu en " fin de route ", contraint les " aventuriers " à s'organiser pour faire face à l'attente, aux contrôles policiers, et finalement, bien souvent, à la déroute de leur projet migratoire. Cet ouvrage nous invite à réfléchir à l'évolution de la situation migratoire mondiale où l'accès à la mobilité se polarise toujours plus entre ceux qui peuvent voyager sans contraintes et ceux qui sont assignés à résidence.

  • Pensee et langage

    Vygotski L S

    Paru en 1934, pensée et langage, dernier livre de vygotski, offre une vue panoramique sur son oeuvre fulgurante.
    Inaccessible durant cinquante ans au lecteur français, il lui a été révélé en 1985 par la présente traduction -intégrale- de françoise sève. lev s. vygotski (1896-1934) est le fondateur de la psychologie soviétique. sa conception historico-culturelle du psychisme humain, inspirée de marx et nourrie d'une très vaste culture, fut mise sous le boisseau pendant toute la période stalinienne. traduit aujourd'hui dans le monde entier, vygotski est devenu une référence majeure en pédagogie, ainsi que pour celles et ceux qui, par-delà les réductionnismes de tout bord, cherchent à penser les activités humaines et à favoriser leur épanouissement à travers l'incessante dialectique de l'objectivité sociale et du sens subjectif.

  • Autrefois réservé à une minorité, l'enseignement secondaire s'est heureusement ouvert depuis quelques décennies à l'ensemble des jeunes. Ce bouleversement a provoqué une croissance sans précédent de la difficulté scolaire et une montée corrélative de l'incertitude professionnelle des enseignants. La crise est aujourd'hui telle qu'elle nourrie un débat public intense mais passablement confus. Jérôme Deauvieau, sociologue, maître de conférences à l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et membre du laboratoire Printemps, s'attache à comprendre comment les enseignants font face aux difficultés du métier. Son étude s'appuie sur de nombreux entretiens avec de jeunes enseignants et sur le traitement d'enquêtes statistiques. Il a également suivi des professeurs de sciences économiques et sociales pendant leurs premières années dans le métier et observé leurs façons d'enseigner. Ce dispositif original permet de répondre à plusieurs questions : Comment devient-on enseignant ? Quels sont les traits saillants de la formation des enseignants ? Quelle est la nature exacte des difficultés rencontrées ? En rendant intelligible les différents moments de la "fabrique des enseignants", ce livre donne à voir les mécanismes qui façonnent les pratiques enseignantes. Il lève un coin du voile qui entoure l'école, introduisant de nouveaux éclairages et arguments dans le débat sur le fonctionnement de l'institution scolaire, préalable indispensable à la fondation d'une école réellement démocratique.

  • Quelle place occupe actuellement le conflit dans les rapports de travail ? Cette question, qui est à l'origine de ce livre.
    Est le produit d'un constat. celui de l'attention très restreinte portée depuis plusieurs années à ce phénomène de la part des chercheurs. des journalistes aussi bien que des pouvoirs publics. Le postulat qui sert de fil conducteur à ce livre collectif est que " le déclin des conflits sociaux " ne concerne en réalité qu'une partie d'entre eux, à la nature et à la forme singulières, rattachés à un moment particulier de notre histoire.
    S'attachant à décrire l'évolution du conflit social au cours des dernières années et à en reconnaître les traits spécifiques à l'époque contemporaine, les auteurs ici rassemblés plaident pour un intérêt renouvelé à l'égard d'un phénomène social qui non seulement reste d'actualité, mais prend des formes nouvelles. et qu'il convient instamment d'apprendre à décrypter.

  • Décembre 1997.
    1 500 francs pour manger ! Les chômeurs, les précaires, ceux qu'on appelait les sans-emploi, les sans-travail, les sans-voix, prennent la parole, occupent les Assédic, puis la Une des journaux. Des premières luttes, il y a dix ans, aux marches de Matignon, Richard Dethyre, président de l'APEIS, un des quatre mouvements de chômeurs, peut en raconter des défilés et des démarches, des cris et des rages.
    Ouvrier à quatorze ans, cet enfant de la banlieue retrace l'engrenage de la misère, la montée de la colère collective et l'explosion de décembre, l'espoir d'un monde vivable. Il appelle à une permanence de l'insurrection contre le mépris. Il imagine un monde sans hommes en trop. Son récit se mêle aux réflexions, aux exigences de ceux qui souffrent et qui ne le veulent plus, qui exigent de la politique un avenir libéré de la pauvreté.

  • Les appels récurrents à la " modernisation " de La Poste sont à la source d'une multitude de réformes techniques, organisationnelles ou commerciales qui ont transformé en profondeur l'opérateur de service public et le travail de ses salariés.
    L'entreprise tente, depuis la réforme de 1990, de définir de nouveaux modes de fonctionnement. Les postiers, qu'ils travaillent dans les bureaux de poste, les centres de tri ou de distribution, les services supports ou le siège social, participent tous de ce mouvement. Chacun, à son niveau, doit faire face aux tensions inhérentes à la modernisation. En étudiant la modernisation " en train de se faire ", " de l'intérieur ", cet ouvrage permet de prendre la mesure de l'ampleur des changements.
    Les contributions mettent en exergue les capacités d'innovation et de régulation locales, les ajustements de valeurs et la recomposition des collectifs qui permettent de faire face aux exigences de l'activité quotidienne et qui contribuent au fonctionnement de La Poste. Les auteurs s'appuient sur des recherches doctorales entreprises en partenariat avec La Poste et s'inscrivent dans des champs disciplinaires variés (droit, économie, ergonomie, gestion, philosophie, sociologie).
    Leurs contributions s'articulent autour de quatre problématiques majeures: les tensions entre logique de service public et logique d'entreprise, l'émergence de la figure du client, la fragilisation des collectifs de travail et l'accompagnement des changements.

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