Entreprise, économie & droit

  • L'homme est un être nuisible qui a dévasté la planète et qui mérite ou bien de disparaître ou bien d'être régénéré par la technologie. Telle est l'alternative que l'esprit du capitalisme spéculatif nous propose comme destin. Sa puissante séduction nous fait miroiter un avenir où des performances économiques et techniques fantastiques effaceront les dettes du présent.
    Depuis près d'un demi-siècle, cet esprit malin a saisi la sphère financière, puis l'économie réelle, et enfin la société tout entière. Il a bouleversé le travail, la consommation, les entreprises et la vie quotidienne pour produire une société matérielle ludique et fébrile. Rebondissant à chaque crise, il a pris la forme de la financiarisation, puis de la digitalisation. Il prépare désormais sa nouvelle mue.
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  • On présente aujourd'hui l'abolition de la peine de mort comme un progrès majeur de civilisation. En est-il vraiment ainsi ? S'inscrivant en faux contre la vulgate ambiante, Jean-Louis Harouel propose une lecture iconoclaste et profondément originale.
    Il montre que, contrairement aux apparences -et à ce que bien des gens croient sincèrement -, la phobie de la peine de mort qui caractérise aujourd'hui l'Europe occidentale ne procède pas du Tu ne tueras pas de la Bible, mais est un des effets d'une religion séculière ayant pris le relais du communisme comme projet universel de salut terrestre : la religion des droits de l'homme. Or celle-ci est la continuatrice de vieilles hérésies oubliées qui manifestaient une grande désinvolture à l'égard de la vie des innocents tout en professant un amour préférentiel envers les criminels, considérés comme d'innocentes victimes.

  • En Europe, des centaines de milliers de salariés et de bénévoles sont impliqués dans des services solidaires.
    En Amérique, le développement local bénéficie d'une dynamique à bien des égards comparable : aux Etats-Unis, plus de deux mille corporations de développement communautaire s'attaquent à la revitalisation des quartiers ; au Québec, on compte plus de quatre mille groupes populaires et communautaires ; quant au Chili, l'économie populaire y fait vivre la moitié de la population dans une ville comme Santiago.
    L'économie solidaire, une perspective internationale présente ces réalités diversifiées et méconnues. Leur description amène à critiquer l'analyse de ces pratiques en termes de secteur informel ou d'économie domestique et à proposer une autre approche, qui parte de la reconstruction des rapports entre l'économie et la solidarité dans la modernité. Vues sous cet angle, les pratiques décrites témoignent d'une recomposition des rapports entre économique et social, recomposition nécessaire, vitale, compte tenu de la crise de la société salariale.
    Ce qui est en question, c'est la recherche de nouveaux. Rapports entre travail, activité et loisirs ; entre différents types de ressources et de revenus ; entre l'Etat, l'entreprise et l'association ; entre les systèmes et les " mondes vécus ".

  • Le succès du libéralisme a longtemps laissé dans l'ombre une partie importante de l'économie réelle ; ses tenants le présentent même comme le seul modèle possible.
    Cette prétention est aujourd'hui très contestée, en particulier par le mouvement de l'altermondialisation. Mais ce dernier, loin de se réduire à la seule critique, est capable d'élaborer des propositions concrètes pour promouvoir plus de solidarité et de démocratie. C'est pour favoriser cette réflexion sur l'autre économie que ce dictionnaire propose la première synthèse fiable et accessible des connaissances disponibles.
    Interdisciplinaire autant qu'international, il offre une définition approfondie de 50 termes clés : commerce équitable, développement durable, organisations internationales, service public... Ces notions s'inscrivent dans l'histoire comme dans l'actualité la plus récente. Outil indispensable pour les acteurs, les chercheurs et les étudiants, cet ouvrage allie une approche théorique à la prise en compte de pratiques sociales jusqu'ici méconnues.

  • Discerner, c'est repérer la meilleure voie pour sortir de situations embrouillées. C'est d'abord choisir, puis décider, avant d'agir pour avancer. Dans un monde incertain et risqué, face à des alternatives porteuses de valeurs parfois contradictoires, le discernement permet de conjuguer les contraintes notifiées par les sciences avec les aspirations personnelles du décideur. Comme tout un chacun, les managers économiques et politiques peuvent se former au discernement. Ce livre voudrait y contribuer en proposant une méthode en milieu contraint. Il s'adresse aux responsables économiques, politiques, administratifs ou associatifs, aux cadres dirigeants, chefs de projets ou de service, qui, tous, face aux dilemmes de la vie professionnelle et politique, affrontent la contradiction entre leurs convictions personnelles et l'autorité des lois et des supérieurs hiérarchiques. Ceci pour mieux intégrer aussi le jeu des pouvoirs, des réseaux et des règlements.

  • Le modèle du nouveau capitalisme est mis en cause.
    Sa propagation s'est traduite notamment par une mondialisation exacerbant les désirs mimétiques de consommer, la désindustrialisation de larges espaces, l'accentuation des dégradations et risques environnementaux et une inégalité croissante dans la répartition. Dans les pays supposés les plus " avancés " de la planète, un surendettement public et privé généralisé a permis temporairement une fuite en avant.
    La crise y met un terme. Il est possible de s'en sortir en donnant un rôle nouveau à la puissance publique et surtout en développant les alternatives fondées sur la solidarité. Ce renouveau solidaire peut concilier tant vie pérenne de toute la biosphère qu'efficacité et justice dans la répartition locale et mondiale des richesses créées.

  • Nous vivons sans le savoir les contrecoups d'un grand traumatisme : celui de la Banqueroute de 1720, qui vit à la fois l'instauration du crédit public en France et sa destruction, l'invention du papier-monnaie et sa ruine. Cette histoire, qui s'est répétée avec l'épisode des assignats sous la Révolution française, a été maintes fois réécrite par les historiens - Michelet, Quinet -, les philosophes - Montesquieu, Hume, Burke, Destutt de Tracy, Nietzsche - et les écrivains - Marivaux, Alexandre Dumas, Goethe, Melville, Musil.Cet événement majeur excède donc les cadres de la stricte économie politique. Tout se passe comme si c'était le régime même du sens qui se trouvait là ébranlé, ou plutôt comme si le crédit devenait, à partir de cette crise historique, le moteur paradoxal des sociétés modernes. Ouvrant une nouvelle ère, il dérègle la mesure du temps : la confiance aveugle placée dans l'avenir, obligeant le futur à faire effraction dans le présent, fonde et fragilise à la fois le nouvel ordre.Evoquer le crédit, ce temps qu'il instaure et qui est encore nôtre, c'est aussi aborder la question des «valeurs» en général et de leur fragilité. Parmi celles-ci, puisque la crise touche au principe du fiduciaire, ce sont les divers usages du «papier» qui sont remis en question. Les écrivains se sont donc emparés de cette notion, où se joue désormais l'essence de leur art. Les écouter et les prendre au sérieux peut nous aider à mieux saisir les ressorts de cette «confiance» dont on espère, encore et toujours, le retour.

  • Pour quelles raisons les jeunes ont-ils des difficultés accrues d'accès à l'emploi au moment même où ils sont les mieux formés ? D'où provient cet arbitrage social implicite qui prive durablement d'emploi nombre de jeunes au risque d'en payer un prix social important ? Comment peuvent coexister ces discours opposés de culpabilisation des jeunes et de surestimation de leurs capacités stratégiques ? Pourquoi tout semble avoir été tenté pour améliorer les modalités d'accès à l'emploi des jeunes sans que des résultats notables aient été obtenus ? Les réponses ne vont pas de soi. Elles peuvent toutefois être esquissées car, au cours des dernières années, on a assisté à une accumulation intensive de données et de réflexions sur l'emploi des jeunes. Accumulation suffisamment forte en tout cas pour pouvoir, aujourd'hui, mettre en avant quelques acquis, sélectionner quelques faits stylisés significatifs parmi la multitude des observations empiriques et résumer les principales interprétations disponibles. Tel est l'objet de ce livre qui aborde successivement les questions suivantes. Qu'est-ce que la jeunesse ? Que fait l'école ? A quoi servent les politiques d'emploi ? La situation en France est-elle singulière ? Les entreprises jouent-elles un rôle déterminant ? Existe-t-il un marché du travail des jeunes ?

  • S'il est convenu d'analyser la loi de 1901 à la lumière des luttes de pouvoir entre l'Eglise et l'Etat, il n'en reste pas moins qu'elle est devenue l'un des grands textes fondateurs de nos libertés publiques.
    Elle structure aujourd'hui une part importante de notre vie sociale en donnant corps à l'ensemble du secteur associatif dans ses multiples composantes. L'association constitue, en effet, l'une des formes d'organisation les plus répandues en France et recouvre des activités très diverses : culturelles, sportives mais aussi humanitaires, caritatives, sanitaires, éducatives... Partant de cette lecture historique, Bruno Rebelle et Fabienne Swiatly mettent à jour les valeurs originelles du monde associatif et de son évolution.
    Près d'un siècle après l'adoption de la loi de 1901, ils confrontent ces idéaux avec la réalité du fonctionnement des associations. S'il n'est pas question, pour eux, de réformer une des lois les plus libérales de notre Constitution, il leur semble urgent de moderniser cette forme d'organisation, à mi-chemin entre Etat et marché, entre les individus isolés et l'autorité, qu'elle soit locale, nationale ou internationale.
    Profondément attachés au mouvement associatif et aux ambitions qu'il porte, les auteurs explicitent la mécanique associative dont ils ont appris à connaître les limites et le caractère complexe. Pour mieux confronter les pratiques et recenser des pistes d'innovation, ils ont interrogé de nombreux acteurs associatifs. Ils proposent de poser un regard nouveau sur le fonctionnement interne des associations en s'appuyant sur la notion de "gouvernance" qui consiste à mieux prendre en compte les multiples pôles d'influence, internes et externes, qui pèsent sur la mécanique associative.
    Au-delà du concept de "société civile" inauguré par la philosophie politique, cette approche nouvelle permettrait aux associations de retrouver les ambitions de la loi de 1901, de contribuer, de manière originale, à l'évolution de nos démocraties malmenées par une mondialisation galopante et d'offrir, dans un même temps, des repères indispensables aux citoyens d'aujourd'hui.

  • Quand des sociétés avancées rencontrent le mouvement permanent des hommes, des marchandises et des échanges, comment peuvent-elles connaître une stabilité suffisante ? A cette question caractéristique de la mondialisation, le sociologue Renaud Sainsaulieu apporte les leçons de trente années consacrées à la recherche sur les entreprises privées et publiques, ainsi que sur les administrations et les secteurs associatifs.
    Prenant appui sur l'extraordinaire succès du phénomène organisationnel tout au long de périodes de croissance et de crises, il défend la thèse qu'au niveau des organismes intermédiaires, entre l'Etat et la famille ou l'éducation, les sociétés en mouvement doivent développer de nouvelles légitimités institutionnelles. C'est en effet dans les milieux productifs que les individus salariés et bénévoles, dirigeants et professionnels élaborent des réponses appropriées aux nouvelles donnes de l'économie de la culture et de la politique.
    A ce niveau intermédiaire de la régulation sociale, entre les pouvoirs du politique et les normes de l'éducatif, les acteurs des institutions productives relèvent le véritable défi de la démocratie des sociétés en mouvement : faire que les praticiens du changement soient reconnus comme participants légitimes à l'invention des règles de la société à venir.

  • Dans un monde en mouvement, traversé par de violentes crises économiques et financières, quelle peut être la responsabilité sociale des entreprises (RSE) ? Au milieu de changements souvent brutaux, est-il possible d'humaniser la mondialisation et de donner un sens à l'activité économique, au-delà des seuls bons sentiments ? Car le marché n'est pas une fin en soi, il n'est qu'un moyen : c'est aux hommes d'insuffler des valeurs et de susciter un supplément d'âme dans les entreprises.
    Bertrand Collomb, qui a travaillé dans le groupe Lafarge puis l'a dirigé à une période de croissance passionnante, dialogue ici avec Samuel Rouvillois, philosophe et théologien, sur toutes ces mutations de la vie économique et sur le travail. Et si un autre avenir s'ouvrait, enfin, pour nos sociétés ?

  • La participation est au coeur d'un projet de renouvellement de nos façons de vivre ensemble. Promue par certains comme remède à tous les maux, elle est simultanément perçue par d'autres comme un espace de manipulation. Le livre propose de dépasser cette opposition à partir d'enquêtes sur des expériences concrètes : au travail et dans l'arène politique, sous des horizons autogestionnaires ou managériaux, à partir de problèmes mécaniques sur un vélo ou de planification de la mobilité urbaine. Aussi accessibles qu'approfondies, les analyses invitent à sortir des idées reçues et permettent de mieux saisir les potentiels tout autant que les limites de la participation.
    En examinant attentivement les charges et les conditions requises pour prendre part, le livre décrypte les déceptions et amertumes nées des promesses non tenues de la participation. Celles-là même qui, couplées à un accroissement des inégalités sociales, nourrissent aujourd'hui des populismes réactionnaires et menacent nos démocraties. L'intention de l'auteur est alors de nourrir nos capacités, à la fois analytiques et pratiques, à réaliser ces promesses.
    Le bonheur lumineux éprouvé à prendre part, les bienfaits politiques qui en dépendent, Julien Charles nous en découvre aussi tout le poids. [...] À quelles conditions et à quel prix pouvons-nous prendre part en exprimant ce qui nous importe et nous affecte, dans le mouvement des communautés auxquelles nous avons part ? écrit Laurent Thévenot dans sa préface.

  • Comment décider, dans un monde où le risque économique est le pain quotidien du manager oe. Fruit de l'élargissement de l'espace économique, des contradictions sociales et du jeu politique, le risque provient également de la complexité des situations où plusieurs logiques - rendement, sécurité, pouvoir, confort, et d'autres encore se disputent le cerveau du décideur. Source de solidarité, le risque provoque aussi une crise d'identité de celui qui décide. Il doit assumer, outre ses aspirations personnelles et les contraintes notifiées par les sciences, les règles juridiques, la loi morale et les devoirs professionnels qu'impose la vie en société. L'art de décider en situations complexes naît du dialogue toujours recommencé entre ces dimensions. Comment assumer alors en toute liberté les contingences d'une décision ? C'est tout l'objet de la réflexion d'Étienne Perrot.

  • L'impôt peut-il être juste ? Et peut-il être raisonnable ? La question de la justice fiscale agite la société quand les prélèvements fiscaux et sociaux deviennent si prégnants qu'ils peuvent menacer l'équilibre de la cité et la liberté des citoyens. Mais il ne sert à rien de contester l'importance des charges publiques sans s'interroger sur les raisons qui ont conduit les États à enfler jusqu'à devenir parfois impotents. Il convient ainsi de montrer le processus qui a conduit les États à accaparer la vie civile, sacraliser la notion de bien public, avec pour résultante l'asphyxie des citoyens par des impôts excessifs et souvent injustes.

    Non content de dénoncer un système inique, l'auteur se propose de remonter aux sources du droit et de la justice pour jeter les principes d'une nouvelle justice fiscale.

    Il existe en effet des voies qui permettraient de retrouver la balance de la justice fiscale plutôt que de l'abandonner à la volonté hasardeuse du législateur. La justice peut se mesurer à l'aune de la responsabilité et de la liberté réelles laissées à chacun d'atteindre ses fins, de s'accomplir en les accomplissant. Dans cette optique, le rôle de la collectivité serait redéfini et plus limité. La justice fiscale trouverait là un critère utile et équitable de sa mesure. Le lien indéfectible de l'impôt et du bien commun ne saurait faire oublier que le bien commun n'existe pas pour lui-même, mais pour permettre aux hommes de bien vivre ensemble.

  • C'est l'histoire d'un scandale. C'est l'histoire d'une crise que l'on aurait pu éviter si nos dirigeants avaient écouté les économistes qui, comme Pierre Larrouturou, tiraient la sonnette d'alarme. C'est l'histoire d'un monde qui s'enfonce dans le chaos, parce que ses dirigeants semblent incapables de comprendre les causes profondes de la crise et sont donc incapables de s'attaquer aux racines du mal. De façon claire et argumentée, Pierre Larrouturou rend accessible à tous une analyse nouvelle des déséquilibres causés par trente ans de politiques néo-libérales. Mais il ne se contente pas de dénoncer les erreurs passées : il explique de façon très concrète comment, en agissant avec force sur sept leviers, on peut sortir de la crise. On peut créer 2 millions d'emplois et on ne le fait pas.

    Voilà le scandale. En refermant le livre, chacun se dira qu'il est, à nouveau, possible d'espérer. Mais qu'il y a urgence à débattre.

    Urgence à agir.

  • En lisant le témoignage de Grégoire Philonenko, je me suis rendu compte que derrière l'univers positif et chatoyant des grands supermarchés, celui que l'on voit du côté des rayonnages, il y a un système d'exploitation impitoyable. L'écrasement des prix s'effectue par une pression tout aussi radicale que sur ceux qui y travaillent. C'est cette réalité que l'on découvre dans cet ouvrage. Il nous livre l'histoire d'un jeune homme honnête, sérieux, entreprenant, qui a envie de réussir et qui cherche à bien faire. Il trouve un emploi qui lui semble intéressant. Il se retrouve pris dans un système qui va le conduire à sacrifier sa vie, sa famille et sa santé. Il nous explique parfaitement ce processus de servitude volontaire [...]. Peut-on parler d'exploitation pour rendre compte de ce phénomène? [...] Il y a là un mystère. Comment peut-on accepter d'aller si loin dans le sacrifice pour la réussite de son entreprise ? Je laisse aux lecteurs découvrir les différentes facettes de ce mystère. tes de ce mystère.

  • Partout à travers le monde, des hommes et des femmes se lèvent pour refuser l'inacceptable et défendre la dignité humaine, une dignité qui n'en finit pas d'être bafouée. Génocides du Rwanda et de l'ex-Yougoslavie, scandale du travail des enfants, esclavage et tourisme sexuel, montée des fanatismes... Plus que jamais, la défense des Droits de l'homme demeure un combat d'actualité. Cinquante ans après son adoption par l'ONU, la Déclaration universelle qui les proclame est toujours un outil efficace, un horizon de sens possible pour une humanité en quête de justice et de paix. Mais, depuis 1948, la situation a beaucoup changé. Les Droits de l'homme suscitent toute une dynamique propre et des évolutions marquent profondément la scène internationale : montée en puissance des ONG, disparition du bloc communiste, interventions des juridictions internationales en cas de génocide, émergence du laboratoire européen , articulation des responsabilités du politique et de l'humanitaire... Ce nouveau livre de Guy Aurenche prend en compte cette réalité inédite et ouvre des pistes pour réfléchir à l'avenir des Droits de l'homme. Propos d'un homme de terrain, d'un praticien du combat humanitaire, il invite plus largement à une démarche éthique et éducative.

  • Les entreprises modernes désirent provoquer l'adhésion et le dévouement sans failles de leurs collaborateurs.
    Aussi adoptent-elles des types de structures et des styles de direction aptes à surveiller, chez leurs membres, l'identification aux idéaux de l'organisation et à son " éthique ". aussi tentent-elles de les prendre au piège de leurs propres désirs en leur proposant un imaginaire qui s'avère bien souvent un leurre. le pouvoir qu'elles exercent révèle aussi ses caractéristiques de contrainte malgré les aspects séducteurs sous lesquels il se donne à voir.

    La formation, la consultation et l'intervention psychosociologique a pour rôle de lever les illusions dont l'entreprise est friande, de démystifier les pouvoirs mis en oeuvre, de favoriser l'émergence de processus de sublimation, de reconnaître les individus comme des sujets dotés d'une vie intérieure, capables d'assumer leurs désirs, de se transformer, de prendre en main leur propre destin et de devenir des " créateurs d'histoire ".

    Les entreprises modernes savent-elles accepter que les hommes, individuellement et collectivement, accèdent progressivement à l'autonomie ? telle est la question posée.

  • Devant l'ampleur de la crise, le risque de régression autoritaire et perceptible.
    Ce danger existe mais il peut être combattu comme en témoigne l'essor remarquable en France et ailleurs de l'économie sociale et solidaire qui remet l'économie à sa place, celle de moyens au service de finalités écologiques, sociales et culturelles.
    Il s'agit aujourd'hui d'aller plus loin, de fonder un nouveau projet qui redonne espoir. La lutte pour l'égalité qui caractérise historiquement la gauche peut redevenir une source d'énergie collective, à condition de ne plus ignorer mais de soutenir les initiatives citoyennes par une nouvelle approche politique.
    Une alliance entre société civile et pouvoirs publics est indispensable contre la démesure du nouveau capitalisme globalisé.
    Cet ouvrage explique avec clarté ce qu'est l'économie sociale et solidaire.
    Sans cerner les menaces qui la guettent, il examine à quelles conditions elle peut impulser une dynamique démocratique et propose des principes d'action.
    Avec la conviction que la question abordée est décisive pour notre avenir commun et qu'il est temps d'en débattre.

  • L'actualité se charge de nous le rappeler cruellement, si la société continue à s'enrichir, le plein emploi n'est plus assuré.
    Les remèdes habituels, qu'il s'agisse de traitement économique ou social, se révèlent impuissants contre le chômage. Mais aussi contre la crise du sens et les fractures sociales. Au lieu de se laisser bercer par l'espoir d'une prochaine reprise susceptible de nous faire retrouver le chemin du plein emploi, il devient urgent d'admettre que c'est l'intégration sociale par le salariat qui est en cause.
    La synergie entre Etat et marché, caractéristique de la période d'expansion, appartient désormais au passé. Pour cettte raison, le partage du travail, nécessaire, ne peut être suffisant. Une véritable révolution dans les modes de vie comme dans la production est en marche. Et de la même façon que la révolution industrielle avait fait émerger la question sociale, les mutations en cours en font naître une nouvelle qui suppose de renouveler les relations entre économie et société.
    Elle ne peut être résolue ni par la promesse démagogique d'un emploi pour tous, ni par la revendication d'un droit illusoire à la paresse. C'est plutôt à travers l'analyse des rapports complexes entre travail, emploi et socialisation que peuvent s'esquisser de nouvelles perspectives d'action tenant compte des transformations de l'économique et du social. Le traitement séparé des questions de la cohésion sociale et de l'emploi ne peut qu'engendrer des effets pervers ; il s'avère primordial de les penser ensemble.
    Pour ce faire, une des voies, celle de l'économie solidaire, propose de dépasser la seule référence à l'emploi et d'asseoir la pluralité de sens et de valeurs des activités de travail. L'égal accès de tous à cette pluralité suppose de débattre de nouvelles formes de représentation du lien social dont chacun serait partie prenante. Ce qui amène à s'interroger sur des politiques publiques tenant compte de cette exigence.

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