Desclee De Brouwer

  • Loin de l'image grossière du paysan lettré conservateur, Gustave Thibon est un de nos penseurs profonds et dérangeants. Certainement parce qu'il a le souci des sommets. Le plus souvent sous forme d'aphorismes, il renverse les catégories entendues à coup de paradoxes, démasque les apparences, quitte à offenser l'hédonisme et l'individualisme de nos sociétés modernes. Tout à la fois véritable biographie intellectuelle et heureuse anthologie, cet ouvrage à l'écriture incisive ne se contente pas d'exposer une pensée mais réveille l'âme et la revigore.
    Parcourant les thèmes chers à Thibon, Raphaël Debailiac dégage les traits d'une personnalité animée par le souci de la vérité et ce, jusque dans l'épreuve de la nuit de la foi. Il offre ici un essai engagé, enraciné dans la pensée de Gustave Thibon.

  • Un parallèle entre la philosophie platonicienne, la pensée chrétienne et les analyses modernes de l'oubli, pour comprendre le sens de la perte et le rôle de la mémoire comme vecteur d'espérance.

  • Depuis leur parution en 1962, des milliers de personnes ont trouvé dans les Approches de la vie intérieure un appel à changer de vie : à ne plus poursuivre au-dehors ce qui se trouve en eux-mêmes.
    Car c'est à la source intérieure, au centre vivant de notre être, que se décident notre destin et notre bonheur. Lanza del Vasto nous invite avant tout à nous réconcilier avec nous-mêmes et à nous recentrer.
    Mais ce précieux enseignement, plein d'humanité et de bon sens pratique, nous interpelle aussi de façon collective et concrète. Il pose ainsi les bases d'un authentique changement de société.

  • Recueil de pensées et itinéraire spirituel du philosophe syncrétiste Lanza del Vasto, militant de la paix et des luttes non-violentes, fondateur des Communautés de l'Arche.

  • Cet ouvrage propose la première édition intégrale des lettres retrouvées à ce jour entre les philosophes Jacques Maritain et Emmanuel Mounier. Cette correspondance enrichit largement, de 133 à plus de 200 lettres, la première édition partielle de 1973, qui n'était qu'une sélection de lettres illustrant la genèse de l'ouvrage collectif sur Péguy et celle de la revue Esprit. Elle est éclairée par la connaissance des Carnets personnels de Maritain, et du Journal complet de Mounier qui sont en cours de parution. Cette publication réévalue très largement l'image que l'on pouvait se faire de leur relation, révélant davantage encore la profondeur humaine et spirituelle de cette grande amitié. À l'instar d'Yves Simon ou de Henry Bars, Emmanuel Mounier se donne le beau titre de « filleul » de Jacques Maritain, de « fils aimant » : un fils libre et indépendant. Il prolonge à sa manière la philosophie politique, sociale et culturelle de Jacques Maritain, s'appuyant sur les jalons forts de sa pensée - tels l'humanisme intégral, les moyens pauvres, « l'exister avec le peuple » ou l'amitié civique, l'ouverture aux autres religions et aux incroyants, la participation à une oeuvre commune - mais aussi réalisant un travail personnel, parfois en décalage avec celle du philosophe de Meudon. N'est-il pas symbolique qu'emprisonné par le régime de Vichy, Emmanuel Mounier ait choisi de présenter à ses camarades de cellule, le 10 octobre 1942 « un soir Péguy, un soir Maritain » ?

  • Aujourd'hui, la mort ne présente plus ce caractère inéluctable qui, par nature, est le sien. Des médecins, de plus en plus performants grâce à la technologie moderne, assistés par un personnel soignant aussi compétent que dévoué, luttent jour et nuit pour en repousser les limites, voire la vaincre.
    Mais l'homme parviendra-t-il, un jour, à assouvir son vieux rêve d'immortalité ? Les progrès de la science le rassurent quant à l'avenir de l'humanité à moyen terme, et l'hubris, cet orgueil démesuré qui peut s'emparer de l'homme, lui fait croire qu'il sera, un jour, l'égal de Dieu.
    Heureusement, la philosophie est là pour le ramener sur terre, lui rappeler sa finitude et le placer face à ses responsabilités.
    Un médecin, un chirurgien et une philosophe ont, un jour, décidé de consacrer leur vie au service de l'humanité. Ils relatent ici leur expérience au chevet des malades et ont à coeur de méditer le rôle de la main comme prolongement du cerveau dans la relation à l'autre.
    Si la guérison du corps et de l'esprit vont de pair, c'est bien un message d'espoir qui est délivré ici.

  • La philosophie contemporaine s'intéresse plus que jamais au sens.
    Le présent essai soutient cependant qu'il lui reste à accomplir une mue décisive, pour devenir spécifiquement "philosophie du sens". Pour cela, elle doit reconnaître qu'elle n'est pas au service exclusif de la vérité, comme l'est la science et, plus profondément encore, qu'elle n'est pas en charge de l'Etre, comme toute sa tradition pourtant l'invite à le croire. Le sens n'est donc pas ici envisagé comme l'ensemble des conditions de vérité des phrases, à l'instar de la philosophie analytique ; il n'est pas non plus conçu comme la façon de se donner de la chose, ainsi que le recommande la phénoménologie : suivant une inspiration levinassienne, l'auteur envisage le sens comme ayant sa source dans l'adresse, c'est-à-dire dans ceci même qu'un message est toujours reçu.
    Cette conception du sens va de pair avec un nouveau style de philosophie, qui s'attache à déterminer ce que nous comprenons de nos savoirs, de nos pratiques, de nos aspirations, plutôt qu'à trancher en termes de vérité sur les objets, les lois, les modes d'existence et la finalité de tout ce qui se passe. Partant, c'est la clef de l'itinéraire philosophique de Jean-Michel Salanskis qui est ici délivré : à la fois proche de la science, de la philosophie française des années 1960-1970 et de la tradition juive, l'auteur, longtemps préoccupé par les mathématiques et l'épistémologie, s'engage ici ouvertement sur les enjeux de son travail.

  • Aujourd'hui, la communication orale comme crite prolifre, les changes et la diffusion des opinions, les prises de positions et les avis de toutes sortes se multiplient... Tout cela nous provoque en permanence rflchir, juger, dbattre. Consciemment ou non, chacun s'appuie sur un art de penser aux exigences varies : certitude et rigueur, mais aussi souplesse et persuasion... Conjuguer esprit de gomtrie et esprit de finesse, n'est-ce pas la mthode idale souhaite par tout esprit cultiv ? Mais comment la pratiquer plus aisment ? En la connaissant mieux et en s'y exerant au contact des matres. Une panoplie d'instruments dirige et facilite l'exercice de la pense et de la parole et nous les connaissons mal : dfinir les mots mais aussi les concepts, diviser les notions, questionner, noncer les problmes, argumenter, dmontrer, objecter, rfuter, convaincre, persuader... L'tude de ces instruments est ici expose, dans la tradition vivante qui remonte aux Grecs, mise en forme pour la premire fois par Aristote dans son Organon (l'Instrument). Dans cet ouvrage, les illustrations et les applications concrtes alternent avec les exposs thoriques et l'assimilation de ces derniers est aide par un glossaire de dfinitions de plus de deux cents termes. Aussi l'tude des instruments qui permettent la raison de procder avec ordre, facilit et sans erreur est-elle situe ici dans son milieu d'lection : la vie de l'intelligence. Car au milieu du relativisme et du scepticisme contemporain, notre esprit possde toujours le dsir naturel de la vrit et la soif d'y rpondre.

  • En Occident, la philosophie de la religion a acquis, depuis quelques décennies, ses lettres de noblesse, ce dont témoignent les multiples travaux réalisés en ce secteur de recherche. La réflexion philosophique sur la question de Dieu manifeste, au coeur de la vie humaine, tout autant la réalité d'une expérience existentielle avec la Transcendance, que la recherche infinie d'une nomination de l'Absolu.
    Des élaborations philosophiques où se trouvent mises en dialectique immanence et transcendance dans le rapport de l'homme à Dieu, existent comme autant de perspectives d'intelligibilité projetées sur la signification de toute forme religieuse. Appliquée au christianisme, la philosophie de la religion a la capacité de faire apparaître la vérité rationnelle de cette Tradition religieuse ouverte à sa propre critique et de reconnaître la signification existentielle des problématiques chrétiennes.
    Ce recueil de textes constitue une illustration de la projection de l'acte philosophique sur le champ d'interrogation que présente l'expression religieuse dans son extraordinaire richesse anthropologique.

  • Une réflexion sur la place de la morale au sein de la société contemporaine. Mal reçu et souvent critiqué, le discours moral est selon Pascal Jacob rarement défendu. Pourtant, il relève d'une vraie sagesse.

  • Le botaniste et philosophe contemporain allemand Hans André (1899-1966) est aujourd'hui quasiment inconnu en France des milieux scientifiques et philosophiques.
    Pourtant, avec une largeur et une profondeur de vue stupéfiantes, il propose une cosmologie fort originale et très actuelle, qui renouvelle de l'intérieur le regard posé sur la nature. Comme s'il anticipait ce si regrettable oubli, le philosophe et compatriote Gustav Siewerth (1903-1963) a rédigé un opuscule présentant la cosmologie d'André. Le livre que vous tenez entre vos mains est la première traduction française de l'ouvrage de Siewerth.
    Pascal Ide a rédigé un important apparat critique qui permet au lecteur d'appréhender la pensée exigeante de Gustave Siewerth et Hans André.

  • Le titre de cet essai s'est imposé à l'auteur lorsqu'il a cherché un verbe qui soit à l'amitié ce que le verbe aimer est à l'amour. Ce livre porte en effet non sur un état mais sur une relation dont il analyse diverses modalités pour en donner, au bout du compte, une image dynamique, un portrait mobile mais capable de restituer sur le plan du discours et de la pensée quelque chose de ce qu'est l'amitié vécue. Tentant de cerner la place de l'amitié dans notre monde, le présent essai tourne autour de quatre grands infinitifs, qui inscrivent dans le temps et l'espace la relation amicale : engager, éprouver, échanger et perdre.
    Donc pas un traité de l'amitié, pas une philosophie de l'amitié qui dirait ce qu'elle est ou ce qu'elle doit être, mais un essai philosophique qui cherche à rendre compte de sa réalité contrastée, tant au travers des expériences que chacun peut en faire que de ses différentes tentatives de théorisations philosophiques.
    Car l'amitié change de valeur d'Aristote à Rousseau : de positive et rationnelle qu'elle est pour le premier, elle devient chez le second, sous la forme de la compassion ou de la sympathie, une valeur beaucoup plus ambiguë, sujette à maints retournements. D'où la nécessité de penser ensemble des positions apparemment contraires.

  • Des leçons de philosophie sur le langage, la science, le vivant, l'âme, la morale, etc.

  • Par deux fois au cours de la première moitié du vingtième siècle, les systèmes totalitaires ont contesté le concept de démocratie. Ces systèmes ont proposé des philosophies complètes de l'homme et de l'État, des philosophies assez fortes pour insuffler à leurs disciples un esprit de croisade.
    La démocratie fut sur la défensive ; elle fut de plus en plus souvent défendue par l'argument pragmatique. Cependant, cet argument s'est révélé impuissant face aux systèmes concurrents. La démocratie fonctionne, il est vrai - mais le fascisme fonctionnait également avant qu'il ne soit détruit depuis l'extérieur.
    Le besoin qu'il est d'une philosophie démontrant que la démocratie est solidement fondée sur des principes rationnels - ce besoin est manifeste.
    Ce volume présente ainsi les principes fondamentaux sur lesquels repose la démocratie afin de comprendre les fondements de la démocratie.
    Cet ouvrage aide à prendre conscience que ce système est construit sur ces principes nécessaires au maintien de la dignité humaine.

  • Un panorama de la sexualité dans l'histoire, les cultures et la philosophie pour aborder les différences mais également les similitudes entre hommes et femmes, et inviter à dépasser les réalités biologiques au profit de la notion de genre.

  • Cent ans après sa mort Charles Péguy est toujours d'actualité. Sa pensée continue à oeuvrer et à s'exercer aujourd'hui sur les esprits les plus divers. Cette pensée déborde de toutes parts et bouleverse nos catégories académiques, puisqu'elle fut ensemble et tour à tour celle d'un révolutionnaire, d'un socialiste, d'un historien, d'un journaliste, d'un pamphlétaire, d'un philosophe et d'un poète. Par la force obstinée de son écriture, Péguy a réussi à rassembler des personnalités différentes.
    Cet ouvrage rend compte de cette pensée impossible à contenir, toujours prête à bouleverser nos habitudes acquises. Et quand bien même les auteurs de cet ouvrage ne partageraient rien d'autre entre eux que leur admiration, c'est assez pour qu'ils aient accepté d'y participer pour faire vivre Péguy.

  • Pour toute une part de l'opinion de gauche, André Glucksmann fait désormais figure d'apostat qui aurait renié les grands idéaux du progressisme au nom de la critique antitotalitaire. N'a-t-il pas choisi de voter pour Nicolas Sarkozy aux élections présidentielles de 2007? N'est-il pas plus proche aujourd'hui des courants libéraux ou atlantistes que de l'orbite socialiste? Comment expliquer alors qu'il critique aujourd'hui la politique du pouvoir actuel, notamment à propos de sa dérive sécuritaire autour des Roms, par exemple, ou pour d'autres options dans le domaine international?
    C'est que plus que jamais le philosophe se refuse à adopter une vision religieuse, sacrée du monde et de la politique. Au rebours de tout manichéisme, il dénonce ici une France bloquée aussi bien à droite qu'à gauche, tant au point que social que politique, économique qu'idéologique. Sans complaisance vis à vis de l'héritage de François Mitterrand, il s'inquiète aussi de l'évolution de nos actuels dirigeants et d'un cynisme qui conduit à sacrifier les droits de l'homme à une pure logique d'intérêts, comme on le voit dans la relation avec la Russie de Vladimir Poutine.
    Alors que les élections présidentielles se profilent à l'horizon 2012, il ne s'agit pas tant de se déterminer pour un candidat que de promouvoir une vraie réflexion citoyenne, dans un contexte de plus en plus mouvant, voire dangereux. Après Marx, quoi? Aurions-nous renoncé à penser la politique, à force de désillusions meurtrières?

  • Pour nous Européens, la Grèce est restée pour nous selon la formule de Nietzsche «le pays de notre désir», le berceau de notre humanisme. Mais est-ce encore le cas aujourd'hui? Cet humanisme n'est-il pas d'autant plus dépassé que le monde qu'il a contribué à fonder, fondé sur l'homme rationnel, maître de soi et de la nature, touche désormais à sa fin?
    Pourtant, la «source grecque» peut être à nouveau féconde pour une Europe en mal de définition et de destination. Si nous sommes aujourd'hui fermés à l'héritage grec, c'est que nous avons oublié l'un des traits les plus forts de son message: le sens du défaut de l'homme, de la limite, de la condition de mortel. Pour devenir ce que l'on est, emprunter un chemin de sagesse, comment oublier l'épreuve, la douleur, l'apprentissage?
    Jean Lauxerois nous aide à découvrir cet apport essentiel du monde grec, notamment à partir d'Homère, Platon, Sophocle et Aristote.
    Jean Lauxerrois enseigne la philosophie dans un lycée parisien. Il a traduit notamment Adorno.

  • " Je le confesse : je suis un romantique, un esprit ardent et intransigeant.
    Je voudrais qu'on fasse pour la langue française des rêves d'absolu, et qu'on croie, comme Nizan, que si l'on n'a pas tout on n'a rien. Je suis du côté de Montherlant lorsqu'il écrit à son fils : "Il faut être fou de hauteur !" Et du côté de Cocteau qui sauve le feu lorsqu'une maison brûle. Toute ma vie je me suis fait une certaine idée de la langue française. Le sentiment l'inspire aussi bien que la raison.
    Au hasard et au cynisme qui semblent aujourd'hui nous gouverner, j'oppose ma conviction, profonde : notre langue, la langue française, celle de la francophonie, telle qu'elle est, parmi les autres, telles qu'elles sont, sous peine de danger mortel, se doit de viser haut et de se tenir droite. [...] C'est cela, la langue française une terre de promesses et une espérance. " Un florilège de trente-trois textes essentiels, choisis et présentés par Gérard de Cortanze.

  • " Seul un Lieu peut encore nous sauver ", déclara de façon énigmatique Martin Heidegger au cours d'un entretien télévisé en 1966. Bernard Sichère fait, ici, le pari que cette parole terminale de Heidegger, loin d'être secondaire, est une clé de son parcours de pensée. De quel Dieu s'agit-il, et de quoi devrait-il nous sauver?
    A la seconde question, on peut déjà répondre à la suite de Nietzsche: nous sauver du nihilisme comme vérité à la fois manifeste et secrète des temps présents. En dire plus suppose d'abord de revenir au grand texte de 1927 Etre et Temps définir l'homme comme Dasein est un trait de génie, car c'est supposer que la question de l'être est décisive et que l'homme n'est homme que s'il accepte de se loger en elle.
    Mais c'est après 1933, l'année terrible de la compromission avec le nazisme, que Heidegger va délivrer sa pensée du nihilisme de la volonté de puissance. Trois sources de salut, en l'occurrence: d'abord les retrouvailles avec la parole des Grecs et les dieux de la Grèce; ensuite le dialogue passionné avec Nietzsche et avec le mot de Nietzsche " Dieu est mort " ; enfin la révélation de la parole du poète Hölderlin (" Proche et difficile à saisir est le Dieu ").
    D'où la réponse à la question initiale: seul un Dieu, advenant de nouveau dans " la lumière de l'Etre " peut nous sauver de la rage nihiliste en révélant son envers glorieux et finalement si proche.

  • Le 22 avril 2013, lors d'une séance académique exceptionnelle, six grandes figures contemporaines ont reçu le titre et les insignes de Docteur Honoris Causa. Articulées autour de la figure intellectuelle de F. Ozanam, ces six leçons doctorales avaient pour thèmes le développement humaniste durable, la place des droits de l'homme ou la justice et la charité.

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