Contrejour

  • America

    Fontana/Adrien

    On connaissait de Franco Fontana, ses paysages lesquels il fit oeuvre d´une composition ample et coloriste où l´épure graphique fait loi et dont le livre Skyline apparut en 1978 comme un aboutissement. Le sujet des métropoles américaines accompagnées de leur inévitable tumulte urbain semblait a priori aller à l´encontre de la cohérence de son oeuvre antérieure à la belle ligne et aux aplats chromatiques soignés. Qu´allait-il donc quérir dans les grandes métropoles américaines lors de ses différents voyages étalés de 1985 à 2001 ? Alors que ses compositions habituelles sont d´un classicisme régulier, lisible et articulé, ses images américaines sont indéniablement empreintes d´italianité. avec le goût pour l´harmonie et l´équilibre géométrique des pères de la Renaissance. Les bandes colorées des paysages d´autrefois deviennent ici des plans étagés. Le choix du plan d´ensemble fait des personnages des silhouettes esquissées plus que des individualités

  • Maroc, un temps suspendu

    Flore

    Depuis 1921 le Maroc a toujours été un territoire privilégié pour les photographes. Leurs approches en tous points différentes donnèrent une vision nouvelle d'un Maroc rêvé, fantasmé ou en proie aux réalités sociales et identitaires.
    Avec ce livre, Maroc, un temps suspendu, la photographe FLORE poursuit sa quête autobiographique, un temps du souvenir qui l'avait déjà portée vers l'Indochine où vécurent ses grands-parents dans son livre Lointains Souvenirs (Ed. Contrejour) autour de l'enfance de Marguerite Duras.
    Après l'Egypte dans sa série « Sabah el Nour », l'artiste évoque ici une une nouvelle fois les souvenirs d'une enfance vagabonde, les émerveillements liés à la découverte du Maroc lors d'un « road trip », longue traversée du pays, mère-filles en solitaire dans les années 70.
    La couleur douce-amère des images nous chuchote que le temps nous échappe, que les souvenirs s'estompent et que meurent ceux que nous aimons.
    Petite fille spirituelle de Gabriel Veyre et d'Eugène Delacroix, dans un Maroc éternel, FLORE mêle encore une fois une esthétique post classique grâce à une technique qui emprunte au passé une patine pigmentaire, à une approche et des cadrages très actuels. Seules, parfois des photographies restent pour nous rappeler la poésie des jours heureux.
    De courts extraits de textes de Colette, Anaïs Nin, Edith Wharton, Nicole de Pontcharra et Nedjma, répondent librement aux images et sont autant d'offrandes qui amplifient le regard et donnent à ce livre son originalité.

  • Ghirri affirma plusieurs fois que « la photographie était d'abord une façon de penser la photographie » mais il ne cessa en fait de « penser par images ». Son travail par séries et séquences, ses livres conçus comme un enchainement poétique laissent toujours la place à l'émotion, Géomètre, artiste conceptuel, photographe, théoricien, éditeur, organisateur d'expositions, il transforma et fit connaitre la photographie italienne dans son pays et à l'étranger. Il fut l'ami de nombreux intellectuels, architectes, historiens, musiciens et penseurs qui vivaient près de chez lui à Modène où régnait une intense activité artistique.
    Claude Nori, son ami depuis 1973 jusqu'à sa disparition en 1992, a publié tous ses livres en France. Il dresse ici un portrait vivant, intime, libre et très émouvant de ce grand photographe à travers leurs voyages, leurs virées sur les petites routes de la plaine du Pô, leurs échanges sur la technique et les tirages, leurs discussions sur le cinéma néoréaliste, les grands courants et les ouvrages qui marquèrent la photographie. Composé en chapitres qui sont autant de petites anecdotes de moments partagés, le livre restitue l'ambiance de ces années de rupture et de renouveau permettant de comprendre la pensée et l'oeuvre de Ghirri : la conception du livre Kodachrome, la visite de l'atelier Morandi, Versailles, le colloque à la Sorbonne en 1985, Bob Dylan, Lucio Dalla, Walker Evans...
    Ce portrait à l'opposé de tous les poncifs théoriques révèle un Luigi Ghirri, drôle, émouvant qui semblait avoir trouvé « un équilibre extraordinaire entre le mal-être de l'existence et le bien-être du regard ».

  • La côte du songe de Mélinde à Zanzibar.
    Du Cap de Ras Kamboni au sud de la Somalie jusqu'au Mozambique en longeant le Kenya et la Tanzanie s'étirent, en un léger golfe saupoudré d'îles au sud par les Comores et refermé par la paume ouverte de Madagascar, les côtes swahilies... On y commerce depuis la nuit des temps, avec l'Inde, la Péninsule arabique ou Madagascar.
    Toutes sortes de marchandises, de la canne à sucre, du mil, du clou de girofle, de l'ivoire. Des cornes de rhinocéros. De l'indigo. Des carapaces de tortues. Des esclaves païens, capturés loin à l'intérieur des terres et que les musulmans de la côte méprisent. Les images de Gilles Nicolet suivent au plus près, pas après pas, la forme de la côte. On y croise, pêle-mêle, des hommes, des femmes, des enfants, des bateaux, des poissons, des araignées.
    On a l'impression que le photographe n'a qu'à regarder autour de lui pour que l'objectif capture un moment de beauté. Les photographies fouillent le temps, et le spectateur ne peut s'empêcher de se demander s'il est face à des souvenirs lointains ou à des clichés d'aujourd'hui tant la beauté de ces scènes et de ces personnages est au-delà du présent.
    Extrait de la préface de Mathias Enard, prix Goncourt 2015.

  • De sa rencontre avec Saint-Malo Maia Flore a retenu l´impermanence des lieux. Qu´est-ce qui existe encore ? Qu´est ce qui subsiste au temps ? Les lumières toujours changeantes, la mer et le mouvement des marées forment une collection d´espaces vivants et insaisissables où la photographe imagine une chorégraphie personnelle. Les poésies d´Albane Gelé et le texte de Jean Rouaud font échos aux images et ouvrent de nouveaux horizons.

  • Continent Sicile

    Franco Zecchin

    Les images de la Sicile du grand photographe italien Franco Zecchin qui fit partie de l´agence Magnum sont enfin réunies dans ce superbe album et traversent les années 1970/1990 pour nous projeter ailleurs, vers d´autres contextes, européens et méditerranéens témoignant de ces connexions et de leurs conséquences. Franco a couvert les crimes de la mafia, fléau alors toléré par les autorités publiques et supporté des populations civiles. "Au début, je n´ai pas choisi de travailler sur la mafia. J´aimais beaucoup Palerme, son climat. Mais faire du journalisme dans cette ville impliquait de s´occuper de la mafia. Ce que j´ai fait, au noir, pour le quotidien d´opposition de gauche L´Aurora. J´ai appartenu à la première association anti-mafia de Palerme. La topographie de la ville était très marquée par les assassinats : on ne se donnait pas rendez-vous entre telle et telle rue mais là où Falcone s´est fait tuer."

  • Vacances en Italie

    Claude Nori

    Les vacances en Italie ! C'est un désir puissant, joyeux, éternel renforcé par les films, les chansons et les romans.
    C'est aussi une couleur où se fondent à la fois le ciel et la mer dans un soleil qui vient réchauffer nos souvenirs heureux de voyages, de rencontres, de farniente ou d'amours balnéaires.
    C'est maintenant le nouveau livre de Claude Nori qu'on attendait depuis Un été Italien, son livre épuisé depuis près de vingt ans. On y trouvera ses images connues mais aussi de nouvelles photographies en couleurs accompagnées d'un récit dans lequel il relate l'ambiance si particulièrement optimiste des années 70 et 80 mais aussi son approche et sa démarche photobiographique dont il fut l'un des précurseurs.
    Claude Nori a établit sa renommée avec ses photographies des bords de mer, la sensualité des belles italiennes, son art du cadrage pour saisir les amours adolescents et le dynamisme de la jeunesse, la soif de bonheur dans laquelle se cache une pointe de mélancolie et une nostalgie créative.

  • Les éditions Contrejour avaient publié en 1988 la première monographie importante de Mario Giacomelli, ce grand maître italien dont les photographies noir et blancs disaient l'essentiel à travers un territoire visuel personnel d'une force inouie. Aujourd'hui, avec la participation de sa nièce Katiuscia Biondi, ce nouveau livre avec une proposition visuelle audacieuse propose une relecture faisant apparaitre l'indivisiblité de son oeuvre dans laquelle des constances symboliques, graphiques, autobiographiques et sentimentales lient entre elles les images dans une dimension où passé et présent se métamorphosent. L'ouvragre tel un road-movie déroule les photographies en doubles pages dans un flux ininterrompu mixant les diverses séries entre elles, celles connues avec d'autres inédites. Reportages, paysages, portraits ou autoportraits se superposent jusqu'à l'abstraction en faisant apparaitre la vision d'un artiste, d'un poète toujours actuel en relation avec le monde dont la photographie constituait le film d'une vie entière.

  • Lointains souvenirs : Né d'un lent voyage qui l'a menée de Saïgon à Sadec, des rives du Mékong aux rizières du sud de la Cochinchine, ce livre de la photographe FLORE est une variation autour de la jeunesse indochinoise de Marguerite Duras.
    On ne pouvait trouver meilleure « interprète » aux mythologies de l'écrivaine car l'artiste photographe puise dans sa propre histoire familiale sa connaissance intime des lieux et des écrits.
    De courts extraits de textes de Marguerite Duras forment un contrepoint aux photographies en noir et blanc teintées de FLORE, enrichi d'une préface de Laure Adler, historienne et écrivaine, spécialiste de Duras.
    Trois voix de femmes, singulières, se font écho, passionnément.

  • Un photographe amoureux

    Claude Nori

    Claude Nori se souvient de ses premiers pas dans la photographie et la géographie des sentiments. À chaque page renaît l'atmosphère de la fi n des années soixante, à Toulouse. Au cours de ce long été 69, Claude Nori rencontre des fi lles qui se déshabillent avec plaisir quand il les photographie. Tomber amoureux l'aide à affi ner son regard. S'enchaînent bien vite les mises en scène, les happenings, les poses de nu dans la nature et les délires visuels qu'il imagine avec des complices. Ces joyeux desperados de l'objectif passeront des nuits blanches à percer les mystères de la chambre noire.. Aux terrasses des cafés ou dans des caves bruyantes saturées de musique rock, la jeunesse affi che sa sensibilité à fl eur de peau et son mépris des conventions. Gauchistes, artistes, libertaires, fi ls à papa, jolies hippies, tous se cherchent et désirent vivre autrement que leurs aînés. Quand viennent les beaux jours, ils se demandent bien où passer leurs vacances. Certains prendront le bateau pour Ibiza ou Brighton, d'autres prendront la route de Biarritz ou de Narbonne plage. Quand arrivera l'automne, quelques-uns choisiront Paris comme destination d'une passion artistique.

  • Passé imparfait

    Ralph Gilbson

    Ce livre relate en images les dix premières années de jeunesse du grand photographe américain Ralph Gibson, entre 1960 et 1970, depuis ses photographies de rue inspirées par Cartier-Bresson et Robert Frank (dont il fut l'assistant en 1967) de San Francisco à Los Angeles pour fi nir à New York où il s'installera défi nitivement et autopubliera son premier ouvrage personnel qui le rendra célèbre The Somnanbulist, dans l'ombre de Jorge Luis Borges.
    À travers ses photographies spontanées fraîches, sensuelles, déjà modernes, défi lent l'ambiance des années mythiques, les fi lles, la mode hippie, le rock and roll, la rencontre avec les Beatles lors de la sortie de leur album Revolver, les voitures décapotables sur Sunset boulevard, les premiers nus. etc.
    Au-delà des clichés, cet ensemble unique pose la question toujours excitante des années d'apprentissage, de la formation du regard qui précèdent la maturité artistique et demeurent une source d'excitation créatrice.

  • « Un peu plus que la vie » est une méditation photopoétique sur l'enfance et le paysage. La matière première est ici et maintenant : la forêt des Landes, au seuil de ma maison. Mes deux fils que je vois grandir et qui chaque jour me renvoient à ma propre enfance dans ce sud-ouest de la France où je suis né, où j'ai toujours vécu. Une enfance liée aux saisons, aux nuages, aux arbres, aux ruisseaux, portée par la force primordiale qui irrigue les êtres et les choses. » Olivier Deck.

    Ce livre de photographies est complété par une nouvelle originale de l'auteur sous le titre Icare à l'envers.

  • "La traversée des Alpes rassemble une cinquantaine de portraits d'Italiens de tous âges qui, à un moment donné de leur vie, ont choisi ou se sont vus contraints à un départ vers la France.
    Je les ai photographiés, j'ai recueilli leur histoire.
    À l'origine de ce projet photographique se trouve la question de l'appartenance à sa culture?de naissance lorsqu'on vit en terre étrangère. C'est l'histoire des multiples liaisons émotives face au déracinement et à l'intégration.
    C'est aussi l'étude de la transmission : qu'est-ce qui fait qu'on se considère, encore et toujours, «italiens» en France??- Écho aux migrations contemporaines, porteur d'humanisme, ce livre est aussi hommage à tous ceux qui après-guerre ont traversé la frontière à pieds, pour construire une nouvelle vie, et qui ont ressenti la distance physique avec leur patrie.?- C'est cette distance à la terre d'origine qui réunit tous ces portraits: Qu'elle pèse ou qu'elle soulage, elle ne laisse jamais indifférent."

  • David Seymour dit Chim fut avec Henri Cartier-Bresson et Robert Capa l'un des fondateurs de la prestigieuse agence Magnum en 1947. Conçu en deux parties distinctes et imprimées sur des papiers différents, ce livre est la première monographie et biographie consacrée à ce photojournaliste hors du commun.

    David Seymour était un intellectuel exilé, connu pour son engagement politique à gauche durant les débuts du Front Populaire puis la Guerre d'Espagne où il s'engagea pour les Républicains aux côtés de Robert Capa, Gerda Taro et de nombreux correspondants européens et espagnols. Il publia ses images dans les grands magazines de l'époque comme Regards, Life ou Vu en portant son attention sur les plus vulnérables.

  • Pour la première fois, ce roman à suspens vient dévoiler l'aventure palpitante de Jacques Louis Mandé Daguerre, au moment où il met au point le procédé de la daguerréotypie qui le fi t considérer comme l'un des inventeurs de la photographie.
    Il y a une énigme dans l'épreuve qu'il offrit au Louvre, et il reviendra à Samuel Morse, l'inventeur du télégraphe électromagnétique, de décrypter le symbolisme alchimique caché dans le mystère du procédé. Artiste, décorateur, mondain, fantasque, ésotérique, Daguerre fi t courir le tout Paris dans son fameux Diorama sur les grands boulevards, un spectacle en trompe l'oeil de toiles translucides peintes à partir de la chambre noire et animées par des effets d'éclairages.
    La narratrice restitue l'effervescence si particulière du début du XIXe siècle dominé par le profane et le sacré, les grandes découvertes scientifi ques dont la photographie fut l'aboutissement majeur afi n de diffuser, de multiplier et mettre en circulation les idées qui se propageaient à vive allure.
    De Paris à Thiers, jusqu'à Bry-sur-Marne, à travers une foule de personnages, le roman met en scène les intrigues complexes qui aboutirent à la divulgation de la daguerréotypie, le confl it de l'homme moderne entre le transitoire et l'éternel, les disputes et les aventures existentielles, les amitiés et les amours de celui qui désirait devenir à tous prix le maître du temps.

  • L'autre

    Philippe-Gérard Dupuy

    L'Autre... sous ce titre énigmatique se dévoile un photographe professionnel aux multiples facettes qui aime se divertir, jouer avec les multiples usages de la photographie, détourner les images de leur sens premier. En fait, l'Autre c'est bien lui mais en mieux ou en plus dévergondé.
    Cette première monographie de Philippe Gérard Dupuy publiée à l'occasion du festival Manifesto de Toulouse qui lui rend un hommage officiel dans toute la ville relate le parcours et les différentes séries de cet auteur original qui depuis les années 70 irradie la ville rose de son esprit, de son enseignement, de sa passion pour le jazz et de ses frasques créatrices.
    Christian Caujolle, critique et historien de la photographie, lui aussi toulousain, raconte l'histoire de ce compagnon terrible et fraternel.

  • Depuis 1929, le club des Ours blancs rassemble, à Biarritz, des nageurs jeunes et moins jeunes qui se baignent toute l'année. Qu'il pleuve, vente ou gèle, et même par beau temps, les Ours animent la plage du Port-Vieux où leurs bains quotidiens étonnent voire émerveillent les promeneurs, touristes ou Biarrots.
    Cette pratique est régulièrement saluée par les médias, en particulier fin décembre, lors du fameux « bain de Noël ». Le club de Biarritz est ainsi reconnu comme l'un des plus célèbres de la côte atlantique et il contribue à la renommée de Biarritz « station toute l'année » depuis près de 90 ans.
    Ce premier ouvrage relate l'histoire de ce club mythique, consacre plusieurs pages au site du Port Vieux ,ses rochers, ses courants et marées, et ses différents visages depuis que les bains de mer ont été mis à la mode par l'impératrice Eugénie. Enfin, il propose un chapitre sur les bienfaits de la nage en eau froide toute l'année accompagné de conseils pratiques. Truffé de témoignages vivants, drôles, émouvants de plusieurs de ses membres dont la doyenne âgée de 80 ans, ce livre porteur d'une certaine philosophie de l'existence est aussi un livre d'art, illustré de photographies, d'aquarelles et de peintures d'auteurs.
    « L'essentiel, c'est cet appel sauvage vers la mer, vers les origines, ce sentiment de plénitude dans l'eau. Non, pas de compétition, d'exploit ou de dépassement de soi. Mais un plaisir intact, une joie pure. Se jeter tous les jours dans l'eau glaciale, parfois à huit degrés, c'est une sensation divine ».

  • « Je préfère travailler en studio, car la relation à l'autre est beaucoup plus intime. La personne ne peut plus se rattacher à un décor. Elle est obligée de se livrer à l'objectif qui lui fait face, sans possibilité de fuite. Je préfère alors le regard dans l'appareil qui accentue la présence et la communication ».

    Ll aura fallu deux ans de travail pour réaliser un livre qui retrace pour la première fois l'ensemble du parcours de ce grand photographe, disparu en 2014, et considéré comme l'un des plus audacieux de son époque.
    Cette monographie reproduisant ses meilleures photographies replace la vie et l'oeuvre de Jean-François Bauret dans le contexte de la création photographique française de ces quarante dernières années.
    Dans le bouillonnement de la fin des années soixante, il fit scandale bien malgré lui et contribua à changer les mentalités dans une société alors sclérosée. Il apporta un vent de liberté dans la publicité en faisant poser des hommes nus, des femmes enceintes, aussi bien que des gens ordinaires. Il fit le portrait de nombreuses figures de l'art, du spectacle et de la littérature comme Klaus Kinski, Dominique Sanda, Nathalie Baye, Michel Tournier ou Laurent Terzieff, auxquels il demandait de « lâcher prise ».
    Dans son studio de la rue des Batignolles à Paris, il poursuivit toute sa vie une oeuvre profonde et solitaire et il n'a cessé, en marge de ses commandes, de réaliser des portraits, d'entreprendre des recherches de plus en plus personnelles sur le corps et la nudité qui tendaient chez lui à se confondre, comme en témoignera le livre Portraits nus publié chez Contrejour en 1984. Celles-ci l'amèneront entre autres à développer plusieurs séries de prises de vue dans lesquelles il invitait ses sujets à se mettre en mouvement et à dessiner une forme de chorégraphie devant l'appareil, au lieu de poser de façon statique.

  • Arthur Tress

    Arthur Tress

    C'est le premier livre publié en France de l'un des plus grands photographes américains de la trempe de Diane Arbus, de Duane Michals ou de Lee Friedlander qui regroupe enfi n une sélection de ses meilleures images depuis ses débuts dans les années soixante dans les rues de Broolkyn jusqu'à celles, oniriques et fantasmées, qui le rendirent célèbre dans le monde entier.
    Arthur Tress, le collectionneur des rêves, selon l'expression de Michel Tournier qui fi t largement sa réputation n'a cessé dans ses images de transgresser le reportage traditionnel pour en faire le théâtre de ses fantasmes et de ses délires dans des mises en scène improvisées avec des enfants se prêtant à tous ses jeux ou des adultes consentant à partager ses délires, ses obsessions ou son homosexualité..
    Claude Nori, photographe et écrivain, tente dans cet ouvrage une lecture néoréaliste de son oeuvre.
    Promotion : Le Château d'Eau à Toulouse et les prochaines Rencontres d'Arles présenteront durant tout l'été 2013 une exposition sur l'oeuvre d'Arthur Tress.

  • De superbes photographies en couleurs réunies pour la première fois mettant en avant l'imagination débordante de cette photographe qui met son corps en scène dans des situations surprenantes, oniriques, drôles ou érotiques. La photographie est pour Elene Usdin une façon de mettre en images les fantasmes qui la hantent, ses rêves éveillés et ses réfl exions profondes n'hésitant pas à tomber à la renverse, traitant son corps dénudé ou travesti comme celui d'une danseuse désarticulée. Le déguisement et les accessoires sont intimement liés à son questionnement sur le paraître, une sorte de recherche d'identité jubilatoire.

  • Héroïnes

    Anne Khun

    Subordonnées à un monde masculin, victimes de leur condition ou de l'époque, mais aussi en proie à leurs propres tourments, nombres d'héroïnes de la littérature ne peuvent influer sur le cours de leur existence, tandis que d'autres tentent de le faire, les plus courageuses au mépris d'éventuelles conséquences désastreuses.
    Anne Khun s'est penchée sur des héroïnes maltraitées, sur celles qui se sont fourvoyées, sur les génies oubliés. Elle a été jusqu'à explorer la pénombre, là où l'on perd tout repère, là où la vie n'a plus de sens, pour savoir s'il est toujours possible de trouver l'espoir d'avancer.
    En deux photos juxtaposées, elle a dépeint ces héroïnes entre fiction et allégorie, associant leur histoire à un contexte plus contemporain. Elle les a d'abord mises en scène telles qu'elle les imaginait à la lecture du roman, avant de modifier leur destinée pour s'interroger sur la liberté des femmes, et la sienne par la même occasion.

  • Willy Rizzo

    Collectif

    En très peu de temps, il créa son propre style, un label, une signature, avec son nom qui sonne si bien aux oreilles et semblait prédestiné à devenir célèbre. Willy Rizzo, le photographe des stars, le designer réputé dans le monde entier ou le séducteur malicieux passa sa vie à fabriquer le bonheur. Jusqu'à sa disparition en 2012, il ne cessa d'immortaliser et de sublimer le monde qui l'entourait, les acteurs, les artistes, les créateurs de mode, ses amis et sa famille avec toujours une touche personnelle, un petit truc qui faisait la différence, une technique parfaite. Derrière l'objectif, Marilyn Monroe, Brigitte Bardot, Marlène Dietrich, Gary Cooper, Picasso, Monica Vitti ou Jack Nicholson passèrent durant plus de 70 ans devant son objectif. Willy était lui-même une star parmi les stars, il épousa Elsa Martinelli, joua un parrain de la mafi a dans Hoffa de Dany De Vito, devint Walter Rizotto dans l'album de Tintin Les bijoux de la Castafi ore.
    S'il débuta la photo en 1945 à l'âge de dix-huit ans, il fut engagé à France Dimanche pour couvrir le premier festival de Cannes avant de devenir l'un des piliers de Paris Match dès sa création en 1949.
    En 1966, à Rome, d'abord pour ses amis, il se lança avec une imagination débordante dans la création de meubles dans un style à la fois contemporain et avant-garde, d'une simplicité élégante à la même intemporalité que ses images. Puis, en 1969, il fonda son usine, mettant en avant les matériaux naturels et nobles comme le bois, la laque, le marbre, l'acier inoxydable, le laiton, pour un design ludique et innovant, en perpétuel mouvement comme l'atteste un grand nombre de ses créations.
    En 2009, avec sa femme Dominique et ses trois enfants, il ouvrit son studio de photographe, de designer et d'architecte rue de Verneuil dans le 7e arrondissement de Paris qui continue avec la même passion à valoriser ses oeuvres.

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