Littérature traduite

  • Pendant plus d'un millénaire, le christianisme oriental a eu pour centre la seconde capitale de l'Empire romain : Constantinople ou Byzance, la nouvelle Rome ".
    La division géographique entre l'Eglise orientale et l'Eglise occidentale ne faisait que manifester un fossé bien plus profond, creusé par une longue succession de conflits, de suspicions et de malentendus. Il est vrai qu'aujourd'hui on reconnaît l'influence exercée par le monachisme, la spiritualité et l'art byzantins sur la civilisation de l'Europe de l'Est, aussi bien au Moyen Age que pendant la Renaissance ; cependant l'Occident, dans son ensemble, est resté tout à fait ignorant de l'évolution historique et de l'importance doctrinale de la théologie byzantine.
    Voici, pour la première fois, une synthèse de la pensée chrétienne orientale, celle que, depuis longtemps, souhaitait le père Congar. Dans cet ouvrage, Jean Meyendorff introduit le lecteur à une compréhension authentique et simple de la théologie byzantine et de ses traits majeurs : sa vision de l'homme et de sa destinée, la " déification " ; sa capacité de transcender la " captivité occidentale " et de surmonter les circonstances historiques contraires.
    Au moment où le christianisme aspire à une saisie nouvelle de son identité, le point de vue mystique de l'Orient chrétien sur le monde et sur l'homme se révèle ici d'une actualité surprenante.

  • Voici un des grands classiques de la spiritualité contemporaine. Entré à 26 ans, en 1892, au mont Athos, Silouane aurait vécu jusqu'à sa mort, en 1938, sans laisser de traces si le jeune Sophrony n'avait trouvé en lui un témoin incarné de la grâce, apte à répondre aux multiples formes de désespoir qu'étreint l'humanité contemporaine.
    À la fois récit de la vie de Silouane et présentation de sa doctrine, cette remarquable synthèse, qui livre aussi ses écrits, explicite la tradition ascétique et mystique de l'Orient chrétien, sa théorie de la divinisation et sa pratique de la prière perpétuelle.
    Un ouvrage essentiel alors que Silouane a été canonisé et que son rayonnement fait de lui un Père pour notre temps, capable d'exprimer dans les mots les plus simples la plénitude de l'expérience chrétienne qui tient dans la rencontre personnelle avec le Christ.
    Né à Moscou en 1896, le futur père Sophrony étudie les beaux arts et peint. En 1921, il quitte l'Union soviétique, se rend en France et y expose avant de s'inscrire à l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge. En 1925, cherchant la vie contemplative, il entre comme moine au mont Athos. Dès 1930, il devient le disciple de Silouane et, à la mort de ce dernier, se fait ermite tout en étant confesseur de plusieurs couvents athonites. En 1947, il retourne à Paris pour publier la vie et les écrits de son starets, puis fonde en Angleterre le monastère de Maldon où il décède en 1993.
    Traduit du russe par l'archimandrite Syméon

  • Le présent volume est la traduction française de la thèse de doctorat de Mgr Amphiloque Radovic, éditée pour la première fois dans une langue occidentale.
    Publié en 1973 dans la collection du Centre patriarcal des études patristiques "Vlatadôn" (Thessalonique), considéré en Grèce comme l'un des dix meilleurs livres théologiques du XXe siècle, cet ouvrage est une référence dans le domaine des études des Pères de l'Église. Pour Mgr Amphiloque, le thème principal des écrits palamites, à savoir la distinction entre l'essence et les énergies divines, ne peut être compris que dans son contexte triadologique et christologique.
    La pensée de saint Grégoire Palamas (XIVe siècle) est, à ce titre, fidèle à la vérité biblique et à la Tradition de l'Église. Le métropolite Amphiloque analyse, dans un premier temps, la théorie palamite de la possibilité de la connaissance de la Sainte Trinité et sa manifestation, puis l'enseignement de Palamas sur le Dieu tri-hypostatique, enfin la question des unions et des distinctions dans la Sainte Trinité.
    Il porte une attention particulière à la critique palamite du Filioque, qui est inséparable de l'enseignement sur l'unique action (= énergie) de la Sainte Trinité. Cette critique est encore d'actualité et demeure le point de départ de toute discussion théologique entre les Églises orthodoxe et catholique. Selon Mgr Amphiloque, si saint Grégoire Palamas établit une distinction entre l'Être éternel de la Trinité divine et sa manifestation, par économie de son énergie, c'est pour défendre la communion avec Dieu et la réalité de l'expérience mystique, qui est l'essence même de l'Église.
    En ce sens, la question de la distinction de la théologie et de l'économie dans la Trinité est une question sotériologique et non philosophique. Saint Grégoire Palamas affirme la grandeur et la richesse inexprimables de la Sainte Trinité, mais également la grandeur de l'homme, ancré dans son élévation infinie à travers la communion avec Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit dans sa gloire éternelle.

  • Ce paysan russe, né en 1866, entra en 1892 au monastère Saint-Pantéléimon du mont Athos, où il mourut en 1938.
    Simple moine parmi des centaines d'autres, il aurait vécu sans laisser de traces parti-culières si le père Sophrony, qui le fréquenta assidûment de 1931 à sa mort, n'avait trouvé en lui un père spirituel apte à répondre, pour la vie monastique et bien au-delà, aux multiples formes de désespoir que vivent les hommes d'aujourd'hui, et un homme capable d'exprimer, dans un langage très accessible, la plénitude de l'expérience chrétienne, à savoir la rencontre personnelle du Christ.
    La première partie du livre, fidèle en cela aux intentions du saint, ne présente sa Vie qu'en s'arrêtant aux événements qu'il a racontés à son disciple en raison de leur signification pour sa destinée spirituelle. Vient ensuite, exposé par l'archimandrite Sophrony, le développement de la Doctrine transmise par Silouane, une doctrine étayée autant qu'illustrée par les Écrits du saint, qui forment la deuxième partie du livre.
    Ces écrits, consistant le plus souvent, sauf rares exceptions, en un ensemble de petits bouts de papier, consignent des pensées notées çà et là. C'est le père Sophrony qui les a recueillis, classés thématiquement, puis ordonnés systématiquement ; un travail indispensable dont seul un disciple assidu pouvait proposer l'exposé synthétique. Cette synthèse, par bien des aspects, continue, confirme et explicite la tradition athonite et rejoint les grands courants de la spiritualité ascétique et mystique chrétienne.
    Fondé sur la même expérience, par exemple, que celle de Jean Climaque ou des auteurs de la Philocalie, l'enseignement de saint Silouane distingue, lui aussi, trois stades dans le progrès de la vie spirituelle : l'acquisition de la grâce, sa perte, son recouvrement et la progressive entrée dans la connaissance effective du Christ ressuscité. Certes, il y a dans sa spiritualité, comme en témoignent largement ses Ecrits, des accents propres, qui sont décisifs du point de vue de son actualité et de son originalité : son insistance sur l'humilité, où conduit l'esprit de repentir et de l'amour des ennemis, qui restaure l'homme dans toute sa plénitude.
    Le père Sophrony appelle cet homme l'" Adam total ". Vie, Doctrine et Ecrits de saint Silouane l'Athonite culminent dans cette prière qu'il adresse à Dieu et qui est le pôle de son expérience : " Seigneur miséricordieux, fais que tous les peuples de la terre Te connaissent par ton Saint-Esprit. "

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