Cerf

  • Israël s'est fait la pire des Nations, crie la Bible. Iconoclaste, jalouse pour l'homme, elle en appelle à l'Un, Celui qui seul Est.
    Le destin d'Israël était flamboyant. Il consistait dans la liberté et la fraternité. Mais en prenant chez les Nations le modèle de la royauté, Israël a fait l'expérience du Mal, de l'aliénation, de la volonté de puissance. Aussi les visionnaires des Écritures s'établissent-ils au carrefour de la religion et de la politique pour dénoncer le crime royal.
    Toute la Bible oppose ainsi deux régimes. D'un côté, le joug de la monarchie, la tyrannie de la Couronne, le cortège fou de pactes, de guerres, d'assassinats qui détourne l'Image de Dieu en chacun au profit du mirage du roi et de son or. De l'autre côté, l'utopie de la fédération, le Cadastre des Douze Tribus qui doit sauver l'indépendance de chacun en sa ferme.
    Ce conflit entre la Couronne et le Cadastre culmine dans l'Évangile. Politique d'emblée, le prologue de Matthieu met face à face Joseph, un fils de David qui abdique, et Hérode, un roi de Jérusalem qui massacre son peuple. Pilate jouera la Galilée des Nations contre Jérusalem, fera de Jésus de Nazareth le roi des Judéens. Il reviendra alors à l'Apocalypse de recouvrir Jérusalem d'un or qui outrepasse l'or des princes.

  • Le transhumanisme a inspiré beaucoup de livres. Pour et contre. Il fallait Mathieu Terence pour en dévoiler l'imposture. Pour en dénoncer l'aberration. Pour démonter ce mythe ultime de la religion du progrès. Avec humour et gravité. Avec style et prophétisme.
    Sources, théories, moyens financiers, relais médiatiques, réseaux d'influence : voici, tel qu'en lui-même, le mirage high-tech et mortifère de l'idéologie libérale mondialisée. Car, sous cette fausse promesse de puissance et d'immortalité, se cache la disparition du corps, du visage, de la parole et de tout ce qui confère sa véritable infinité à la finitude humaine.
    Cet intégrisme, jusque-là, ne disait pas son nom.
    C'est chose faite. Mieux qu'un pamphlet, un bréviaire de résistance.

  • Les dieux criminels

    Antoine Fleyfel

    La barbarie des fondamentalismes rejette, détruit et extermine. À la fois dégénérescentes sur le plan culturel, perverses sur le plan théologique, terrifiantes sur le plan politique, les nouvelles idéologies religieuses recrutent toujours plus de membres.

    C'est en historien et enquêteur qu'Antoine Fleyfel cherche à comprendre la logique de ces systèmes doctrinaux, dans quels contextes ils ont vu le jour, leur déploiement dans l'histoire jusqu'en ce début de XXIe siècle. Il nous mène tout droit au coeur de la grande machinerie infernale du Great Awakening de la Bible Belt, aux États-Unis ; du Goush Émounim et ses rejetons, en Israël ; du mouvement salafiste et wahhabite des origines jusqu'aux organisations terroristes Al-Qaïda et État islamique.

    Un panorama religieux, politique et idéologique qui instruit le procès des dieux criminels.

  • Le secret médical

    Anne Lécu

    Qu'en est-il du secret dans notre société qui prétend à l'immédiateté de l'information et à la radicalité de la transparence ? Que reste-t-il du secret professionnel du prêtre, du médecin, de l'avocat à l'heure du tout-juridique, du tout-médiatique, du toutnumérique? Quel peut être l'avenir, surtout, du secret médical qui nous concerne tous dans notre quotidienneté, dans notre intimité, dans notre corps ? Pour comprendre la menace qui pèse sur le serment d'Hippocrate, il faut interroger les soubassements religieux de notre culture. Questionner l'héritage de notre pensée politique. Examiner la médecine et son histoire. Mais aussi scruter la réalité d'aujourd'hui, les circulaires ministérielles et européennes, les systèmes de surveillance et les modes de traçabilité, les révolutions technologiques et les évolutions de mentalité. C'est ce que fait ce maître-livre en dressant un panorama sans précédent qui est aussi un traité de résistance. Car, alors que domine la présomption de culpabilité, préserver le secret, c'est restaurer l'innocence.

  • Soixante-huit animaux figurent dans ce zoo conceptuel. Ils permettront au lecteur de visiter ou de revisiter vingt-cinq siècles de philosophie.
    Car pour réfléchir au bonheur, à la violence, à la société, ou à l'immortalité, les philosophes ont inventé des images.
    Parmi elles, les animaux sont en bonne place.
    Échappés des fables et des bestiaires, le cheval et la fourmi, l'araignée et la baleine, en passant par la tortue et l'âne ont pu illustrer, symboliser, évoquer les plus difficiles questions, à commencer par la vérité et l'erreur, l'âme et le corps, le sentiment et l'instinct.
    Vaste comme le monde, la philosophie ne pouvait ignorer cet autre monde - peut-être à son image.
    Un livre pour tous les amis des bêtes et de la sagesse.

  • Halte au porno

    Olivier Florant

    80 % des garçons ont été exposés à la pornographie avant l'âge de quatorze ans, 50 % avant celui de douze : l'addiction au sexe virtuel est un enjeu majeur de santé publique. Comment l'obscénité, qui a remplacé l'érotisme, a-t-elle infesté nos vies et nos modes de vie ? Pourquoi des individus sombrent-ils dans sa dépendance ? Comment en sortir, se soigner et retrouver le véritable amour ?
    C'est à ces questions que répond ici un des premiers sexologues à s'être intéressé à cette pathologie. En neuf grandes séquences, Olivier Florant rappelle comment l'homme moderne est devenu un homme cochon : avènement d'Internet, diffusion massive d'images licencieuses, misère d'une société ultra-consumériste. Il aborde tous les sujets, sans tabou, avec franchise, pour nous délivrer de ce fléau. Il révèle le secret de sa thérapie : contrôler les mécanismes grâce auxquels notre cerveau prend les décisions, surmonter ses peurs et réapprendre à aimer l'autre. Et ce afin de retrouver notre pleine liberté !
    Contre le règne de YouPorn, un ouvrage nécessaire, à lire et à partager.

  • Impossible de voir un Rembrandt sans croire en Dieu, disait Van Gogh. Innombrables sont les peintres qui se sont attachés à traduire le réel ou à conformer le monde à leur vision. Plus rares sont ceux qui ont réussi à traverser les apparences pour scruter la réalité invisible qui se cache derrière le visible, traquer la part d'éternité qui est dissimulée au coeur des choses les plus éphémères. Dans les essais rassemblés ici, Laurent Dandrieu nous montre comment Fra Angelico, Rembrandt, Vermeer, Le Greco, Champaigne, et quelques autres encore, se sont fait les portraitistes de l'absolu.

  • La recherche que ce livre recueille prend son départ à la fois dans un étonnement et dans une conviction.
    Etonnement devant une évidence culturelle à propos du christianisme : celui-ci est réputé véhiculer une solide suspicion concernant le corps, la chair, la sexualité... Etonnement qui devient parfois agacement lorsque judéo-christianisme est posé, dans une évidence jamais critiquée, comme synonyme d'une approche méfiante du corps et de la chair. Etonnement encore car, en même temps, il est incontestable que le christianisme se présente comme une religion d'incarnation.
    Une conviction aussi : le christianisme recèle une façon originale de situer le corps dans la recherche et la révélation de Dieu, originalité féconde pour une compréhension de nous-mêmes comme êtres corporels. Il s'agit donc bien ici d'interroger le corps comme véritable lieu théologique, et même lieu théologique majeur, et de manifester simultanément comment cette place centrale dans la révélation chrétienne de Dieu en fait un lieu anthropologique lui aussi majeur.
    L'audace de la foi et de la théologie est une contribution à une anthropologie. C'est pourquoi nous considérons comme essentiel que le travail théologique s'effectue dans un dialogue et une confrontation avec d'autres modes d'approche de la signification de la corporéité. Ces approches (la phénoménologie déjà évoquée, le langage des artistes, les sciences humaines...) contribuent à nous révéler le christianisme dans son originalité et cette redécouverte peut rejaillir à son tour comme une contribution à une anthropologie qui prenne le corps en vraie considération.

  • L'esthétique occidentale est dominée par le paradigme de l'imitation, issu de Platon et d'Aristote, souvent réduit à une interprétation stéréotypée. Mais loin d'être une simple copie, l'oeuvre d'art transforme son référent, par la création visuelle et le verbe langagier, en lui conférant une profondeur nouvelle touchant à l'invisible.
    Comment repenser alors l'expérience esthétique des arts ? C'est à un nouveau paradigme qu'appelle ici Jean-Jacques Wunenburger : celui de « Pâques esthétiques », propre à la théologie chrétienne de la transfiguration, pour laquelle l'image visible du Dieu doit mourir à soi pour renaître dans un espace visionnaire, celui du corps de gloire.
    Libéré de sa source religieuse, ce paradigme permet de mieux comprendre le statut des images comme des tentatives de transfigurer le visible. L'expérience esthétique reposerait donc sur des oeuvres considérées comme des réalités imaginales et le regard porté sur elles relèverait d'une conversion du regard, non réductible à une reconnaissance perceptive.
    Ainsi « l'esthétique de la transfiguration » propose une autre lecture de l'expérience esthétique mais prétend aussi éclairer par son effacement la crise actuelle de l'art.

  • Ils ont vingt ans. Ils sont islamistes et partent pour le djihad. Ils sont souverainistes ou identitaires et s'enrôlent au Front national. Ils sont conservateurs, catholiques et animent la Manif pour tous. Tout les oppose, mais ils s'opposent tous à la globalisation, au libéralisme, à la fin de l'histoire. Par leurs révoltes et par leurs fractures, ils sont le miroir de la France d'aujourd'hui et de demain.
    Des caves des cités aux couloirs de Sciences Po, des sites propagandistes aux collectifs militants, des émeutes aux manifestations, ce livre fait plonger dans le chaudron d'une génération sulfureuse. Enquête sans précédent, il donne la parole à ses protagonistes, notoires ou anonymes. Essai inédit, il les inscrit dans les débats intellectuels et les retournements idéologiques dont ils sont à la fois les héritiers et les contestataires.
    Jusqu'où iront leurs volontés tragiques et antagoniques de refaire le monde défait de leurs parents ? Nous annoncent-ils un futur de conflits communautaires, ethniques et religieux, ou un avenir placé sous le signe du sursaut politique et spirituel ?
    Voici, pour la première fois, tels qu'en eux-mêmes, les nouveaux enfants du siècle.

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