C&f Editions

  • Les mouvements sociaux à travers le monde utilisent massivement les technologies numériques. Zeynep Tufekci était présente sur la place Tahrir et en Tunisie lors des printemps arabes, à Istanbul pour la défense du parc Gezi, dans les rues de New York avec Occupy et à Hong-Kong lors du mouvement des parapluies. Elle y a observé les usages des téléphones mobiles et des médias sociaux et nous en propose ici un récit captivant. Les réseaux numériques permettent de porter témoignage et d'accélérer les mobilisations. Ils aident les mouvements à focaliser les regards sur leurs revendications. Cependant, l'espace public numérique dépend des monopoles de l'économie du web. Leurs algorithmes, choisis pour des raisons économiques, peuvent alors affaiblir l'écho des contestations. Au delà de leur puissance pour mobiliser et réagir, faire reposer la construction des mouvements sur ces technologies fragilise les organisations quand il s'agit de les pérenniser, quand il faut négocier ou changer d'objectif tactique. De leur côté, les pouvoirs en place ont appris à utiliser les médias numériques pour créer de la confusion, de la désinformation, pour faire diversion, et pour démobiliser les activistes, produisant ainsi résignation, cynisme et sentiment d'impuissance. Une situation qui montre que les luttes sociales doivent dorénavant intégrer dans leur stratégie les enjeux de l'information et de la communication aux côtés de leurs objectifs spécifiques.

  • Fred Turner nous guide au coeur du festival Burning Man, véritable mythe au sein de la Silicon Valley, puis dans les locaux de Facebook, parmi les plus secrets de la planète. Ses observations nourrissent une analyse sur le nouvel usage de l'art comme outil de management et de création d'une culture d'entreprise. Acquisitions, fondations, mécénat : les entreprises utilisent depuis fort longtemps l'art pour manifester leur grandeur et leur rayonnement tant dans leurs bâtiments que dans l'espace public. Depuis quelques années, la Silicon Valley utilise l'art différemment pour créer un nouvel environnement de travail, un nouveau style de vie en entreprise, chaque salarié pouvant apporter ses émotions, son moi profond et sa créativité.
    Pour accompagner leur croissance accélérée, les firmes du numérique ont développé leur propre culture d'entreprise en intégrant un nouvel usage de l'art. On voit ainsi des ingénieurs préparer des performances pour Burning Man, ou des artistes recouvrir de fresques et d'affiches les murs des locaux de Facebook. A l'image des utilisateurs des médias sociaux, les salariés, chargés de « changer le monde », acceptent de rendre floue la frontière entre vie privée et travail, entre leurs sentiments et leur production.
    Dans ce nouvel ouvrage incisif, Fred Turner montre comment les entreprises de tech- nologie ont construit un modèle managérial qui veut rendre invisibles les relations de pouvoir. Elles récupèrent ainsi les idées de la contre-culture, celles d'un monde sans hiérarchie et sans contrats... pour notre bénéfice individuel et pour le plus grand bien des entreprises de la Silicon Valley.

  • "Au quotidien, nos échanges numériques et nos comportements de consommateurs sont enregistrés, mesurés, calculés afin de construire des profils qui s'achètent et se vendent. Des débuts de la cybernétique aux big data, la surveillance a constitué un levier économique autant qu'idéologique.
    Dans Affaires privées, Christophe Masutti retrace l'histoire technique et culturelle de soixante années de controverses, de discours, de réalisations ou d'échecs. Ce retour aux sources offre un éclairage passionnant sur le capitalisme de surveillance et sur le rôle joué par le marketing dans l'informatisation de la société. Il décrit la part prise par les révolutions informatiques et le marché des données dans les transformations sociales et politiques.
    La surveillance est utilisée par les administrations à des fins de contrôle, et par les entreprises pour renforcer leurs capacités commerciales. Si les pratiques de renseignement des États ont souvent été dénoncées, la surveillance venue du monde des affaires n'a longtemps suscité qu'indifférence. Le business des données en a profité pour bousculer les cadres juridiques et réglementaires de la vie privée.
    Comment développer une économie numérique qui respecterait la vie privée des individus ? Comment permettre à la vie privée d'échapper au pouvoir des affaires ? Christophe Masutti propose une réflexion historique et politique sur les conditions d'émancipation face à l'économie de la surveillance.

    Dans Affaires privées, Christophe Masutti retrace l'histoire technique et culturelle de soixante années de controverses, de discours, de réalisations ou d'échecs. Ce retour aux sources offre un éclairage passionnant sur le capitalisme de surveillance et sur le rôle joué par le marketing dans l'informatisation de la société. Il décrit la part prise par les révolutions informatiques et le marché des données dans les transformations sociales et politiques."

  • Produire, vivre, s'organiser : la numérisation de la société provoque des changements majeurs dans le système capitaliste comme dans la subjectivité ou la résistance des dominés.

    Giorgio Griziotti brosse la fresque de l'évolution fondamentale du capitalisme, depuis la production des objets jusqu'à celle de l'économie de l'attention, de la connaissance et des affects. Il montre comment, après avoir mis en place la connexion permanente, la numérisation gagne aujourd'hui les corps, sinon le code génétique de la vie même. Avec le biohypermédia, nos vies sont prises dans un réseau dominé par quelques acteurs qui accaparent toute l'énergie collective.

    Expert du numérique, épris de politique, Giorgio Griziotti nourrit sa réflexion d'exemples pertinents et explicites, nous guidant dans les ramifications de cette économie en mutation, offrant le recul nécessaire pour penser les formes actuelles de production, de vie et d'organisation. Le lieu central des affrontements n'est plus l'usine, mais la ville ; ce n'est plus le monde des appartenances, mais celui des traversées. Il s'agit dès lors de mobiliser la force du commun pour tracer des perspectives d'émancipation.

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