C&f Editions

  • "Rimbaud écrivait : « On n'est pas sérieux quand on a 17 ans ». Le web a trente ans, Facebook en a quinze. Les choses sérieuses commencent.
    Qu'a-t-il pu se passer pour que tourne au cauchemar un ensemble de technologies et d'usages initialement pensés par leurs concepteurs comme autant de promesses émancipatrices ?
    Dans cet essai au style alerte et acide, Olivier Ertzscheid remonte le fil du désenchantement du monde numérique. Comment quelques méga-plateformes monopolisent notre attention et l'exploitent à leur seul profit ? Comment la société peut-elle réagir collectivement pour défendre un numérique de liberté et de partage ?"

  • La Chine a longtemps été considérée comme « l'usine du monde » fabriquant pour l'Occident, grâce à sa main d'oeuvre surexploitée, les biens de consommation puis les objets technologiques conçus dans la Silicon Valley.
    Cette période est révolue : en développant massivement recherche, éducation et investissements, la Chine est devenue leader dans le domaine des technologies. Intelligence artificielle, villes intelligentes, paiement via les smartphones, surveillance et reconnaissance faciale sont déjà des réalités de l'autre côté de la Grande muraille numérique. L'avenir s'écrit dorénavant en Chine. Mais quel avenir ?
    Les stratégies géopolitiques de Xi Jinping, l'organisation du contrôle social et l'acceptation confucéenne de la surveillance personnalisée par le plus grand nombre sont le moteur de ce développement à marche forcée. Et ouvre la porte d'un monde qui ressemble déjà à la série dystopique dont s'inspire le titre de cet ouvrage.
    Un regard lucide sur la place du numérique dans la Chine d'aujourd'hui, écrit par un journaliste qui y a vécu longtemps et qui continue de suivre les évolutions rapides des industries de pointe. Alors que les équilibres mondiaux changent, le récit de Simone Pieranni donne des clés essentielles pour comprendre la nouvelle situation.
    Les photographies de Gilles Sabrié rendent sensible avec beaucoup d'humanité la vie quotidienne d'un pays qui s'est mis au service du numérique.

  • Nos pas dans le cyberespace sont suivis, enregistrés, analysés, et nos profils se monnayent en permanence. Comment en est-on arrivé là ? Les évolutions techniques ont permis à plus de quatre milliards d'internautes de communiquer, de rechercher de l'information ou de se distraire. Dans le même temps, la concentration des acteurs et les intérêts commerciaux ont développé une industrie mondiale des traces. Les États se sont engouffrés dans cette logique et ont mis en oeuvre partout dans le monde des outils de surveillance de masse. Le livre de Tristan Nitot porte un regard lucide et analytique sur la situation de surveillance ; il nous offre également des moyens de reprendre le contrôle de notre vie numérique. Comprendre et agir sont les deux faces de cet ouvrage, qui le rendent indispensable à celles et ceux qui veulent défendre les libertés dans un monde numérique.

  • Les communs de la connaissance nous invitent à regarder avec un oeil neuf la transmission des savoirs et l'autonomie citoyenne. Avec le numérique, ils permettent de régénérer la dynamique scolaire, pour apprendre à partager, et pour partager les moments d'apprentissage.
    Savoir évaluer les informations, élaborer des consensus, se connaître, et construire des relations sociales, ce sont les enjeux d'un renouveau scolaire qui relie l'individu et le collectif, qui renforce la démocratie et permet d'apprendre tout au long de la vie.
    Les professeurs et professeures documentalistes, spécialistes de l'information et des médias, sont au au coeur de ce renouveau. La transmission de la culture, l'accès au savoir, l'apprentissage de l'autonomie, le développement collectif et personnel sont la vocation des CDI. Ils préfigurent l'école apprenante qui renforce le pouvoir d'agir. Ce livre offre des pistes émancipatrices pour insuffler la joie d'apprendre.

  • « Une grande partie des activités humaines se déroule aujourd'hui sur l'Internet. On y fait des affaires, de la politique, on y bavarde, on travaille, on s'y distrait, on drague... L'Internet n'est donc pas un outil qu'on utilise, c'est un espace où se déroulent nos activités. »

  • Rencontrer les élèves des collèges et lycées, mettre au jour leur imaginaire de l'internet: Anne Cordier veut se confronter au réel pour éviter les préjugés et les discours marketing sur les jeunes et les réseaux. Loin des mutants annoncés par certains auteurs médiatiques, elle a croisé des jeunes qui ont besoin de comprendre ce qui se joue derrière les écrans. Leur savoir-faire est évident, mais il masque des difficultés à construire une image mentale de l'information numérique. Les nombreuses paroles d'élèves recueillies patiemment au sein même de l'école dessinent un paysage contrasté,qui devrait aider parents, enseignants et professionnels de l'information à accompagner les adolescents pour qu'ils deviennent des acteurs et des citoyens du numérique.

  • "Au quotidien, nos échanges numériques et nos comportements de consommateurs sont enregistrés, mesurés, calculés afin de construire des profils qui s'achètent et se vendent. Des débuts de la cybernétique aux big data, la surveillance a constitué un levier économique autant qu'idéologique.
    Dans Affaires privées, Christophe Masutti retrace l'histoire technique et culturelle de soixante années de controverses, de discours, de réalisations ou d'échecs. Ce retour aux sources offre un éclairage passionnant sur le capitalisme de surveillance et sur le rôle joué par le marketing dans l'informatisation de la société. Il décrit la part prise par les révolutions informatiques et le marché des données dans les transformations sociales et politiques.
    La surveillance est utilisée par les administrations à des fins de contrôle, et par les entreprises pour renforcer leurs capacités commerciales. Si les pratiques de renseignement des États ont souvent été dénoncées, la surveillance venue du monde des affaires n'a longtemps suscité qu'indifférence. Le business des données en a profité pour bousculer les cadres juridiques et réglementaires de la vie privée.
    Comment développer une économie numérique qui respecterait la vie privée des individus ? Comment permettre à la vie privée d'échapper au pouvoir des affaires ? Christophe Masutti propose une réflexion historique et politique sur les conditions d'émancipation face à l'économie de la surveillance.

    Dans Affaires privées, Christophe Masutti retrace l'histoire technique et culturelle de soixante années de controverses, de discours, de réalisations ou d'échecs. Ce retour aux sources offre un éclairage passionnant sur le capitalisme de surveillance et sur le rôle joué par le marketing dans l'informatisation de la société. Il décrit la part prise par les révolutions informatiques et le marché des données dans les transformations sociales et politiques."

  • Fred Turner nous guide au coeur du festival Burning Man, véritable mythe au sein de la Silicon Valley, puis dans les locaux de Facebook, parmi les plus secrets de la planète. Ses observations nourrissent une analyse sur le nouvel usage de l'art comme outil de management et de création d'une culture d'entreprise. Acquisitions, fondations, mécénat : les entreprises utilisent depuis fort longtemps l'art pour manifester leur grandeur et leur rayonnement tant dans leurs bâtiments que dans l'espace public. Depuis quelques années, la Silicon Valley utilise l'art différemment pour créer un nouvel environnement de travail, un nouveau style de vie en entreprise, chaque salarié pouvant apporter ses émotions, son moi profond et sa créativité.
    Pour accompagner leur croissance accélérée, les firmes du numérique ont développé leur propre culture d'entreprise en intégrant un nouvel usage de l'art. On voit ainsi des ingénieurs préparer des performances pour Burning Man, ou des artistes recouvrir de fresques et d'affiches les murs des locaux de Facebook. A l'image des utilisateurs des médias sociaux, les salariés, chargés de « changer le monde », acceptent de rendre floue la frontière entre vie privée et travail, entre leurs sentiments et leur production.
    Dans ce nouvel ouvrage incisif, Fred Turner montre comment les entreprises de tech- nologie ont construit un modèle managérial qui veut rendre invisibles les relations de pouvoir. Elles récupèrent ainsi les idées de la contre-culture, celles d'un monde sans hiérarchie et sans contrats... pour notre bénéfice individuel et pour le plus grand bien des entreprises de la Silicon Valley.

  • Il fallait un amoureux du web et des médias sociaux pour décrypter les enjeux culturels, relationnels et démocratiques de nos usages numériques. Olivier Ertzscheid met en lumière les effets d'échelle, l'émergence de géants aux appétits insatiables. En concentrant toutes nos activités numériques sur quelques plateformes, nous avons fait naître des acteurs mondiaux qui s'épanouissent sans contrôle. Nos échanges, nos relations, notre sociabilité vont nourrir des algorithmes pour classer, organiser et finalement décider pour nous de ce qu'il nous faut voir. Quelle loyauté attendre des algorithmes qui se nourrissent de nos traces pour mieux alimenter l'influence publicitaire ou politique ? Comment construire des médias sociaux et un accès indépendant à l'information qui ne seraient pas soumis aux ambitions des grands acteurs économiques du web ? Pourquoi n'y a-t-il pas de bouton « sauver le monde » ?

  • La violence entre élèves a une longue histoire. Elle se poursuit dorénavant hors de l'école par le biais des smartphones et des médias sociaux. Insultes, moqueries, usurpation d'identité, happy slapping, photos truquées, revenge porn, les manifestations de la cyberviolence et du cyberharcèlement sont nombreuses et leurs conséquences sont souvent dramatiques pour les victimes. Tout l'environnement scolaire est impacté, y compris les harceleurs, les suiveurs et l'ambiance collective. Mais le (cyber)harcèlement se développe aussi à l'université, dans le monde du travail et dans le (cyber)espace public. La lutte contre ces phénomènes passe par l'éducation : à l'empathie, aux médias et à l'information, à l'intelligence des traces et à l'esprit critique. L'usage que les adolescents font du web est riche et varié et bien loin de se résumer à ces actes malveillants. Puiser dans leurs compétences et leurs goûts numériques et parler de leurs usages pourrait permettre de sortir de la violence, à l'école et sur les écrans. Le harcèlement et le cyberharcèlement ne forment bien souvent que les deux faces d'une même pièce. Ils doivent donc être appréhendés ensemble et peuvent être combattus par l'éducation à l'empathie, à l'esprit critique, à l'intelligence des traces, aux médias et à l'information, mais aussi par le développement des compétences psychosociales et émotionnelles : apprendre à exprimer ses émotions pour mieux reconnaître celles des autres, apprendre à se respecter soi-même pour mieux respecter l'autre.

  • Les mouvements sociaux à travers le monde utilisent massivement les technologies numériques. Zeynep Tufekci était présente sur la place Tahrir et en Tunisie lors des printemps arabes, à Istanbul pour la défense du parc Gezi, dans les rues de New York avec Occupy et à Hong-Kong lors du mouvement des parapluies. Elle y a observé les usages des téléphones mobiles et des médias sociaux et nous en propose ici un récit captivant. Les réseaux numériques permettent de porter témoignage et d'accélérer les mobilisations. Ils aident les mouvements à focaliser les regards sur leurs revendications. Cependant, l'espace public numérique dépend des monopoles de l'économie du web. Leurs algorithmes, choisis pour des raisons économiques, peuvent alors affaiblir l'écho des contestations. Au delà de leur puissance pour mobiliser et réagir, faire reposer la construction des mouvements sur ces technologies fragilise les organisations quand il s'agit de les pérenniser, quand il faut négocier ou changer d'objectif tactique. De leur côté, les pouvoirs en place ont appris à utiliser les médias numériques pour créer de la confusion, de la désinformation, pour faire diversion, et pour démobiliser les activistes, produisant ainsi résignation, cynisme et sentiment d'impuissance. Une situation qui montre que les luttes sociales doivent dorénavant intégrer dans leur stratégie les enjeux de l'information et de la communication aux côtés de leurs objectifs spécifiques.

  • Les livres, comme les chats, auraient neuf vies. Leur passage en librairie dure quelques semaines, mais une autre vie commence dans les mains des lecteurs et des lectrices. Aimer un livre, c'est le prêter, l'offrir, le recommander, en parler, le commenter sur son blog, le présenter sur YouTube ou dans un cercle de lecture, et puis le poser sur un rayonnage ou le laisser quelque part, en quête d'une autre vie. Au travers des témoignages de lecteurs-échangeurs, se dessine tout un panorama des usages du livre, et des changements provoqués par internet et le livre numérique. Le livre-échange met en lumière une écologie de la lecture, dans toute la diversité des pratiques.

  • Produire, vivre, s'organiser : la numérisation de la société provoque des changements majeurs dans le système capitaliste comme dans la subjectivité ou la résistance des dominés.

    Giorgio Griziotti brosse la fresque de l'évolution fondamentale du capitalisme, depuis la production des objets jusqu'à celle de l'économie de l'attention, de la connaissance et des affects. Il montre comment, après avoir mis en place la connexion permanente, la numérisation gagne aujourd'hui les corps, sinon le code génétique de la vie même. Avec le biohypermédia, nos vies sont prises dans un réseau dominé par quelques acteurs qui accaparent toute l'énergie collective.

    Expert du numérique, épris de politique, Giorgio Griziotti nourrit sa réflexion d'exemples pertinents et explicites, nous guidant dans les ramifications de cette économie en mutation, offrant le recul nécessaire pour penser les formes actuelles de production, de vie et d'organisation. Le lieu central des affrontements n'est plus l'usine, mais la ville ; ce n'est plus le monde des appartenances, mais celui des traversées. Il s'agit dès lors de mobiliser la force du commun pour tracer des perspectives d'émancipation.

  • « Pouvez-vous parler à ma mère ? Lui dire que je ne fais rien de mal sur internet ? » Pour répondre aux angoisses des adultes devant les médias sociaux, danah boyd est partie à la rencontre des adolescents. Loin du sensationnel médiatique, les paroles recueillies expriment le désir farouche des jeunes d'accéder à une vie sociale dans des espaces publics. En confrontant les théories sociologiques et les pratiques des adolescents, danah boyd nous offre une contribution majeure autant qu'un véritable message d'espoir et de confiance dans la jeunesse. « C'est compliqué », statut sentimental favori des adolescents sur Facebook, sert ici de métaphore espiègle pour nous inciter à prendre en compte tous les aspects de leurs vies numériques.

  • "Les robots colonisent notre quotidien. Les voitures sont déjà autonomes et les grille-pains ne vont pas tarder. Les implants cérébraux transhumaniseront chacun et chacune en individu augmenté. à moins qu'un grain de sable... Les Mikrodystopies, avec leur regard acide, sont comme des bugs, des glitchs, des zébrures sur l'écran des futurs parfaits et lisses promus par les techno-prophètes.
    Oulipo numérique? Haïkus techniques? Aphorismes cybernétiques? Les Mikrodystopies sont le produit de l'exercice de style auquel s'est livré François Houste: écrire et diffuser sur Twitter des histoires complètes en 280 caractères maximum.
    Ce recueil de plus de trois cents nouvelles nous invite à participer, en interagissant directement avec les histoires ou en écrivant les nôtres avec les mêmes contraintes.
    Il paraît que dans quelques années, les robots auront envahi nos maisons et nous assisteront dans les tâches quotidiennes. Les voitures autonomes sillonneront les rues des villes et nous emmèneront en voyage sans fatigue. Des implants cérébraux enregistreront nos souvenirs et nous donneront accès à toute la connaissance du monde...
    Toutes ces avancées technologiques vont changer nos vies, les rendant parfois un peu plus faciles, mais peut- être aussi un peu plus effrayantes, un peu plus drôles ou un peu plus ridicules.
    Mikrodystopies est né sur Twitter en 2018. Ces petites histoires de 280 caractères sont aujourd'hui plus de 1000, et de nouvelles fictions sont publiées régulièrement sur le compte @mikrodystopies. La sélection présentée ici offre un regard doux-amer sur cette collision entre les utopies technologiques et notre quotidien d'humains."

  • Stewart Brand occupe une place essentielle, celle du passeur qui au delà de la technique fait naître les rêves, les utopies et les justifications auto-réalisatrices. Depuis la fin des années soixante, il a construit et promu les mythes de l'informatique avec le Whole Earth Catalog, le magazine Wired ou le système de conférences électroniques du WELL et ses communautés virtuelles. « Aux sources de l'utopie numérique » nous emmène avec lui à la découverte du mouvement de la contre-culture et de son rôle déterminant dans l'histoire de l'internet.

  • Les connaissances sont des ressources sensibles : leur partage permet de réaliser la paix et les autres droits fondamentaux. Au contraire, leur transformation en biens économiques privés dans une « économie de la connaissance » est source d'exclusion, de restriction des savoirs et de limitation de leur circulation. Une longue tradition d'étude des communs matériels existe souligne le rôle des communautés pour la gestion de ressources finies impliquant un usage dit rival. Le numérique introduit quant à lui une opportunité nouvelle par son caractère additif et multipliable. Sensibiliser et assurer la gestion et le partage des connaissances, alerter des risques et méthodes d'enclosure, définir le faisceau de droits adapté, ouvrent de nouvelles perspectives portées par de nombreux mouvements issus des transformations numériques de la société (logiciels libres, creative commons, accès libre aux publications scientifiques, etc.). Dans ce recueil de ses articles publiés au cours de ces dernières années, Hervé Le Crosnier trace les contours d'une approche ouverte et coopérative des savoirs.

  • "6 juin 1944. Ce jour qui sonne comme une victoire sera pour des milliers de jeunes gens leur dernier jour. Le jour le plus long ? Sans doute. Le plus fou tout autant. Les G.I's apportent les V-Discs, disques 78 tours de la Victoire. La danse revient au son du jazz des orchestres de la radio des forces armées américaines. Sim Copans, soldat sans uniforme, conduit un camion sono pour informer et distraire les villes et villages de Normandie au coeur de la furie.

    Un peu plus tard débarque le futur du jazz avec le grand orchestre de Dizzy Gillespie. Le jazz français, qui s'est développé pendant la période de l'Occupation, rencontre le be-bop, la modernité du jazz, sans avoir eu le temps de se faire reconnaître. Scissions et déchirements : le futur n'attend pas. Seul surnagera le génie de Django Reinhardt. Michel Warlop restera le grand oublié.

    1944 : à la Libération, je jazz est partout. Il est liberté, et la liberté est sur toutes les lèvres. Il saisit l'air du temps pour accompagner les bouleversements en cours. Il séduit la jeunesse et exprime le désir d'un autre monde."

  • Et si l'inspirateur de l'intelligence artificielle n'était autre que le père du néolibéralisme, Friedrich von Hayek...
    Intelligence artificielle, deep learning, réseaux de neurones occupent le devant de la scène technologique.
    Quelle ne fut pas la surprise de Pablo Jensen en découvrant que Frank Rosenblatt, qui invente en 1958 les réseaux de neurones, fait de l'économiste Friedrich von Hayek la source majeure de son inspiration. Ce dernier est surtout connu comme l'idéologue du néolibéralisme.
    Politique et informatique, algorithmes et marchés héritent-ils d'une vision commune de notre société ? La modélisation des activités humaines et sociales est-elle soluble dans l'informatique ? C'est à ces questions que répond, avec une grande clarté, la passionnante enquête de Pablo Jensen.

  • «Comment faire émerger et s'épanouir une personnalité démocratique ?» Cette question politique se pose avec force aux États-Unis dès la fin des années trente. Elle va fédérer la plus surprenante des alliances, tant pour agir en politique intérieure qu'à l'échelle du globe : une alliance des scientifiques, des techniciens, des artistes et des designers autour d'un nouveau type de projets culturels de grande ampleur. La capacité à être ensemble et vivre des émotions collectives tout en gardant son individualité apparaît comme un moyen pour former des individus démocratiques. Mais ces premiers designs multimédias prennent à leur tour le risque de devenir des outils de propagande...

    Fred Turner nous entraîne dans un voyage intellectuel qui va de la fin des années trente aux années soixante. Sociologues, psychologues et théoriciens de la communication y retrouvent les artistes du Bauhaus, les grandes expositions, la musique de John Cage, les happenings et l'explosion psychédélique. Ce livre nous offre un nouveau regard critique sur le multimédia, sur les relations complexes entre l'art, les sciences humaines, les utopies démocratiques et la réalité des pouvoirs d'état.

  • Une région ne peut pas se résumer à ses mythes. En photographiant les habitants de la Silicon Valley, des classes moyennes aux sans domicile fixe, Mary Beth Meehan nous montre l'envers du décor. Les récits de vie des habitants, partagés entre le stress, la pauvreté, la pollution et l'absence d'infrastructure collective, dessinent le visage d'une région toxique. Alors que le monde entier ne parle que des succès high-tech, entre campus de marbre des géants de l'internet et richesse excessive de très jeunes milliardaires, Fred Turner dans son essai introductif appelle a plus de responsabilité envers celles et ceux qui vivent et font vivre cette zone économique. Portraits et récits racontent la Silicon Valley réelle, et incitent à réfléchir aux inégalités et aux tensions que construit le capitalisme des objets et services high-tech quand il néglige la vie des humains qui les fabriquent comme de ceux qui les utilisent.

  • "Ou` le Sage cache-t-il une feuille ? Dans la forêt. Mais s'il n'y a pas de forêt, que fait-t-il ?...
    Il fait pousser une forêt pour la cacher".
    L'obfuscation, magistralement illustrée par l'auteur de roman G. K. Chesterton.
    Dans ce monde de la sélection par des algorithmes, de la publicité ciblée et du marché des données personnelles, rester maîtres de nos actions, de nos relations, de nos goûts, de nos navigations et de nos requêtes implique d'aller au delà de la longue tradition de l'art du camouflage. Si on peut difficilement échapper à la surveillance numérique, ou effacer ses données, il est toujours possible de noyer nos traces parmi de multiples semblables, de créer nous-mêmes un brouillard d'interactions factices.
    Quels en sont alors les enjeux et les conséquences ? Finn Brunton et Helen Nissenbaum ayant constaté l'asymétrie de pouvoir et d'information entre usagers et plateformes dressent le bilan, proposent des actions et prennent le temps de la réflexion : pourquoi et comment reconquérir son autonomie personnelle ? Comment résister éthiquement avec les armes du faible ? Comment réfléchir ensemble à ce que l'obfuscation nous fait découvrir sur l'influence mentale exercée par les puissants du numérique ?

  • À la rencontre des réseaux qui n'envisagent pas de progrès sans partage des savoirs.
    La connaissance est un moteur de l'économie et de l'organisation sociale. Aujourd'hui numérisée, elle circule, se diffuse et se partage aisément, permettant la coopération de communautés et la création de nouvelles connaissances.
    Cette émergence dynamique et collective de nouveaux biens communs vient à son tour bousculer et renouveler la pensée économique et politique.
    Les biens communs de la connaissance constituent ainsi une utopie pragmatique qui propose des voies nouvelles pour aborder les défis du XXIe siècle.
    Pour Libres Savoirs, l'association Vecam a coordonné trente auteurs, venant de tous les continents, afin offrir un regard mondial sur les biens communs de la connaissance.
    La diversité des sujets traités, de la santé aux ressources éducatives libres, des logiciels aux publications scientifiques, des semences aux questions juridiques sont le reflet de la vitalité de la production de communs du savoir et de l'énergie des communautés qui s'y sont engagées.

  • Les régimes de propriété de l'innovation, de la connaissance et de la création ont un impact sur l'organisation du monde. Les droits de propriété intellectuelle définissent l'équilibre entre l'intérêt des créateurs, des innovateurs, des producteurs, des distributeurs et des publics. Or ces droits sont en pleine mutation, sous l'impact conjugué de l'irruption des technologies de l'information et de la mondialisation.
    L'évolution récente des droits de propriété intellectuelle à travers de grands textes internationaux (ADPIC à l'OMC, réforme de l'OMPI, convention pour la diversité culturelle à l'UNESCO, déclaration du SMSI.) pérennise la domination sur les peuples du Sud.
    Face à cela, des mouvements résistent à ces processus et élaborent des alternatives : interdiction des OGM, promotion du logiciel libre, défense des droits des malades, diversité culturelle. La « Déclaration de Genève » de 2003, portée par une coalition mondiale cherchant à étendre les biens communs de l'information, montrent l'importance des débats et mouvements sur les modes de propriété ou de partage du savoir.
    Cet ouvrage accompagne la Rencontre internationale Le développement face aux biens communs de l'information et à la propriété intellectuelle organisée le 1er avril 2005 à l'initiative de l'association VECAM. Ce livre a reçu le soutien de l'Organisation internationale de la Francophonie.

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