Sciences humaines & sociales

  • L'émancipation paysanne ; essai de prolongement de la réflexion éthique de Pierre Rabhi Nouv.

    Après des décennies d'oubli, l'agriculture paysanne tend aujourd'hui à redevenir une activité valorisée et attractive. Mais comment interpréter ce retournement pour le moins inattendu ? L'une des réponses les plus originales à cette question est sans doute apportée par Pierre Rabhi qui l'envisage comme une manière de redonner du sens à sa vie en s'émancipant d'un style de vie consumériste décevant. Tout l'enjeu du présent ouvrage est de développer cette idée en explorant notamment les nombreuses richesses existentielles produites par le travail paysan et les épreuves qu'un tel changement de vie suppose de traverser.

  • À lire et écouter les actualités ces derniers mois, il semblerait que la haine soit devenue ce « mal » du siècle inévitable et incontrôlable. La haine de l'autre serait l'apanage d'un quotidien devenu pesant voire dangereux. Mais si la haine semble être sur toutes les bouches aujourd'hui, aucune recherche sur ce qu'est le discours de haine n'a encore été menée. C'est donc une définition de ce qu'est la haine en discours et une compréhension du processus qui sont proposées ici. Comment peut-on définir la haine ? À quoi renvoie-t-elle ?
    Que dit-elle des identités de chacun·e, des idéo - logies et des croyances actuelles ? Surtout, peut-on la contrer et comment ? Par le biais d'une analyse fine d'exemples concrets et contemporains, c'est une véritable réflexion sur le discours de haine, ses processus et ses enjeux qui est proposée ici.

  • FAIRE CONFIANCE, ON FAIT CELA TOUS LES JOURS.
    PAS UNE INTERACTION SOCIALE NE POURRAIT AVOIR LIEU SANS UN MINIMUM DE CONFIANCE. Pendant l'épidémie de coronavirus qui gagna notre planète au printemps 2020, aucun concept philosophique ne fut davantage mobilisé : confi ance dans les institutions, dans le gouvernement, dans le personnel sanitaire, dans les experts virologues et... les uns envers les autres. Tout se passait comme si le virus avait mis à nu le lien invisible qui tenait notre monde ensemble.
    Et c'est justement une chose qui intrigue : qu'elle soit si omniprésente dans nos interactions sociales, et que les théoriciens de la société se soient si peu attachés à la défi nir. Élaborer une théorie unifi ée de la confi ance est pourtant loin d'être un exercice purement académique : il en va de la réalité humaine elle-même. Car la confi ance est non seulement la force de liaison élémentaire qui nous lie les uns aux autres, mais le coeur de notre rapport au monde en général : au début est la confi ance.

  • La langue n'est pas sexiste, si l'on veut bien considérer que c'est le sujet parlant, le locuteur, le scripteur, qui est à la fois maître et esclave de l'usage qu'il ordonne. Il peut alors ajouter à ses façons de parler des relents de sexisme, mais il peut également y échapper par des usages intelligents.
    C'est donc du discours qu'il est question - et non de la langue - faisant que seul le sujet parlant est responsable de ce qu'il dit.
    L'expression « Droits de l'Homme » concernet- elle l'homme générique en embrassant les droits des femmes ? Tout ce qui concerne la féminisation de la langue, de la critique sexiste à la transformation des noms de métier, du genre grammatical à la féminisation des formes, est passé en revue sans oublier l'écriture inclusive qui propose des transformations d'usage de la langue, dont l'auteur examine les bonnes et les mauvaises solutions.

  • Le livre déconstruit la notion de « cause animale » telle qu'elle est présentée dans les médias de façon quasi consensuelle et met en évidence sa dynamique historique au service du capitalisme.
    Pour le bien des animaux, de la planète et de notre santé, il faudrait renoncer à l'alimentation carnée voire à tous les produits animaux et consentir à une agriculture sans élevage.
    Le livre fait le point sur les débats et interroge le projet abolitionniste d'un point de vue politique et du point de vue de nos relations aux animaux.
    Pourquoi maintenant ? Pourquoi cette défense consensuelle de la cause animale et la condamnation des systèmes industriels, alors que ceux-ci existent depuis plus de cinquante ans ?
    L'agriculture sans élevage que défendent les abolitionnistes est-elle souhaitable ? Possible ? À qui profi terait- elle ? Est-il possible de « libérer » les animaux, notamment du travail, et de pérenniser nos relations avec eux comme le soutiennent certains théoriciens ?
    Le livre montre que la « cause animale » participe de l'exclusion des animaux domestiques du monde social, via la mise en place d'une agriculture sans élevage.
    L'ouvrage porte une critique des associations abolitionnistes de défense des animaux et décrypte leur mission d'agence de communication au service des nouveaux acteurs de l'alimentation que sont les startup de l'agriculture cellulaire soutenues par les multinationales et par les fonds d'investissement les plus puissants. Celles-ci affi chent leur volonté de prendre la place du modèle industriel qu'elles jugent obsolète et prétendent produire des aliments sains, durables...
    Sans animaux.
    La « cause animale » est de fait celle des actionnaires des biotechnologies, des grandes cultures et des industriels de la robotique. Le livre conclut sur le constat que la seule alternative à la violence industrielle contre les animaux est l'élevage et que la « cause animale », c'est la nôtre, celle de la sortie du capitalisme.

  • Alors qu'existait, depuis au moins la fin de la Seconde Guerre mondiale, un consensus scientifique sur l'inexistence biologique des races dans l'espèce humaine, celui-ci a éclaté, et le vocabulaire de la race a envahi le champ académique et médiatique. Pour un certain nombre d'auteurs, qui, pour la plupart d'entre eux, se disent appartenir à la pensée décoloniale, il faudrait, la lucidité serait à ce prix, briser ce consensus. Il s'agira ici, d'une part, de rechercher les sources de ce retour à des conceptualisations que l'on pouvait croire oubliées et, d'autre part, d'en mesurer les effets sur la vie intellectuelle, principalement dans l'espace français.

  • 1941 : Annus horribilis. Le drapeau nazi flotte presque partout en Europe et les troupes de la Wehrmacht sont aux portes de Moscou. En France, le régime de Vichy se radicalise. Après la défaite, pour justifier l'abolition de la République et la concentration des pouvoirs, le Maréchal Pétain s'est choisi un bouc émissaire : le Front Populaire. Dans l'attente de son procès, son chef, Léon Blum, croupit en prison. C'est là qu'il écrit À l'échelle humaine. L'ouvrage entend d'abord expliquer les causes de la défaite. L'analyse de Blum, qui anticipe de nombreuses thèses de L'Étrange défaite de Marc Bloch, est lumineuse. Mais au milieu des malheurs, Blum impressionne surtout par la certitude avec laquelle il annonce l'inéluctable défaite nazie, le délitement de Vichy et les jours heureux de l'après-guerre. La prescience que tout le monde lui reconnaît depuis son discours prémonitoire du Congrès de Tours atteint ici des sommets. À l'échelle humaine ne saurait pourtant se résumer à un optimiste examen de conscience devant le désastre national.

  • Ce livre aborde l'expérience de la solitude. Non pas cette espèce de solitude qu'est l'isolement médiatique dû à la faible diffusion, à la modeste réception d'une oeuvre faite de nombreux livres. La « notoriété », simple valeur honorifique, ne saurait être par elle-même une valeur digne d'intérêt puisqu'elle ne concerne que des individus considérés seulement dans leur « amour propre », cette libre attitude si détestable, si égocentrique et donc si peu apte à fonder quelque éthique que ce soit.
    La solitude à laquelle je songe est ce sentiment d'isolement et de séparation qui peut survenir en chacun à l'occasion d'une épreuve douloureuse qui ne pourrait être partagée, ou d'une situation sociale de crise ou de conflit, ou bien encore de heurt des « identités ».
    Cette solitude, que j'ai parfois vécue (comme beaucoup d'autres) avec une grande intensité, était « sociale », mais comportait des strates implicites de nature affective : solitude dans les relations sociales, face, par exemple, à l'indifférence profonde de mes contemporains à l'égard d'événements dramatiques survenus en des régions lointaines et me concernant au plus profond de moi-même ; solitude parfois aggravée et soulignée par une séparation affective, une divergence existentielle au coeur même de la relation. Cette double solitude a motivé en moi un redoublement, une focalisation particulière de la conscience de moi-même. J'en vins à me demander quels moyens étaient à ma disposition pour surmonter cette « crise » de la relation.

  • Ce livre tente de synthétiser la pensée riche d'un auteur majeur qui a parcouru le XXe siècle.
    Henri Lefebvre, maître ès dialectique, fut philosophe, sociologue, géographe, poète. Sa pensée, au carrefour des disciplines, peut paraître éparpillée. Il n'en est rien : elle est soutenue par une méthodologie précise, celle du matérialisme dialectique.
    S'il est une certitude pour qui s'est essayé à la lecture de l'auteur, c'est qu'il est difficile d'entrer dans cette oeuvre d'une part car les portes d'entrée sont nombreuses, d'autre part car les chemins qu'elles ouvrent s'entrecroisent.
    Face à la pente ardue qui mène à l'auteur, ce livre tente de donner une vue d'ensemble de l'oeuvre afin de faciliter le travail à celui ou à celle qui souhaiterait entrer dans la demeure de Lefebvre.

  • Les enfants migrants à l'école Nouv.

    Terre d'accueil historique, la France a scolarisé de nombreux enfants étrangers tout au long du XXe siècle en privilégiant une approche centralisée et universaliste. Depuis les années 1970, la prise en charge des enfants migrants a évolué dans une perspective inclusive. L'arrivée de familles migrantes et en demande d'asile, et l'accroissement du nombre de mineurs non accompagnés induisent un défi de taille pour le milieu scolair e Les 9 chapitres abordés par des chercheurs de différentes disciplines (sociologie, histoire sociale, droit, didactique des langues, sciences de l'éducation) proposent une vision pluridisciplinaire des politiques éducatives qui conditionnent les vécus de l'enfance et de la jeunesse migrantes. Ce recueil éclaire les problématiques socio-éducatives et didactiques au prisme de la question migratoire et au regard des biographies langagières et scolaires.
    Les approches historique et quantitative permettent d'appréhender l'évolution des migrations enfantines et juvéniles, tandis que le droit à l'éducation de ces jeunes dans le contexte français est mis en regard des référentiels institutionnels européens.
    L'analyse ethnographique des expériences sociales et des relations pédagogiques des enfants et jeunes migrants offre des clés de compréhension relatives tant à leurs trajectoires et projets migratoires qu'à leurs parcours en France. Mais elle interroge aussi l'école et la place des élèves migrants en son sein. Plus concrètement, au sein des classes, les choix d'enseignement linguistique pour un public identifié comme « allophone » sont questionnés à l'aune des évolutions institutionnelles et didactiques.

  • AVEC LE COVID-19, UNE AUTRE ÉPREUVE, PHILOSOPHIQUE CELLE-LÀ, NOUS ATTEND. EN EFFET, QU'ALLONS-NOUS RÉPONDRE À NOS ENFANTS QUI NOUS DEMANDERONT DES COMPTES ET, QUI SAIT, NOUS REPROCHERONT NOS NIAISERIES SENTIMENTALES ? Leur expliquer que nous étions partis en croisade contre la fi nitude car nous ne supportions plus la mort, quitte, dans notre désinvolture, à sacrifi er une génération et à briser un monde que nous n'étions pas sûrs de pouvoir réparer ?
    Dans cet essai magistral, écrit en mai 2020 et placé sous les auspices de Havel, Patocka et Arendt, la philosophe, revient sur l'étrangeté de notre réponse au Covid-19 à la lumière de cette question de portée civilisationnelle, mais jamais posée :
    Que risquons-nous à ramener l'homme à la vie et à ériger celle-ci en valeur suprême ?
    Le grand Confi nement nous semblait de bon sens ? Nos héritiers y verront sans doute une mesure moyenâgeuse, pour une folle plongée collective dans l'inconnu, un Apocalypse tomorrow populiste garanti, pour ne rien dire de son bilan churchillien. Car non seulement confi ner et punir ne nous aura pas protégés de l'épidémie, mais cette décision extrême aura précipité le pays dans une crise plus profonde que partout ailleurs.

  • Jusqu'alors assez discret, le Groupe de Recherche et d'Étude pour la Civilisation Européenne (GRECE) fut placé sous les feux des projecteurs de l'opinion publique en 1979, à la suite d'une campagne médiatique particulièrement violente, donnant naissant à l'expression « Nouvelle Droite ». Elle fut forgée pour qualifier le GRECE et ses positions idéologiques. On fit de la Nouvelle Droite une usine de recyclage d'idées nazies, un club de surhommes, un trotskisme de droite cherchant à infiltrer les médias et les instances politiques ou intellectuelles. Tout ceci est partiellement faux... et donc également en partie réel. Cet ouvrage se propose de montrer les soubassements idéologiques du GRECE, ses filiations intellectuelles et son apport dans l'apparition de l'idéologie identitaire qui dépasse aujourd'hui le cadre restreint de l'extrême droite radicale. Stéphane François y analyse différents points de l'idéologie promue par la Nouvelle Droite et ses principaux théoriciens, notamment Guillaume Faye et Alain de Benoist.
    Il revient également sur ses liens avec le Russe Alexandre Douguine et les théoriciens américains du racisme, dont le courant « altright », connu depuis l'accession de Donald Trump à la présidence des États-Unis

  • La revue Germinal rassemble des intellectuels, chercheurs et acteurs publics soucieux de faire vivre, par leurs travaux et leurs engagement, l'ambition émancipatrice du socialisme face à l'augmentation des inégalités et à la crise écologique.

  • Une étude inédite sur les "nouvelles femmes" dans les pays du golfe. Des dizaines d'entretiens sur l'islam, l'amour, le travail, la famille.

  • Culture numérique et place de la présence en éducation Nouv.

    Cet ouvrage examine la situation de la présence et de la relation en éducation à l'ère du numérique. En effet, les dispositifs numériques peuvent tendre à rendre la relation éducative facultative. Ces dispositifs rendent possibles de nombreuses formes d'échanges à distance, faisant l'économie de la rencontre en présentiel. Ces évolutions ne sont pas seulement technologiques, elles sont aussi sociales et posent des questions vives en éducation.
    La première question traitée est celle du besoin d'une présence éducative à l'école et au collège. On sait qu'à ces âges, pour des raisons tant affectives qu'éducatives (le besoin d'un cadre), une présence peut être incontournable. Néanmoins, l'usage des outils numériques ouvrent des possibilités de travail, pour les enfants comme pour les adultes, qui méritent d'être étudiés. En contraste, des pédagogies qui veillent à une qualité particulière de présence méritent aussi d'être étudiées.

  • Ces actes d'un colloque de Cerisy explorent les théorisations les plus récentes en cultural studies (études culturelles), courant de recherche transdisciplinaire étudiant les relations entre technologies de pouvoir et formes culturelles. Les cultural studies accordent une place centrale à la question des identités. Elles ont enrichi les travaux sur ces dernières en démontrant, d'une part, l'importance des politiques de différences, d'autre part, l'hétérogénéité des individus et des groupes, construits par des discours, pratiques et positions qui ne coïncident pas nécessairement.
    En se confrontant aux craquements des cadres nationaux, postcoloniaux et de genre, en débattant des modèles deleuziens et du tournant ontologique, qui conduit à ne plus séparer humains et non-humains, les recherches actuelles abordent de nouvelles frontières.
    La prolifération des subjectivités s'effectue alors que de nouveaux régimes de pouvoir (économiques, écologiques, corporels, expressifs...) tendent à s'imposer.
    Pour répondre à ces réaménagements, s'agit-il de systématiser les rapports de pouvoir dans l'analyse des identités, en particulier de genre, voire de réintégrer les cultural studies dans les autres sciences humaines ? Ou faut-il toujours inscrire les questions multiculturelles, les enjeux d'égalité entre les genres, classes et races dans une pensée conjoncturelle, qui décloisonne les disciplines et procède par crise ?

  • Le lien entre la question de la nature et le féminisme est au centre de nombreux travaux actuels, l'ouvrage collectif est cependant le premier à donner un aperçu d'ensemble des diverses manières de lier les deux.

  • S'appuyant sur une doctrine du sujet libre à deux niveaux, il reconnaît la légitimité d'un bonheur-confort mais en souligne, lui aussi, les insuffisances et les fragilités.
    Il propose alors sa propre doctrine d'un bonheur totalement différent. Elle repose sur un premier acte de conversion réflexive et, confiant dans les capacités de l'être humain, il décrit un tout-autre bonheur.
    Constitué par l'autonomie, la réciprocité et la jouissance charnelle et spirituelle. Cette doctrine à la fois rationnelle et existentielle débouche sur une visée politique, celle d'une démocratie heureuse.

  • Un livre pédagogique qui fait le point sur la notion de « racisme d'Etat », qui a récemment fait l'objet de polémiques fortement médiatisées. Il s'appuie sur les apports de la sociologie et de l'histoire du racisme. Sans chercher à trancher la question de la « bonne catégorie » pour parler des choses - plan sur lequel les quatre auteurs ont des positions différentes, dans leurs propres travaux -, l'ouvrage donne aux lecteurs les outils pour construire une culture sur le sujet et une attitude plus constructive quant aux débats passionnés en cours.
    Comment le racisme fonctionne-il aujourd'hui en France ? Que sait-on du racisme dans les champs de l'école, du logement, des pratiques policières mais également dans le domaine des politiques relatives aux migrations ? Ce livre interroge les conditions auxquelles il serait ou non pertinent de parler de « racisme d'Etat » (ou encore de « racisme institutionnel ») pour qualifier les processus et les responsabilités à l'oeuvre.
    Enfin, ce livre propose de mettre en regard les controverses et les usages de la notion de « racisme d'Etat » dans les champs politiques, médiatiques et académiques. Il prend également en considération les réponses judiciaires et institutionnelles aux polémiques successives qui visent la définition officiellement acceptable de ce qu'est le racisme aujourd'hui en France (plaintes contre le syndicat Sud éducation pour usage de l'expression « racisme d'Etat », contre des auteurs pour « racisme anti-blanc », contre des militants pour usage du terme « police raciste », etc.).

  • Cet ouvrage déplace le regard en le focalisant sur la capacité des acteurs civiques organisés (associations, coopératives, collectifs) à lutter contre la mafia, plutôt que sur les « actes sensationnels » des réseaux criminels.

  • Le livre prend le contre-pied du discours habituel sur Trump, dominant dans les média américains et français, qui présentent le président US sous un jour aberrant, monstrueux, imprévisible, absurde, fou... L'auteur en fait le symptôme banal, trop banal, du monde actuel : signe d'une Trumpisation ordinaire de nos sociétés qui va bien au-delà du cas Trump.

  • Pourquoi écrire des lettres post mortem à trois exilés décédés en 2008 et 2015 ?
    Un jeune juriste autrichien de 27 ans condamné comme juif en 1939, pour échapper à la mort, à un exil sans retour en Bolivie.
    Un enfant de Vienne se découvrant juif en 1938, déporté seul à 13 ans de 1938 à 1945, véritable « héros », qui choisit un nouvel exil en Amérique latine en 1947.
    Une jeune communiste juive de 22 ans originaire de Prague, seule de sa famille à avoir échappé à la Shoah en 1939 grâce à des exils multiples en France puis au Mexique, mais exilée aussi dans son propre pays à son retour du fait des purges staliniennes en 1952.
    /> Ces exilés frappent par les épreuves endurées, mais aussi par leurs forces de vie, qui leur ont permis de rebondir, de métaboliser leurs souffrances et de s'engager tout au long de leur vie, sur le plan culturel, politique ou tout simplement humain.

  • Dans le sillage de ses intuitions, le présent ouvrage explore différents fragments de l'oeuvre à partir de perspectives et d'horizons variés. Inaugurant un dialogue entre ethnologie, anthropologie, philosophie, sciences politiques, sémiologie, les contributions s'accordent sur l'apport majeur de Pierre Clastres à la compréhension de formations sociales contre-étatiques mais aussi à l'étude des configurations des rapports et technologies de pouvoir dans les sociétés capitalistes contemporaines. À la manière d'un hommage, les auteurs se proposent d'actualiser ses hypothèses, se livrent à des reprises conceptuelles dans une optique commune :
    Approfondir les perspectives ouvertes par Clastres.

  • À l'automne de sa vie, l'auteur tente de comprendre par quels mécanismes intellectuels un engagement de jeunesse généreux l'a amené, pendant plus d'un quart de siècle, à ne pas voir la réalité. Ou à refuser de la voir. Du moins celle qui risquait de mettre à mal ses espoirs, ses illusions. C'est aussi à travers l'évocation de souvenirs parfois trompeurs et d'oublis souvent révélateurs qu'il décrit ensuite le long travail de deuil qui suivit sa rupture avec le Parti communiste français, l'effort pour acquérir une pensée indépendante.
    Ni règlement de compte, ni autojustification, ce récit qui va de la Drôle de guerre en 1940 jusqu'aux bouleversements de ce début de siècle est un tableau de quatre-vingts ans de vie politique en France. Il évoque par ailleurs l'Autriche des années 1950 ainsi que les deux Allemagnes. Ce témoignage historique fourmille d'anecdotes et de portraits par celui qui, germaniste, enseignant, chercheur et traducteur, fut aussi athlète international avant de devenir familier de la nomenklatura est-allemande comme des cercles dirigeants du PCF. L'affaire du Livre noir du communisme, l'affaire Nolte apparaissent sous un jour nouveau.

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