Arts et spectacles

  • Brassens : sociologie d'un génie de la poésie chantée Nouv.

    Cet essai considère Brassens comme un analyseur social tant de la diversité des publics que de la complexité culturelle de la société. A côté des nombreuses biographies qui lui sont consacrées, ce livre - à la fois historique, sociologique et anthropologique - offre au lecteur une immersion empathique dans l'univers de Brassens en éclairant et restituant cette "? magie ? " qu'est la rencontre d'un artiste et d'un public hétérogène.

  • 10000 ans d'histoire mondiale de chaussures ! Des marques, des enseignes, des créateurs, inventeurs, artistes, célébrités... et des représentations de la chaussure par des artistes contemporains. 700 illustrations et photos, des milliers d'entrées, quinze ans de travail qui nous racontent l'histoire et la mode. Cela faisait plus d'un siècle qu'un tel ouvrage n'avait pas été réalisé en France.

  • Catalogue de L'exposition « Fake news : art, fiction, mensonge » à la Fondation EDF pour l'art contemporain, cet ouvrage propose une analyse du phénomène par Laurent Bigot, et présente les oeuvres d'artistes contemporains internationaux qui ont oeuvré sur le sujet.
    En 2017, « fake news » a été élu « mot de l'année » par le Collins Dictionary. Son usage venait d'augmenter plus de 300%...
    En 2019, l'expression « deepfake » a bien failli l'emporter à son tour ! Ces maux sont symptomatiques de bien des difficultés à s'informer à l'heure d'Internet et des réseaux sociaux : la fausse information non dénuée de volonté de nuire d'un côté ; le trucage minutieux de vidéos de l'autre...
    Aujourd'hui, de très nombreuses infox virales sèment le trouble dans l'esprit du public. Des scientifiques ont-ils créé le coronavirus ? Hilary Clinton est-elle mêlée à un trafic d'enfants basé dans une pizzeria de Washington ?
    Les vaccins transmettent-ils l'autisme ? Le public peine à se défaire de ces idées fabriquées de toutes pièces. Leurs forces : elles simplifient à outrance la compréhension du monde ; elles confortent les croyances, instincts primaires et idées reçues.
    Les artistes ne sont-ils pas les mieux placés pour nous initier aux enjeux très contemporains de ces fake news ? Ils peuvent nous familiariser avec le processus de fabrication de ces infox. Ces artistes qui, dans leurs peintures, sculptures, photos et vidéos savent recourir aux techniques de fabrication les plus créatives nous initient à la production d'objets parfois difficilement identifiables, entre authenticité et inventivité, réalisme et onirisme... Entre vrai et faux. « La vérité existe. On n'invente que le mensonge », disait Georges Braque. Les artistes nous sensibilisent à la manière dont ces fausses informations se diffusent et infusent si rapidement à travers Internet et les réseaux sociaux, à travers nos esprits si crédules, aussi, tantôt grâce au travail de véritables marchands de doutes, tantôt grâce à d'ancestraux mécanismes de rumeurs.
    Les artistes nous obligent à questionner notre crédulité, ils font vaciller nos croyances et notre perception du réel. Alors pourquoi ne nous conduiraient-ils pas, aussi, au sursaut salvateur qui nous permettra de reprendre la main sur notre compréhension du monde ?
    L'exposition « Fake news : art, fiction, mensonge » à travers une vingtaine d'oeuvres internationales - de la fausse Une du New York Times par les Yes Men aux deep fakes du duo Bill Posters /Daniel Howe, en passant par l'imprimante à fake news de Tsila Hassine et Carmel Barnea Brezner Jonas - prétend (re)susciter l'esprit critique du public.
    Pour les plus jeunes, elle propose des parcours à la fois réflexifs et pédagogiques, des ateliers interactifs, pour comprendre, ressentir, se questionner ; mais aussi pour les plus expérimentés, à travers conférences, projections et temps d'échanges.
    L'exposition et les artistes invitent les publics à devenir acteurs.
    Car nous sommes tous acteurs au quotidien de la prolifération des fake news - via Facebook, Twitter, Instagram et bien d'autres plateformes - et il ne tient qu'à nous de nous approprier les méthodes, astuces et outils qui en enrayeront la diffusion. Et feront de nous, finalement, des citoyens mieux informés dans une démocratie plus saine.

  • Ce livre n'est ni d'un ouvrage de philosophie, ni de sociologie.
    Nous nous intéressons ici à nos manières d'habiter le monde. La plate-forme est « une surface plate » : combien cette définition est précise et vaste. La multiplicité des configurations, des usages fait de ce mot aussi un symptôme de la poursuite permanente, peut-être in-sensée, de la diversification, du renouvellement, de la multiplication des objets qui nous entourent et des organisations qui règlent nos vies sur le plan économique, politique, culturel, quotidien, intime même.
    En plongeant dans ce monde appareillé de plateformes, sommes-nous pourtant si éloignés que cela de modalités archaïques de l'établissement humain ? Les techno-sciences nous détachentelles des schèmes techniques antérieurs tels qu'ils structuraient nos modalités d'action il y a encore peu ou bien n'en sont-elles que le prolongement ? S'agirait-il d'une illusion de nouveauté qui ne profite qu'à une stratégie de consommation dévorante avec, parmi tout cela, des usages plus vertueux, plus « intelligents » au sens vrai du terme ?

  • En 1980, Shining est annoncé comme « le fi lm d'horreur de Kubrick ». L'attente est grande du côté des amateurs du genre comme du côté des fi dèles du cinéaste et elle sera en partie déçue. Mais passé le malentendu initial, le fi lm commence sa vraie carrière et n'a jamais cessé depuis de susciter des commentaires. Film d'horreur sans être vraiment un fi lm de genre, oeuvre problématique, abstraite, complexe, moderne, Shining appelle l'analyse tout en y résistant ou parce qu'il y résiste. Ses énigmes donnent ainsi lieu à toutes sortes d'hypothèses, des plus fantaisistes aux plus rigoureuses.
    Cet ouvrage prend acte de la singularité de ce fi lm adapté du best-seller de Stephen King et qui connaît deux versions (trois, pour être tout à fait précis). Son propos est de mettre en lumière différents aspects du fi lm dans des approches complémentaires, non seulement en en proposant de nouvelles lectures mais aussi en analysant ce que nous pouvons appeler le phénomène-Shining. Ainsi, Cholé Galibert-Laîné, à travers la lecture du récent The Shining : Studies in the Horror Film paru aux États-Unis en 2015, explique pourquoi et comment on se souvient de Shining 35 ans plus tard tandis que Laurent Jullier, considérant Shining comme un fi lm « taillé pour faire écrire », analyse en le décomposant le geste interprétatif que suscite le fi lm de Kubrick. À partir des archives du fi lm et de recherches sur la Parkitecture américaine, Clotilde Simond aborde l'architecture et la décoration dans une lecture qui lie le fi lm à la question indienne. Gaspard Delon réactualise la question du travelling au steadicam dans une approche originale mêlant l'histoire des techniques, l'analyse de réception et l'approche esthétique. José Moure se penche sur une autre forme fi lmique, celle du champ-contrechamp, pour montrer comment Kubrick, en quelque sorte, la réinvente. L'analyse musicologique de Roméo Agid offre une description précise de la musique issue du répertoire contemporain et en éclaire les fonctions. Anne Lété propose une lecture narrative qui prend pour point de départ les défauts de causalité et les énigmes du fi lm et les confronte à la rigueur maniaque d'une construction dramaturgique en chapitres. Francis Vanoye, à travers une analyse comparée du fi lm de Kubrick, du roman de King, du téléfi lm adapté par King (mécontent du fi lm de Kubrick), s'interroge sur la distinction entre terreur et horreur. Enfi n, Loig Le Bihan, auteur de Shining au miroir. Surinterprétations, sorti en 2017, propose ici la traduction inédite d'un traitement du scénario, datant de fi n octobre ou début novembre 1977, outil précieux pour d'autres études à venir.

  • Léo Ferré, musicien et poète, a réinventé la notion même de chanson. Faisant éclater tous les cadres connus, il a magnifiquement exprimé son univers personnel dans une écriture et une interprétation d'une sincérité absolue.
    Ce livre est une suite de regards, d'approches et d'essais qui, allant au plus précis de chaque sujet abordé, transcende les genres habituels. S'y conjuguent en effet biographie, exégèse, récit, étude. Loin des sempiternelles répétitions, ce texte buissonnier évite les manques inhérents à un récit linéaire.
    Voici un réseau de chemins de traverse qu'apprécieront les randonneurs à l'esprit libre.

  • Les images de film circulent. Plus que jamais depuis leur numérisation, elles sont extraites, collectées, retouchées, remontées et rediffusées sur des supports variés, avec des conséquences indéniablement positives (redécouvrir des films, explorer la plasticité inégalée de l'image de cinéma) et d'autres plus controversées (le 'visionnage', individuel, fragmenté, distrait, qui remplace le regard attentif et le spectacle collectif). C'est aux effets de cette circulation que le présent ouvrage s'intéresse - aux changements de forme, de réception, de sens et de valeur des images qu'elle implique.
    S'appuyant sur de nombreux exemples, Le cinéma et ses doubles est conçu comme une introduction accessible aux problématiques et aux esthétiques engendrées par la double vie des images de film, au cinéma et sur d'autres écrans. Des téléphones portables aux écrans géants et aux installations multimédia, du long métrage au Mash-up et au GIF: le livre offre un panorama de formes, expériences et usages de l'image de film numérisée. Tout en rappelant que l'expérience partagée d'une projection de qualité reste le propre du cinéma, le livre explore les nouvelles configurations nées de la cohabitation des écrans et des images. Miniaturisation et gigantisme, superpositions et dédoublements, nouveaux rapports entre cadre et hors-champ : peuplé d'écrans, le champ du visible se complexifie, un phénomène auquel le cinéma contemporain non seulement participe, mais dont il s'empare.

  • Croît de la pollution, raréfaction des ressources, dérèglements météorologiques, réchauffement climatique - Le désordre écologique est en route, lourd de menaces pour la survie des espèces, dont la nôtre.
    Bien des créateurs, conscients de l'urgence d'une réplique « verte », s'engagent et instituent de nouvelles normes d'expression, d'essence écologique. Pour changer les mentalités, pour réparer, pour refonder l'alliance avec la Terre, jusqu'à nouvel ordre notre unique zone d'habitat possible. Car l'anthropocène est là, cette ère de la vie de notre planète où les effets de l'activité humaine affectent celle-ci, en surface et dans l'atmosphère, plus que l'action tellurique. Ce qu'il faut, c'est agir, s'investir, susciter une symbolique du combat et de l'éthique.
    Adaptées aux exigences du développement durable, les oeuvres plasticiennes éprises d'écologie adoptent des formes inusitées : travail dans et avec la nature, développement de laboratoires, pratique du recyclage et des interventions éphémères, création collaborative et poétique de la responsabilité...
    L'annonce d'un âge nouveau de l'art.

  • Ce nouveau volume propose donc de se pencher spécifiquement sur une oeuvre qui s'est hissée, avec le temps, au rang de film culte.

  • Dessinateur, inventeur de formes plastiques, Rodolphe Barsikian est un artiste d'aujourd'hui : ses techniques fétiches sont l'ordinateur, la souris de l'ordinateur et les logiciels de graphisme.
    Adepte du dessin vectoriel, une graphie numérique fondé sur le point, la ligne et l'organisation géométrique, ses compositions cumulent la « ligne claire » du dessin technique et une foisonnante puissance d'invention esthétique. De facture abstraite surtout, déclinées en tableaux ou en agencements modulaires 3D, ses créations sont à la fois contrôlées, ciselées à l'extrême mais aussi éruptives, marquées par une implicite fascination pour le désordre, la désorganisation, la remise en jeu.
    Créer, pour Rodolphe Barsikian, implique d'aller au-delà le seul effet plastique, et d'inscrire sa vie dans des lignes, des trajectoires graphiques qui redoublent, dans la matière visuelle des signes, un chemin existentiel. Ses compositions génèrent l'image forte et compulsive d'une existence en mouvement pour laquelle l'exercice du dessin est le battement de coeur, le sismographe, à cette fin : enregistrer chaque instant pulsionnel, chaque vibration, chaque sensation.

  • Franz Schubert est à la fois le plus célèbre, le plus prolifique et le moins joué des grands compositeurs. C'est en effet lui qui a signé le plus grand nombre d'opus : 1 000 oeuvres écrites entre 13 et 31 ans. Mais si absolument tout le monde connaît son nom (immanquablement associé, dans notre pays, à un malheureux poisson à la sauce « Frère Jacques »), qui - en dehors de la sphère germanique - donne aujourd'hui en récital ses dernières grandes sonates pour piano ou programme ses quinze opéras, ses sept messes, ses 300 oeuvres chorales ou ses neuf symphonies ? Et lorsque, comme c'est si souvent le cas, l'extraordinaire musique de chambre de Schubert illustre des films à succès, combien de spectateurs lui en attribuent-ils la paternité ?
    À la différence des livres déjà existant sur Schubert, cet essai, qui s'appuye sur une bande-son de plus de 2 heures 30 de musique, s'est donné pour objectif de faire entendre à ses lecteurs ces pages ignorées. Et d'expliquer comment quelqu'un de si ordinaire a pu laisser tant de pages universelles tout en étant profondément germaniques, bouleversantes mais préservées de tout effet grandiloquent.
    Comme si la musique lui coulait directement du coeur.
    Expliquer comment Franz Schubert a si bien su « faire parler la musique et chanter les mots » - comme l'écrivit à sa mort son ami le poète Grillparzer.

  • Tout en présentant une hypothèse originale sur la signifi - cation de la musique de Mozart, l'auteur ne manque jamais de rendre hommage au grand musicologue et spécialiste de Mozart, Jean-Victor Hocquard et, comme celui-ci le fait parfois, il offre à ses lecteurs un travail non de musicologue, mais de simple auditeur, passionné de Mozart.
    Aussi bien les livrets d'Opéras que les textes liturgiques ou maçonniques ne sont liés à la musique que par convention et d'une manière contingente.
    Ce premier pas permet à l'auteur de défi nir une compréhension intuitive de la musique, et de mettre en évidence le fait que le but et l'objet de la musique mozartienne sont bien des affects, mais considérés dans leur essence la plus générale, indépendamment des circonstances anecdotiques que les textes prétendent circonscrire. Le « Incarnatus est » exprime la force, la tendresse et la joie bouleversée de tout amour, indépendamment de tout texte liturgique.
    De même, Robert Misrahi donne des exemples de quelques « affects essentiels » : l'enthousiasme, l'angoisse, le proche et le lointain, l'adoration, la joie même, fondamentale, omniprésente.
    Enfi n l'auteur dégage une sorte d'itinéraire existentiel, indépendant de la chronologie des oeuvres, mais non pas de leur sens. Elles disent toutes et la joie de la perfection musicale, et la joie fi nale de l'accomplissement. Cette joie du grand Désir accompli est le sens même de l'oeuvre de Mozart.
    Si cet Eden existe quelque part, c'est dans et par la perfection réelle et sensible de l'oeuvre de Mozart.

  • Catalogue d'exposition et ouvrage généraliste sur la création contemporaine axée sur l'écologie et l'environnement.
    L'exposition Courants Verts,Art et environnement à l'heure de la transition climatique est organisée par la Fondation EDF pour l'art contemporain en mars 2020 (rue Récamier à Paris). L'exposition est grand-public. Elle est portée par le sentiment qu'un nouveau monde reste possible et évite les thématiques de la décroissance, du catastrophisme, de la collapsologie et d'un prétendument nécessaire réensauvagement général.

  • Une part de la tendresse du public pour Guy Béart tient à la part de notoriété ou de célébrité qui lui a manqué à la fin de sa vie. Mais son oeuvre avant-gardiste a pris une place dans le grand puzzle.
    Guy Béart est l'un des derniers révolutionnaires de la chanson, peut-être trop redoutable pour le système dans lequel il évoluait ; plus impliqué que Brassens dans la société, plus mesuré que Ferré dans ses élans.
    Les idées de mai 68 étaient en germe depuis longtemps.
    Parmi les plus folles ou les plus prémonitoires, celles qui se cachent dans les chansons de Guy Béart méritent un éclairage actuel : remise en cause de l'ordre et de la sécurité, liberté sexuelle, émancipation, opposition aux manipulations médiatiques, urgence écologique.
    Toutes les grandes lignes de la pensée postsoixante- huitarde sont là, sous nos yeux dans ses chansons.
    À partir d'extraits d'un entretien avec Guy Béart en 1988, de slogans qui fleurissaient vingt ans plus tôt sur les murs, de morceaux de chansons et d'anecdotes savoureuses, cet ouvrage ouvre une réflexion libre et vagabonde sur notre société, sur l'humanité et sur l'espérance folle que nous avons encore.

  • Surprenante biographie qui se révèle fréquemment cocasse, en dédramatisant le personnage de Beethoven souvent présenté comme une fi gure tragique, isolée par son génie et sa surdité.
    Alors qu'il était le contraire de tout cela, plein d'humour, un peu enfantin et assoiff é de contacts humains.
    Révélation : ce livre donne la probable réponse à un fait jusquelà inexplicable : Beethoven n'a jamais pu dépasser le stade de l'addition (et encore, en se trompant).
    Une bio qui permet enfi n d'écouter des extraits commentés et décryptés de pages très connues mais aussi d'oeuvres tout aussi magnifi ques mais peu jouées du compositeur.

  • À travers de nombreux exemples d'OEuvres, l'ouvrage interroge l'interpénétration des arts du vivant et de la cybernétique : y a t-il un risque de désublimation dans ces nouveaux usages qui envahissent la scène contemporaine ?
    L'auteur propose un bilan théorique sur le rapprochement entre arts vivants et nouveaux médias.

  • Twin Peaks

    Sarah Hatchuel

    Dans la ville fictive de Twin Peaks située au Nord-Ouest des États-Unis, le corps de Laura Palmer (Sheryl Lee), une jolie lycéenne blonde et populaire de seize ans, est retrouvée sur les berges du lac, nouvelle Ophélie enveloppée dans un sac plastique. L'enquête qui s'en suit, menée par l'agent du FBI Dale Cooper, donne naissance à une histoire aussi mystérieuse qu'attachante, qui révolutionne la narration télévisuelle, le rapport qu'entretient le public avec les séries, ainsi que les relations entre cinéma, télévision et nouveaux médias. Twin Peaks, comme son nom topographique l'indique, est une oeuvre-lieu : la petite ville est à la fois parfaitement ordinaire et le théâtre d'événements inhabituels où se conjuguent le grandiose et le trivial, l'émotion tragique et le burlesque distanciant. Ce grand écart permanent génère un trouble qui pointe constamment du doigt le geste créatif et ses multiples intertextes artistiques. Twin Peaks est d'abord une série créée par David Lynch et Mark Frost, diffusée sur le grand network ABC pendant deux saisons en 1990-91. Puis le film prequel Fire Walk With Me que réalise Lynch en 1992 raconte les derniers jours de Laura Palmer avant sa mort ;
    Enfin, vingt-cinq ans plus tard, la série est « ressuscitée » pour une troisième saison diffusée sur la chaîne câblée Showtime en 2017. Si la série et le film sont devenus des oeuvres cultes qui ont suscité de nombreux ouvrages et articles en France et à l'étranger, ce projet propose le premier ouvrage collectif portant sur les trois manifestations de Twin Peaks - la série de 1990-91, le film de 1992 et la nouvelle saison diffusée en 2017. Les différents chapitres proposent de parcourir l'univers de Twin Peaks à travers le prisme de disciplines variées - esthétique audiovisuelle, civilisation américaine, études de genre, musicologie, sociologie de la réception, études narratologiques et intertextuelles - afin de mieux comprendre la portée de l'oeuuvre, ses héritages et influences, et la relation très spéciale qu'elle a pu nouer avec le public depuis un quart de siècle.

  • Journal intime (Caro diario, 1993) est le film qui caractérise le mieux le cinéma de Nanni Moretti : fiction autobiographique, fable burlesque, comédie moraliste, film musical ; le cinéaste s'y met en scène sous les traits d'un personnage sillonnant sur sa vespa la capitale désertée et les îles éoliennes vestiges de la modernité, le temps d'un voyage estival au coeur de la cinéphilie et de la société italienne.
    Film à sketches ou à épisodes, exercice cher au cinéma italien, Journal intime en propose toutefois une vision très personnelle : Moretti, d'étape en escale, nous en apprenant toujours un peu plus sur lui-même, jusqu'à l'épilogue rejoué de sa lutte contre la maladie marquant la fin d'un chapitre de sa vie et de son cinéma, le film (de fiction) suivant, Aprile (1998) - où Moretti devient père - en ouvrant inévitablement un nouveau.
    Cet ouvrage, le premier en français sur le film, propose une analyse précise de tous les thèmes chers au cinéaste mais aussi des éléments constitutifs de son geste créateur.
    L'historien et spécialiste du cinéma italien Jean Gili ouvre la réflexion en nous livrant les clés pour appréhender la dimension autofictionnelle du film ; Marguerite Vappereau s'intéresse aux conditions de production du film et nous replonge dans la contemporanéité de son tournage. Christel Taillibert et Pierre Eugène abordent tous deux la construction du récit, à travers la question des « pactes énonciatifs » et celle des régimes fictionnel et documentaire. Moretti-cinéaste a toujours mis en scène Moretti-acteur, n'hésitant pas à se montrer comme un corps performatif, ce qu'analyse Fabienne Costa. Dans Journal intime, Moretti fait aussi un travail de moraliste à la manière d'un candide, attaquant avec naïveté et clairvoyance les travers d'une société italienne en mutation, ce qu'examine Mathieu Rasoli. Quant à l'amour de Moretti pour le cinéma des autres, il est envisagé dans son aspect « gourmand » par Aurore Renaut. Camille Gendrault refait le parcours des premiers et derniers épisodes pour dévoiler l'image singulière et quotidienne de Rome que nous propose le cinéaste. Olivier Maillart passe le film au crible d'une grande question culturelle de la péninsule : la comédie à l'italienne. Antoine Gaudin l'analyse à l'aune de sa bande musicale. Enfin, Sébastien Le Pajolec s'intéresse à la réception française du film et nous montre comment Journal intime est un tournant dans la filmographie du cinéaste, participant de la construction du personnage Moretti.

  • La Nuit des morts-vivants a suscité de nombreux écrits et interprétations, sociopolitiques notamment, qui ne rendent pas toujours hommage à la complexité de l'oeuvre. Le présent ouvrage renouvelle ces discours en proposant des analyses inscrites dans un éventail de cadres épistémiques : esthétique du cinéma, histoire des formes et des techniques, études post-coloniales, histoire culturelle, etc. Autant d'approches qui révèlent la richesse du fi lm de Romero et font émerger des problématiques originales : que voit-on, à relire Alberti, au travers de ces fenêtres que les personnages veulent barricader ? comment le remake réalisé par Tom Savini (Dawn of the Dead, 1978) éclaire-t-il l'imaginaire de son modèle ? comment la question noire s'inscrit-elle dans la représentation ? jus qu'à quel point peut-on parler de résurrection à l'endroit des morts-vivants ?

  • Le parcours éprouvant de Mahler dans un monde hostile, traumatisé par l'antisémitisme et les nombreux deuils auxquels il fut confronté...

  • Avec La Fille inconnue, Luc et Jean-Pierre Dardenne poursuivent leur quête intransigeante d'un cinéma à la fois engagé, percutant et populaire, centré sur les maux de la société contemporaine et la notion de responsabilité individuelle. Depuis 20 ans et le coup de maître de La Promesse, leur ligne de conduite n'a pas varié : dénoncer les violences sociales, rendre apparentes nos failles intimes, explorer les confl its moraux et les cas de conscience générés par les accidents de la vie.
    Au fi l des années, les Dardenne ont engagé un dialogue avec le critique Michel Ciment, responsable de la revue Positif et de l'émission de France Culture Projection privée. Pour la première fois, leurs entretiens sont réunis dans ce volume, qui dévoile à la fois leur méthode de travail, leur éthique professionnelle et leur profond humanisme.

  • « Je ne sais pas tout jouer. Et je ne le veux pas », a déclaré Isabelle Adjani. Nul doute que cette conception du métier relève d'une profession de foi tant l'actrice l'a respectée tout au long de sa carrière. Cependant, si Isabelle Adjani se tourne naturellement vers les héroïnes qui interpellent son imaginaire, sa filmographie présente un caractère unitaire dont l'explication est à chercher ailleurs que dans une simple typologie des personnages. En « constituant une parole » pour l'actrice, ces héroïnes entretiennent un lien intime qui les réunit au-delà de leurs personnalités contradictoires et de leurs histoires, souvent à travers une figure adverse, qui fait obstacle à un processus de développement personnel et d'affirmation de soi.
    Dans cet ouvrage, nous revenons sur la filmographie d'Isabelle Adjani pour définir cette figure et interroger son importance au coeoeur de l'oeoeuvre, en la confrontant à d'autres grands motifs comme les amours tragiques ou la création artistique. Nous verrons notamment que le thème de la filiation peut évoquer de manière métaphorique la place occupée par les actrices au sein de la création filmique, entre créatrices affirmées et créatures marquées à jamais par l'empreinte d'un cinéaste pygmalion, d'autant plus que les relations qu'a entretenues Isabelle Adjani avec ses réalisateurs - depuis le regard fondateur de François Truffaut - ont plus d'une fois déterminé la création de ces oeoeuvres cinématographiques.
    Dès lors, les films d'Isabelle Adjani sont traversés par une pensée. Selon la célèbre Politique établie par les Cahiers du cinéma dans les années cinquante, nous pourrions dire qu'Isabelle Adjani est un auteur. S'il ne fait pas d'elle un cas unique, ce phénomène a rarement été poussé aussi loin. Replongeons dans ces films pour faire surgir son auteur d'entre les mots et les images et rendre hommage à la pertinence et la puissance d'une démarche artistique, qui avec le temps a fait passer Isabelle Adjani du statut de star à celui de mythe.

  • Les neuf films nés de la collaboration entre Carlos Saura et Geraldine Chaplin constituent l'oeuvre d'une entité créatrice duelle. De 1967 à 1979, de Peppermint Frappé à Mamá cumple cien años, l'actrice anglo-américaine passe du statut de jeune espoir à celui d'une artiste accomplie et conçoit petit à petit son métier non plus dans la soumission au regard du réalisateur, mais dans une collaboration équilibrée avec ce dernier, tandis que le cinéaste espagnol, au fil de dix opus dont un seul ne sollicite pas Geraldine Chaplin, s'affirme comme l'auteur de sa filmographie.
    Dans cette collaboration de douze ans, la persona de l'actrice s'accomplit essentiellement avec Carlos Saura, mais aussi avec Jacques Rivette, James Ivory et le binôme Robert Altman-Alan Rudolph. Au-delà, cette collaboration privilégiée entre Carlos Saura et Geraldine Chaplin est emblématique d'une évolution artistique, théorique et sociale quant à la représentation des femmes au cinéma et à la place accordée et/ ou conquise par les actrices dans ce milieu professionnel.

  • Aurélie Gravas est peintre. Tipees est une sélection de peintures sur toile, sur bois et sur papier.
    La série aborde la question de la nature morte et du paysage au sein de compositions construites grâce au procédé du collage.
    L'univers coloré et lumineux d'Aurélie Gravas côtoie l'étrangeté des espaces qu'elle conçoit.
    Aurélie Gravas est également la compositrice et auteure du projet musical La Femme d'Ali dans lequel elle déploie poétiquement son univers pictural entourée de musiciens.

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