Bord De L'eau

  • 10000 ans d'histoire mondiale de chaussures ! Des marques, des enseignes, des créateurs, inventeurs, artistes, célébrités... et des représentations de la chaussure par des artistes contemporains. 700 illustrations et photos, des milliers d'entrées, quinze ans de travail qui nous racontent l'histoire et la mode. Cela faisait plus d'un siècle qu'un tel ouvrage n'avait pas été réalisé en France.

  • Catalogue de L'exposition « Fake news : art, fiction, mensonge » à la Fondation EDF pour l'art contemporain, cet ouvrage propose une analyse du phénomène par Laurent Bigot, et présente les oeuvres d'artistes contemporains internationaux qui ont oeuvré sur le sujet.
    En 2017, « fake news » a été élu « mot de l'année » par le Collins Dictionary. Son usage venait d'augmenter plus de 300%...
    En 2019, l'expression « deepfake » a bien failli l'emporter à son tour ! Ces maux sont symptomatiques de bien des difficultés à s'informer à l'heure d'Internet et des réseaux sociaux : la fausse information non dénuée de volonté de nuire d'un côté ; le trucage minutieux de vidéos de l'autre...
    Aujourd'hui, de très nombreuses infox virales sèment le trouble dans l'esprit du public. Des scientifiques ont-ils créé le coronavirus ? Hilary Clinton est-elle mêlée à un trafic d'enfants basé dans une pizzeria de Washington ?
    Les vaccins transmettent-ils l'autisme ? Le public peine à se défaire de ces idées fabriquées de toutes pièces. Leurs forces : elles simplifient à outrance la compréhension du monde ; elles confortent les croyances, instincts primaires et idées reçues.
    Les artistes ne sont-ils pas les mieux placés pour nous initier aux enjeux très contemporains de ces fake news ? Ils peuvent nous familiariser avec le processus de fabrication de ces infox. Ces artistes qui, dans leurs peintures, sculptures, photos et vidéos savent recourir aux techniques de fabrication les plus créatives nous initient à la production d'objets parfois difficilement identifiables, entre authenticité et inventivité, réalisme et onirisme... Entre vrai et faux. « La vérité existe. On n'invente que le mensonge », disait Georges Braque. Les artistes nous sensibilisent à la manière dont ces fausses informations se diffusent et infusent si rapidement à travers Internet et les réseaux sociaux, à travers nos esprits si crédules, aussi, tantôt grâce au travail de véritables marchands de doutes, tantôt grâce à d'ancestraux mécanismes de rumeurs.
    Les artistes nous obligent à questionner notre crédulité, ils font vaciller nos croyances et notre perception du réel. Alors pourquoi ne nous conduiraient-ils pas, aussi, au sursaut salvateur qui nous permettra de reprendre la main sur notre compréhension du monde ?
    L'exposition « Fake news : art, fiction, mensonge » à travers une vingtaine d'oeuvres internationales - de la fausse Une du New York Times par les Yes Men aux deep fakes du duo Bill Posters /Daniel Howe, en passant par l'imprimante à fake news de Tsila Hassine et Carmel Barnea Brezner Jonas - prétend (re)susciter l'esprit critique du public.
    Pour les plus jeunes, elle propose des parcours à la fois réflexifs et pédagogiques, des ateliers interactifs, pour comprendre, ressentir, se questionner ; mais aussi pour les plus expérimentés, à travers conférences, projections et temps d'échanges.
    L'exposition et les artistes invitent les publics à devenir acteurs.
    Car nous sommes tous acteurs au quotidien de la prolifération des fake news - via Facebook, Twitter, Instagram et bien d'autres plateformes - et il ne tient qu'à nous de nous approprier les méthodes, astuces et outils qui en enrayeront la diffusion. Et feront de nous, finalement, des citoyens mieux informés dans une démocratie plus saine.

  • Ce livre n'est ni d'un ouvrage de philosophie, ni de sociologie.
    Nous nous intéressons ici à nos manières d'habiter le monde. La plate-forme est « une surface plate » : combien cette définition est précise et vaste. La multiplicité des configurations, des usages fait de ce mot aussi un symptôme de la poursuite permanente, peut-être in-sensée, de la diversification, du renouvellement, de la multiplication des objets qui nous entourent et des organisations qui règlent nos vies sur le plan économique, politique, culturel, quotidien, intime même.
    En plongeant dans ce monde appareillé de plateformes, sommes-nous pourtant si éloignés que cela de modalités archaïques de l'établissement humain ? Les techno-sciences nous détachentelles des schèmes techniques antérieurs tels qu'ils structuraient nos modalités d'action il y a encore peu ou bien n'en sont-elles que le prolongement ? S'agirait-il d'une illusion de nouveauté qui ne profite qu'à une stratégie de consommation dévorante avec, parmi tout cela, des usages plus vertueux, plus « intelligents » au sens vrai du terme ?

  • Philhellènes, 14 portraits Nouv.

    Le mot " Philhellene ", " l'ami des Grecs ", n'est reproduit pour aucun autre peuple, du moins pas avec cette intensité et cette constance. Alors pourquoi ? C'est à cette question que répond Jimmy Jamar, en donnant la parole à 14 personnages tout au long de l'histoire, en partant de l'Empereur Hadrien. On y trouve Jacqueline de Romilly, Marguerite Yourcenar, Jacques Laccarière, mais aussi Byron, Lawrence Durrell, Henry Miller, Jules Dassin et même Leonard Cohen ! L'enquête est menée à travers deux questions : pourquoi la Grèce (quel a été l'élément déclencheur de l'attachement ? ), et qu'ont-ils fait dans la durée pour mériter le titre de " Philhellènes ".

  • Croît de la pollution, raréfaction des ressources, dérèglements météorologiques, réchauffement climatique - Le désordre écologique est en route, lourd de menaces pour la survie des espèces, dont la nôtre.
    Bien des créateurs, conscients de l'urgence d'une réplique « verte », s'engagent et instituent de nouvelles normes d'expression, d'essence écologique. Pour changer les mentalités, pour réparer, pour refonder l'alliance avec la Terre, jusqu'à nouvel ordre notre unique zone d'habitat possible. Car l'anthropocène est là, cette ère de la vie de notre planète où les effets de l'activité humaine affectent celle-ci, en surface et dans l'atmosphère, plus que l'action tellurique. Ce qu'il faut, c'est agir, s'investir, susciter une symbolique du combat et de l'éthique.
    Adaptées aux exigences du développement durable, les oeuvres plasticiennes éprises d'écologie adoptent des formes inusitées : travail dans et avec la nature, développement de laboratoires, pratique du recyclage et des interventions éphémères, création collaborative et poétique de la responsabilité...
    L'annonce d'un âge nouveau de l'art.

  • Quatre amis d'un village perdu du sud-ouest français décident de servir la cause du bien. Du Bien avec majuscule.
    Ce service généreux les pousse dès l'enfance à multiplier les bonnes actions sans jamais se ménager, jusqu'à l'extravagance parfois. Le Bien est leur combat et leur religion, à jamais et jusqu'au bout. Devenus adultes, cette singulière bande de Quatre intensifie son apostolat en s'engageant dans le SSA, le Service de Santé des Armées. Des soignants sous l'uniforme, Pro Patriae et Humanitate, « Pour les Patries et pour l'Humanité ». Leur amour absolu du Bien et du soin - la « soignure » -, pour des raisons obscures, tourne au carnage. Les Quatre, des saints laïcs pourtant, deviennent des anges exterminateurs.

  • Dessinateur, inventeur de formes plastiques, Rodolphe Barsikian est un artiste d'aujourd'hui : ses techniques fétiches sont l'ordinateur, la souris de l'ordinateur et les logiciels de graphisme.
    Adepte du dessin vectoriel, une graphie numérique fondé sur le point, la ligne et l'organisation géométrique, ses compositions cumulent la « ligne claire » du dessin technique et une foisonnante puissance d'invention esthétique. De facture abstraite surtout, déclinées en tableaux ou en agencements modulaires 3D, ses créations sont à la fois contrôlées, ciselées à l'extrême mais aussi éruptives, marquées par une implicite fascination pour le désordre, la désorganisation, la remise en jeu.
    Créer, pour Rodolphe Barsikian, implique d'aller au-delà le seul effet plastique, et d'inscrire sa vie dans des lignes, des trajectoires graphiques qui redoublent, dans la matière visuelle des signes, un chemin existentiel. Ses compositions génèrent l'image forte et compulsive d'une existence en mouvement pour laquelle l'exercice du dessin est le battement de coeur, le sismographe, à cette fin : enregistrer chaque instant pulsionnel, chaque vibration, chaque sensation.

  • Avec La Fille inconnue, Luc et Jean-Pierre Dardenne poursuivent leur quête intransigeante d'un cinéma à la fois engagé, percutant et populaire, centré sur les maux de la société contemporaine et la notion de responsabilité individuelle. Depuis 20 ans et le coup de maître de La Promesse, leur ligne de conduite n'a pas varié : dénoncer les violences sociales, rendre apparentes nos failles intimes, explorer les confl its moraux et les cas de conscience générés par les accidents de la vie.
    Au fi l des années, les Dardenne ont engagé un dialogue avec le critique Michel Ciment, responsable de la revue Positif et de l'émission de France Culture Projection privée. Pour la première fois, leurs entretiens sont réunis dans ce volume, qui dévoile à la fois leur méthode de travail, leur éthique professionnelle et leur profond humanisme.

  • Paul-pris-dans-l'écriture raconte comment et pourquoi on peut être Paul Ardenne, un critique et historien de l'art connu et reconnu, et préférer l'écriture. Comment l'écriture, la littérature, le langage, deviennent l'essentiel d'une vie. Par quels chemins singuliers l'écriture va et vient et revient toujours, entre échecs et renaissances ; comment, par l'écriture, se formule une recherche toujours déçue de soi-même ; comment l'écrivain s'invente, continuellement, en multipliant les figures de soi : homme de la terre, motard, oiseau, ventre... Comment, encore, la critique politique violente de l'avidité des hommes de ce monde se glisse sans crier gare mais en hurlant dans les histoires les plus étranges.
    Les chemins pris par Paul Ardenne écrivain croisent ici plusieurs fois ceux de l'artiste, motard et ami Ali Kazma et finissent devant une porte ouverte : l'oeuvre de Paul Ardenne est encore en train de s'écrire.

  • Aurélie Gravas est peintre. Tipees est une sélection de peintures sur toile, sur bois et sur papier.
    La série aborde la question de la nature morte et du paysage au sein de compositions construites grâce au procédé du collage.
    L'univers coloré et lumineux d'Aurélie Gravas côtoie l'étrangeté des espaces qu'elle conçoit.
    Aurélie Gravas est également la compositrice et auteure du projet musical La Femme d'Ali dans lequel elle déploie poétiquement son univers pictural entourée de musiciens.

  • La montée en puissance des pays émergents contribue au décentrage du monde depuis l'entame du 21ème siècle. L'avènement d'un monde de plus en plus multipolaire marque la fin de plusieurs siècles d'hégémonie occidentale. La Chine, plus particulièrement, occupe un rôle central parmi les pays émergents, dont les politiques extérieures visent davantage à légitimer leur statut de puissances régionales qu'à promouvoir un multilatéralisme véritablement démocratique.
    Dans ce contexte d'évolution des rapports de force internationaux, l'impact sur la gouvernance économique mondiale est de plus en plus perceptible. L'architecture économique internationale semble de moins en moins adaptée aux enjeux mondiaux du 21ème siècle. Cet ouvrage analyse l'impact de la montée en puissance des pays émergents sur le système de gouvernance économique mondiale, en vue de définir comment adapter le système international au monde en décentrage.

  • Qui est à ce jour l'artiste, et comment travaille-t-il ? Que fait la critique d'art, et de quelle façon ?
    Qu'est-ce qu'une exposition, une collection ? Quels sont les territoires de l'art, ses « champs », son ou ses peuples, ses appareils, son futur ? Comment le pouvoir de décision se distribue-t-il ?
    L'art contemporain se porte bien. On ne serait pourtant pas mécontent qu'il mène sa barque autrement. La bonne norme serait que l'artiste ait le pouvoir, et non d'abord ceux qui gravitent autour de lui. L'artiste contemporain n'a que des amis : critiques d'art, commissaires d'exposition, marchands, collectionneurs - tout ce beau monde le requiert, effi cace et conciliant. Chacun de ces acteurs, dans le « système » de l'art, a sa place. Certains orientent le goût quand d'autres le construisent, le consacrent, le monnayent ou le confi squent à leur profi t. Faut-il le rappeler : la création artistique n'est en rien un « pour soi ». Le simple fait qu'elle s'offre au regard d'autrui la défi nit d'offi ce comme une pratique publique.
    Quel constat la période récente impose-t-elle ? Ceux qui gravitent autour de la création artistique ont sans doute pris trop d'ascendant sur celle-ci. Et acquis à la fi n trop de pouvoir, à commencer par la détention de l'espace critique (revues, médias), de l'espace d'exposition (lieux d'art contemporain, biennales), de l'espace institutionnel (aide à la création, résidences d'artistes, commande publique), de l'espace matériel enfi n (galeries, collectionneurs).
    L'artiste n'est plus le seul à avancer ses options, sa matière grise et son offre plastique. Le voici devenu non plus un décideur mais un outil. L'âge moderne, celui des manifestes, de l'arrogance intellectuelle, des experts omniscients, a fait son temps. Faire valoir un point de vue, dans notre moment postmoderne, consiste plus utilement à avancer des hypothèses. L'heure est aux vérités, au pluriel.
    Heureux les créateurs ? L'art contemporain irradie mais la mariée pourrait bien être trop belle, et quelque peu perverse.

  • James Ensor, qui ne connaît rien au solfège, fait l'aveu saisissant de sa vocation : « Je ne suis pas sûr d'être un grand peintre, mais je suis certain d'être un grand musicien » Cette étude inédite met pour la première fois en lumière la psychose paranoïaque dont souffrait Ensor. Stéphanie Moris a rassemblé des documents exceptionnels, non publiés à ce jour. Elle se fonde sur les déclarations mêmes de l'artiste pour nous faire suivre l'évolution des troubles psychiques d'Ensor, du déclenchement de la psychose à sa pacification, ce qui est rare.
    Cette analyse met en exergue le rôle salvateur de la musique à laquelle se consacre Ensor au tournant du siècle, corrélé au « déclin » pictural, de l'identification à Wagner jusqu'à la réalisation de son ballet La Gamme d'amour, où communient poésie, musique et peinture, en référence à « L'art total ».
    L'ouvrage démontre que, par un investissement dans la création musicale, l'artiste, depuis toujours plongé dans un climat qu'il dépeint comme hostile et bruyant, s'est employé en une auto-thérapie insolite, à conjurer la menace du chaos interne.
    Une place significative est laissée dans cette approche lacanienne, aux paroles d'Ensor, par le biais de nombreuses citations puisées dans ses écrits épistolaires, autographes ou publiés.

  • Ce glossaire du DJ ne se contente pas de répertorier le jargon des Princes de la nuit et d'en donner des définitions compréhensibles par tous.
    Il s'agit aussi de raconter, au travers de termes considérés comme autant de jalons, une histoire éclatée et complexe, culturelle et sociale, souvent accidentée et spontanée, mais parfois aussi reprise en mains par les requins de l'industrie du show-business, de la musique, de la hi-fi et des logiciels.
    Cette histoire nous conte l'avènement des nouveaux héros du show-biz musical et la transformation profonde de l'industrie des loisirs.

  • L'impératif de toujours plus, l'incitation à consommer et à être en pleine forme, la prolifération des objets condensateurs de jouissance contribuent à l'élaboration d'une société désexualisée, où la séduction devient « viol » et le/la partenaire une victime potentielle. Si, à l'origine, les législations qui se sont penchées sur le harcèlement sexuel visaient la notion plus vaste d'abus de pouvoir, les lois visent désormais de simples agissements en vue d'obtenir des faveurs sexuelles. On oublie ainsi que la relation de désir n'est pas égalitaire et que le désir sexuel comporte toujours une part de violence et d'agressivité. Et on néglige que le désir sexuel est, par nature, une sorte de harcèlement. La relation sexuelle doit-elle nécessairement faire l'objet d'un contrat légal ?

  • Cet essai a été rédigé à l'occasion de l'édition 2012 du Printemps de Septembre à Toulouse, festival de création contemporaine. Paul Ardenne en était le directeur artistique, avec ce thème général, « L'Histoire est à moi ! » L'auteur, historien de formation, interroge ici son rapport particulier au temps historique et le sens de sa passion pour l'Histoire. Le passé est nécessaire pour vivre au présent mais il est le passé, une perte. Sauf s'il est ressaisi comme une matière à incorporer, où se couler, dont extraire une forme de vie. Quand l'Histoire se fait sensation, incarnation, chair.
    Il n'est pas d'Histoire qui vaille sans l'élaboration d'un lien intime entre elle et nous, un lien qui est non plus seulement l'Histoire avec ses faits mais nous dans l'Histoire tout comme l'Histoire en nous, un mélange d'événements mais aussi d'affects, de fantasmes - une construction en vérité très personnelle.

  • Premier d'une série de courts textes consacrés aux perversions (#2 : Le masochisme - #3 - Le sadisme), il s'agit ici d'un texte didactique qui reprend et expose les positions de Freud et Lacan sur le fétichisme, et les éclaire par l'expérience clinique de l'auteur.
    C'est de la perversion que Freud part pour tenter de cerner ce qu'est la sexualité spécifique à l'être humain.
    La sexualité de l'homme, contrairement à celle de l'animal, est une sexualité essentiellement déviante par rapport à ce que serait le processus d'un instinct.
    Monument ou trophée, le fétiche désigne à la fois la castration et le triomphe sur la castration. Non seulement il est une protection contre la menace de la castration, mais il a pour fonction d'épargner au fétichiste de devenir homosexuel en prêtant à la femme ce caractère par lequel elle devient supportable en tant qu'objet sexuel. (Freud) Le transfert du pervers ne se fait pas sur le sujet-supposé-savoir, car c'est bien lui, le pervers, qui vient à nous avec un savoir. C'est au nom de ce savoir que le pervers nous parle, comme délégué d'une loi dont il veut que nous nous reconnaissions nous-mêmes sujets. Il en résulte que le transfert pervers ne vise pas le sujet-supposé-savoir, mais plutôt le sujet-supposé-jouir.

  • Le 6 avril 1994 débutait au Rwanda le génocide qui, en douze semaines et quasi à huis clos, entraîna la mort de près d'un million de personnes. La tragédie allait ensuite déborder sur le Zaïre voisin, jusqu'à provoquer deux guerres :
    La première, qui aboutit en mai 1997 à le chute du dictateur Mobutu, et la seconde, qui a ébranlé toute l'Afrique centrale pendant plus de quatre ans et a provoqué la mort d'au moins trois millions de personnes. Depuis lors, l'est du Congo a continué d'être régulièrement déstabilisé par des conflits engendrés par des groupes rebelles soutenus par les pays voisins. Aujourd'hui, vingt ans après le génocide, l'espoir, certes mêlé au scepticisme, semble enfin palpable dans la région.
    Malgré les conflits récurrents à l'est du Congo et un processus électoral contesté, la paix a été rétablie dans la majeure partie du pays et le redressement économique semble entamé. Le Rwanda se redresse et tente de faire oublier les pires heures du passé, tandis que le Burundi retrouve la voie de la paix. Mais le processus reste fragile car la misère, les rivalités régionales et la méfiance perdurent. Cet ouvrage propose une mise en perspective critique de la douloureuse histoire de l'Afrique centrale et une anatomie de la région vingt ans après le génocide. Il présente aussi la face la plus sombre de la globalisation, celle d'un continent oublié, champ de rivalités complexes qui se nourrissent de l'exploitation des richesses naturelles. Il se veut un outil pédagogique à destination des citoyens désireux de comprendre les enjeux complexes de l'Afrique centrale. Comprenant de nombreuses pistes alternatives ouvrant de nouvelles perspectives, il se veut une contribution résolument tournée vers l'avenir.

  • L'ennemi public

    Collectif

    La galerie Magda Danysz a des barreaux à toutes ses fenêtres. Qu'emprisonne-t-on dans une galerie ? Souvent ce que l'on ne peut pas voir, pas montrer ailleurs ; parfois le monde, la vie, la rue. Pour cette exposition, la prison elle-même. L'enfermement. L'ennemi public, celui qui méritait autrefois l'échafaud ; celui dont aujourd'hui on ne sait souvent plus que faire.
    Qui est l'ennemi public, en France, en Norvège, aux Etats-Unis ?
    Pourquoi enferme-t-on des ennemis privés, voire des amis - les oiseaux même ?
    Quel est le sens de la prison, si tant est qu'elle en a un ?
    Une autre question nous aura animées dans la réalisation de ce projet : quelle place pour la créativité en prison ? Comment survivre en prison ? Comme le dit si bien l'artiste britannique Sarah Lucas : «En prison la seule liberté est la liberté d'imagination, donc j'ai pensé, voyons ce qu'ils font avec cette liberté là...» Dans le livre seront abordées des points de vue complémentaires à ceux de l'exposition : de l'enfermement volontaire à la peine de mort, de la création en prison à la survie, du Chant d'amour de Jean Genet à ceux de Jean-Michel Pancin, des Panthères noires à Michelle Martin, de Chalamov à Hamlet...

  • Paul Ardenne, historien et critique d'art, s'est longtemps considéré comme un "mort pour la littérature". La parution récente, chez Grasset, de son roman Sans visage, prouve que le cadavre était encore vivant. Exhumés dans ce volume, deux romans "posthumes" : La Halte et Nouvel Âge. La Halte : Une histoire de la civilisation occidentale, côté propos de table. Cette Maligne Comédie a tout d'une tragédie bancale.
    Un dimanche dans un restaurant au bord d'un fleuve, des personnages aux allures d'archétypes forment des idées floues, ou absconses. Ils palabrent jusqu'à s'assommer de paroles. Une histoire du temps arrêté, où l'action, à patiner, met à nu ses ressorts inavoués, au bénéfice des lectures lentes de la vie. Nouvel âge : Pour Victor L, affable directeur du périodique La Nouvelle Harmonie, l'époque est faite pour exciter l'esprit.
    L'obsession de Victor : convaincre. Son sujet chéri : l'idéal. La culture nouvelle, voilà ce qui le travaille. Culture nouvelle, c'est maintenant, autour de nous, partout. Un recommencement de l'histoire. Comment ? Tout a changé et vous n'avez rien remarqué ? Classique : on ne voit jamais l'évidence.

  • Sans-papières sans frontières est le dernier film de Loïc Petitjean, spécialiste du marketing compassionnel et des indignations bankable. Partant du pricinpe que le cinéma tout entier est passé au service du Bien, Loïc Petitjean s'agite pour attirer l'attention sur son film sur les sans-papières (le féminin de sans-papiers). Malika Aw (authentique sans-papière) en est la vedette. Mais l'actrice occasionnelle n'a pas les mêmes préoccupations politiques que le cinéaste. Cela risque de porter ombrage au documentaire que Petitjean fait réaliser... sur la présentation de son film au Festival International du Film Francophone.

  • Comment, dans un monde où la Science promettait aux nouvelles générations des progrès inouïs dans tous les domaines, une Guerre Mondiale a-t-elle pu éclater et déverser son lot d'horreurs ? La Première Guerre Mondiale fut, en ce sens, le fruit du progrès scientifique : tueries industrielles, mécanisation de la mort et, ce qui renvoie sensiblement à notre présent, hallucinations collectives, patriotismes aveuglés.
    La Première Guerre Mondiale était évitable. Une fois commencée, l'horreur fut elle-même évitable et. ne fut pas évitée.
    L'INVASION est un récit d'histoire, pas l'exposé d'une somme universitaire.
    Les publications pléthoriques sur 1914 se concentrent pour la plupart sur des points particuliers du conflit. Curieusement, il y a très peu de récit d'ensemble et surtout de récit pour tous publics.

  • The Kissing Precise rassemble les oeuvres récentes de Mounir Fatmi.
    Ces oeuvres ont pour point commun d'être inspirées par le poème de Frederick Soddy « The Kiss Precise ». F. Soddy, prix Nobel de Chimie en 1921, a écrit la solution au théorème de Descartes sous la forme de ce poème.
    Ce livre d'artiste se propose de mettre en parallèle les pièces citées plus haut avec les différents éléments de recherches qui sont intervenus dans le travail.
    Avec le film Casablanca de 1942, et l'idée de l'exotisme fantasmé par les studios d'Hollywood dans le contexte de la Seconde Guerre Mondiale, jusqu'à des problématiques contemporaines : l'utilisation du nom d'une ville comme une marque : la bière « Casablanca », ou « l'affaire du baiser de Nador » qui impliquait une photo de deux adolescents marocains s'embrassant dans la rue, la photo diffusée sur les réseaux sociaux (Facebook) a été jugée indécente. Ce baiser a donné lieu à de nombreux Kiss-in (au lieu de sitting) dans plusieurs villes marocaines en soutien aux deux jeunes adolescents.
    Ce livre sera publié en français et en anglais.
    A cette occasion Mounir Fatmi invite Nicole Brenez, spécialiste de l'histoire du cinéma, et un critique de l'association Casa mémoire (Association de sauvegarde du patrimoine architectural du XXe siècle au Maroc), qui écriront deux textes inédits.

  • La particularité de Belly le Ventre, comme l'indique son nom, est d'être un ventre. Un individu gargantuesque, gros mangeur et bon vivant ? Oui. Mais un ventre surtout. Un estomac. Un système digestif. Des boyaux. Une panse. Belly le Ventre a comme quiconque une vie - une compagne, des amis, un travail. Mais il est un ventre d'abord. Un pilier de la Ventrie, un militant hors du commun et un exécuteur de basses et hautes oeuvres, pour la cause - la sienne, la Gastrocause.
    Cette qualification ventrique engage une forme de vie plus complexe qu'il n'y paraît. Il lui faut composer avec des individus se qualifiant, qui comme « Nez », qui comme « Cerveaux », qui comme « Sexes », qui comme « Muscles », « OEils », « Coeurs »... L'union de tous est-elle possible ? La guerre identitaire est-elle la seule issue ? Ou l'avènement des ghettos où vivre sa vie tranquille, à l'écart mais avec soi et les siens ? L'identité bien formée : rien de plus rassurant, rien de plus exigeant. Belly le Ventre fait le pari de la division. Un vrai choix, un choix de civilisation. La voie royale pour le rêve ou pour le cauchemar ?

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