Bernard Campiche

  • Guerre et Lumières.
    Pièces choisies 1984-2010.
    Deux pièces vers l'Histoire et la guerre : Nationalité française (1984/1989) ; Kennel Club (2000).
    Quatre pièces vers les Lumières et Voltaire : Staël (1989/1992) ; Feu Voltaire- Monsieur le Multiforme (1993) ; Candide (2009) ; Notre jardin (2010), en collaboration avec Michel Beretti.
    Les cinq premières pièces ont été commandées à l'auteur et créées par Hervé Loichemol. La dernière est encore inédite.

  • Ce volume contient:
    Présentation de Dominique Catton ; Ahmed Belbachir - À dos d'éléphant ; Andreas C. Brügger - La Voix du loup ; Isabelle Daccord - Les Enfants chevaliers ; Emanuelle Delle Piane - Orage à Belle Maison ; Philippe Morand - Icare. Un rêve.
    Michel Viala - L'Arbre qui ne voulait pas mourir.

    Des auteurs confirmés qui consacrent une partie de leur oeuvre à la jeunesse et qui rendent hommage à l'écriture et à l'enfance, voilà qui doit nous réjouir.
    Chaque enfant est unique et complexe. En lui, la gravité alterne sans cesse avec le plaisir, le goût du jeu et de la curiosité.
    L'enfant et l'adulte partagent la même planète ; mais chacun l'habite avec son âme, et agit en fonction de son expérience et de ses désirs personnels.
    Le théâtre est un miroir poétique de la vie, et le spectacle vivant permet à chaque enfant spectateur de prendre conscience qu'il appartient à une communauté, que les personnages de la « comédie humaine » éprouvent les mêmes plaisirs ou chagrins que lui.
    Ce recueil témoigne de la richesse et de la diversité des histoires et des thèmes qu'on peut proposer à des enfants dès six, sept ou neuf ans.
    Avec diverses sources d'inspirations et leur différence de style, les pièces contenues dans ce volume parlent du monde d'aujourd'hui, s'adressent à des enfants d'aujourd'hui avec originalité, amour, passion, tendresse, humour, parfois gravité, sans jamais moraliser, ni tomber dans le désespoir.
    Souhaitons que cet ouvrage communique à d'autres auteurs le désir d'écrire leur plus belles pages dédiées à l'enfance, à la jeunesse tout en passionnant aussi les adultes.

  • Emanuelle delle Piane est l'auteur de plus d'une vingtaine de pièces pour adultes et pour enfants, mais aussi de scénarios, de pièces radiophoniques et de nouvelles.
    Chacun de ses sujets est une manière de mettre le feu à des portraits de vie, avec du piquant et du mordant, du tendre parfois et de l'humanité toujours. Elle aime décaper les certitudes avec une ardeur farouche. A titre d'exemple Amours chagrines ou l'Ecole de la vélocité démontre à l'évidence la curiosité et l'audace naturelles de cette fine plume. En quarante petits drames, ses "dramuscules ", elle tente autant de variations sur un même thème.
    Elle chiffonne avec délices les vérités trop bien rangées dans les armoires des civilités conjugales. Et le sujet déride justement là où il fait mal. Ses dialogues sont constamment d'une belle vivacité. Elle sait construire les situations en des évolutions alertes et subtiles. Même dans les moments les plus dramatiques son humour affleure, comme pour donner du recul face aux tourments et au malheur. Elle sollicite avec justesse la part physique du comédien et offre aux metteurs en scène des partitions ouvertes et riches.
    Jean-Pierre Delorme dans une des notices cerne avec pertinence l'efficacité de cette écriture: " Car de cette pluie d'acide, on ressort étincelant, nettoyé, prêt à plus d'intelligence et de force. Et d'amour aussi."

  • Quel est donc ce monde étrange où se croisent des personnages de roman ou de théâtre, des auteurs célèbres ou des personnages historiques qui ont marqué leur temps, pour converser et comploter, défiant ainsi toutes les lois de la chronologie et de la vraisemblance ?
    Que peuvent bien se dire ces libertins que sont Don Juan et l'héroïne des Liaisons dangereuses, Sade et Ninon de Lenclos? Que va en penser la prude Madame de Maintenon?
    Dans ce Conservatoire qu'est notre mémoire collective, tout est possible, et les personnages renouent gaiement avec les intrigues et les marivaudages.
    Avec ce " théâtre dans un fauteuil ", l'éternelle question du pouvoir de la séduction fait l'objet d'un pari.

  • Il faudrait commencer par les titres. Des titres qui en disent long sur les intentions de Marielle Pinsard. Par exemple, et parmi tant de titres qui sont autant d'aveux, d'interpellations et d'énigmes, on retiendrait: La Truite; Comme des couteaux; Blonde Unfuckingbelievable Blond; Les Parieurs; Mon Pyrrhus; Pyrrhus Hilton; Built your jeep; Nous ne tiendrons pas nos promesses, ce dernier titre apparaissant comme une douce provocation face une société qui n'arrête pas, justement, d'en faire avec un cynisme le plus officiel qui soit.
    Marielle Pinsard, c'est d'abord une observatrice extrême, qui scrute et décrypte ce que l'on nomme réalité en faisant le pari que son regard et son écoute donneront naissance à une autre réalité. C'est quelqu'un qui se rend attentive aux autres - si différents si semblables - qui prend le risque du mimétisme pour mieux décaler et transposer son récit.
    Le lieu commun est à l'origine du théâtre et Pinsard en constitue le moteur de son travail. Pièces originales, pièces inspirées de et réécrites, écritures improvisées, théâtre documentaire, son oeuvre multiplie les angles d'attaque pour raconter le monde d'aujourd'hui. Elle n'a pas peur d'épouser les points de vue les plus communs, ceux que la doxa impose et que nous sommes nombreux à reprendre à notre compte, intellingentzia et petite bourgeoisie confondues, masses médiocres face à la consommation. Elle en fait le matériau de pièces qui irritent, déroutent et fascinent à la fois. Car Pinsard épouse le point de vue de l'autre, le fait parler pour mieux le comprendre et le critiquer, lui donne droit de cité, le fait voir et entendre dans ses différences et jusqu'à ces écarts avec elle-même. Son regard est sans illusion mais elle a l'élégance inquiète de ne pas nous plomber la vie (ni l'art). Comme Rodrigo Garcia, dont elle est à la fois proche et lointaine, elle n'esquive pas la dimension morale de l'acte théâtral et dresse un tableau éclaté des moeurs de notre société contemporaine.
    Quand on lit Marielle Pinsard, il faut ne faut jamais oublier qu'elle est comédienne, metteure en scène, dj et animatrice de soirée, c'est-à-dire que ce qu'elle écrit est effectivement soumis à l'expérience de la pratique scénique et à la confrontation avec le public. Ses phrases semblent sorties telles quelles du quotidien et pourtant elles sont plutôt à prendre comme des citations singulières d'une parole commune et parfois dévoyées. Elles sonnent comme les sentences dérisoires d'un rituel déboussolé et qui régit pourtant encore nos modèles sociaux.
    Mine de rien, Pinsard recycle le double héritage du théâtre de l'absurde et du théâtre panique. Elle place l'acteur et le spectateur face à la vacuité et l'inanité de l'expérience humaine, elle incite l'un et l'autre, dans le temps de la représentation, à s'interroger sur sa place au théâtre et dans la vie. Ayant lu un peu Brecht, elle sait que l'ironie est le salut de l'esprit. Marielle Pinsard procède avec discernement et sans préjugés. Elle passe des blondes à Racine, de l'immigration à la gastronomie...Cette capacité à relativiser et distancier les sujets s'apparente à une vision d'une monde où le désapointement n'est jamais loin de la révolte.

  • Avec ce troisième volume, nous vous aurons proposé la quasi-totalité des écritures théâtrales de Jacques Probst à ce jour (huit monologues et onze pièces, soit environ 1300 pages). C'est une oeuvre exceptionnelle, originale, hors normes. Il fait définitivement partie des auteurs de théâtre majeurs de sa génération.
    Sa dernière pièce (février 2007), Coup d'vent sur la jetée d'Eastbourne, réunit toutes ses mythologies : la mer, les histoires de marins et de navires échoués, le whisky à haute dose, le muet et l'aveugle qui portent la trame, les amours naufragées, la mémoire détournée, les filiations tronquées, la folie de vivre néanmoins à l'aune de l'échelle de Beaufort.
    Et, dans les tourments des hommes, la mouette reste pétrifiée sur la rambarde de la jetée.
    Un univers qui ne ressemble à personne et qui dévoile pourtant chacun de nous.

  • « Qu'allait-il se passer pour ce Tatzelwurm et ses compagnons ? Je n'en avais pas la moindre idée. Pour le savoir, il fallait que je les observe et que je les écoute. Je notai tout ce qu'ils faisaient et ce qu'ils disaient. » Qui est le maître dans ces histoires ? Bernard Liègme ou le personnage ? Tout le processus d'écriture de cet auteur est dans ce questionnement. Les personnages de Liègme ne sont pas des idées en costume mais au contraire des êtres de chair et de sang dont la respiration est profonde et salutaire. Son théâtre est parfaitement documenté, digéré et réinventé. Pour preuve cette confession magnifique : « Le personnage que j'avais en moi tout au début était maintenant étouffé par le vrai qui m'arrivait de l'extérieur. » L'étonnement de cet auteur pour les « idées-voix-images-personnages » qui lui traversent la tête et qui s'imposent à lui fait toute sa saveur et son rendu sensibles. Parfois baroques, parfois fantaisies dramatiques, drames historiques, conte dramatique ou comédie spectaculaire, les pièces de Liègme témoignent d'un esprit libre qui a profondément marqué la vie théâtrale de Suisse romande. Ce volume contient : Solo (1976) ; Les Archivistes (1980) ; La Ronde de nuit (1989) ; Pingus & fils (1997) ; Diva ou Les Photographes (2003).

  • Le théâtre de Bernard Liègme couvre pratiquement toute la seconde moitié du XXe siècle. À mes yeux, cet auteur est l un des quatre piliers de l écriture théâtrale en Suisse romande. Son uvre (dont nous éditons aujourd hui dix pièces en Théâtre en camPoche/Répertoire) en fait partie avec celles de Michel Viala (vingt pièces éditées), de Jacques Probst (dix-neuf pièces éditées) et de Louis Gaulis (en préparation). Comédien, metteur en scène et enfin auteur, il a été compagnon de l aventure des Faux-Nez à Lausanne, avec Charles Apothéloz, et un des membres fondateurs du Théâtre populaire romand dans le canton de Neuchâtel en 1959. Il se laisse volontiers porter par son instinct, son imaginaire, sa conscience d un monde brutal, manipulé, conspirateur, qu il convient de dénoncer. Il a toujours souhaité ouvrir le spectacle au plus grand nombre. Son théâtre témoigne des formes en ébullition et des courants de pensées multiples de l époque. Bernard Liègme, avec générosité et curiosité, aime se laisser imprégner par son temps, puis il tente, il prospecte, il explore et il trouve à chaque fois un ton très personnel pour traduire en théâtre la nature profonde de ses désillusions. Ce volume contient : La Cage (1958) ; Les Augustes (1959) ; Les Murs de la ville (1961) ; Le Soleil et la Mort (1965) ; Tandem (1973).

  • Une reconnaissance attendue de l'oeuvre de l'un des fondateurs du théâtre suisse des années soixante-dix. Noces de paille; Capitaine Karagheuz; Le Serviteur absolu; Les Césars du Cirque Suétone; L'Ingénieux Sancho Pança.

  • Peut-on dire qu'un auteur de théâtre invente nécessairement ses propres mythologies? Si oui, Sandra Korol est de ceux-là ! Il n'y a pas de place dans ce théâtre pour les idées toutes faites.
    Les titres des pièces en témoignent par leurs étranges sonorités, leur originalité, voire un exotisme très inhabituel dans les écritures théâtrales d'aujourd'hui. Chaque pièce est une prospection, une tentative, une quête originale et personnelle aux origines. Chacune a sa voix unique, son écriture spécifique, sa scansion, son souffle, car l'auteur est précis et cerne avec une redoutable rigueur les enjeux de sa démarche.
    Elle a le goût des mots justes, de la construction raffinée et propose à chaque fois de méticuleuses partitions de jeu. Entre poème scénique et philosophique, théâtre dansé ou de l'absurde, entre baroque et romantisme, l'onirisme ou les fantasmagories de Sandra Korol n'en sont pas moins profondément humains et pleins d'un humour singulier et tenace. Aux carcans du réel, elle oppose un imaginaire truffé d'une fantaisie remarquablement grave et aérienne.
    A l'oiseau la plume est capitale, à l'auteur elle est existentielle !

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