Allia

  • Nino, 19 ans, raconte son quotidien de jeune sans le sou à Paris, entre petits boulots, trafics en tout genre et fêtes. Amoureux de Lale, il voit son couple menacé par la pauvreté, contre laquelle il lutte avec obstination. Mêlant des dialogues truculents aux observations et réflexions du personnage, ce roman esquisse le portrait d'une génération sans avenir.

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  • «Il y a des moments où les gens se mettent à prier. Moi, je me suis mise à compter, à compter avec ferveur, les yeux clos. Je comptais au réveil, en m'endormant. Je comptais partout, en marchant, en restant sur place. Je comptais toutes les sommes dont j'avais besoin, dont j'aurais eu besoin dans une existence antérieure ou aurai besoin dans une vie ultérieure ; je les additionnais, reprenais mes opérations une à une ; je calculais toutes les possibilités, les impossibilités présentes, passées et à venir.» Ce roman épistolaire, écrit par une comtesse fauchée, relate les aventures tragi-comiques des hôtes d'un sanatorium. Leur mal ? Le complexe de l'argent. Une galerie de personnages loufoques défile : Henry, entrepreneur fauché ; Balailoff, prince alcoolique obsédé par son futur mariage ; ou encore Baumann, docteur freudien largement aussi névrosé et angoissé que ses patients. La perspective d'un hypothétique héritage hante l'imaginaire de ces originaux. Mais le complexe de l'argent pousse les personnages dans une véritable fuite en avant, si bien qu'ils n'osent même plus ouvrir leur courrier. Heureusement la faillite de la banque finira par libérer la narratrice de ses angoisses : désormais c'est elle la créancière.

  • J'ai mélangé le noir de tous ces ciels Qui nous ont vus se pencher l'un sur l'autre. Simon Johannin

  • «Les Salemi, notamment, acceptaient tous les travaux saisonniers et, la période d'essai passée, ils étaient pris aussitôt de violents maux de tête, de syndromes dépressifs ou de rages de dent. Et l'entreprise ne les revoyait plus jusqu'à la fin de leur contrat. Ils arrondissaient leur salaire avec quelques petits travaux au noir ou la vente à la sauvette de ballons, piazza Duomo. Je me sentais vraiment bien dans ce 'petit monde moderne', où l'on empruntait de l'argent sans jamais le rendre et où on se roulait affectueusement l'un l'autre. Mais qui carottait qui??» Giovannelli expose sans fard l'existence erratique de Salvatore Messana. De la Seconde Guerre mondiale aux années de plomb, cet énergumène fait preuve d'un zèle remarquable pour mener l'inverse d'une vie bien rangée.
    Ce personnage inoubliable est, dès son plus jeune âge, davantage porté sur la magouille que sur la religion, et fait ses gammes en volant des camions, entre deux balades en vespa. Séducteur invétéré, il découvre les charmes de l'adultère avec la belle Marcella, avant de répondre à l'appel du grand large pour éviter les ennuis, de la Turquie au Brésil. Véritable maître en matière de combines véreuses, son désaveu constant de la discipline le mène à fréquenter tant les gangsters milanais que la classe ouvrière. L'occasion pour lui d'affermir une bonne fois pour toute son dégoût du travail...
    Pour ne jamais travailler, rien de mieux que de connaître à la lettre le Code du travail. Passé maître dans l'art de la perception d'indemnités de licenciement, il plumera ses chefs les uns après les autres, avec une grâce éminemment savoureuse. Difficile de ne pas s'enthousiasmer pour un tel individu, chez qui la lutte des classes prend des allures de partie de Monopoly, où le jackpot n'est finalement jamais très loin de la case prison?!

  • «L'élève doit se souvenir des mots nécessaires, les mettre dans le bon ordre (c'est ce qui compte le plus en chinois), prendre son élan pour les mettre en mouvement afin que de leur suite résulte un geste signifiant. Il doit donner de la voix, veiller à ce que les sons soient chinois, à ce que les tons soient justes et s'enchaînent naturellement - tout en me regardant comme on le fait lorsqu'on s'adresse à quelqu'un, car parler, c'est cela?: dire quelque chose à quelqu'un. Pour l'enseignant, la première règle de l'art est le respect absolu du travail qui s'accomplit à ce moment-là dans l'esprit de l'étudiant. Je ne bouge pas tant que ce travail est en cours.» Le sinologue Jean François Billeter publie simultanément Les Gestes du chinois et L'Art d'enseigner le chinois, deux brefs essais indépendants­­­­­, mais jumeaux.
    Dans celui-ci, il tente de faire, sous une forme brève, la synthèse de l'expérience qu'il a acquise au fil des années en enseignant les premiers éléments de cette langue, tâche qui lui a toujours paru la plus importante et la plus intéressante. Il parle d'un «art» parce que, pour bien enseigner cette langue, dit-il, il ne suffit pas d'appliquer une méthode. Il faut développer une activité plus subtile et plus complète, fondée sur une intuition juste de ce que sont le langage, la parole et la conquête de la parole en général. C'est donc aussi de cette intuition juste qu'il s'agit ici.
    Mais, pas plus qu'on ne peut parler de musique sans faire de la musique, on ne peut traiter de la forme que la parole prend en chinois sans faire un peu de chinois. C'est pourquoi le lecteur est invité à s'approprier quelques phrases caractéristiques et à comprendre­­­­­ par là comment on entre dans cette langue.

  • Dans une langue radicale, ironique et espiègle, Simon Johannin ressuscite son enfance, sorte d'été éternel, avec ses rudes besognes et ses jeux cruels. Les règlements de compte, l'alcoolisme, l'abattage du cochon ou la découpe des agneaux rythment ce récit bouleversant, où la tendresse et la camaraderie le disputent à la rage et à la véhémence.
    Les gosses qui grandissent à La Fourrière, hameau égaré en montagne, n'ont qu'à bien se tenir pour éviter les roustes paternelles. Et les évitent rarement. L'auteur inflige, lui, une violente correction à la langue. Cet été-là, c'est toute une vie condensée, où le passage à l'adolescence ne sera pas sans heurts. Ces personnages aux prénoms bibliques - Simon est toujours flanqué de son copain Jonas - sont les héros d'une parabole.

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  • «On a parfois dit que le chinois n'avait pas de grammaire. On l'a cru parce que la part essentielle de cette grammaire est un jeu de gestes imaginés et sentis. Parce qu'ils forment un ensemble cohérent et simple, les Chinois n'ont jamais éprouvés le besoin de les signaler par des marques visibles dans leur écriture et n'ont par conséquent jamais explicité la grammaire de leurs langues comme nous l'avons fait des nôtres.» Le sinologue Jean François Billeter publie simultanément Les Gestes du chinois et L'Art d'enseigner le chinois, deux brefs essais indépendants­­­­­, mais jumeaux.
    Celui-ci met en lumière ce qui est le caractère propre du chinois, et qui n'a pas été aperçu jusqu'ici?: dans cette langue, dont les mots sont monosyllabiques et invariables, la phrase naît de gestes intérieurs qui les relient comme la phrase musicale naît du geste intérieur par lequel le musicien lie les notes de la partition. L'auteur montre que toutes les phrases que l'on forme en chinois naissent de cinq gestes et de leurs combinaisons. Il apprend au lecteur­­­­­ à les exécuter, sur des exemples, car ce n'est qu'en les exécutant soi-même qu'on les comprend - comme en musique.
    Les Gestes du chinois s'adresse à plusieurs catégories de lecteurs?: ceux qui apprennent cette langue et qui l'apprendront mieux?; à ceux qui l'enseignent et l'enseigneront mieux?; à ceux qui, sans l'apprendre ni l'enseigner­­­­­, désirent s'en faire une idée, par goût pour les langues?; enfin à ceux qui s'interrogent sur le phénomène extraor­dinaire qu'est le langage humain.

  • «Jusqu'à des droits très proches de nous, jusqu'à des économies pas très éloignées de la nôtre, ce sont toujours des étrangers avec lesquels on 'traite', même quand on est allié. Les gens de Kiriwina dans les Trobriand dirent à M. Malinowski?: 'Les hommes de Dobu ne sont pas bons comme nous?; ils sont cruels, ils sont cannibales?; quand nous arrivons à Dobu, nous les craignons. Ils pourraient nous tuer. Mais voilà, je crache de la racine de gingembre, et leur esprit change. Ils déposent leurs lances et nous reçoivent bien.' Rien ne traduit mieux cette instabilité entre la fête et la guerre.» «Nous n'avons pas qu'une morale de marchand», énonce Marcel Mauss dans ce texte majeur de l'anthropologie du xxe siècle. Il y expose le résultat de plusieurs décennies de recherches sur différentes sociétés archaïques. Non seulement il est possible d'envisager l'échange en dehors du marché, mais des économies complexes reposent sur le don et le contre-don. Le nom du système au coeur de son analyse est resté dans les annales?: le potlatch.
    Notamment pratiqué dans certaines tribus amérindiennes, ce rite somptuaire fondé sur la destruction de ce que l'on possède amène au sommet de l'échelle sociale seuls les individus capables de se séparer de tous leurs biens. En s'intéressant à ce système allant à l'encontre­­­­­ du rationalisme économique tel que nous le subissons, ce texte exerça une profonde influence sur l'ensemble des sciences humaines, jusqu'à Guy Debord et ses comparses de l'Internationale lettriste qui baptisèrent leur propre revue Potlatch.
    Le potlatch et la kula revêtent avant tout une dimension spirituelle?: la chose donnée n'est pas inerte, elle engage l'honneur de celui qui la donne, autant que de celui qui la reçoit. Cette dimension sacrée de l'échange nous fait aujourd'hui cruellement défaut. C'est peut-être dans notre rapport au don que se trouve la clé de la crise morale que l'humanité­ affronte aujourd'hui.

  • John Cowper Powys se défie de l'affliction autant que de la sérénité. Le philosophe avance, en funambule, sur un fil tendu au-dessus du gouffre de la solitude. Dans une approche présentée comme « libre, sceptique et indépendante », il se propose de « retourner aux sensations fondamentales de la conscience planétaire ». Pour ce faire, en grand érudit, il invoque les présocratiques, Rousseau, le stoïcisme, et renoue avec les philosophies orientales, deux décennies avant la Beat Generation.
    Mais l'auteur se fait surtout intraitable critique. Son désir de « rappeler la philosophie », comme sa dénonciation de l'impuissance des grands systèmes philosophiques, résonnent avec force. La recherche de la solitude et le mépris du destin font dès lors office de vaccin contre l'amertume de l'existence.

  • "Dans le génie précoce - tel qu'était précisément Majorana - la vie présente comme une limite impossible à dépasser : de temps, de travail. Une limite comme attribuée, comme imprescriptible. Dès que, dans l'oeuvre a été atteint un point d'accomplissement, une perfection réalisée, dès qu'un secret a été complètement dévoilé, dès qu'a été donnée une forme parfaite, c'est-à-dire une révélation à un mystère dans l'ordre de la connaissance, ou pour parler approximativement, de la beauté : dans la science, ou dans la littérature, ou dans l'art - aussitôt après, c'est la mort." Quand Pasolini a été assassiné, on a retrouvé dans la poche de sa veste La Disparition de Majorana. Fasciné par la fiction que génère l'enquête policière et devant la nécessité qui s'impose à lui d'élucider toute énigme, Leonardo Sciascia se penche ici sur la disparition, subite et mystérieuse en 1938, du jeune physicien italien Ettore Majorana.
    Spécialisé dans la physique nucléaire, le scientifique avait travaillé sur les risques que l'humanité est susceptible d'encourir en usant de la fission de l'atome. L'affaire intéresse en haut lieu. Le Duce charge personnellement la police de tout faire pour retrouver le prodige de 31 ans. Mais devant l'absence totale de trace ou d'indice, on conclut au suicide. Affaire classée.
    Plus de trente ans plus tard, Leonardo Sciascia s'empare de nouveau de l'affaire. La recherche de la vérité devient initia­tique. Majorana avait rencontré les plus grands physiciens, parmi lesquels Heisenberg, avec qui il avait noué une solide amitié. Son entourage voyait en lui le génie du XXe siècle. Sa disparition en a fait un mythe. Fondée sur le principe de la déduction, l'enquête devient philo­sophique puis politique. Sciascia en arrive à des hypothèses troublantes...

  • Parmi les 15 % de chômeurs français frappés par la crise de l'entre-deux-guerres, un homme écrit son journal et livre le précieux témoignage d'une époque rimant avec misère. Une misère dont seul un enrôlement dans la Légion pourrait le sauver. A moins qu'un pont au-dessus de la Seine ne fasse l'affaire. L'auteur, passé maître dans l'art des combines en tout genre, rend vivante cette galère longue de cinq mois. Son incroyable capacité à jeter un regard cinglant sur la société et à débusquer le ridicule dans la trivialité du quotidien ou dans les péripéties administratives est relayée par une langue corrosive. Un récit intime qui est aussi un texte engagé, celui d'un révolté qui, sans se départir d'une ironie féroce et tragique, laisse transpirer un non conformisme rôdé à l'humour noir.

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  • À la fin tout devient poésie, c'est bien ce que ces fragments parviennent à nous prouver. Si Novalis fut mystique en même temps que scientifique, ces écrits viennent rappeler qu'il fut avant tout poète. Ouverte mais sûre d'elle, la pensée de l'auteur romantique se trouve dans cet ouvrage remarquablement résumée. Le talent de Novalis réside dans sa capacité à dresser des ponts entre des disciplines en apparence éloignées. Pour restituer une totalité disparate, quelle forme plus adaptée que celle de ces fragments ?
    Sérieux mais malicieux, le poète est d'autant plus séduisant qu'il sait parler des sciences à un public profane. En véritable artiste, Novalis fait davantage que vulgariser ses savoirs car pour lui la révélation du monde va nécessairement de pair avec sa poétisation.

  • Le travail est-il moral ou immoral ? Par exemple, la société capitaliste envisage le travail selon une conception éthique autant que religieuse. Elle justifie ainsi l'asservissement des classes prolétariennes qui, de leur côté, acceptent plus aisément le caractère pénible du travail. Mais du même coup, les classes dites laborieuses désirent une plus grande valorisation de leur travail pour la raison même qu'elles le tiennent pour haïssable. L'homme a inventé cet engrenage colossal afin de s'élever vers les hautes sphères de l'esprit. Or, pour en être le moyen, le travail en constitue aussi un obstacle. La haine qu'il inspire se mesure à ce à quoi l'homme aspire fondamentalement, idéal que Rensi perçoit dans le jeu, ou toute activité qui échappe à la contrainte et au diktat de l'argent.

  • Apologie pour l'histoire ; ou métier d'historien Nouv.

    Cet ouvrage répond à une question simple : «À quoi sert l'histoire ?» Bloch décrit en premier lieu la nature de cette vocation, ses plaisirs et ses joies. Mais il souligne aussi avec force la responsabilité de l'historien. Être historien est un métier, avec ses techniques, son savoir-faire, voire son flair. Ce spécialiste se confronte aux aléas possibles des enquêtes, pénètre dans l'évolution du sens des mots. Son objet d'étude n'est pas seulement le passé mais aussi l'homme dans le passé. L'histoire est selon Bloch une science en marche perpétuelle. Et, en tant que science humaine, elle s'attache avant tout aux mouvements de l'esprit. L'historien doit révéler la poésie des destinées humaines. Bloch fait en somme l'éloge de la curiosité d'esprit.

  • "La dématérialisation de toutes choses relève-t-elle du programme ? " Alexandre Friederich.

  • Le 26 mars 1941, Boris Vildé, haute figure de la résistance en zone occupée, est arrêté par la Gestapo et immédiatement incarcéré. Il entame la rédaction d'un journal, où il évoque ses conditions de détention (l'obsession de la nourriture, la solidarité) mais partage aussi toutes les réflexions que suscitent ses lectures. En janvier 1942, débute le procès, dont le verdict est sans appel et, aux yeux du condamné, sans surprise : Vildé sera fusillé, comme ses compagnons d'armes. Or, les pages de son journal à compter de cette date sont tout sauf celles d'un condamné à mort. Son avidité intellectuelle reste toujours plus insatiable et son détachement souverain. Il se laisse absorber par la lecture de la poésie et va même jusqu'à entreprendre l'étude du sanscrit peu de temps avant sa mort.

  • Un jeune homme de vingt ans recontre sa jeune voisine sur le palier, laquelle s'offre à lui sans plus de cérémonie... si ce n'est qu'elle invitera ensuite sa mère...
    Seules les oeuvres de Sade ou certains textes de Bataille offrent un équivalent de ce livre qui ne respecte absolument aucun tabou et dont la crudité n'est plus recouverte par le voile de l'ironie. Les surréalistes plaçaient Trois filles de leur mère au plus haut de la littérature française. Il a été publié clandestinement en 1926.

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  • En janvier 1800, on captura dans l'Aveyron un enfant sauvage, qui vivait dans les bois, marchait à quatre pattes et se nourrissait de plantes. Cette découverte eut un grand retentissement : enfin on allait connaître la nature humaine hors de la société. Mais savants et curieux, déçus de son mutisme, délaissèrent bientôt l'enfant. Le docteur Itard prit alors en charge son éducation. D'après lui, l'enfant, qu'il nomma Victor, n'avait pas été abandonné car atteint d'idiotisme, l'engourdissement de son intelligence et de ses sens étant dû à une vie solitaire prolongée. D'une patience sans bornes, Itard tenta de ramener Victor à l'humanité, jetant les bases de la pédagogie expérimentale moderne. Il consigna lui-même le récit de cette éducation dans les deux mémoires (1801 et 1806) publiés ici.

  • «Et l'on pourrait ici s'extasier à bon droit sur les vertus thérapeutiques de la musique ou sur sa docilité aux mains des guérisseurs. Mais l'on peut aussi en venir à penser­­­­, qu'à l'image des remèdes les plus efficaces, elle doit être ce que l'on nomme une arme à double tranchant. Témoins, les singuliers malheurs de ce magicien hindou, condamné par un empereur cruel à éprouver sur lui-même les terribles vertus du chant de la flamme, et que ne sauva nullement la ruse qu'il avait imaginée de ne chanter qu'immergé jusqu'au cou dans l'eau d'un fleuve. Dès que la voix s'éleva, l'eau se prit à bouillir, puis la flamme monta qui, aux dernières notes, achevait de dévorer le chanteur.» La musique est mystère, la musique est danger, mais surtout, la musique reste possibilité. Il ne s'agit pas d'un spectacle reçu passivement, le temps de se divertir. Au contraire, elle déborde toujours du cadre de l'écoute pour créer chez l'auditeur des passions nouvelles, capables de modifier le cours de sa vie.
    Avec cette conférence prononcée le 20 janvier 1929, à l'occasion d'un concert du surréaliste André Souris et d'une exposition de tableaux de René Magritte, Paul Nougé signe l'un des textes majeurs du surréalisme. À la hauteur des manifestes du mouvement, La Conférence de Charleroi est à la fois une théorie artistique, une philo­sophie générale et un pamphlet politique à même de remettre en cause le classicisme comme les avant-gardes.
    L'originalité, la sincérité et le rejet des normes, voilà les moteurs de Nougé, dont les idées foisonnantes influencèrent Guy Debord et les lettristes. Avec un esprit d'une indépendance rare, l'écrivain tourne le regard vers les espaces qui restent à explorer par les artistes de tous horizons. Ne soyez sûr que d'une chose : «Il est certain­­­­­ que la musique est dangereuse.»

  • Le code de conduite du parfait homme de cour est au coeur des conversations de gentilshommes lettrés à la cour d'Urbino. Traduit dès le XVIesiècle dans toute l'Europe, ce manuel de bonnes manières a marqué la culture occidentale. Or, le présent volume s'attache au livre III, le plus original et le plus délicieusement digressif. Cinq hommes et, fait exceptionnel, deux femmes, dont la duchesse d'Urbino, participent à la joute verbale.
    Le sujet se révèle épineux : les usages qu'une dame de palais se doit d'observer. Tous se disputent in fine sur les mérites prêtés à la femme en général. Quand les misogynes s'opposent aux défenseurs de la gent féminine, l'un prône une égalité entre l'homme et la femme. Mais le champion de ces dames ne s'en forgerait-il pas une image conforme à ses désirs ?

  • Ce texte inclassable a d'abord été l'un des plus fulgurants manifestes dada, dont Tristan Tzara s'est inspiré pour son Manifeste Dada (1918). Or, quand il le republie en 1927, Serner le transforme en manuel de savoir-vivre... pour voyous de haute volée ! Ce guide burlesque regorge de conseils avisés en toutes circonstances, que ce soit en charmante compagnie, en voyage ou encore dans l'habillement. Face à une époque de paranoïa aiguë, il s'agit d'instruire l'homme de cour moderne, à savoir l'escroc. Et en somme, de faire l'éloge du cynisme. Serner inflige une thérapie par électrochocs à une humanité dont la folie ne trouve plus de contrepoint que dans la sagesse de l'aigrefin : « Le monde veut être trompé, c'est certain. D'ailleurs, il deviendra sérieusement méchant, si tu ne le fais pas. »

  • Ce récit inclassable adopte la forme choisie par Perec pour Je me souviens.
    Ourednik rassemble des bribes de souvenirs qui remontent à 1965, alors qu'il a huit ans, jusqu'en 1989, soit lors de la chute du régime communiste en T chécoslovaquie. Ces 24 années représentent autant de chapitres, qui sont des pages de l'Histoire. En sus des quatre cents coups perpétrés par un gamin rétif à toute autorité, on en apprend beaucoup sur les conditions de vie sous le régime communiste. Et l'auteur accomplit là un tour de force : parvenir à faire sentir au lecteur, dans la forme même du récit, ce qu'est le totalitarisme. T out souvenir personnel est reversé dans une mémoire collective. «Je me souviens avoir refusé de chanter l'hymne soviétique en cours de chant, et des problèmes qui s'en sont suivis.»

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  • Quel touriste étranger n'associe pas La Vie en rose à la France, qui ne s'est pas imaginé à Rome en écoutant Ti amo ou en Espagne avec La Macarena ? Ces mélodies populaires sont tellement ancrées dans l'imaginaire collectif qu'elles ne sont plus les icônes du répertoire de leur interprète, celui-ci se dissolvant au profit d'une voix nationale, mais deviennent le symboles de la nation, son porte-parole. À travers trois chansons issues de la folk américaine, Greil Marcus lève le voile sur trois facettes d'une seule nation. Selon lui, elles permettent de définir la mentalité américaine. Par ces trois morceaux on découvre non seulement trois manières de parler des USA, mais aussi trois nations à l'intérieur de ceux-ci, chacune avec son histoire secrète, ses traditions et sa culture oubliées.

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