Christianisme

  • Thérèse d'Avila n'est pas une sainte comme les autres : première femme proclamée docteur de l'Eglise, elle est aussi paradoxalement une référence pour Verlaine, Marguerite Yourcenar, Cioran ou Simone de Beauvoir, parmi tant d'autres. Quel est donc le secret de cette figure qui a autant fasciné que dérangé ses contemporains, et qui aujourd'hui encore attire et interroge croyants et incroyants ? Christiane Rancé, romancière, essayiste et biographe, est partie à la rencontre de la plus énigmatique aventurière de Dieu.

    Cette évocation flamboyante et passionnée mobilise toute l'érudition de l'auteur sur l'Espagne éternelle, ce pays « où les mystiques tiennent lieu de philosophes et où la poésie nourrit la théologie ». Outre l'incroyable parcours d'une femme d'exception partie à la conquête d'elle-même et du Ciel, Christiane Rancé nous introduit à l'histoire du Siècle d'or, celui de l'Inquisition, des immenses richesses venues d'Amérique, et d'une exaltation religieuse mêlée d'obscurantisme. Elle nous donne à voir les paysages de Castille et d'Andalousie, nous fait toucher la poussière des chemins empruntés par la sainte itinérante, et sentir l'énergie volcanique déployée par Thérèse. Ce livre brûlant est à l'image de son sujet : à la fois incarné et céleste.

  • Comment résister à la souffrance qui absorbe l'existence tout entière dans la plainte ? Où trouver le courage de vivre aux côtés de la menace qui plane sur toute vie humaine, marquée par la précarité ?
    Dans ce texte bouleversant, Marion Muller-Colard mêle à une méditation sur le livre de Job le récit personnel d'une traversée. Jeune femme pasteur, elle avait relu le livre de Job à une personne âgée épuisée par la succession des journées de douleur ; jeune mère, après la maladie dont réchappe un de ses enfants, c'est à nouveau la figure de Job qu'elle retrouve pour affronter la plainte. Elle puise avec lui le courage d'échapper peu à peu à la menace et renoue avec une autre foi, audacieuse et sans contrat. Avec cet Autre Dieu, l'auteur invite à prendre le risque de vivre.

  • Qui aime les églises romanes n'a pas manqué de s'interroger sur la signi cation de ces symboles étranges qui entourent le Christ en gloire au tympan de nombreuses cathédrales et abbatiales : un homme ailé ou ange, un aigle, un lion et un taureau ailés. Associés aux quatre Evangélistes, ils s'enracinent dans la vision des "Quatre Vivants" du prophète Ezéchiel, et dans l'Apocalypse de Jean. La symbolique déployée ici a longtemps nourri une vision initiatique du christianisme.
    Dès le XIIIe siècle, l'Eglise d'Occident n'interrogera plus guère ces quatre images. La Kabbale et les courants mystiques de la Renaissance tardive, puis les mouvements occultistes du XIXe siècle et une certaine tradition ésotérique contemporaine consacreront leurs recherches à cette étonnante métamorphose des qualités et activités symboliques du Christ.

  • Comment vivre, et vivre bien, par-delà les embûches de la vie ? Car nos histoires traversent un jour ou l'autre des blessures : douleur, traumatisme, chagrin d'amour, perte ou sentiment d'inutilité. Peut-on traverser l'échec sans céder au découragement ?
    En parlant d'un Dieu qui échoue sur une croix, la tradition chrétienne incite à rester attentif, au sein de la nuit, au surgissement d'un chemin. Elle aide ainsi à rompre avec la fatalité. Elle invite à mieux vivre avec nos propres échecs et à concevoir une manière féconde d'être avec des personnes en grande détresse sociale, physique ou psychique.
    Véronique Margron, théologienne, et Fred Poché, philosophe, tous deux spécialistes d'éthique, nous invitent à réinterroger les images contemporaines de la réussite. Celle-ci doit laisser une place au consentement à la fragilité. Ainsi, l'échec traversé, dénoué, déplace nos représentations du bonheur.
    À travers les déchirures de l'existence, voici qu'un avenir est offert.

  • Avec ce livre publié en 2010, Lytta Basset inaugurait un genre littéraire nouveau, au croisement de la psychologie, de la théologie chrétienne et de l'essai de morale critique.
    L'anesthésie affective et l'enfermement en soi-même sont des expériences beaucoup plus communes qu'on ne veut bien l'avouer. Car, pour la plupart, nous ne croyons pas - ou plus - à la possibilité d'un amour véritable, vivant, puissant sans être dévorant. Et ce n'est pas l'idéologie de l'amour tel que l'a enseigné un certain christianisme qui peut nous être d'un quelconque secours : il nous emprisonne au contraire dans une relation mortifère.
    Lytta Basset nous montre pourtant qu'existe en chaque personne une étonnante réceptivité à l'amour, prête à s'épanouir dès lors que l'on consent à accueillir le manque comme une bénédiction. L'amour qui se sait indigent laisse la place à un « souffle de vérité » qui déstabilise, mais pour venir à bout des confusions, blocages et ressentiments. Il mène alors à la découverte d'une « part de feu » en soi dont on ne savait rien. Ce feu, ce souffle qui traversent tout être humain, sont ceux dont parle l'Évangile.

  • Peut-on être lucide sans être désespéré ? La Sagesse, c'est l'expérience de "laisser Dieu être Dieu". Ne pas lui créer d'obstacle et s'abandonner au mouvement de la Vie qui se donne.
    Première étape sur le chemin de la sagesse et de l'amour proposé par les livres bibliques attribués à Salomon (l'archétype du Sage), L'Ecclésiaste est le plus décapant : la lucidité est essentielle car, sans elle, contemplation et amour ne sont que vanité. Mais, si « tout est évanescence et poursuite du vent », ne nous reste-t-il pas encore le miracle et la joie de l'instant ?
    Telles sont les questions que le Qohélet nous pose. Dans cette nouvelle traduction, enrichie d'une interprétation originale, Jean-Yves Leloup montre l'actualité de ce « grand grognard » dont les paradoxes sont aussi ceux de notre temps.

    Reprise en poche d'un titre paru en 2016 aux Presses du Châtelet

  • Le silence et l'intériorité ne sont pas l'apanage de l'Orient, il existe une manière chrétienne très simple de prier en silence, en tentant de se recentrer inlassablement sur la présence de Dieu par la répétition intérieure de son Nom.
    Cette façon de prier a une longue histoire, on en trouve des témoignages depuis les débuts du christianisme, on l'a parfois appelée prière monologiste (prière sur un mot) ou, plus récemment, prière du silence intérieur ou oraison de simple regard. A certaines époques, comme dans le courant de la mystique rhénane ou au XVIIe siècle en France, elle a constitué une façon de prier très répandue.
    Aujourd'hui, une grande part de cette tradition, de ce patrimoine chrétien, est tout à fait ignorée.
    L'enseignement proposé ici l'a d'abord été depuis plusieurs années dans des sessions, où il a fait l'objet d'une mise au point progressive, qui lui permet aujourd'hui d'être accessible au plus grand nombre.

  • L'assise et la marche sont deux postures complémentaires face à la vie. Méditer, pour ne pas se laisser disperser, mais rester au contraire en connexion avec soi-même. Marcher, pour ne pas rester prisonnier des liens qui nous entravent, mais être toujours relié au mouvement de la vie.
    Jean-Yves Leloup n'a jamais interrompu cette recherche intérieure, faite de méditations inspirées des traditions chrétiennes et orientales, et de marches, des sommets du mont Kailash aux dunes du désert. Puisant à la source de la mystique et des grands textes sacrés, il nous livre ici un véritable éloge du voyage intérieur, rythmé par de longues quêtes et de riches haltes méditatives.
    « Assieds-toi et marche ! » : deux paroles à tenir ensemble pour se rapprocher de soi-même, s'ouvrir et atteindre la présence, au coeur de l'Être.

  • Des mathématiques supérieures à l'étude approfondie de l'hébreu biblique et des sciences humaines, de la profession d'infirmière à l'exercice de la psychothérapie et à l'enseignement, l'expérience d'Annick de Souzenelle est d'une richesse hors du commun qui fait toute la densité de son oeuvre.
    Partant de cette expérience et des questions cruciales dont dépend le sens de l'existence humaine - l'amour, l'enfantement, la maladie, le « mal », le corps et la souffrance, la mort et l'espérance - Jean Mouttapa interroge ici l'auteur du Symbolisme du corps humain.
    Passionnant dialogue au cours duquel la foi fervente d'Annick de Souzenelle, orthodoxe puisant aux sources hébraïques du christianisme, éclaire d'un sens nouveau tous les domaines de la vie. Ses réponses nous invitent à nous mettre à l'écoute de notre corps, « lieu d'accomplissement intérieur », pour y entendre la Parole.
    Ces entretiens, réalisés au début des années 1990, n'ont rien perdu de leur pertinence spirituelle. Jean Mouttapa, éditeur, a par la suite publié chez Albin Michel de très nombreux ouvrages d'Annick de Souzenelle, femme et auteur d'exception.

  • « Je veux parler d'amour dans ces pages, toutes ces pages. Tout ce qui a été écrit sur terre, dit, murmuré, hurlé, crié, parle d'amour...
    Trois fois j'ai vécu dans ma vie de moniale les incursions du divin - ces instants de suffocation où le ravissement et la terreur se confondent. Chaque fois, oui, chacune de ces trois fois monta tout aussitôt en moi un cri : Ah, Seigneur, pas sans Abélard, pas sans lui ! » Pour dire la passion éprouvée au plus profond de l'âme et du corps, Christiane Singer revit celle d'Héloïse, quintessence de l'amante et de la mystique.
    Elle nous donne à travers cette confession tout à la fois païenne et spirituelle, ce bréviaire fou, cette exaltation unique du plaisir et de l'extase, un texte qui restera parmi les plus intenses jamais écrits sur l'amour.

  • Le zazen consiste à s'asseoir le buste redressé et à se recueillir. C'est une pratique naturelle qui se situe au sein de la transmission de l'enseignement du Bouddha. Il est la continuation de l'éveil du Bouddha et il est beaucoup plus qu'un simple exercice de méditation. Zazen n'est pas différent de nous-mêmes, c'est un art merveilleux, c'est un oubli de soi qui nous ouvre à une dimension plus vaste de notre vie. Comme zazen se situe au coeur de la pratique bouddhique et de la tradition du zen Sôtô, tout discours sur le zazen s'entremêle avec des aspects de la doctrine de Bouddha et avec les enseignements des maîtres de la tradition Sôtô, notamment ceux de maître Dôgen. Mais comme le zazen est une expérience de type religieux ou spirituel, cet ouvrage, qui est issu de sa pratique, parle finalement d'expériences communes à tous ceux et celles qui sont engagés dans une Voie spirituelle.

  • Face à l'avenir incertain, la réponse à la peur qui nous agite réside dans la sagesse ancestrale des contes. Eux seuls savent transformer les menaces en miracles. Comme Shéhérazade dans les Mille et Une Nuits, le conteur tient la mort à distance pour que la vie prenne le dessus.
    La parole du conte ose déplacer les frontières qui semblent hermétiques. Henri Gougaud interroge ces récits de toutes les traditions car, devenus comme ses amis intimes, ils lui ont offert des réponses. Ce livre est une véritable invitation à se transformer sans cesse et à s'ouvrir à l'imprévu.
    Mêlant humour et sagesse, ce récit singulier et personnel, truffé d'histoires surprenantes, illustre ce que peut devenir une vie nourrie par les contes.
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    Cet ouvrage est la reprise en poche du titre paru au Relié en 2015.

  • Lorsqu'elle vivait à Amsterdam, Etty Hillesum avait accroché la photographie d'une jeune Marocaine au-dessus de sa table de travail. Elle s'adressait parfois à cette figure orientale en écrivant son Journal qui n'a cessé, par-delà sa mort à Auschwitz en 1943, d'être lu à travers le monde.
    Karima Berger redonne voix à cette « petite Marocaine au regard animal et serein », qui entre dans un dialogue d'une grande intensité avec Etty Hillesum. Une complicité se noue, à des années de distance et au-delà des différences culturelles, pour dire le monde et lui donner sens, même lorsqu'il paraît sombrer. Dans cette confrontation au siècle et à ses périls, un combat spirituel se fait jour chez ces femmes et la fécondité des paroles d'Etty Hillesum résonne plus que jamais dans ce dialogue rêvé entre Attentives.

    Reprise en poche d'un volume paru chez Albin Michel en 2014

  • L'Évangile de saint Jean est "le Maître Livre" qu'on ne peut éviter et auquel il faut sans cesse revenir. II donne à vivre autant qu'à penser.
    Il fallait le traduire de nouveau, dans le respect de son contexte - à la fois grec et sémite - pour que se révèle sa brûlante actualité.
    Texte de haute poésie, mais aussi de dialogue où se rencontrent les cultures d'Orient et d'Occident, les voix de l'homme et la voix de Dieu.
    Jean-Yves Leloup, psychologue et philosophe, prêtre et théologien orthodoxe, connu pour son attachement à la Tradition et son esprit de liberté, le traduit et le commente, renouant avec la "méthode" des Pères de l'Église qui ne sépare pas science exégétique, connaissance philosophique et expérience spirituelle.

  • Comment pouvons-nous agir lorsque le désespoir, la résignation ou le, doute nous envahissent ?
    Pour retrouver le sens de la vie et la confiance en soi, Anselm Grün, auteur notamment du Petit traité de spiritualité au quotidien, nous invite à emprunter un chemin dont le terme est la guérison de l'âme.
    Parcourant les cinquante jours qui séparent Pâques de la Pentecôte, le moine de l'abbaye de Münsterschwarzach s'attache à interpréter les figures et les symbole évangéliques porteurs de renouveau. Le chemin de la résurrection devient alors une véritable voie thérapeutique : celle de la joie recouvrée et de l'existence pleinement vécue.
    A la manière d'un traité de sagesse vivante, qui explore les dimensions spirituelle et psychologique de l'être humain, ce Petit manuel s'adresse à toute personne désireuse de surmonter ses blessures pour renaître à la vraie vie.

  • En l'an 258, dans une province de l'Afrique romaine, le légat Caïus doit rendre son jugement. Libèrera-t-il les deux chrétiens emprisonnés qui résistent encore et refusent, malgré la torture, de renier leur foi ? Pourquoi cette question le hante-t-il à ce point ? Un ami recueille ses confidences sur la soif d'absolu qui l'habite. Il parle aussi de ces histoires de chrétiens avec Rufus, le militaire : représentent-ils vraiment le danger que l'on dit ? Tiraillé entre le sens du devoir et sa liberté de penser, la mélancolie accable Caïus. La rencontre avec une jeune chrétienne le bouleversera.Dans ce roman historique à l'érudition généreuse, le philosophe Lucien Jerphagnon nous convie au coeur de ces heures où le monde bascule du paganisme au christianisme.

  • Le Sermon sur la montagne peut être considéré comme un résumé de l'enseignement de Jésus, et les Béatitudes comme la quintessence de ce sermon. On n'y trouve ni prescriptions moralistes, ni principes dogmatiques, seulement des paroles qui nous engagent à nous mettre en marche.
    À la lumière du judaïsme reçu de son père, du christianisme transmis par sa mère, et de la sagesse orientale léguée par son maître indien, Yvan Amar relit ces Béatitudes comme si elles venaient d'être proclamées ici et maintenant. L'auteur de L'Effort et la Grâce savait parler de l' Evangile avec une simplicité et une profondeur grâce auxquelles chaque mot trouvait sa pertinence spirituelle. "Dans un monde qui répugne à toute contrainte, tu proposais la rigueur du diamant, la relation consciente" , lui disait Stan Rougier dans l'homélie qu'il prononça en juin 1999 pour son dernier voyage, reprise ici en postface. Yvan Amar nous rappelle que la voix exigeante du Maître des Béatitudes retentit en chacun de nous.

  • Des Pères du désert à Teilhard de Chardin et au-delà, la tradition chrétienne est parcourue par des histoires d'amitiés hors du commun, faites non pas de simple proximité ou bonne entente, mais d'un lien spirituel qui unit les âmes en les dépassant et les élève au plus haut des cieux, sur une voie plus pure, plus sublime que le simple amour.
    Héritiers en cela de la pensée grecque, les mystiques chrétiens - car c'est bien souvent de mystique qu'il s'agit - voient dans l'amitié " pas autre chose que la sagesse ". Et, chose surprenante, ce sont les amitiés entre homme et femme, plus que celles exclusivement masculines ou féminines, qui se rencontrent généralement. François et Claire d'Assise, Thérèse d'Avila et Jean de la Croix, François de Sales et Jeanne de Chantal, Fénelon et Madame Guyon, Simone Weil et Joseph-Marie Perrin... Autant de couples d'où l'éros n'est pas forcément absent, mais toujours sublimé dans une relation par delà l'espace, le temps et le genre.

  • En temps de crise, l'économie est souvent accusée de tous les maux. Mais si au lieu de la diaboliser, nous revisitions son rôle dans la société ? On pense en général qu'elle ne crée que des biens. C'est oublier sa vocation première : créer du lien, comme le montrent les réseaux d'économie solidaire. On pense aussi qu'elle épuise autant les ressources naturelles que les individus et les sociétés. C'est négliger les nouvelles pistes qui sont à notre portée, sources d'une croissance centrée sur le vivre-ensemble.
    Elena Lasida nous présente ici l'économie sous un jour radicalement nouveau. Non pas comme une énième théorie d'inspiration libérale ou sociale, mais comme un véritable projet de vie en commun, à construire à partir des mille initiatives qui naissent aujourd'hui au sein de la société civile. Elle puise dans les récits bibliques des outils et des notions comme la création, l'alliance, la promesse... qui se révèlent étonnamment pertinents pour réinventer nos modèles et en tirer le meilleur. Un meilleur que, chacune et chacun, nous pouvons accueillir et faire vivre au jour le jour.

    Reprise en poche d'un titre paru en 2011.

  • L'athéisme en tant qu'il nie l'existence de Dieu ou la divinité de Jésus n'est pas le pire refus de Dieu possible. D'aucuns ont trouvé Dieu et pourtant ne le servent pas. Ils le servent d'autant moins, qu'ils se perdent dans la mesure même où ils l'ont trouvé. Ceux-là ne sont pas athées, ils reconnaissent tous les articles de la foi catholique et, néanmoins, refusent Dieu de la manière la plus radicale, en connaissance de cause. Ceux-là surpassent l'athéisme et nous découvrent un lieu plus ténébreux, d'autant plus ténébreux qu'il se sert de la lumière pour épaissir ses ténèbres. Tel est le lieu du démoniaque. Il concerne premièrement les démons, sans doute, mais un chrétien ne saurait l'ignorer, car il désigne aussi une possibilité tragiquement sienne, celle d'une perdition qui s'ouvre au coeur même de la chrétienté. Le démoniaque n'est pas tant de vouloir le mal, que de vouloir faire le bien sans obéir à un autre, de vouloir faire le bien par ses seules forces, dans un don qui prétend ne rien recevoir, dans une espèce de générosité qui coïncide avec le plus fin orgueil.

  • Dans ses essais, Gabriel Ringlet a toujours cherché à défricher les textes, ceux des Évangiles, des poètes, ou encore ceux des journaux.
    Il s'agissait de retourner des terres trop longtemps laissées en friche pour les rendre à nouveau fertiles. Avec Ceci est ton corps, ce sont de nouvelles terres qu'il retourne : celles de sa propre expérience et des mots qu'il a confiés à un journal durant des mois. Mais l'oeuvre reste la même : rendre à nouveau fertile.
    Pendant huit mois, Gabriel Ringlet accompagne une femme qui lui est chère - qui partage sa vie, sans que cela soit contraire à son sacerdoce. Un cancer avait été diagnostiqué, il était en passe de se généraliser, les séjours à l'hôpital et les opérations lourdes allaient se succéder. Tandis que le corps de cette femme se brise, c'est à un enfantement essentiel que touche le récit. Dans ce dénuement, les mots du journal prennent alors les sentiers de cette pauvreté consentie, ceux de la fragilité, de la poésie. Et c'est au coeur de ce dénuement qu'il célèbre avec elle une eucharistie, dans une chambre d'hôpital, « Ceci est ton corps ». Ce corps retournera à la poussière, mais, dans cette longue et douloureuse Passion qui s'annonce, il y a aussi les germes de la transfiguration. Ceux-là mêmes que Gabriel Ringlet saisit avec une densité et une sérénité immenses : « Tout au long de sa Passion, une femme fut transfigurée devant moi. »

  • Dans un monde de plus en plus bruyant et discordant, nous aspirons au calme intérieur, à la paix de l'âme, sans pourtant savoir comment accéder à cette harmonie. Anselm Grün nous montre les chemins de la sagesse tracés par la grande tradition monastique : ils peuvent nous aider à surmonter la dispersion de l'esprit et à être pleinement présents à nous-mêmes et aux autres. Ils se fondent sur un état de confiance fondamentale, sur ce « repos » auquel nous appelle Jésus, nous invitant à nous défaire du poids de l'éducation, des habitudes, de la culpabilité et de l'angoisse, à nous libérer de notre ego et à nous accepter tels que nous sommes.
    Cette voie ancestrale, qui passe par la méditation, le dialogue avec soi, l'exercice quotidien de l'attention, le jeûne, la prière et la fête, nous est toujours accessible aujourd'hui. Telle est la bonne nouvelle de cet ouvrage, véritable compagnon spirituel qui nous permet de vivre sereinement « ici et maintenant ».

    Ce volume est la reprise d'un ouvrage publié en 2002.

  • Depuis de nombreuses décennies, l'oeuvre du théologien Maurice Bellet n'a cessé de déconstruire - avec les acquis entre autres de la psychanalyse - le « Dieu pervers » transmis par un certain christianisme, pour ouvrir ses lecteurs à d'autres horizons. Le présent volume réunit deux essais qui illustrent la radicalité de sa pensée.
    Dans Dieu, personne ne l'a jamais vu, il aborde de front le paradoxe de tout discours théologique : « Si Dieu est Dieu, il n'est rien de ce que nous mettons à sa place, y compris sous son nom. Autrement dit, si Dieu est Dieu, il n'est pas Dieu. Il est beaucoup plus haut - et beaucoup plus bas. » La question au coeur de l'Essai sur la violence absolue (initialement paru sous le titre Je ne suis pas venu apporter la paix. ) est tout aussi cruciale : en quoi l'Évangile, qui est tout sauf iréniste, constitue-t-il une réponse adéquate à la violence absolue, à ce fond d'inhumanité radicale, de nihilisme moral qui ne concerne pas seulement les nazis, mais qui en réalité nous habite tous ?
    Les interrogations posées par ces deux courts essais sans concessions seront à coup sûr incontournables pour le christianisme du XXIe siècle.

  • Jean-Yves Leloup poursuit ici l'édition commentée des évangiles apocryphes faisant partie du corpus dit des Manuscrits de la mer Morte trouvés en 1947, scellés dans des jarres et cachés vers le IVe siècle dans des grottes à Nag Hammadi en Égypte.
    Ce texte, qui date du IIe siècle après J.-C. et fut présenté comme un catéchisme gnostique, livre des témoignages inédits et originaux sur la vie et l'enseignement du Christ en son temps. Rédigé par un des disciples proches de Jésus, il permet de découvrir une figure peut-être plus humaine et moins mythique, dans sa proximité philosophique et physique avec ses disciples hommes et femmes.
    On retrouve dans cet évangile, qui recèle des paroles dont la fulgurance souligne l'authenticité, le personnage de Marie-Madeleine et l'importance de sa présence dans la vie de l'Enseigneur.

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