Yvonne Knibiehler

  • Les mères ont-elles une histoire ? Les sciences humaines ne s'y intéressent qu'indirectement pour comprendre les transformations de la famille ou les varia- tions de la fécondité. Peut-être cette histoire est-elle encore sujet de débats :
    La fonction maternelle absorbe l'individualité de la femme, et la « production » d'enfants demeure toujours un enjeu de pouvoir.

  • Il devient urgent de repenser la place de la maternité dans la vie des femmes et dans le fonctionnement de la société.
    Aujourd'hui, les femmes disposent de tous les droits civils et politiques, elles peuvent exercer les mêmes activités que les hommes. Pour autant, elles ne renoncent pas à avoir des enfants, même si elles ont désormais le choix : la plupart veulent être à la fois mères et « actives ». Cette revendication s'inscrit dans un nouveau système de représentations : chacune veut s'épanouir dans sa vie publique comme dans sa vie privée. Or la maternité pèse sur les femmes bien plus que la paternité ne pèse sur les hommes, dans la vie quotidienne, et aussi dans les mentalités. S'ouvre un combat féministe d'un nouvel âge où l'amour maternel peut faire bouger les lignes.
    Yvonne Knibielher a été professeur émérite d'histoire à l'université de Provence, spécialiste de l'histoire des femmes et de la famille.

  • Spécialiste de l'histoire des femmes, Yvonne Knibiehler s'est toujours engagée de manière subtile et particulière dans toutes les grandes causes du XXe siècle : le travail des femmes, la maternité, le féminisme, l'éducation, la citoyenneté, la décolonisation...
    Souvent à contre-courant de la pensée dominante, elle a montré, en plein combat féministe, que la maternité demeurait un enjeu central de l'identité féminine. Aujourd'hui, alors que de plus en plus de femmes sont incitées à rentrer dans leur foyer, elle dénonce la fatigue des mères. Comme de nombreuses femmes de sa génération, Yvonne Knibielher s'est vu proposer le choix entre vie familiale et vie professionnelle.
    Elle fut de ces pionnières qui refusèrent de choisir, récusant tant la relégation des femmes au foyer que la critique de la maternité de nombreuses féministes. " Mon refus inspire tout ce livre. Il relie mon expérience professionnelle à l'histoire collective de plusieurs générations ".

  • Pourquoi les femmes choisissent-t-elles encore de devenir mère ? Faut-il refonder la maternité et la parentalité ? Sur quelles bases ?
    Pourquoi ce livre ? Déclarons-le d'emblée : son objectif est ambitieux. Les auteures, mères, grands-mères, femmes de plusieurs générations, professionnelles amenées à côtoyer des mères. invitent à repenser ce qu'on appelle la maternité. Le discours traditionnel, pétri de moralisme et de glorification, n'a plus guère d'audience, même s'il ressuscite chaque année, rengaine obligée, à l'occasion de la fête des mères. Les femmes doivent aujourd'hui en inventer un autre qui tienne compte de l'émancipation féminine et de la condition maternelle.
    Yvonne Knibielher a été professeur émérite d'histoire à l'université de Provence, spécialiste de l'histoire des femmes et de la famille.

  • Au lendemain de la Libération, le vécu et les représentations de l'accouchement se transforment. Progressivement, l'exercice de la profession de sage-femme passe de la plus large autonomie à la dépendance envers la médecine et l'hôpital.

    A partir d'une centaine de témoignages, Yvonne Knibiehler retrace l'histoire récente des sages-femmes: les progrès techniques et l'engouement pour l'accouchement à l'hôpital dans les années I960, les changements de relations avec les patientes sous l'influence du féminisme, les revendications autour des statuts... Une histoire de ce métier "féminin" par excellence qui met en lumière la confrontation au pouvoir médical et à la domination masculine et rappelle l'évolution des mentalités et de la place des femmes dans la société. Cette 2e édition mise à jour est augmentée d'une préface et d'une étude sociologique inédite de Florence Douguet et Alain Vilbrod sur les mutations en cours au sein de la profession. Un ouvrage précieux qui offre aux sages-femmes un nouveau regard sur leur pratique et leurs combats passés, actuels et à venir.

  • C'est en historienne qu'Yvonne Knibiehler analyse ici la généalogie de la paternité en Europe occidentale: au gré des âges, les trois principales composantes de la puissance paternelle - fonction biologique de la reproduction ; fonction psychologique de la relation éducative ; fonction sociale de la transmission du patrimoine - s'articulent en effet de manière différente. Si la transmission des biens caractérise la paternité coutumière de la société de l'Ancien Régime, par-delà les différences d'ordre et de castes, l'amour paternel émerge à côté de l'autorité avec le tournant des Lumières - emblématisé par l'Emile -, qui marque le passage symbolique à la paternité individuelle. Progressivement mise en péril au cours du XIXè siècle, l'institution patriarcale doit composer de nos jours avec de nouveaux partenaires (féminisme, Etat et science) qui contribuent à la fragiliser et à la remodeler. Au fond, de la Médée d'Euripide à la fécondation in vitro, c'est toute l'histoire des rapports complexes entretenus par l'homme avec le petit d'homme qui est ici brillamment retracée.Professeur émérite à l'université de Provence, Yvonne Knibiehler est l'auteur de nombreux ouvrages, au nombre desquels on compte, en collaboration avec Catherine Fouquet, une célèbre Histoire des mères, du Moyen-âge à nos jours. (Montalba, 1982 et Hachette-Pluriel, 1982).

  • Fondée en 1941 par Paul Angoulvent, traduite en 40 langues, diffusée pour les éditions françaises à plus de 160 millions d'exemplaires, la collection " Que sais-je ? ", est aujourd'hui l'une des plus grandes bases de données internationales construite, pour le grand public, par des spécialistes.
    La politique d'auteurs, la régularité des rééditions, l'ouverture aux nouvelles disciplines et aux nouveaux savoirs, l'universailité des sujets traités et le pluralisme des approches constituent un réseau d'informations et de connaissance bien adapté aux exigences de la culture contemporaine.

  • Les congés parentaux sont aujourd'hui au centre de toutes les attentions: après l'extension du congé de maternité aux non-salariées, de nombreuses voix demandent à rendre obligatoire et à allonger le congé de paternité, alors que l'Union européenne veut inciter les hommes à prendre un congé parental d'éducation (4 % seulement en profitent en France contre 40 % dans les pays scandinaves). Quels nouveaux enjeux ces exigences actuelles reflètent-elles? Quelles sont les possibilités et les perspectives?

    En retraçant de façon claire et accessible l'histoire des congés parentaux, Yvonne Knibiehler décrit les transformations, anciennes et récentes, de la famille, du couple, du partage entre «tâches productives» et «reproductives». Ces évolutions éclairent en profondeur non seulement sur la condition parentale (qui peut être désirée ou refusée), mais aussi sur notre société et la condition humaine en général. La parentalité sera-t-elle bientôt assimilée à un métier? Est-ce une vocation? Une mission? Une responsabilité citoyenne? Quels bienfaits attendre d'une réforme des congés parentaux qui, selon Yvonne Knibiehler, s'ils sont revus entièrement, peuvent jouer un rôle central dans la vie des couples et des parents et changer la société?

    Ces questions s'adressent à tous nos contemporains, parents ou non. Car chaque génération est, collectivement, solidairement, responsable de la suivante.

    Cet ouvrage vous est présenté dans la collection « Controverses ».

  • Chacun de nous, dans les moments critiques de son existence - la naissance, la maladie, la mort -, s'en remet aveuglément à la compétence et à la sollicitude de celles qui sont là pour nous assister. Ces femmes obscures, les infirmières, tiennent alors notre destin entre leurs mains.
    Aujourd'hui, il y a environ 240 000 infirmières en France et pourtant on peut se demander si la profession n'est pas en voie de disparition. Ce métier féminin a subi de profondes transformations au cours de la gigantesque mutation qui, depuis les découvertes de Pasteur, bouleverse de fond en comble la médecine, l'hôpital, le monde de la santé. Ce livre essaie de montrer comment cette mutation affecte les femmes soignantes dans leur travail, dans leur vie personnelle, dans leur identité. Pour compenser la relative pauvreté des documents officiels, les auteurs utilisent une soixantaine de témoignages donnés par les infirmières dont la plus âgée a cent deux ans, la plus jeune à peine trente. Elles ont été formées par les congrégations, par la Croix-Rouge, par des associations, par l'Assistance publique. Elles ont travaillé dans les écoles, les usines, à l'armée, à l'hôpital, en pratique libérale. Elles ont connu des conflits violents, des chagrins profonds, des joies intenses, des déceptions. Concurrencées par les aides-soignantes et par les jeunes femmes médecins, le doute à présent les assaille...

  • Histoire d'un métier féminin qui a subi de profondes transformations durant tout le XXe siècle. Ce livre tente de montrer comment ces mutations ont affecté les femmes soignantes dans leur travail, leur vie personnelle et leur intimité. Documents accompagnés d'une soixantaine de témoignages d'infirmières.

  • L'accès des femmes aux droits politiques, en 1945, n'a pas suffi à faire d'elles des citoyennes à part entière.
    C'est que la maternité introduit une différence considérable entre la citoyenneté masculine et la citoyenneté féminine. Dans cette étude sociale, économique et surtout culturelle de la maternité depuis 1945, Yvonne Knibiehler réfléchit sur une triple révolution : Pourquoi ces femmes qui ont reçu l'intégralité des droits civiques ont-elles en même temps voulu le baby-boom? Pourquoi, après 1968, leurs filles ont-elles dénoncé la maternité comme un asservissement et le " patriarcat " comme une exploitation ? Pourquoi leurs petites-filles réclament-elles à présent " un enfant à tout prix " ? Ces mutations si profondes et si rapides ont-elles transformé les relations entre citoyenneté et maternité ? Dans quelle mesure? Désormais, toute mère noue, hors du foyer, des liens sociaux autonomes, non seulement pour gagner elle aussi le pain quotidien, mais plus encore pour collaborer avec les spécialistes, de plus en plus nombreux, qui aident l'enfant à grandir : médecins, enseignants, psychologues.
    Ses partenaires ont changé. Sa responsabilité personnelle augmente, se diversifie, prend une dimension politique. Il y a là un moteur puissant de la citoyenneté féminine, à condition de ne pas enfermer les femmes dans une inacceptable spécificité, à condition d'inventer un nouveau féminisme, c'est-à-dire un nouvel humanisme.

  • En période de sexualité triomphante, la virginité féminine a-t-elle vraiment perdu toute signification et toute valeur ? Ou bien, malgré la libéralisation des moeurs, malgré les combats pour la libération des femmes, malgré la féminisation de notre société, continue-t-elle à occuper une place symbolique à part ? Certes, les féministes ont raison d'y voir une invention et un fantasme masculins, mais pourquoi les hommes ont-ils éprouvé ce besoin ? Et pourquoi y renonceraient-ils aujourd'hui ? Suffit-il de dévoiler un fantasme pour qu'il disparaisse ? Et, du côté des femmes, comment oublier que bon nombre de jeunes filles ont, pendant les siècles chrétiens, préservé leur virginité comme une forme de liberté et comme une source de pouvoir, exprimant grâce à elle leur part d'autonomie et d'initiative, leur " virilité " ? On peut citer Geneviève de Paris, Catherine de Sienne, Jeanne d'Arc, Thérèse d'Avila, Élisabeth 1ere d'Angleterre.
    D'où leur venait cette assurance et comment expliquer leur rayonnement ? Et aujourd'hui, qu'avons-nous mis à la place ? Qu'est devenue la virginité pour les filles, les femmes et les hommes d'aujourd'hui ?

  • « Qui gardera les enfants ? Cette question s'adresse à toute la société. Aujourd'hui, l'écrasante majorité des mères qui travaillent ont beaucoup de peine à concilier leurs tâches professionnelles avec leurs responsabilités maternelles. La plupart n'osent pas se plaindre. Elles ont peur qu'on les oblige à choisir : "Si vous n'y arrivez pas, rentrez chez vous !" Leur silence arrange bien les pouvoirs en place. Je suis de celles qui ont refusé de "choisir". Mon refus inspire tout ce livre. Il relie mon expérience personnelle à l"histoire collective de plusieurs générations. » Spécialiste de l"histoire des femmes, Yvonne Knibiehler s"est toujours engagée de manière subtile et particulière dans toutes les grandes causes du xxe siècle : le travail des femmes, les différences entre les sexes, la maternité, le féminisme, l"éducation, la citoyenneté, la décolonisation... Souvent à contre-courant de la pensée dominante, elle a montré en plein combat féministe que la maternité demeurait un enjeu central de l"identité féminine. Aujourd"hui, alors que de plus en plus de femmes sont incitées à rentrer dans leur foyer, elle dénonce la fatigue des mères.

  • Les mères ont-elles une histoire ? Les sciences humaines ne s'y intéressent qu'indirectement pour comprendre les transformations de la famille ou les variations de la fécondité. Peut-être cette histoire est-elle encore sujet de débats : la fonction maternelle absorbe l'individualité de la femme, et la production d'enfants demeure toujours un enjeu de pouvoir.

  • Après quelques années euphoriques de " libération sexuelle ", le sexe, de nouveau, fait peur.
    À cause des maladies qu'il transmet mais aussi des formes de violence qu'il inspire - tournantes, pédophilie, pornographie. Quels sont, dans un tel contexte, les nouveaux principes qui peuvent encadrer les conduites sexuelles ? En quoi l'histoire passée peut-elle permettre aux femmes et aux hommes d'aujourd'hui de mieux vivre ensemble ? Et comment aider les jeunes générations, garçons et filles, à aborder la sexualité dans le respect des différences ? Une lecture indispensable pour que hommes et femmes sachent de quoi ils parlent quand il est question de sexualité.

  • Longtemps, les hommes ont défini la maternité à leur manière : succédant aux prêtres, les philosophes, les médecins, les politiques ont prescrit des règles de conduite aux « filles d'Ève ». Les femmes n'avaient pas leur mot à dire, à l'exception des mieux nanties ou des plus combatives. Progressivement, l'instruction des filles s'est généralisée, les femmes ont osé revendiquer leurs droits. Puis, grâce aux progrès scientifiques, elles ont pu limiter leur fécondité, devenir mères selon leur volonté et non plus selon leur « nature ». Et en gagnant leur vie, en accédant à l'espace public, elles ont pris la parole de plus en plus librement.
    Que disent les femmes, qu'écrivent-elles sur la maternité, sur la relation entre mère et enfant ? En leur donnant ici la parole, en mettant en valeur leurs dits et leurs écrits, présentés dans leur contexte historique et social, cet ouvrage, qui inclut une anthologie littéraire - du XVIIe siècle à nos jours -, offre une histoire passionnante et originale.
    D'une grande diversité (lettres, billets d'abandon, conseils de nourrices, traités d'éducation, poèmes, journaux, romans, autofictions, écrits pour la jeunesse, bandes dessinées, blogs.), les textes proposés émanent d'écrivaines célèbres ou d'anonymes. En abordant des thèmes aussi divers que le déni de grossesse, les nouvelles configurations familiales, la transmission maternelle ou la conciliation maternité-travail, ils illustrent des évolutions de la société contemporaine et les nouvelles façons d'être mère.

  • Cet ouvrage devenu au fil des ans un classique bénéficie d'une actualisation sur ce thème intemporel des peurs qui entourent l'enfance.
    Tous les parents ont peur. De l'avenir, de la maladie, du chômage, des ténèbres, de la mort, de tout ce qui pourrait arriver à leur enfant dès l'aube de la vie. Ces peurs, ils les apprivoisent à leur façon ou les transmettent à leurs enfants. Quelles sont les peurs du bébé, ses angoisses précoces, ses terreurs ? Comment les comprendre, comment les reconnaître et quelles réponses leur apporter ? Comment aider les parents à vivre, confiants et sereins, leur nouveau rôle ?
    Patrick Ben Soussan est pédopsychiatre. Il exerce à l'institut Paoli-Calmettes, Centre régional de lutte contre le cancer Provence-Alpes-Côte-d'Azur à Marseille, où il est responsable du département de psychologie clinique. Auteur de nombreux ouvrages sur la petite enfance, la parentalité, les livres et la culture, il a présidé l'Agence Quand les livres relient de 2010 à 2012.

    Il est également directeur de trois collection 1001BB, L'ailleurs du corps avec Marie-Françoise Dubois-Sacrispeyre, de 69 et de deux revues Spirale, la grande aventure de Monsieur Bébé et Cancers & psys aux éditions érès.
     

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