Tim Greacen

  • En France, le décret de 2017 qui met en place les projets territoriaux de santé mentale reprend dorénavant ces concepts de rétablissement et d'inclusion sociale comme objectifs nationaux pour les parcours de santé des personnes souffrant de troubles psychiques graves. La notion de rétablissement rappelle que, même pour des pathologies lourdes comme la schizophrénie, les psychoses, la majorité des personnes peuvent se rétablir et mener une vie comme tout un chacun.
    L'inclusion sociale ajoute l'idée que, si la moitié du travail vers le rétablissement est l'affaire de l'usager, l'autre moitié du travail est à faire par la société elle-même. De même qu'on aménage la ville pour que la personne en fauteuil roulant puisse s'inclure dans la société, on doit aménager les esprits et l'organisation de la vie de tous les jours pour supprimer tout mécanisme d'exclusion sociale, toute stigmatisation, toute discrimination contre la personne handicapée psychique.
    Enfin, l'empowerment consiste à mettre à la disposition de la personne les moyens pour acquérir les savoirs, savoir faire et pouvoirs nécessaires - notamment par l'accès à la formation tout au long de la vie - pour apprendre à vivre avec sa maladie et jouer un vrai rôle dans la société.

  • La notion de rétablissement en psychiatrie, développée et illustrée ici par des auteurs de différents pays, redonne l'espoir, aux 500 000 personnes en France souffrant d'une maladie psychiatrique grave, qu'on peut apprendre à vivre avec, se rétablir et retrouver une vraie place dans la société.

    Ce livre offre une perspective européenne et internationale sur le rétablissement, l'inclusion sociale et l'empowerment dans le domaine de la santé mentale. Ces trois concepts sont au centre d'un débat né du constat de l'échec de nos sociétés occidentales contemporaines à pleinement réintégrer les personnes qui ont été confrontées par un trouble psychique. En particulier, le livre examine les implications de l'accès à la formation tout au long de la vie pour lier ces trois concepts en un tout cohérent. Car, ensemble, ils contribuent à un nouveau paradigme qui situe l'usager de la psychiatrie comme moteur de sa propre vie, au sein d'une collectivité dans laquelle il est citoyen à part entière et dans laquelle les services de santé mentale sont configurés de manière à soutenir son autonomie plutôt que de perpétuer son rôle traditionnel de « patient ».
    Cet ouvrage sort simultanément, le 1er mars 2012, à Londres en langue anglaise : P. Ryan, S. Ramon & T. Greacen - Empowerment, Lifelong Learning and Recovery in Mental Health: Towards a New Paradigm. London, Palgrave-Macmillan, 2012.

    Tim Greacen, docteur en psychologie, dirige le laboratoire de recherche de l'établissement public de santé Maison Blanche à Paris. Il est connu pour son travail sur la place de l'usager comme acteur dans le système de soins.
    Emmanuelle Jouet, docteure en sciences de l'éducation, est spécialiste de la mise en valeur du savoir expérientiel chez les usagers de la psychiatrie.
    Tim Greacen, docteur en psychologie, est directeur du laboratoire de recherche de l'Établissement public de santé Maison Blanche à Paris. Auteur et éditeur de sept livres et de nombreuses publications sur les droits des usagers du système de soins et la promotion de la santé s'adressant tantôt à la communauté scientifique tantôt au grand public ou aux populations spécifiques (personnes vivant avec le VIH, personnes handicapées mentales, personnes handicapées psychiques), son travail de recherche, comme ses activités associatives, porte essentiellement sur l'empowerment des citoyens en matière de santé et plus particulièrement l'empowerment des personnes vivant avec un trouble psychique : l'accès à la formation tout au long de la vie et à l'emploi pour les personnes souffrant de troubles mentaux, le parcours à travers le système de soins de personnes présentant une comorbidité psychiatrique/toxicomanie, la promotion de la santé mentale et l'accès aux soins pour les populations en situation d'exclusion sociale, la prévention et la promotion de la santé mentale en périnatal et chez les jeunes enfants, la prévention du VIH et l'éducation à la santé sexuelle des personnes handicapées mentales et psychiques, et la participation des usagers de la psychiatrie et de leurs proches aux actions de recherche et d'éducation pour la santé.
    Docteur en sciences de l'éducation, Emmanuelle Jouet est spécialiste dans la formation des usagers en santé mentale et chargée de recherche du projet Emilia au laboratoire de recherche de l'EPS Maison Blanche à Paris.

  • Comment le secteur du handicap mental en France - qui se caractérise par une extraordinaire hétérogénéité, tant par la population concernée que dans la diversité des structures - a-t-il réagi devant l'émergence de l'épidémie du VIH/sida ? A-t-il pu se croire épargné en raison de la vigilance de l'encadrement ou de l'étanchéité des institutions par rapport au monde extérieur ? Dans quelle mesure le déni de la sexualité des personnes accueillies dans ces structures et la négation de l'existence de pratiques sexuelles potentiellement à risque de transmission du virus ont-ils constitué un frein pour une éducation à une vie sexuelle responsable ? Dans les situations concrètes, la déficience intellectuelle s'est-elle avérée compatible avec l'autonomie nécessaire à la prévention du sida ? Les établissements qui se sont engagés dans des actions de prévention ont-ils réussi à alerter les usagers sur les risques, à contrer les fausses croyances, à modifier les comportements ? Enfin, quels sont les principaux facteurs de vulnérabilité aux risques de contamination et aux abus sexuels ? Ce sont ces questions que l'ouvrage actuel s'efforce d'explorer en présentant les résultats de plusieurs années de recherche au plus près des usagers et des professionnels des établissements spécialisés.
    Les constats, tantôt amers, tantôt porteurs d'espoir, ont de quoi surprendre.

  • La prévention des problèmes de santé mentale de la petite enfance est une priorité nationale. Mais dans un contexte où les moyens sont limités, quelles doivent être nos priorités sur le terrain et comment les déterminer ? Comment organiser cette prévention dans un cadre rigoureux et scientifique ? Peut-on parler d'une prévention basée sur les preuves ? Comment évaluer l'efficacité des actions menées ? Cet ouvrage collectif réunit les meilleurs experts français et internationaux dans le domaine. Il fait le point sur les actions de prévention existantes, leur évaluation et les priorités qui se dégagent pour une organisation plus efficace de la promotion de la santé mentale pour cette population.
    Alain Haddad est chef du secteur psychiatrique du 19ème arrondissement de Paris, Antoine Guedeney est chef de service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'hôpital Bichat-Claude Bernard, et Tim Greacen est directeur du laboratoire de recherche de l'EPS Maison Blanche.

empty