Saïd Mahrane

  • Un soir, à l´heure où l´on raconte des histoires aux enfants, Mohamed Mahrane sort délicatement d´un sachet en plastique bleu une feuille jaunâtre ; Saïd, son fils, découvre ce que fut la guerre d´Algérie de son père qui fut militant FLN à Paris. « J´ai lu : "Fédération de France." Un nom, le sien, était indiqué sous cet en-tête ; plus bas, une formule lui signifiant la reconnaissance de la République algérienne. Le document était frappé d´un tampon du FLN, Fédération de France. [...] Il me reprit le tout, et dit qu´il fallait maintenant se coucher et ne plus y penser. J´y repensais : un résistant FLN, mon père. » Le bout de papier fait naître en Saïd l´envie, quasi obsessionnelle, de tout connaître, jusque dans les moindres détails. Seulement, comme beaucoup d´Algériens de sa génération, Mohamed, « ce sombre taiseux », ne se livre que trop rarement... À peine a-t-il entamé le récit de ses missions secrètes dans les cafés kabyles du IIIe arrondissement, sa cavale sur les toits de Paris avec les gendarmes à ses trousses, qu´il meurt d´un malaise cardiaque. Le jeune homme n´a plus de père ni assez de souvenirs pour compléter un récit lacunaire. Cinquante ans après les faits d´armes de son père, Saïd Mahrane entame une enquête très personnelle qui fait surgir des fantômes disparus de l´histoire de la guerre d´Algérie. À Paris et à Alger, ses interlocuteurs (patron d´un café parisien, cadre du FLN, anciens de chez Renault, héroïnes oubliées de la clandestinité, etc.) sont vieux, parfois malades, mais leur mémoire est intacte. Renouant les bribes d´un passé englouti, l´auteur fait renaître les images violentes, intenses, clandestines du « second front » de la guerre d´Algérie, qui fut aussi le décor de la jeunesse de son père, jeune kabyle dans ce Paris étouffant des années cinquante.

  • En 2006, sous l'impulsion de Philippe Cohen, nous nous sommes lancés dans une aventure un peu folle. Raconter Nicolas Sarkozy, dans une enquête minutieuse et véritable, en bande dessinée et en essayant de faire rire. La face karchée de Sarkozy était un pari audacieux qui  a réussit, grâce au public et aux libraires, bien au-delà de nos espérances. Ce genre a fait de nombreux petits depuis.
    En 2013, Philippe Cohen nous a quittés et nous pensions que cette page était tournée.
    Avec nos amis de Grasset, nous avons décidé de reprendre le flambeau :
      « Marine le Pen sera peut-être au second tour et au fond, on ne sait pas qui elle est, c'est un sujet pour vous. »   C'était vrai. En tout cas, nous, nous ne savions pas et nous avons eu envie de la révéler dans sa vie quotidienne, son histoire familiale, sa pensée politique, ses amitiés disparates, ses rapports avec Marion Maréchal-Le Pen, l'omniprésence de Philippot, son parricide, sa dédiabolisation.
    Saïd Mahrane nous a rejoints, après 12 ans passés à couvrir le Front National pour Le Point, afin d'analyser au plus près ce personnage honni par certains, adulés par d'autres. Nous nous sommes intéressés à cette femme politique au coeur du « système » qu'elle déclare combattre comme à notre ancien président de la République... avec un soupçon de perfidie, une légère malice, une pincée d'irrévérence, un constant souci de vérité.
      L'histoire commence le 7 mai 2017, à 6h30...

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