Fayard

  • Idiss

    Robert Badinter

    • Fayard
    • 24 Octobre 2018

    J'ai écrit ce livre en hommage à ma grand-mère maternelle, Idiss.
    Il ne prétend être ni une biographie, ni une étude de la condition des immigrés juifs de l'Empire russe venus à Paris avant 1914.
    Il est simplement le récit d'une destinée singulière à laquelle jai souvent rêvé.
    Puisse-t-il être aussi, au-delà du temps écoulé, un témoignage d'amour de son petit-fils.

  • Trois pièces qui ont toutes à voir avec la justice et le destin des hommes. L'une, déjà publiée, C.3.3., dans laquelle R. Badinter évoque le procès pour homosexualité d'Oscar Wilde, celui-ci sera condamné à deux ans de prison, et marquera le début de sa chute.
    Les briques rouges de Varsovie : nous sommes au coeur du ghetto, aux derniers jours de l'insurrection, les personnages ont déjà vécu le pire et sont acculés dans leurs derniers retranchements.
    Cellule 107, dialogue à Fresnes entre Laval, qui vit ses dernières heures avant son exécution, et Bousquet, son voisin de cellule.

    J'ai toujours aimé le théâtre.
    Au lendemain de la guerre, j'ai découvert son pouvoir d'envoûtement du troisième balcon où se juchaient les étudiants.
    La jeunesse s'est enfuie, mais la passion est restée. Elle devait porter ses fruits. J'ai écrit en secret des pièces de théâtre. Nombre d'ébauches ont pris le chemin de la corbeille à papier, mais quelques-unes ont échappé à ces excès de dépit amoureux. Les voici réunies sous le titre optimiste de Théâtre I.
    Au lecteur d'être, par la grâce de l'imagination, le metteur en scène et l'acteur de ces pièces. Frappons les trois coups. Instant magique, le rideau se lève...
    R. B.

  • L'abolition

    Robert Badinter

    • Fayard
    • 28 Août 2000

    Ce livre est le récit d'une longue lutte contre la peine de mort. Il commence au jour de l'exécution de Claude Buffet et de Roger Bontems, le 24 novembre 1972, et s'achève avec le vote de l'abolition, le 30 septembre 1981.
    Depuis lors, l'abolition s'est étendue à la majorité des États dans le monde. Elle est désormais la loi de l'Europe entière. Elle marque un progrès irréversible de l'humanité sur ses peurs, ses angoisses, sa violence.
    À considérer cependant les exécutions pratiquées aux États-Unis, en Chine, en Iran et dans de nombreux autres pays, le combat contre la peine de mort est loin d'être achevé. Puisse l'évocation de ce qui advint en France servir la grande cause de l'abolition universelle.R.B.
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  • L'exécution

    Robert Badinter

    • Fayard
    • 25 Mars 1998

    J'avais écrit ce livre, où se mêlent récit d'un drame judiciaire et réflexions sur la justice et le métier d'avocat, après l'exécution de Claude Buffet et Roger Bontems, en novembre 1972, à Paris, dans la cour de la prison de la Santé. Tous deux avaient été condamnés à mort par la Cour d'assises de Troyes pour avoir pris en otage et égorgé, à la Centrale de Clairvaux, une infirmière et un gardien. Leur grâce avait été refusée par le Président Pompidou.

    Depuis lors, la guillotine a été reléguée dans les caves d'un musée, et la peine de mort a disparu de nos lois. Mais elle sévit encore dans d'autres pays, notamment aux Etats-Unis. Et la tentation d'y revenir n'a pas disparu de tous les esprits. Cette justice qui tuait, la voici à l'oeuvre dans ce livre. Il n'est pas inutile que de nouvelles générations, plus heureuses à cet égard que la nôtre, la connaissent.
    R.B.

  • Rien, à dire vrai, ne me prédisposait à m'attacher à l'histoire de l'émancipation des juifs sous la révolution. jusqu'au jour où, suivant pas à pas condorcet, je rencontrai une délégation de juifs, conduite par maître godard, venant demander en janvier 1790 à la commune de paris de soutenir leur cause auprès de l'assemblée nationale. il y avait donc eu sous la révolution, au sujet de la citoyenneté des juifs, discussion, résistance et bataille politique.
    Cet événement, si lourd de portée dans l'histoire des juifs de france et d'europe, a bien peu compté dans la révolution. pourtant, à l'analyser de près, il se révèle chargé de signification. car l'émancipation, à la veille de 1789, si elle était presque acquise pour les juifs du sud-ouest, n'était rien moins que certaine pour les autres.
    La raison politique commandait de différer leur émancipation, ou du moins de l'accomplir progressivement en fonction de leur assimilation. mais cette démarche prudente était inconciliable avec les principes des droits de l'homme que les constituants avaient proclamés. refuser aux juifs le droit d'être des citoyens comme les autres, aux mêmes conditions que les autres, c'était leur dénier la qualité d'hommes comme les autres, et renier la révolution elle-même. ainsi l'émancipation des juifs apparaît en définitive comme une victoire de l'idéologie sur le pragmatisme, de la force des principes sur la force des choses.
    R.b.

  • Ce livre est le récit de mon voyage au pays du pouvoir. Il commence au lendemain de l'abolition de la peine de mort en octobre 1981 et s'achève à mon départ de la Chancellerie, en février 1986. Il y est beaucoup question de justice, parfois de politique.    Le temps écoulé rend singulières les passions que soulevait alors mon action. Le cardinal Lustiger m'avait prévenu au lendemain de l'abolition : « On ne touche pas à la mort impunément. »    Ces années de luttes, je les raconte telles que je les ai vécues. Le lecteur ne sera pas surpris d'y trouver, mêlée au récit des événements, l'expression de mes convictions sur ce que devrait être la justice dans la République.    De tout ce que j'ai pu réaliser à cette époque, l'essentiel demeure : irréversibilité de l'abolition, suppression des juridictions d'exception, dépénalisation de l'homosexualité, progrès des droits des victimes, ouverture aux citoyens de la Cour européenne des droits de l'homme, amélioration du régime des prisons, et bien d'autres mesures encore.    Je n'ai pas non plus dissimulé mes échecs, qu'il s'agisse de la surpopulation carcérale, de la pauvreté budgétaire, ou de convaincre l'opinion que la première mission de la justice est de faire respecter la loi et de garantir les libertés individuelles comme le prescrit la Constitution, et non d'être le pompier de la délinquance, comme on s'obstine à le faire croire.     En achevant cet ouvrage, ma conclusion est simple : « Lecture faite, persiste et signe. »                                                                                                                                                                                 R.B.

  • Il y a exactement un quart de siècle, Robert Badinter, Garde des Sceaux dans le gouvernement de Pierre Mauroy, faisait abolir par le Parlement la peine de mort, conformément à l'engagement pris par François Mitterrand lorsqu'il était candidat de la gauche unie à la Présidence de la République.
    On oublie trop souvent que cet engagement avait été pris alors que l'opinion française était encore très majoritairement favorable à la peine capitale.
    Ce fut l'inlassable combat de Robert Badinter que de requérir la mort pour la peine de mort, d'abord en France tout au long de procès d'assises évoqués notamment dans l'Exécution puis dans l'Abolition ; ensuite dans le reste du monde, notamment aujourd'hui encore dans certains États américains et en Chine.
    Ce livre, au fil des articles, des essais, des discours qu'il rassemble ? dont la fameuse harangue aux députés de 1981 ?, retrace les avancées de ce combat contre cette survivance des sociétés barbares.

  • Un siècle et demi après l'émancipation des Juifs par la Révolution française, le régime de Vichy promulguait une législation qui faisait d'eux des parias dans leur patrie.

    En présence de ce droit antisémite, il importe de savoir ce que fut l'attitude de l'administration, des juridictions et des milieux professionnels concernés.

    S'agissant du Barreau, ce livre, fruit de recherches dans les archives professionnelles et judiciaires, retrace comment, au-delà des réactions individuelles, l'émergence d'un antisémitisme érigé en règle ordinaire de la société française ne suscita ni refus de principe, ni rejet massif, ni protestation collective.

    Ce livre évoque aussi les souffrances morales de ces avocats qui furent exclus du Barreau, comme des confrères véreux, par une loi promulguée par un Maréchal de France, incarnation de la gloire nationale, simplement parce qu'ils étaient nés juifs.
    R.B.

  • Abecedaire republicain Nouv.

  • De la naissance de la République à 1914, l'idéologie pénitentiaire demeure constante: la prison doit être un lieu de peine, mais aussi d'amendement; elle est faite pour transformer les délinquants autant que pour les punir. Pour les républicains, une discipline ferme mais humaine et les bienfaits de l'instruction peuvent toujours ramener le délinquant au droit chemin, c'est-à-dire à un comportement conforme aux valeurs de la République. Dès lors, son idéal lui commande, plus qu'à toute autre forme de gouvernement, de se pencher sur les prisons, de les transformer, de les humaniser enfin.

    Or la République ne le fait pas. C'est, dira-t-on, faute de moyens plus que de bonnes intentions. Mais, précisément, la question posée est bien celle-là: pourquoi la République s'est-elle refusée à prélever les ressources nécessaires pour changer la prison, en finir avec la misère, la promiscuité, la corruption de la vie carcérale, toujours dénoncées et toujours reconduitesoe Pourquoi accuser les tares d'un système pénitentiaire indigne des valeurs de la République _ et de son intérêt bien compris, puisqu'il nourrissait la récidive _ et cependant se garder d'y remédieroe A travers le prisme de ses prisons et de sa politique répressive, c'est un visage secret de la République qui se révèle.

  • Il n'est point de période judiciaire plus riche et plus significative que celle qui s'ouvre avec les etats généraux et s'achève avec le consultat. c'est le temps où se défait un long passé, où se forgent des institutions judiciaires entièrement nouvelles, fondées sur la souveraineté du peuple et inspirées par la philosophie des lumières. jamais notre justice ne connaîtra en si peu d'années un tel bouleversement.

    La justice de la révolution nous a légué des institutions essentielles comme le tribunal de cassation, la réduction des voies de recours, le juge de paix qui deviendra le juge d'instance, les jurés et la procédure d'audience de la cour d'assises. surtout, elle a fait prendre conscience qu'il n'est pas de justice pénale sans assistance de l'accusé par un avocat librement choisi, et sans débat public et contradictoire.

    Les grands principes de notre législation pénale _ légalité, proportionnalité, nécessité de la peine, non-rétroactivité de la loi pénale, égalité devant la loi _, les constituants les ont inscrits dans la déclaration des droits de l'homme qui a aujourd'hui valeur constitutionnelle dans notre droit. nous leur devons aussi la conception d'une pénalité qui prenne en compte l'espérance de l'amendement du condamné. nous leur devons enfin l'exemple de convictions fortes, dictées par l'idéal d'une justice respectueuse des droits de l'homme, soucieuse de la liberté individuelle et au service de la paix civile. c'est dire que leur message n'est pas perdu et demeure encore source d'inspiration.
    R.b.

    Ont collaboré à cet ouvrage: r. badinter, j. boedels, m. boulet-sautel, j.-d. bredin, n. castan, j. commaille, h. dontenwille, j.-l. gazzaniga, j.-l. halperin, j. hilaire, p. l. ascoumes, a. lebigre, j. leonnet, r. martinage, r. martineau, f. monnier, a. moreau, p. poncela, j.-p. royer, b. schnapper, g. thuillier.

  • Le plus grand bien

    Robert Badinter

    • Fayard
    • 14 Avril 2004

    Le 28 ventôse an XII, Portalis présente au Corps législatif le projet de loi réunissant les 36 lois civiles déjà votées, sous le titre « Code civil des Français ». Evoquant les travaux de codification, il s?écrie : « Dans le calme de toutes les passions et de tous les intérêts, on vit naître un projet de Code civil, coeest-à-dire LE PLUS GRAND BIEN que les hommes puissent donner et recevoir. » Pourquoi, là où la monarchie absolue et la Révolution avaient échoué, Bonaparte a-t-il réussi à doter la France doeun « Code civil des Français » ? Pourquoi la France, qui a changé dix fois de Constitution en deux siècles, a-t-elle conservé le Code civil ? Pourquoi la codification, de 1801 à 1804, demeure-t-elle comme la campagne doeItalie de loeart législatif ?


    Coeest la naissance politique de ce « plus grand bien » qui est retracée dans cet ouvrage.

  • Nous, représentants des peuples et des Etats souverains de l'Europe, héritiers d'une longue et douloureuse Histoire, dépositaires d'une grande civilisation, avons décidé de constituer ensemble une Union qui assure aux Européens les bienfaits de la paix, de la démocratie, des droits de l'homme, de l'éducation et de la culture, du progrès économique et social, d'un environnement protégé et de la solidarité.
    En conséquence, nous avons conclu le présent Traité qui donne à l'Union européenne une Constitution fondée sur nos valeurs communes.

  • La période actuelle est marquée, dans les sociétés occidentales, par une remarquable montée en puissance du juge : développement de la justice constitutionnelle, création et essor des juridictions internationales, « judiciarisation » de plus en plus étendue de la vie sociale, etc.
    C'est sa fonction plus que son statut qui assure au juge un charisme nouveau : le juge dit le droit et crée du droit. ce faisant, il est amené à codifier les valeurs de notre temps, à exercer une sorte de pontificat laïc.
    Pour prendre la mesure de ce phénomène, robert badinter (ancien garde des sceaux et ancien président du conseil constitutionnel) et stephen breyer (juge à la cour suprême des etats-unis) ont réuni à bonnieux, au cours de l'été 2000, des personnalités du monde judiciaire : antonio cassese (premier président du tpiy), dieter grimm (ancien vice-président de la cour constitutionnelle de la rfa) et gil carlos rodriguez iglesias (président de la cour de justice des communautés européennes). le philosophe anglais ronald dworkin s'est joint à eux.
    De leurs réflexions et discussions, très libres de ton, est né ce livre. il est publié simultanément en version anglaise, par la new york university press.

  • Lorsque la Révolution commence, le marquis de Condorcet occupe une situation privilégiée dans la société. Mathématicien célèbre à vingt-cinq ans, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences à trente-deux ans, il est membre de l'Académie française et inspecteur des Monnaies. Ami de Voltaire et d'Alembert, il apparaît comme le dernier des encyclopédistes. Il est célèbre dans toute l'Europe des Lumières et lié aux plus brillants esprits du temps. Disciple de Turgot, il a vécu à ses côtés ses réformes et sa disgrâce. Enfin il est le mari heureux de la belle et spirituelle Sophie de Grouchy.

    Cet homme comblé est aussi un homme passionné de justice. Il s'est élevé contre toutes les erreurs judiciaires de la fin de l'Ancien Régime. Ami des Noirs, il lutte contre l'esclavage et la traite. Ami des Protestants et des Juifs, il milite pour la reconnaissance de leur citoyenneté. Adversaire de la peine de mort, il soutient la cause de l'abolition. Et il est le seul à réclamer pour les femmes l'égalité entière des droits.

    Dès le début de la Révolution, cet intellectuel s'engage dans la lutte politique. Sous la Constituante, il se prononce parmi les premiers en faveur de la République. Député à la Législative, il propose son célèbre plan d'Instruction publique qui inspirera un siècle plus tard les fondateurs de l'Ecole républicaine. Député à la Convention, il refuse par conviction abolitionniste de voter la mort du Roi et rédige le projet de Constitution le plus démocratique qu'on ait élaboré jusqu'alors. Partisan de l'union des républicains, il se détache de ses amis Girondins sans pour autant rallier les Montagnards. Décrété d'accusation en juillet 1793, il se cache à Paris jusqu'en mars 1794. Il écrit alors l'Esquisse d'un tableau des progrès de l'Esprit humain, son oeuvre maîtresse. Pour ne pas compromettre la sûreté de celle qui l'héberge, il quitte son refuge. Arrêté, il est trouvé mort dans sa cellule le 29 mars 1794.

    Telle fut la vie de cet intellectuel engagé qui connut l'échec politique mais dont la pensée, selon le mot de Jean Jaurès, fait partie du patrimoine de la République.

  • Présentation des 50 points essentiels à savoir en ce qui concerne le droit du travail complétée par des propositions pour améliorer cette législation et ainsi réformer une situation devenue complexe.

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